‹ La cousine Albert, ou, La maîtresse dans la maisonChapitre 14 sur 27 · MADAME ALBERT, URSULE · texte numérisé non relu

MADAME ALBERT, URSULE

Madame Albert.

Je le fais fuir? qu'a-t-il et que lui disiez-vous ?

Ursule ( modestement ).

Vos soins s'e'tendenl-iU jusqu'à veiller sur nous ?

Madame Albert ( avec aigreur concentrée ). J'avais ma belle enfant prévu votre réponse.

Ursule.

Eh ! mais à lui parler veut-on que je renonce ? Madamf. Albert ( Vimitant ).

Ah I veut-on. ( a part. ) Son aspect.... Modérons-nous plutôt.

( Haut. ) Songez , si l'arrogance est toujours un défaut , Qu'à votre âge surtout , elle est la marque insigne D'un amour-propre outré , d'un caractère indigne, Prompt à faire le mal , à tout envenimer, Mais qu'au point où, j'en suis , on peut la réprimer.

Ursule.

Je n'ai pas prétendu vous offenser.

Madame Albert ( elle s'échappe et se reprend avec hypocrisie)^

Sans doute, Et vos desseins aussi n'ont rien que je redoute; Je sais ce qu'en secret vous osez méditer , Vous vous émancipez, et sans me consulter , Nourrissez dans votre anie un penchant qui m'irrite ; laul-il que l'on s'égare avec tant de mérite! Ce^Sf^z donc désormais d'opposer des détours Qui toujours éludés recommencent toujours; Je m'intéresse à vous beaucoup plus que personne , Et pour votre bonheur, j'entends, je veux, j'ordonuo ( Parlonnez-moi ce mot) que demain au plus tard, Ou de force ou de gré, vous épousiez Coquard.

UiiSULE.

]\Ia cousine I... ah î quels mois sortent de votre bouclie , Mon bonheur dites-vous, mon intérêt vous touche ? Mais vos gestes, vos yeux démentent vos discours ; Quoi ! loin de me porter un généreux secours, Si ce nœud qu'on prépare excitait mes alarmes, Vous seriez, sans pitié, k; témoin de mes larmes, Et vous abuseriez pour contraindre mes vœux, Du droit que mes parens vous ont donné sur eux? Sous de pareils dehors devriez-vous paraître? Ah ! convoitez un bien qui m'appartient peut-être, Ordonnez, commandez , dictez ici la loi. Mais de votre pouvoir n'usez pas contre moi.

Madame Albert.

Les aimables soupçons , j'aime assez qu'on s'y livre, Sachez que mon mari m'a laissé de quoi vivre. Que veuve et sans enfans, je ne convoite rien, J- 1 que je vous dédaigne ainsi que votre bien.

Ubsule.

Excusez la douleur....

Madame Albert ( bien hypocrite ).

Cette pauvre petite I...

D'un message pénible à regret je m'acquitte , Et montre malgré moi du dépit, du courroux. Quand je devrais user des moyens les plus doux.... Il faut vous résigner. Comme la voilà faite....

Ursule.

Qu'ai-je donc de si mal ?

Madame A^l^ert (à part).

Elle est assez coquette.

Ursule.

Si vous parer, Madame , est votre unique soin....

Madame Albert.

Croyez que près de vous, je n'en ai pas besoin,

Ursule.

Il se peut , cependant.... ^

Madame Albert 'faussement).

Quoi ! vous pleurez mon ange?

Plus de chagrin j allons, venez qu'on vous arrange, Souffrez....

Urslle.

De votre temps c'est prodiguer l'emploi , Vous êtes sur ce point trop savante pour moi.

Madame Alclrx (à/;a/-i ).

Quel orgueil I ciel I Aithur, ( haut. ) Sortez, Mademoiselle ,

Ursule {h part envoyant Arthur), Patience, voici qui nous vengera d'elle.

( I^IU sort en sç contraignant. )

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