‹ La cousine Albert, ou, La maîtresse dans la maisonChapitre 15 sur 27 · MADAME ALBERT , ARTHUR · texte numérisé non relu

MADAME ALBERT , ARTHUR

Arthur [froidement ).

D'où vient qu'elle vous quille et pourquoi ce mainti n , Ce sourire ironique où je ne conçois rien ?

Madame Albert ( lejixant).

Il ne m'a point frappée et s'il ne faut rien taire , J'ai même dans vos yeux, observé le contraire. J'ai su. pris dans vos traits, dans les siens , un accord Qui, m.dgré vous, tous deux , vous a trahis d'abord.

Un accord ?

Madame Albert.

Oui, Monsieur, ma crainte était fondée, Je vois qu'on m'a dit vrai , vous l'aimez.

Arthur.

( // obsen'e l' effet gue produit sur M. Albert le couplet suivant.)

Quelle idée I Moi, je l'aime I à ce point je pourrais m'oublier; Mais deux mots saftiront pour me justifier : Je ne posséJe rien, et dois tout à son père; Puis nous dirtérons trop d'humeur , de caractère. Pour qu'aucun intérêt puisse nous rapprocher. Remarquez , ( vainement je voudrais le cacher ) Que de propos piquans sans cesse elle m'ofiense , Que partout, à dessein , j'évite sa présence; Qu'il nous sufilt d'avoir ensemble uu entretien , Pour qu'en tout mon avis soit l'opposé du sien. On cite son esprit , et moi j'en doute presque ; Four son cœur , je me tais , tant il est romanesque , Et ses prétentions qui percent à la fois. Lui donnent dan> le monde un air guindé , bourgeois ; Llle est d'un luxe fou , comme si la parure l'ouvait rectifier les torts de la nature I.... Enfin , pour achever, couronner le portrait, C'est de tous les travers un ensemble parfait. Ajoutez à cela sa morgue, son caprice , Sa haine contre vous qui me met au supplice, Lt vous vous convaincrez , fùt-elle riche un jour , s

Qu'un objet si touchant n'est pas digne d'amour.

Madame Albert.

La peinture est frappante, Arthur I.... oh! oui, c'est elle;

Me voilà rassuiée et ce tableau fidèle, Ce récit abrégé de ses perfections.

Me guérit à jamais de mes préventions, licoutcz, de vous bcul votre sort va dépendre,

Nous sommes sans témoins, on ne peut nous entendre : Vous n'avez rien , pour vous j'ai fait ce que j'ai dû , Je ne m'en re'pens point , mais tout serait perdu , Si vous vous dispensiez de la reconnaissance.

AaxHua.

Moi!

Madame Albert.

Le ciel a rempli , comblé mou espérance , L'acte est fait en mon nom.

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