LES MÊMES , DORVILLE , URSULE , SUZON
DoftVlLLE.
Adieu? qui, vous? comment? vous partez ? alil j'espère., ..ô,- Demeurez , je le veux. C'est encore moi mon frère,'
Madame Albert. ' • ■ • ■
O 5 cuuUe tem]^>5 fatal I o» ,;. fipf.i? ,;';
i Monsieur Coquard ( à/?«rr). '■ 11 va tout déranger, ' ' Et c'est nous qu'il le'ra dégiierpn- pour changer.' >
(5.1.) DoayîLLE ( à M. Johin ).
Avec moi , devant vous je ramène ma nièce 9 On sépare Suzon de sa jeune maîtresse ; Madame la renvoyé, ainsi nous serons trois, Qui de chez vous ce soir sortiront à la fois.
Madame Albert ( bas à M. et M^ Jobin ) , Quoi qu'il puisse alléguer tçnez bon l'un et l'autre Jl s'agit d'assurer mon repos et le vôtre.
DORVILLE
Avant d'en venir là , sans nulle émotion,
J'exige encor de vous une explication ;
Tout sera dit après, soudain je me retire.
Avez-vous résolu d'user de votre empire
Pour contraindre d'Ursule et le cœur et les vœux ,
Et voulez-vous toujours faire deux malheureux
En lui donnant , Monsieur, pour époux ?
Monsieur "Jobin ( regardant M^ Albert ). J Oui , mon fière-^
Dqrville.
C'est fort bie^. ,Vous ma sœur en qualité. de mère , Ne répugnez-vous pas à former un lien , Dont le choix à tout prendre est si contraire au sien ?
Madame Jobin.
Quand on me maria je fus moins dillicile ; Que ma fille jn'écoute et se montre docile.
DoRVILLE.
Inclinez-vous mon frère à ce doux compliment.
( à Coquard. ) -^
"Vous, Monsieur , pensez- vous agir conséquemment , l
En voulant épouser Ursule en dépit d'elle? ^
Monsieur Coquard.
Monsieur , dans ma famille on est fait d'un modèle y
A ne pas s'émouvoir sur un pareil danger , Et je compte imiter mon père , pour changer.
DoKViLLE ( a M^ Albert ).
A la bonne heure et vous qui dès long-temps , Madame, Calculez cet hymen dans le fond de Votre âme , Quand ii sera conclu , croyez-vous qu'en ces lieux Pour vous incessamment les choses irojpt mieux/ àN'appréhendcz-vous pas les propos oii vous livre Lé scandale évident qui bientôt va le suivre? olttâuov A
Madame Albert. > \
Des discours des méchans je fais fort peu de cas , Et ces craintes , Monsieur , ne m'embarasscnt pas \ Mon cousin et sa femme ont trouvé pour leur lill? Xn mai; digne en tout d'honorer la lumillc,
( Ses )
Leur avis en ceci s'àccorcîë avec le mien , -^''
Et l'on acîcepte pas un gendre qui n'a rien. ^"^
DORVILLE
Mais souvenez-vous donc que iel qu'il est ce gendre
Vous étiez pour époux résolue à le prendre . ,
Et que ce fait déjà serait plus qu'avéré ,
Sans l'acte que tantôt vous avez déchiré.
Madame Albert.
Qu'ai-je entendu ? c'est vous, vous homme respectable Qui d'un pareil oubli me supposez capable ! Pour m'avilir aux yeux des parens aussi chers , Pouvez-vous recourir à ces moyens pervers ?
( En montrant Arthur ).
Que Monsieur calculât , provoquât ma disgrâce y^^
Par une calomnie et si là he et si basse , J'en serais peu surprise ; à l'amour outragé To is les moyens sont bons , pourvu qu'on soîl vengé j M lis il est moins que vous affermi dans sa haine , Il rougit , je le vois eL se contient à pe ne , Sa bouche nalgié lui, quand vous me dénoncez, S'ouvre pour démentir ce que vous avancez ; J'exige de sa part....
Arthur {avec une fermeté modeste^.
Madame point d'instance.
Je veux, je dois me taire , approuvez mou silence.
Madame Albert ( avec force). "^
N'en est-ce pas assez ? que me faut-il de plus ? Abrégeons , terminons des débals superllus j D'uprès vous désormais réglez votre familie, î'f
Ordonnez , disposez du sort de voire fiile , Je ne m'en mêle plus , mais il faut faire un choix^ J'ose vous en prier pour la dernière fois ' Décidez , que Tintiigue ou l'amilié l'emporte , De ces Messieurs , de moi , qui voulez-vous qui sorte ?
Madame Jobiw ( lui serrant la main ).
Qui je veux ?....
Monsieur Jobin {de même).
7 Se peut-d que vous le dciuandiez ? Di3RVlLtE ( "ie mettant entre eux ).
N'achevez-pas. [à M^ Albert) Voila ce que vous attendiez, A vous glorifier ne soyez pas si prompte.
( A M. et M^ Johin ).
\'ous, d'un Irai»; scandaleux épargnez-vous la honte, Prenez et connaissez Madame à votre tour.
( Il leur remet l'acte qu'il a soustrait ). Ce dépôt pour Arthur prouve-t-il son amour ?
'( 53 ) Au bas de ce billet appostillé par elle , Votre éloge est tracé sur un fort beau modèle , Lisez , lisez mon frère et sachons de chez vous Qui sortira ce soir de Madame ou de nous.
Madame Albert.
^n billet....
DORVILLE
C'est le vôtre.
Madame Albert ( à part ) .
Ah ! Dieu !
Madame Jobin.
Qu'est-ce ?
DoRVlLLE.
Elle est fine? Mais dans ses propres lacs , j'ai surpris la cousine. Pensant parer à tout , devant vous ce matin , Elle n'a déchiré qu'un écrit de ma main.
Monsieur Coquard ( bas à M^ Albert ).
Quand je vous le disais.
Madame Albert ( a part ).
Ah traître !
Arthur ( à part ).
Quel mystère î Madame Albert { voulant arracher l' acte des mains de M. Jobin ).
Gardez-vous....
Monsieur Jobin ( vivement ).
Qu'ai-je lu 7 l'aimable caractère î ,Me traiter de....
Madame Jobin ( d'un air de mépris ).
Mon dieu , voyez donc le grand mal.
Monsieur Jobin ( vi\'enient ).
Un moment , entre nous le partage est égal.... Lisez , lisez, aussi. ( // lui donne l'acte. )
BIadamc Jobin \^après avoir lu ).
Cie:i
Monsieur Jobin.
J-h bien ?
Madame Jobin.
Je suffoque I Madame Albert.
Croyez....
Madame Jobin.
Retirez-vous.
Monsieur Jobin.
AU I ah I cela vous choque ?
Madame Albert.
-Un mot....
Madame Jobiw.
Retirez-vous.
Monsieur Jobiii.
Il faut dëtnénager.
Monsieur Coquard.
Vous verrez qu'ils seront les maîtres pour changer.
Madame Albert.
Oui , oui , je sortirai , trop tôt pour vous peut-être, Puisque je laisse ici votre frère et ce traître j A leur but l'un et l'autre ils sont donc parvenus î •IVIais leurs projets e«cor ne vous sont pas connus j Avec le cher filleul hâtez-vous de conclure , Donnez-lui votre fille et ma vengeance est sûre, Forts de votre faiblesse ils m'y serviront tous ; Adieu , je pars coQtente , et j'ai pitié de vous.
( Elle sort ).