‹ La cousine Albert, ou, La maîtresse dans la maisonChapitre 25 sur 27 · SCÈNE VII · texte numérisé non relu

SCÈNE VII

LES MÊMES , M. ET Me JOBIN, M. COQUARD , Me ALBERT.

Madame Albert.

Vous venez à propos.

Monsieur Coquard ( à M. et à M^ Jobin ), Cet afiVont-là me passe.

Arthur ( à part en le voyant ).

Que vols-je ? tout accroît , confirme ma disgrâce. Monsieur Coquard ( à Arthur ).

Désespéré , Monsieur , de vous .lesobliger ; Je ne suis pas parti, me voilà pour changer.

Monsieur 3 omy {à Arthur ).

Qu'est-ce donc qu'on m'apprend ?

jMadame Jobin {deméine).

On sait (ie vos nouvelle»

Monsieur , chez nous vraiment vous eu faitt* de belle? I

Monsieur Jobiw.

Quoi! non content d'agir, vous écrivez sous main?

Madame Jobin.

Vous menacez les gens el faites le mutin ?

Monsieur Jobin.

Vous fomentez le trouble au sein de ma famille ?

Madame Jobin.

Et vous avez le front de prétendre à ma fille ?

Monsieur Jopin.

Répondrez-vous enfin ?

Madame Jobin.

Voyez s'il parlera î Arthur ( les yeux baisses ).

L'amour est mon excuse.

Madame Albert.

On vous en guérira.

{A M. et il/e Johin ).

Tous deux à l'accabler gardes^-vqu^ de descendre, Pourquoi presser quelqu'un qui ne peut se déteadire ?

lyîoNsiEUR Jobin.

Je veux....

Madame Albert.

Contentez-vous de le blâmer tout bas , Et par humanité ne l'interrogez pas.

MADAME Jobin.

Son projet..,. •/

Madame Albert ( lien fausse ).

A son âge , on a la t<?te vive , L'intérêt du moment « si le seul qui captive; Vous devez, ma cousine, avec autant d'esprit, Conserver ce lien que l'usage prescrit; Orphelin et chez vous admis des son enfance, Il se peut qu'il ait pris un peu trop de licence, Vos soins ont par degré fassiné sa raison , ^iJL

Et s'est cru tout à coup l'tMitant de It maison ; Soir et matin, toujours élevé près o'Ursule, Le feu des passions a vaiucu son scrupule , Il a jugé pouvoir nourrir adroitement Un amour qui faisait son établissement ; Votre bien 1'» séduit, sa faute est pardonnable, Mais tout en l'eicusant, il faut êOre équitable , Et je ne pense pas que d'après tout ceci . Vous puijsiez ùéccuiment le conserver ici.

C 5Ô ) Monsieur Jobin ( ui'ec autorité).

Qu'il ne s'en naiie pas!

Madame Jobin.

Non , certes I Monsieur Jobin.

Lui, mon frère..»

Madame Jobin.

El Suzon , s'il vous plaît.

Arthur ( à lui-même ).

Ce que je vois m'altère , Et je lie croyais pas que la duplicité' , Put atteindre jamais ce ton de vérité' I Oui , Monsieur, je dbis tout à votre bienfaisance, Vous avez accueilli , secouru mon enfance 3 Sans votre épouse et vous c'était fait de mes jours. Et mon cœur pénétré s'en souviendra toujours ; ' J'ai cédé pour Ursule au penchant qui m'anime Cet amour indiscret à vos yeux est un crime , Vous me chassez 1 ... d'ici je m'éloigne à regret , Mais sans en murmurer j je subis mon arrêt.

Monsieur Jobin (èay).

Sa douleur m'attendrit ;

Madame Jobin.

Moi , j'en verse des larmes.

Artitur.

Ces lieux, ces'liéux long-temps eurent pour moi des charmes^ Mais je n'y verrai plus celle.... soyez heureux , Rappelez-vous mon nom, s'il se peut tous les deux, Mais craignez l'ennemi qui me frappe dans l'ombre,

[ Il regarde yWe Albert, ) Il a trop de vertuS pour que je les dénombre , Et si j'avais tantôt agréé son aveu, Ce n'est pas moi. Monsieur, qui partirais j adieu.

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