SCÈNE III GRAINDOR, MADAME GRAINDOR, ANDRÉ
AUGUSTE plie son journal et descend.
Moi, j'ai quelque chose de très sérieux à vous dire à tous les deux.
GRAINDOR
Allons bon ! Qu'est-ce qu'il y a encore?
AUGUSTE
Je veux m'engager.
GRAINDOR
T'en gager !
MADAME GRAINDOR
T'engager... soldai?
AUGUSTE
Oui, en Afrique.
GRAINDOR
Tu es fou !
MADAME GRAINDOR
Après la peine que nous nous sommes donnée pour te faire exempter !
GRAINDOR
Pourquoi veux-tu faire celle bêlise-Ià.
AUGUSTE
Il faut que je quille la vie que je mèun ici... Il
lo faut... Il y a eu là-bas des soldats massacrés... une colonne va partir pour les venger.
r.RAINDOR
Avec ça qu'on a besoin de toi, pour cela.
MADAME GKAINDOR
Un de plus, un de moins... C'est bon pour ceux qui n'ont pas de parents, ces choses-là...
GRAINDOR
Je te défends de nous quitter, tu ne sais pas ce que c'est que les Arabes... la guerre...
MADAME GRAINDOR, avsc Une expressioTi de haine sourde.
Oh ! la guerre !
AUGUSTE
Mais si j'étais soldat et que mon régiment parle, il me faudrait bien le suivre.
MADAME GRAINDOR
Jamais I
GRAINDOR
Nous le ferions permuter !
^MADAME GRAINDOR
Ce ne serait pas long.
GRAINDOR
IS'e parlons plus de cela. Tu ne partiras pas.
AUGUSTE
Je vous supplie de me laisser pai-lir.
CRAINDOR
Pour que tu ailles le faire tuer par un arabe, jamais !
AUlilSTE
Si ce n'est pas moi, ce sera un autre...
MADAME GRALNDOR
Qu'est-ce que ça peut me l'aire du moment que c'est un autre. Je ne suis pas leur mère aux
autres.
ACGUSTE
,k' veux partir.
MAIJAME GRAI.MIOR
Je ne veux pas... Je me moque de l'Algérie, de la civilisation, de tout ! Moi, je suis ta mère ; je ne vois que toi II n'y a que toi au monde pour moi Ce n'est pas juste que ce soient les jeunes qui meurent les premiers. Pour la guerre on devrait prendre les vieux.
GRALNDOR
D'abord, pourquoi va-l-on les embêter chez eux, ces gens-là?
AUGUSTE
Nous refusez?
M. et MADAME GKAI.NUOR
Absolument.
Je vous supplie de consentir, sinon, je suis perdu.