SCÈNE SIXIÈME iV
AGATHE, gaiement.
Depuis l'automne.
La cravate a déjà deux plis : je l'abandonne.
Elle va chercher l'autre cravate .
Vous ne serez pas habillé^ El le mari va manquer au- programme.
OCTAVE
Non. — Que dis-tu de ma femme ?
AGATHE, viveniont.
Camille est parfaite,
OCTAVE
Au moral.
AGATHE, insistant.
Aimable, bonne.
OCTAVE
Oh ! oui, je sais, une belle âme.
Avec inquiétude.
Je parle du physique.
AGATHE
Elle est.... ni bien ni mal,
OCTAVE, vivement, se relevant.
Non 1 oh non ! dis-moi qu'elle est laide.
AGATHE, se récriant.
Oh!
OCTAVE
Laide, — c'est précis, c'est franc, c'est clair, c'est net.
AGATHE
Mon cousin !
OCTAVE
Ça vaut mieux, on est sûr de son fait. Se rapprochant d'elle, très-inquiet.
Très-laide, n'est-ce pas ?
* Agathe, Octave.
AGATHE
Non.
OCTAVE
Je te le concède.
Je l'épouse, tu peux me parler franchement. Le bonheur est en nous, comme dit le proverbe,
Kt la beauté n'est qu'un vain ornement. Cro.is-tu que je voudrais d'une femme superbe ? Jamais ! — Une belle âme a bien son agrément.
Que cherchons-nous? La mère de famille, Grave et majestueuse au foyer conjugal, Maniant noblement une modeste aiguille.
Ne me dis plus : Ni bien ni mal.
AGATPIE.
Camille a le bras magnifique.
OCTAVE, avec une joie tempérée par le doute.
Magnifique ! Tu crois ? — Eh bien, c'est presque trop. Moi, je suis un homme pratique, Et je ne prends pas un falot Pour chercher une femme, à la manière antique. Je ne serai jamais épris de l'idéal.
Je suis notaire.
Pourquoi le taire ?
Il me faut une dot, je donne le signal ;
Je mets tous mes amis en quête, Et j'attends que leur choix s'arrête.
Mon oncle m'offre un très-joli total ; j'accours, on m'introduit, je fais trois révérences, Et je vais, dans un moment , Recevoir avec déférences L'avant-dernier sacrement.
On ne fait plus autrement.
Cette façon est un peu prompte,