‹ La création de VersaillesChapitre 101 sur 118 · Lettres de Colbert , t. V, p · texte numérisé non relu

Lettres de Colbert , t. V, p

Page 173. — 1. Le départ de Le Nôtre pour l'Italie est du mois de janvier 1679. Il avait alors soixante-cinq ans. Colbert lui envoie à Rome, le 2 août 1679, une lettre, qui commence ainsi : « Monsieur, je suis bien aise d’apprendre, par la lettre que j’ai reçue de vous, que vous voyez à Rome des beautés qui pourront vous servir à l’ornement et l’embellissement des Maisons du Roi, et vous me ferez plaisir de m’écrire souvent pendant le temps que vous demeurerez encore à Rome. Appliquez-vous aussi à bien connaître tout ce qui regarde notre Académie, pour me donner à votre retour vos avis sur tout ce qu’il y aura à faire pour la faire réussir. » Correspondance des directeurs de l'Académie de France à Rome, publiée par A. de Montaiglon (continuée par J. Guiffrey), t. I, Paris, 1887, p. 85.

2. La date de la transformation de la Galerie d’eau est fournie par l’indication des piédestaux qu’on y construit, au printemps de 1681 (Comptes, t. Il, 62). L’ « achevé d’imprimer» du livre de Combes, qui énumère les statues, est du mois d’avril de cette année; on peut dire, il est vrai, qu’il a pu les désigner par avance, le choix du Roi étant arrêté, sans qu’il soit sûr pour cela qu’elles aient été en place.

3. Le premier paiement fait à Jean-Baptiste Martin, dit- l’ainé, se rapporte à ce minutieux tableau, aujourd’hui n° 758 du Musée de Versailles. 18 juillet-14 novembre 1688: « A-compte d’un tableau fait et livré àTrianon représentant la Galerie (F eau, 350 livres. » (Comptes, t. III, 89.) Les tableaux ultérieurement faits ne portent point de désignation aussi précise. On les retrouve à l’inventaire de Bailly ( Inventaire des tableaux du Roy, publié par Fernand Engerand, p. 489-493). Il y a des paiements de vues de Versailles à Martin l’aîné, en Aiême temps qu’à Cotelle et à Allegrain, qui travaillent comme lui pour la galerie de Trianon, de 1688 à 1693. Le prix peut en être évalué par l’indication d’un parfait paiement de 1600 livres « pour trois tableaux des vues de Versailles posées à Trianon » (t. III, 852).

4. Nous avons le nom de ce restaurateur de marbres dans deux paiements de septembre et novembre 1680 :

« A blamant, pour son paiement et celui des ouvriers qui ont travaillé à la restauration de dix-huit figures antiques à l’Allée d’eau, 1419 livres. » (Comptes, t. I, 1288.) Il y a sans doute une confusion de rédaction, car il ne doit pas être question de l’Allée d’eau, mais de la Galerie d’eau installée précisément à celle époque.

Page 174. — 1. Bibliothèque de la ville de Versailles, ms. 22, p. 127-137. Cf. Combes, Explication historique, p. 105-109.

2. Correspondance des directeurs de V Académie de France à Rome , t. I, p. 45, 47, 90.

3. Correspondance des directeurs de l’Académie de France a Rome, p. 77, 83, 84, 107, 110, 112. Cf. Mercure galant, juillet 1682, p. 134-140 : « Au commencement de ce mois, nous avons vu débarquer devant le Louvre un nombre infini de caisses. Il devait être bien grand, puisque deux vaisseaux, que le Roi avait envoyés exprès à Civita- Veccbia, en sont revenus remplis. Ils contenaient nonseulement plusieurs antiques pour le Roi, mais encore plusieurs ouvrages de sculpture faits par les pensionnaires de Sa Majesté. Il y avait quantité de figures de divinités et de bacchantes, des bustes d’empereurs, de philosophes et de gladiateurs, des bas-reliefs admirables, des colonnes et des tombeaux [sarcophages]... et tant d’autres choses antiques et modernes que l’on se perd dans le nombre. On admire parmi ces ouvrages un gladiateur mourant, un hermaphrodite et une bacchante, le tout fait par les pensionnaires du Roi. La bacchante surtout est une merveille ; le Français à qui cet ouvrage est dû a employé deux ans à le faire. On voit parmi tant de raretés quelques figures faites par des Italiens... Mais, pour revenir à tous les tableaux, bustes et figures antiques dont le Roi a rempli les maisons royales, depuis qu’il a pris soin de gouverner son État par lui-même, on peut dire que l’Italie est en France et que Paris est une nouvelle Rome... »

L’importance du premier arrivage d’antiques envoyés à Louis XIV est fixée par deux paiements, de juillet et août 1679 : « A Morin, voiturier, 2 000 livres pour voiture de Rouen à Paris de 303 caisses remplies de sculptures venues de Rome, avec quarante vases de terre [de porcelaine] et une galiote dorée pour le Canal de Versailles. » Le même Morin ne voiture de Rouen à Paris, par eau, en juillet 1682 que « 173 caisses venues de Rome ». Ce sont celles dont parle le Mercure. (Comptes, 1. 1, 1184 ; t. II, 239.)

4. Architecture françoise, t. IV, p. 109. Dargenville dans son Voyage pittoresque, qui est de 1755, ne mentionne même plus l’ancien état de la « Salle des Marronniers ».

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