Dictionnaire de Trévoux, art. Vertugadin
Page 176. — 1. Les coquilles de l’IIe Royale sont sculptées par André et Lambert, en 1683. (Comptes, t. II, 278.) Une estampe anonyme les représente vues de côté, avec l’enfilade des jets à la tête de la pièce d’eau.
2. « Sa Majesté ayant fait venir un grand nombre de cygnes des pays étrangers pour servir d’ornements sur les canaux des maisons royales et voulant aussi en embellir la Seine dans l’étendue et au-dessus et au-dessous de sa bonne ville de Paris... » Ainsi commence une ordonnance de 1676, expliquée par un assez grand nombre de documents de la correspondance de Colbert. Les premières demandes du ministre à l’ambassadeur du Roi à Copenhague et à l’intendant de la généralité de Tours remontent à 1672. Il écrit à ce dernier, de Versailles, le 25 novembre : « L’on m’a assuré qu'en Touraine, il y avait divers lieux où il se trouvait un nombre assez considérable de cygnes. Je vous prie de vous en informer, et, en cas que cela soit, faites-en acheter, s’il vous plaît, jusqu’à deux ou trois douzaines pour le Roi, et, s’il est possible, obligez ceux qui vous les vendront à les rendre en vie sur le Canal de Versailles ; sinon, il faudra que vous fassiez marché avec quelqu’un pour les y amener, et prendre garde de
NOTES
mettre a la suite un homme intelligent pour leur donner à manger et avoir soin qu’ils ne périssent point... » L’ordre de rechercher des cygnes est renouvelé, le 21 juillet 1673 : « Comme le Roi en aurait besoin pour mettre aux canaux de Versailles et que nous sommes à présent dans la saison ou ils couvent, je vous prie de vous informer si vous en pourriez trouver, et môme en avoir jusqu’à cent... » Colbert en demandait deux ou trois cents en Danemark ;
I ambassadeur ne put en envoyer que quarante par un vaisseau de Lubeck et proposa, ce qui fut accepté, d’expédier des œufs pour les faire couver à Versailles. {Lettres de Colbert , t. V, p. 334, 342, 377, 386.) Les Comptes des Batiments mentionnent très souvent les dépenses faites pour les cygnes du Roi sur la rivière de Seine. Il y en a seulement cent en 1677 ; mais, en 1687, on n’en compte pas moins de quatre cent soixante-quatre sur la rivière, de Corbeil jusqu à Vernon, qu’on met pour l’hiver « dans les clôtures sur l’île devant le Cours la Reine et à Chatou ».
II y en avait aussi à Fontainebleau. Pour ceux de Ver¬
sailles, une indication, qui ne peut se rapporter qu’à eux d après le chapitre où elle est placée, parait en indiquer le nombre. 13 juillet 1681-11 janvier 1682 : « A Germain, pour la nourriture de 195 cygnes pour les neuf derniers mois de l’année 1681, 2 863 livres 10 sols.» (Comptes t. II, 54.) ’
3. Lettres de Colbert , t. VII, p. cliv ou p. 54 du tirage à part de Pierre Margry : Un fils de Colbert. Étude suivie de la Correspondance du marquis d’Ormoy avec son père , concernant les bâtiments du palais de Versailles et les travaux faits dans les environs (1663-1704). Paris, Techener, 1873.