Lettres de Colbert, t. VII, p. clvii
3. Paiements du 9 mars 1682 : « A Mazeline, sculpteur, pour les modèles des torchères et vases de la Salle du Bal en 1681, 500 livres. A Legros et Massou, autres sculpteurs, pour les modèles en grand des torchères et vases de la Salle du Bal, 289 livres. » Du 9 juillet: « A Houzeau, pour ouvrages de sculpture aux modèles des torchères et vases de la Salle du Bal, 500 livres. » (Comptes, t. II, 163, 173.)
Pace 178. — 1. Pour reconnaître la part de chaque artiste ou chaque association d’artistes, il est nécessaire de contrôler les unes par les autres toutes les mentions des Comptes, à partir des paiements de 1682 (mai à décembre) : « A Le Hongre, sur ses torchères et quatre vases de la Salle du Bal, 200 livres » (en 1684, « à-compte des quatre vases de métal qu’il a faits pour la Salle du Bal en 1682 et 1683, 800 livres », sans aucune autre mention de torchères). « A Le Conte, sur les quatre vases qu’il fait à
la Salle du Bal, 1800 livres. A Mazeline et Jouvenet, sur quatre torchères, 2300 livres. A Le Gros et Massou, sur quatre torchères, 2 300 livres. (Parfaitement payées en 1683, en même temps que a les quatre guéridons de l’Arcde-Triomphe », le tout 6 600 livres). A Fonlelle, sur ses quatre mortiers, 1300 livres ». (T. II, 139, 279, 311, 315, 439.) Les mortiers, qui ont naturellement disparu, figuraient dans l’enceinte entourée d’eau. On voit très bien tout l’ensemble des ouvrages d’art dans un plan perspectif en couleur, du service des Bâtiments (Cabinet des Estampes), qui nous permet de constater que rien ne nous manque, (parlait paiement en 1683 pour ouvrages de sculpture de plomb et étain aux quatre petites torchères, montant à 3 200 livres). — « Au haut de cet amphithéâtre, il y a plusieurs niches pratiquées dans la charmille, et dans l’une desquelles on voit un beau groupe de marbre blanc, qui représente Papire Prétextât et sa mère, et qui a été sculpté par Carlier, d’après l’antique qui est à la vigne Ludovisio » (Piganiol, Nouvelle description de Versailles et de Marly, 4e éd., Paris, 1717, t. II, p. 138). Cette copie d’un antique appelé Oresle et Electre par Winckelmann, est maintenant dans la demi-lune en avant du Tapis-Vert. Il y a, à la place, un groupe en inarbre représentant l’Amour domptant un satyre.
2. Ces diverses questions seront reprises dans la suite de nos recherches, à leur place chronologique.
3. Lettres de Madame de Sévigné , éd. Monmerqué,t. V, p. 492, 496.
Page 180. — 1. Cet . étang parait être celui qui est indiqué en projet, dans le plan de F.Delapointe reproduit p. 43.
3. Je crois que c’est à cet emplacement seul que peut se rapporter l’ordre de Colbert : « La fontaine de l’Ile Royale : remplir la pièce des eaux de l’étang. Remplir de terre le marais qui est entre cette pièce et l’étang, en élargissant l’étang et lui donner une figure régulière. » (Comptes, 1. 1, 808.)
4. Voici les principales indications des Comptes qu’on peut relever pour suivre l’histoire des travaux de la pièce d’eau des Suisses. 1678 : « Transports et fouilles de la nouvelle Orangerie. » 1679 : « T ransports de terre à la pièce d’eau de la nouvelle Orangerie » ; « terres transportées de la grande pièce d’eau au Potager » ; « travail de transport de terres que fait le régiment des gardes-suisses dans la grande pièce d’eau... proche le Potager. » Prévisions pour 1680 :
« Pour les murs du Potager, 114 000 livres. Pour le transport des bonnes terres, 60 000 livres. Pour achever la grande pièce d’eau près le Potager, 85 000 livres. Pour la charpenterie des côtés du Mail et pour la dresser, 60 000 livres. » Prévisions pour 1681 : « Pour l’achèvement de la pièce d’eau, 100 000 livres. Pour mettre en état le Potager, 35 000 livres. Pour achever le Mail, 20000 livres. » Prévisions pour 1682 : « Pour achever la grande pièce d’eau, au-dessous de l’Orangerie, dans le Grand Parc, près le Potager, 100 000 livres. Pour le reste du transport des terres, régalements et ouvrages de charpenterie pour l’achèvement du Mail, 20 000 livres. » En 1683, il n’y a plus de dépenses que pour la mise en état des allées autour de la pièce d’eau. (Comptes, t. I, 1058, 1171,
NOTES
1184, 1185, 1234; t. II, 5, 126, 140, 867.) II n’est pas inutile de signaler l’existence, dans la série des devis imprimés des Bâtiments du Roi, de celui qui est daté du 13 novembre 1681 et qui est intitulé : « Devis pour la fouille et transport de terres qui sont à enlever pour faire la nouvelle Orangerie du Roy à Versailles... Seront portées dans tous les endroits qui seront marqués par l’ordre de Monseigneur, tant au devant de la grande pièce d’eau qui est au-dessous de la Vieille Orangerie qu’à la tête, du côté du Mail. » Le marché d’enlèvement et de transport est fait moyennant « 3 livres 10 sols pour chacune toise cube. »
5. Comptes, t. I, 1152, 1153. Cette même année 1679, il y a des paiements pour les « paniers transportant les bonnes terres dans le nouveau Potager», et « aux Suisses, qui ont fait des trous pour poser les poteaux de la machine servant à porter des terres dans le nouveau Potager ». (T. I, 1168.)
6. Comptes, t. II, 1102, 1103. Le transport des terres pour cette augmentation coûte 83 800 livres. On fait alors « le chemin de Satory au-dessus de ladite pièce des Suisses ».
7. On vient d’avoir, dans une note précédente, quelques indications sur la création du Mail, à droite de la pièce d’eau des Suisses. Ce mail est indiqué sur les plans de l’époque Louis XIV, compris celui de Le Pautre. Celui qui exista à l’intérieur des jardins se voit sur certains plans du. dix-huitième siècle; on en peut étudier le tracé dans l’album de ï)ubois et dans celui qui semble avoir appartenu à Louis XV et qui est déposé aux archives du Musée de Versailles.
Page 181. — 1. Il y a une lettre de La Quintinye à Colbert, qui, mérite d’être signalée. Elle est écrite de Paris, le 7 octobre 1680 : «... Je me suis donné la consolation dont j’avais besoin pendant ma maladie, -qui est de me faire rendre compte toutes les semaines de l’état de vos jardins. D’un autre côté, mon fils a été très soigneux, non seulement de nos ouvrages de Versailles , mais aussi de la distribution journalière des fruits, sur le pied que le Roi me la faisait faire devant que je tombasse malade. J’espère que Sa Majesté nous pourra faire l’honneur de vous en témoigner sa satisfaction. » ( Lettres de Colbert ,
t. VII, p. 370.)
2. Les dépenses de cette année prévoyaient 100 000 livres « pour les nouveaux bâtiments à faire au Jardin potager, tant pour les galeries servant à mettre les figuiers et autres arbres et légumes que pour le logement du sieur de La Quintinye et des jardiniers de Versailles ».
3. La Quintinye mourut le 11 novembre 1688, et la direction du Jardin potager du Roi fut donnée à François Le Normand, mort lui-même en 1709 et chef d’une famille qui conserva cette fonction de père en fils jusqu’en 1782. (Voir J. Nanot et Ch. Deloncle, l’Ancien potager du Roi et Histoire de l'Ecole nationale d' Horticulture de Versailles , Paris, 1898. )
4. Instruction pour les jardins fruitiers et potagers ... , par feu M. de La Quintinye, directeur de tous les jardins fruitiers et potagers du Roi. Paris, chez Claude Barbin, 1690, t. I, p. 149-150. Parmi les gravures qui illustrent l’ouvrage, il faut noter une vue de la nouvelle Orangerie de Versailles et une planche hors texte donnant le plan
du Potager, avec toutes les indications sur l’emplacement des cultures.
Page 182. — 1. Le poème de Santeul est imprimé en tête de l’ouvrage de La Quintinye. Il y décrit Pomone fuyant le terroir inculte de Versailles :
Hæc telluris erat faciès miseranda, sine ullo Cultore et sterilis, sine re, sine nomine campus.
Hinc Dea Versalio jamdudum ingloria rure Decedens, alias terras, alla arva petebat;
Sanclovios (Saint-Cloud) pede prxcipiti properabat in hortos, Nodo vincta comam et vestes collecta fluentes...
L’illustre jardinier survient, retient la déesse et l’honore par ses travaux, qui transforment tout le pays :
Hic hyemes nil juris habent; Ixta omnia. læta;
Vernal humus, pulchris se ostentat fructibus arbor,
Seque ornant variis depicti floribus agri;
Sunt silvx ingéniés, surit et nemora alla, recessusque Umbriferi, insanæ loca tuta tumultibus Aulx.
2. Mercure galant, novembre 1686, p. 135. On y trouve la plus ancienne description du Potager royal, qu il faut suivre sur le plan ci-dessus indiqué ou sur celui qu a gravé et légendé Pérelle et qui est d’ordinaire reproduit.
3. Paiement du 2 juin 1683 : « A Alexis Fordrin (et non Fordini), serrurier, parfait paiement de 7 652 livres 2 sols pour la grille et porte de fer de la principale entrée du Potager. » (Comptes, t. II, 313). Celte grille a servi de modèle pour celle de la villa de M. Victorien Sardou, à Marly.
6. Lettres de Colbert , t. V, p. 383. Les Comptes indiquent, en mai 1678, des transports de terres à la pièce audessous de la fontaine du Dragon ; en 1679, la continuation du même travail et la construction des murs de clôtnre de la nouvelle pièce d’eau; en 1680, on fait la muraille de la « Pièce des sapins », nom que porte assez souvent la Pièce d’eau; en 1681, on achève la maçonnerie, le conroi, etc. En 1682, les prévisions de l’année portent seulement 50 000 livres « pour achever les ouvrages des fontaines de la Salle du Bal, de l’Ile Royale et de la pièce d’eau audessous du Dragon », et les premières commandes sont faites aux sculpteurs (Comptes, t. I, 1058, 1146, 1265; t. II, 26, 139). M. Alfred Leclerc, dans la Grande Pièce d’eau de Neptune , Versailles, 1899 (extrait de la revue Versailles illustré ), évalue à 400 000 livres la dépense totale nécessitée par la création de la Pièce d’eau sous Louis XIV; en réalité, les Comptes indiqueraient seulement 231 723 livres pour la construction et 90 682 livres pour la sculpture (en tout 322405 livres). Je ne suis pas très sûr qu’on doive ajouter a ces chiffres une somme spéciale, dont les Comptes ne feraient point mention, poulies achats de fournitures, cuivre, étain, plomb, etc., ni pour des frais de direction qui n’existaient pas, en dehors des gages réguliers, les gratifications du Roi à ses architectes ne pouvant s’appliquer à tel ou tel de leurs ouvrages. Disons ici que l’on trouvera sur les premiers projets pour Neptune, et sur les procédés de construction, beaucoup d’indications utiles dans l’opuscule de M. Leclerc, qui a dirigé comme architecte les restaurations de cette importante partie de Versailles, commencées en 1883 et terminées en 1889. Son travail, illustré d’abondants documents, est de ceux qui servent à alléger les recherches postérieures, et, pouvant y renvoyer le lecteur, j’insiste de pré-
NOTES
férence sur les points où je crois serrer de plus près l exactitude, particulièrement pour les choses d’art.
5. Je ne pense pas, comme M. Alfred Leclerc l’assure dans son texte et dans la légende de ses gravures, que les huit groupes du bas de l’Allée d’eau aient pu être à un moment quelconque placés sur le chéneau de Neptune. Des motifs de ce genre semblent, il est vrai, représentés sur une gravure de Pérelle, mais rien, dans les Comptes, ne confirme un pareil mouvement. Au reste, les estampes, celles de Pérelle presque autant que celles d’ Aveline, n’ont qu’une valeur documentaire fort relative, ainsi que je 1 explique plus loin, et on ne doit souvent les regarder qu’à titre de curiosités. Dangeau écrit, le 28 avril 1685 : « Nous nous promenâmes longtemps dans le Potager, et sûmes que le Roi ne donnait plus que 2 000 francs de pension à M. de La Quintinye, et qu’il avait fait un marché avec lui pour toute la dépense du Potager. Il lui donne 18 000 fr. par an pour tous les jardiniers et pour tous les frais qu’il faut faire. » ( Journal , t. I, p. 163. )
Page 184. — 1. « Mercredi, 16 mai 1685. Le Roi alla tirer, puis revint se promener dans ses jardins. 11 vit entrer l’eau dans son grand réservoir pour la première fois. — Jeudi 17. Le Roi s'alla promener dans ses jardins et vil aller pour la première fois toutes les fontaines de la pièce de Neptune ; il en fut même très content. » (Dangeau, t. I, p. 172, 173.)
2. Voiries plans reproduits par A. Leclerc, l. c., p. 18, 30, 40.
3. Le tableau de Martin l’aîné, est le n° 751 du Musée de Versailles. C’est une sorte de panorama qui donne en grand détail toute la partie des jardins au nord du Château et montre l’Aile du Nord encore inachevée vers le bout, précisément au-dessus du grand réservoir inauguré en