‹ La création de VersaillesChapitre 105 sur 118 · Mercure galant , novembre 1686, p · texte numérisé non relu

Mercure galant , novembre 1686, p

5. Ces sculpteurs sont nommés en 1682 et en 1683, année où la liste est ainsi dressée : « Aux ci-après nommés, à-compte des vases et cuvettes de métal, sur les masques et coquilles et les modèles qu’ils font pour le pourtour de la pièce d’eau sous le Dragon..., Regnaudin, Flamand, Lespagnandel, Prou, Coyzevox, Van Clève, Raon, Houzeau, Clérion, Fontelle, Cornu, Hurtrel, Laviron, Magnier, Lespingola, Drouilly, Monnier, Carlier, Collignon, Mazeline, Le Gros, Mazière » (Comptes, t. II, 278). On trouve payé, sur le même compte, à Vazé (ou Vassé), marchand, un acompte de 34 000 livres sur le plomb et étain qu’il a fourni pour les vases et les cuvettes de la pièce d’eau sous le Dragon, dont le parfait paiement, qui est de 1694, monte à 38 315 livres 12 sols 2 d., outre 6 000 livres payées à part en 1686 (t. IV, 951 ; cf. t. III, 278, 919). En septembre 1684, on paye un charpentier, « pour avoir descendu et mis en place vingt-quatre coquilles de métal sur les socles de pierre autour de la pièce de Neptune », dont le nom définitif commence à apparaître (t. II, p. 429).

6. Les sculpteurs de glaçons se nomment Bourlier, Venier, Fortier, Gérard, Grenoble et Cadrant; leur salaire total et collectif s’élève à 5 983 livres 10 sols. (Comptes, t. III, 476.) La restauration moderne a fait disparaître une partie des glaçons de Neptune, notamment ceux

qui affleuraient le niveau de l’eau tout le long du mur de soutènement et qui y ajoutaient un motif de décoration de quelque intérêt.

7. Paiement du 16 janvier 1684 : « A Houzeau et Raon, parfait paiement du grand modèle de plâtre d ‘ Amphitrite à la pièce de Neptune, 400 livres.» (Comptes, t. II, 474.) Rien n’indique que ce groupe eût plus d’importance que les autres. On trouve, par exemple, le 3 avril : « A Lespagnandel et Hardy, parfait paiement de 586 livres (5086 est une faute d’impression) pour les ouvrages par eux faits pour un grand modèle de plâtre à la grande pièce d’eau sous le Dragon », et 500 livres payées pour un grand modèle du même genre à Van Clève etLaviron, 600 livres payées à Cornu, etc. (t. II, 477,479). D’après les premiers acomptes du 4 juillet 1683 (t. II, 278), les huit associations de sculpteurs chargés de ces modèles sont : Lespagnandel et Hardy (Abry est une faute d’impression), Monnier et Carlier, Le Gros et Massou, Van Clève et Laviron, Houzeau et Raon, Lespingola et Clérion, Cotton, Legeret et Caffiéri, Fontelle et Mazière. Ce sont ces derniers qui ont le plus gros morceau, puisque le parfait paiement du « modèle en plâtre qu’ils ont fait en 1683 à la pièce d’eau au-dessous du Dragon » s’élève à 862 livres : le dernier acompte est versé en 1695 seulement à Mazière et à la veuve de Fontelle (t. III, 1093, 1140).

8. Le 5 mars 1684, une petite somme est payée « à Venier, sculpteur, pour restaurations et réparations de huit groupes à la pièce de Neptune» (Comptes, t. II, 478). — Avant de quitter l’ancienne décoration du bassin de Neptune, je dois rectifier encore une affirmation de M. Leclerc, à propos d’un paiement du 13 avril 1687 : « A Lespingola, sur six modèles de terre et cires réparées de trophées en bas-relief jetés en bronze; de deux grands vases de plomb dur, deux coquilles de plomb et deux masques destinés pour la pièce d’eau de Neptune, remis au magasin, 600 livres ». Il ne peut être ici question de trophées (de bronze destinés à la pièce de Neptune ; il s’agit évidemment de ceux de l’intérieur du Château. Seule, la fin de la mention se rapporte à des ouvrages pour Neptune, comme l’établit, aux Comptes de 1693, le parfait paiement à l’artiste de « 1 800 livres pour deux vases, deux coquilles et deux masques de plomb qu’il a fondus, réparés et posés en place à la pièce du Dragon ». (Comptes, t. II, 1178; t. III, 869.)

Page 186. — 1. Mercure galant , avril, 1680, p. 178 ; mai, p. 87. Je réunis ici deux récits qui se complètent et ne se rapportent peut-être pas à la même journée.

2. Au mois d’octobre 1682, on visitait le bosquet de l’Arc-de-Triomphe comme une nouveauté. Voir dans le Mercure de ce mois, lro partie, p. 133, le curieux récit, d’une visite que fait à la Cour, à l’occasion delà naissance du duc de Bourgogne, une dame de qualité.

Page 187. — 1. L’abbé Lebeuf, Histoire du diocèse de Paris, t. VII, p. 328-330, a esquissé, d’après les pièces originales, l’histoire de la paroisse de Trianon. Le nom latin de Trianon se présente, au douzième siècle, sous la forme Triarnum ou Trias num.

2. Du 22 janvier 1668 : « Au sieur prieur de Choisy, la somme de 953 livres, savoir : 660 livres pour les dîmes

NOTES

qu’il a droit de prendre sur les terres encloses dans le parc de Versailles, compris les menues dîmes de Trianon, pendant l’année dernière 1667; 200 livres dues à l’œuvre et fabrique de Saint-Pierre de Choisy pour le revenu du pré Saint-Pierre, et 93 livres aussi dues à l’œuvre et fabrique de Notre-Dame de Trianon. » Du 12 septembre et du 17 décembre : paiement à un maçon, « pour avoir démoli l’église de Trianon et entoisé le moislon » et pour «les murs du cimetière de Choisy, qu’il a faits avec la démolition de ceux de l’église de Trianon ». D’avril et mai 1670 : « parfait paiement du transport des terres du cimetière de Trianon dans celui de Choisy », et paiement « aux ouvriers qui ont démoli la grange de Trianon et autres bâtiments ». (Comptes, t. I, 258, 274, 424, 427.)

3. Colbert, écrit au Roi, qui est en Flandre, le 5 mai 1670 : « Je fus hier à Versailles et à Saint-Germain. Les charpentiers commencèrent du matin leur comble de Trianon ; j’espère que, dans quinze jours, la couverture en sera achevée ; et en même temps qu’une pièce sera couverte, l’on en fera le plafond et le lambris de stuc. Le jardin s’avance fort. On fournit à Le Bouteux tout ce qui lui est nécessaire. » ( Lettres de Colbert , t. V, p. 296.) Il y a des détails analogues dans les lettres du 9 et du 22 mai. Le Roi insiste pour qu’on veille à « ne pas laisser perdre un moment à Le Bouteux », et se dit «. persuadé qu’on ne perd pas de temps à Versailles, non plus qu’à Trianon. » A Versailles il s’agit, à ce moment, des façades de Le Vau et des nouvelles fontaines.

4. Le 14 janvier 1671, Colbert alloue 1500 livres à Le Bouteux «ayant l’entretènement du jardin de Trianon, tant pour son remboursement d’un voyage qu’il a fait à Orléans par notre ordre pour faire venir des orangers pour ledit Trianon, et pour le modèle en bois qu’il a fait faire dudit jardin, que pour ses peines et menues dépenses, depuis le mois de mars dernier jusqu’à présent, à conduire tous les ouvrages de jardinages qui ont été faits audit Trianon. » (Comptes, t. I, 431). Un des paiements nombreux pour l’aménagement de ces jardins montre qu’il s’en crée, en même temps, à Clagny ; et il mentionne, en effet, les « jardiniers, terrassiers, charretiers et manœuvres, qui ont labouré, fumé et remué les terres des jardins de Trianon et de Clagny, depuis le 5 avril 1670. »

5. André Félibien, édition citée de ses opuscules, p. 329. Cinq pages sur Trianon sont ajoutées à la fin de sa Description sommaire de Versailles en 1674. La description en vers de Denis, qui l’appelle la « Maison du Soleil », est de la même époque. Elles visent, l’une et l’autre, le Trianon de porcelaine.

6. Contes moins contes que les autres. Sans Parangon et la Reine des fées [par le sieur de Preschac], Paris, Claude Barbin, 1698, p. 49.

Page 188. — 1. Comptes, t. 1,415-417, 421-422.

2. Je ne sais comment on arrive au chiffre énorme, répété partout, de 1800 000 livres dépensées pour la création du Trianon de porcelaine et de ses jardins. Ceux que j’indique dans le texte, d’après les Comptes, sont, comme on le voit, infiniment plus vraisemblables. (Voir t. I, 538-542, 588, 634, 704, 773, 842.)

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