‹ La création de VersaillesChapitre 56 sur 118 · Mil. Colbert , vol. 115, fol · texte numérisé non relu

Mil. Colbert , vol. 115, fol

Il y a un séjour du Roi, attesté par Loret et par la Gazette , p. 267, du 12 au 16 mars 1663. Mais il peut s’agir ici d’une simple visite. Le 27 mars, Petit mentionne encore l’état des travaux de l’Orangerie : « Il y a près de deux assises de pierre dure posée de l’étendue de 30 toises que contient le mur de face de l’Orangerie. Toutes nos ouvrages seront mieux établies (sic) après les fêtes, parce que les limosins seront de retour, ce qui fortifiera le nombre des tailleurs de pierre et maçons ». [Mil. Colbert , vol. 115, fol. 395). On peut remarquer que cette petite Orangerie de Le Vau, dont nous suivons presque jour par jour la construction, est celle qu’on a continuellement, en notre siècle, attribuée à Le Mercier et qu’on persiste à reproduire en gravure comme une Orangerie de Louis XIII.

Page 38.— 1. Mil. Colbert , vol. 115, fol. 553. Cette lettre de François Le Vau est publiée assez fautivement dans les Lettres , instructions et mémoires de Colbert , t. V, p. 447. Le reste du document est relatif aux grands travaux qui s'exécutent à ce moment à Saint- Germain, où Le Nôtre fait un parterre.

2. Voir notamment dans la Muze historique de Loret, les lettres rimées de 2 juin et du 20 octobre 1663 (éd. Livet, t. IV, p. 60 et 116) :

Leurs Majestés sont à Versnilles,

Château charmant, tranquille et coi...,

Nous fîmes grande mangerie,

Nous vîmes la Ménagerie.

Dont les chères commodités,

Dont les belles diversités,

Dont les raretés infinies Réjouissent les compagnies.

Le 17 août, la présence de Turenne avec le Roi est attestée par un billet du maréchal à Colbert {Mil. Colbert , vol. 116 bis, fol. 738 b).

3. Il est impossible de désigner sur le plan de Silvestre la Salle des Gardes, ni cette première chapelle*

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NOTES

C’élait à gauche ou à droite en entrant au Petit Château : « La peinture du pourtour des murs du grand escalier à main droite en entrant au Château sera sans faute achevée dans la semaine prochaine et ferai échafauder aussitôt à l’autre escalier pour le peindre. » ( Rapport du 4 mars. ) Le même rapport mentionne la réfection « de la petite antichambre et chambre du pavillon qui regarde l’écurie, au premier étage à main gauche, et du cabinet, duquel la menuiserie du plafond est achevée », et celle « de l’appartement bas au-dessous de celui susdit ».

4. Rapports de Petit à Colbert, du 4 et du 27 mars 1663. Un rapport du mois de novembre a quelque importance pour la façon dont ces premiers travaux de Versailles ont été conduits et pour l’époque où ils ont commencé : « Monseigneur, après neuf mois que je suis ici pour faire avancer les bâtiments et avoir l’œil à la qualité et emploi des matériaux, dans tous les ouvrages qui y ont été faits, il ne me reste qu’à vous rendre un compte exact de toute la dépense, après que vous aurez ordonné d’en faire faire la réception générale (tant maçonnerie, que charpenterie, menuiserie, serrurerie, couverture, plomberie, vitrerie, marbrerie, pavé de grès, et généralement de tous les ouvrages qui jusqu’à présent ont été faits, depuis l'année dernière et la présente), en bonne forme et connaissance de cause, n’ayant jusqu’à présent été fait aucun arrêté,... ce qui cause que la plupart des ouvriers crient, demandant le plus souvent ce qui ne leur est pas dû. L’on pourrait travailler incessamment, avec soin et intelligence, à la réception desdits ouvrages et en faire la visitation et toisé exact avec les marchés en main et bon raisonnement pour l’appréciation des ouvrages desquels n’a été marché. Commandez, Monseigneur, et aussitôt je ferai mon devoir, si vous in’en croyez capable, n’ayant autre fin que de vous faire connaître que je suis, etc. »

5. Lettres , instructions et mémoires de Colbert , t. VI, p. 470.

Page 40. — 1. Les premières éditions de l’ Impromptu portent : « La scène est à Versailles, dans la salle de la Comédie. » ( Molière , éd. Despois, t. III, p. 386.) Je fixerai plus loin l’emplacement de cette salle.

2. Les provisions de la nouvelle charge de Colbert, contenant l’expression de la confiance particulière de Louis XIV, sont publiées au t. V, p. 449, de la correspondance du ministre. Il succédait à Antoine de Ratabon, qui se démettait de sa charge.

Page 41. — 1. La phrase reste ici en suspens. Plus loin, Colbert ajoute : « Pour moi, j’avoue à Votre Majesté que, nonobstant la répugnance qu’Elle a d’augmenter les comptants, si j’avais pu prévoir que cette dépense eût été si grande, j’aurais été d’avis de l’employer en des ordonnances de comptant, afin d’en ôter la connaissance. » Ces premières dispositions de Colbert ont-elles été pour quelque chose dans l’absurde légende qui parlait de la destruction volontaire des Comptes de Versailles ?

2. Lettres , instructions et mémoires de Colbert , t. V. p. 268. J’ai montré, dans la note sur la page 30, que la date de septembre 1665 doit être remplacée par celle de septembre 1663.

3. La dorure des combles, que fait connaître le tableau n° 765 du Musée, est mentionnée expressément par Mlle de

Scudéry : « Tout l’or dont le comble du palais est orné. » ( La Promenade de Versailles , Paris, 1669, p. 28.) Quant à la réfection de la couverture, elle est attestée par un rapport de Petit à Colbert sur une visite de Louis XIV [Mél. Colbert , vol. 127, fol. 11). De ce rapport, écrit le 15 août 1664, et dont la partie relative à la Ménagerie est imprimée p. 42, le commencement paraît intéressant à donner ici : « Monseigneur,... Nous espérions avoir l’honneur de vous voir à Versailles. Le Roi y étant hier, je ne voulus pas abandonner mon poste de la Ménagerie, sachant que Messieurs Le Vau et Le Nôtre étaient auprès de Sa Majesté pour répondre de ce qui se passait dans le Château, où j'avais donné ordre au mieux qu’il me fût possible, pour faire voir à Sa Majesté que nous ne perdons point de temps pour son service. En effet, il vit la couverture du Château fort avancée, laquelle sera parachevée entièrement dans un mois. Sa Majesté vit aussi la Cour pavée entièrement... Je veux que cette cour soit pavée en perfection. Sa Majesté trouva le reste des travaux en bon ordre. Monsieur Le Vau vous donnera avis du détail de la satisfaction qu’eut Sa Majesté, ayant toujours été auprès de lui. »

4. Rapport à Colbert, du 4 mai 1665 : « L’on avance fort la décoration des façades des murs dans la cour et [vous] verrez beaucoup de bustes posés. » [Mél. Colbert , vol. 1*29, fol. 140.)Pérelle indique même des bustes sur la façade du jardin; mais ils n’y sont peut-être qu’en projet. Les Comptes marquent des paiements, le 4 juillet, « à Antoine Poissant, sculpteur, à-compte des bustes » et « à-compte des consoles qu’il fait pour les bustes de la cour de Versailles ». Un peintre en bâtiments peint en brique des murs des fossés (t. I, 80).

5. Voir les Comptes des Bâtiments et les rapports à Colbert, passim ; celui du 15 août 1664 indique que « 106 ouvriers travaillent au pavillon du réservoir d’eau du Château ; 138 au puils de la Pompe et aux fondations des pavillons à côté d’icelui. » ( Mél. Colbert , vol. 127, fol. 11.)

6. [Mél. Colbert , vol. 129, fol. 140; 131, fol. 331.) Les Comptes ne donnent pas ces renseignements et ne mentionnent que des travaux de maçonnerie faits « au pavillon du Roi aux avenues du Château » (t. I, 76). Petit parle encore, le 22 mai, du « pavillon du Roi proche le Chesnay » ( Mél. Colbert, vol. 129 bis, fol. 624 ).

Page 42. — 1. Voir les Comptes des Bâtiments du Roi sous le règne de Louis XIV , édition Guiffrey, t. I, Paris, 1881. — On sait avec quel mérite et quelle persévérance M. Jules Guiffrey a mené à bien la vaste et difficile entreprise de l’édition de ces Comptes pour l’époque Louis XIV. C’est une mine presque inépuisable de recherches ouverte aux travailleurs de tout ordre; pour Versailles en particulier (bien que des extraits manuscrits de Le Roi et de Soulié aient été légèrement utilisés par Dussieux), cette publication est la clef d’une quantité de petits problèmes restés jusqu’à présent posés.

2. Entre autres mentions, celle-ci est sûre : « Deux parterres en gazon qui sont au-dessous de la grande terrasse du côté de la Pompe. » (T. I, 83. )

3. Rapport à Colbert du 3 juin 1665 : « J’ai compté les arbres qui sont en pépinière dans le Grand Parc; j’ai

NOTES

compté aussi tous les cyprès, sapins et ifs qui sont plantés dans le Petit Parc, et je verrai ceux qui manquent dans les Labyrinthes. » [Mil. Colbert , vol. 130, fol. 79. ) 11 s’agit peut-être à la fois du bosquet de l’Étoile et du futur grand Labyrinthe, dont le plus ancien plan de Delapointe marque un tracé primitif. Sur les glacières, voiries mentions des Comptes et un rapport à Colbert, du 15 janvier 1665. {Mil. Colbert , vol. 127, fol. 164).

4. Comptes, 1. 1, 23, 25. (Cf. Félibien,Zîe&mora de la fête de 1668, dans ses opuscules réunis en 1696, p. 207.)

5. Comptes, t. I, 83 : « A Martin Trumel, pour le paiement des ouvriers qui ont transplanté plusieurs arbrisseaux, qui étaient dans les pépinières de Vaux-le- Vicomte, à Versailles, 383 livres 4 s. » Dans la suite des Comptes et des rapports, on voit que les pépinières de Versailles vont toujours en s’augmentant. Petit en écrit souvent à Colbert, par exemple le 10 décembre 1665 :

« 11 y a quelque 200 arbres revêtus de la manière que sont les anciens, les entrepreneurs disant que cela suffit... Je fais labourer les terres que Monseigneur a ordonnées pour préparer les pépinières. » ( Mél . Colbert , vol. 134,- fol. 302).

6. Il y a au Cabinet des Estampes, Na 365, les deux plans manuscrits les plus anciens, dont les planches gravées existent à la Chalcographie du Louvre. Ils semblent de la même main, celle du sieur Delapointe. Un seul des plans manuscrits est daté ; mais la date de 1664 y a été certainement mise après coup et par inexactitude. On y voit, en effet, l’Allée Royale avec son élargissement de 1667; de plus, comme les indications accessoires se rapportent à la fête de 1668, la levée du plan doit être peu antérieure à cette date. J’attribuerais volontiers au plus ancien des deux la date de 1665 ; s’il est de 1664, il montre des travaux arrêtés et tracés, mais dont l’exécution n’est pas encore terminée.

7. Rapport du 17 juillet : « Le bassin du grand rondeau nouvellement fait est tout rempli d’eau à trois pieds de haut. » Cf. Comptes, t. I, 80, 85. 1er septembre : « A J. Chevillard, fontainier, pour avoir fait emplir d’eau le grand bassin du Petit Parc de Versailles... » — 10 décembre : « Louage de deux pompes qui ont servi à emplir le rondeau qui est proche l’étang de Versailles. »

8. Rapport du 30 octobre : « Le rondeau du jardin bas est achevé tant pour la pierre que glaise... Les deux tiers du gazon d’un des côtés du parterre du jardin bas est posé. Tous nos ouvrages finissent, et je crois que dans la fin du mois prochain, nous n’aurons plus rien à faire qu’à remplir nos glacières. » [Mél. Colbert , vol. 132 bis, fol. 668-) Du 4 juillet au 31 décembre, on paie 19 790 livres pour « terres transportées au-dessous du parterre en broderies ». (Comptes, t. I, 83.) Enfin, en 1666, on paye encore aux entrepreneurs de maçonnerie 83000 livres pour ouvrages « aux perrons et grands bassins », après 175 500 livres payées l’année précédente. (Comptes, t. I, 75, 83, 132. )

9. La première mention du travail des Suisses à Versailles est dans le rapport du 17 juillet 1665 : « 67 Suisses avec 167 tant ristons qu’autres ouvriers travaillent à la fouille et au transport des terres du jardin bas... 42 limosins travaillent à élever le mur des terrasses... Nous avons provision de moellon, y ayant 60 voitures qui en ont amené

les jours passés sans discontinuer. » Le 11 août, l’ouvrage étant avancé ; on voit que les ristons « ont donné congé aux Suisses. » (Mél. Colbert , vol. 130 bis, fol. 793; 131, fol. 330.)

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