‹ La création de VersaillesChapitre 83 sur 118 · Archives du Musée de Versailles · texte numérisé non relu

Archives du Musée de Versailles

3. Mercure Galant, avril 1680, p. 181-192. La collation était servie dans les enfoncements des vraies et fausses croisées ; elle était disposée sur des pyramides ou des buffets, sculptés et dorés comme les tables et les scabellons. L’éclairage de l’Appartement des Bains fut admiré : « Toutes les pièces en étaient éclairées différemment. Dans l’une, tout ce qui portait les bougies était de cristal ; dans une autre tout de vermeil, et dans une autre tout d’argent. »

4. Le tableau de Ilouasse est gravé dans l’ouvrage de Monicart dont il va être parlé, t. I, p. 64.

5. Comptes, t. I, 587, 615, 738, 759, 760, 831, 832, 902. Girardon était l’auteur de trois des figures des Douze Mois; « Tubi et consorts » étaient payés pour six figures (832); Le Hongre avait fait deux ligures, et Regnaudin une. Aces indications, les seules qui soient fournies par les Comptes, paraissent mal s’accorder les renseignements recueillis par Piganiol : « Janvier et Mars ont été sculptés par Marsy ; Février par Hulinot ; Avril par Tubi ; Mai et Décembre, par Regnaudin; Juin et Juillet par Le Gros; Août et Septembre par Le Hongre; Octobre par Houzeau ; Novembre par Erard. » Caylus confirme l’attribution de Mai à Regnaudin ; Guillet donne seulement

NOTES

Mars a G. Marsy, et à Le Hongre, Juillet et Août. On voit qu’il reste quelque incertitude sur l’attribution de ces figures.

Page 109. — 1. Le texte en vers du sieur de Monicart, auteur de Versailles immortalisé , n’est pas, à proprement parler, une source pour l’histoire des bâtiments de Versailles, comme on le considère trop souvent. Je ne le cite pour mon compte que rarement, et à titre de curiosité. Il se borne le plus ordinairement à mettre en vers exécrables les descriptions des deux Félibien et de Piganiol, dont on retrouve jusqu’aux expressions dans son style; les renseignements sont seulement affadis et délayés. Ce Monicart n avait môme pas sous les yeux les œuvres dont il parlait, puisqu’une note avertit le lecteur que « l’auteur a composé cet ouvrage dans le château de la Bastille, à Paris, où il était prisonnier d’État pour affaires de guerre, depuis 1710 jusqu’à 1714 «.Voici l’interminable titre de l’ouvrage, que j’abrège de la fin : « Versailles immortalisé par les merveilles parlantes des Bâtiments , Jardins , Bosquets , Parcs , Statues , Groupes , Termes et Vases de marbre , de pierre et de métaux. Pièces d'eaux, Tableaux et Peintures qui sont dans les châteaux de Versailles, de Trianon, de la Ménagerie et de Marly. En neuf tomes in-quarto. Composé en vers libres français par Jean-Baptiste de Monicart, ancien Trésorier de France de Metz. Avec traduction en prose latine par le sieur Romain Le Testu, de Rouen... Paris, Etienne Ganeau et Jacques Quillau, 1720. » Les deux premiers tomes ont seuls paru. L’ouvrage, dédié au jeune Louis XV, était annoncé, sur le titre même, comme devant être orné de cinq cents estampes gravées par les plus habiles graveurs. Celles qui accompagnent les deux tomes, quoique de valeur fort inégale, reproduisent certaines œuvres d’art disparues et donnent son véritable intérêt historique à ce singulier recueil.

Monicart n’avait pas eu le premier l’idée de rimer dans une prison une description des magnificences de Versailles. Le descendant d’un des anciens seigneurs de ce lieu, Henri-Louis de Loménie, comte de Brienne, secrétaire d’Etat, l’ami de La Fontaine et de Charles Perrault, fut enfermé en 1674 à Saint-Lazare de Paris, sur l’ordre de Louis XIV, qui l’y tenait encore en 1690 ; il y composa de nombreux ouvrages en vers et en prose, parmi lesquels « Versailles, poème envers français, où il décrit les beautés de ce lieu et s’étend beaucoup sur les louanges de Louis XIV. « Cette indication, qui a été donnée pour la première fois dans le supplément de Moréri [le Grand Dictionnaire historique, dernière édition, t. VI, 1764, p. 372), fait regretter que nous ne possédions pas un ouvrage à tous égards intéressant et qu’il convenait de mentionner ici.

Page 1