‹ La création de VersaillesChapitre 82 sur 118 · Comptes, t. I · texte numérisé non relu

Comptes, t. I

6. Mercure galant , t. III, 1673, p. 117. Selon le Mercure, il y avait quinze ans que Cucci avait été appelé en France par Louis XIV et travaillait, dans la maison des Gobelins, « aux grands cabinets d’ébène, sculpture, miniature, orfèvrerie et pierreries... [et] aussi aux fermetures des portes et des fenêtres des maisons royales, le tout

ciselé ». Jal lui a consacré un important article. On trouvera, dans les Lettres de naturalisation d'artistes étrangers recueillies par M. Guiffrey, la lettre accordée par le Roi, à la date de 1664, à « notre bien amé Dominique Cuccy, originaire de la ville de Tody près de Rome ». Les lettres de naturalisation de Filippo Caffiéri, de Rome (1665), de Francesco Temporiti, de Milan (1671), et de Giambattista Tubi, de Rome (1672), ne sont pas moins précieuses pour l’histoire de l’art ( Nouvelles archives de Vart français, t. II, p. 242, 244, 247, 250).

Dès l’origine, Versailles fut intéressé aux travaux des

APPARTEMENT DD ROI AD PREMIER ÉTAGE PLAN MANUSCRIT DE L'ÉPOQUE DE LE VAU

Gobelins, dont la direction fut confiée à Le Brun par lettres accordées le 8 novembre 1663, et à l’établissement de la manufacture des meubles de la Couronne, dont l’institution définitive fut réglementée par un édit du mois de novembre 1667. Entre tant de témoignages on peut choisir celui de la Vie de Colbert par Sandras de Courtils, qui mentionne quelques-uns des ordres de Colbert, exécutés à la manufacture : « Il y fit travailler aussi à ces grandes pièces d’orfèvrerie qu’on a depuis portées à Versailles comme tables, guéridons, buires, cuvettes, caisses d’orangers et candélabres . On y bâtit une gondole pour le

Canal de Versailles, et on y travailla tous les ornements de la Grande Galerie. » (Cf. Lettres de Colbert, t. V, p. 518). En même temps que la si curieuse série des

tapisseries des Mois, où les accessoires reproduisent tant d’œuvres d’art des Gobelins qui figuraient à Versailles, il faut consulter quelques pièces de l 'Histoire du Roi, qui en présentent également. La plus intéressante est naturellement celle qui rappelle la visite de Louis XIV aux Gobelins, le 15 octobre 1667. Le musée de Versailles en possède le carton de Pierre de Sève, d’après Le Brun (Soulié, Notice du Musée national de Versailles, t. II, p. 174-175), et vient de recevoir le portrait d’un des principaux orfèvres du Roi (Claude Ballin?), tenant un des plus beaux vases de vermeil qu’il ait ciselés.

7. Il est aisé de renvoyer sur les travaux du premier Philippe Caffiéri, sculpteur de Louis XIV (1634-1716), au livre excellent de M. Jules Guiffrey, les Caffiéri , sculp-

NOTES

leurs et fondeurs-ciseleurs . Paris, 1877. Les travaux visés dans ce passage sont indiqués, p. 19 et 20. On trouve au 29 juin 1681 (Comptes, éd. Guiffrey, t. I, 20), un paiement de 1 526 livres « pour la sculpture de trois portes à deux vantaux au grand appartement du Roi », parmi bien d’autres travaux de la môme époque, sans désignation précise. Je crois que l’ensemble des portes des Grands Appartements a dû être refait à cette date.

8. Je ne vois nulle part confirmée l’existence de portes de bronze dans les appartements. André Félibien, p. 290, en parle, en 1674, comme d’un projet : « Les portes doivent être de bronze travaillées à jour. » Ce grand travail ne fut pas exécuté : les panneaux sculptés de Philippe Caffiéri tinrent lieu de bronze.

9. Guillet de Saint-Georges, dans les Mémoires inédits , t. I, p. 308.

10. Comptes, t. I, 511, 513, 616, 618 (années 1671 et 1672). Guillet mentionne expressément les travaux de stuc de Laurent Magnier à Saint-Germain et à Versailles, <( entre autres toute la sculpture delà Chambre des Bains, de la Chambre du Billard et de l’Escalier de la Reine... »

( Mémoires inédits, t. I, p. 419.)

Page 105. — 1. Ace renseignement de La Martinière doit s’en joindre un autre du duc de Luynes, qui note à Versailles, en novembre 1752 : « J’ai remarqué depuis le retour de Fontainebleau un changement qu’on a fait pendant ce voyage dans les appartements du Roi ici. Dans les arcades de la Galerie et dans les portes des pièces jusqu’à la Chapelle, il y avait des seuils de marbre ; on les a ôtés parce qu’ils étaient trop glissants, et on a mis à la place de ces seuils du parquet qui raccorde à celui des pièces. »

( Mémoires , t. XII, p. 190.)

2. Comptes, t. I, 510, 614, 694, 1155, 1278-1282. Aux prévisions de 1671, on trouvait 350000 livres « pour les ouvrages de stuc, de peinture, de sculpture, menuiserie et autres pour les dedans du Château de Versailles ». Pour 1672, il y a un détail qui est à noter, en dehors des grosses sommes consacrées à l’Escalier de la Reine (le premier) et à l’Appartement des Bains : « Pour achever la menuiserie des deux Grands Appartements du Roi et de la Reine, 18000 livres. Pour achever les garnitures de bronze doré desdits appartements, 15 000 livres. Pour achever les ouvrages de toutes les chambres desdits appartements, 25000 livres. Pour les glaces de miroirs à mettre aux

croisées des Grands Appartements, 120000 livres .

Pour les peintres qui travaillent aux tableaux des plafonds, à-compte, 25 000 livres. » (Comptes, t. I, 486, 587, 591, 676.) Aux prévisions de 1673, avec la continuation des mêmes dépenses, celte mention est à noter ; « Pour refaire les tableaux qui doivent être mis dans les plafonds des Grands Appartements du Roi et de la Reine, 40000 livres. »

3. En 1679, les prévisions portent seulement 12 000 livres « pour achever les tableaux de la seconde pièce [ après l’Escalier] et poser tous les tableaux du Grand Appartement du Roi ». Cette rubrique disparait en 1680, quoiqu’il y ait encore des acomptes aux peintres, et on trouve au 21 septembre 1681 : « A La Baronnière père, pour avoir posé les tableaux des plafonds des Grands Appariements

du Roi et de la Reine, 2 595 livres. » (Comptes, t. I, 1114; t. II, 19.)

Page 106. — 1. Voici quelques parfaits paiements de 1680 ou 1681 dont la rédaction est significative pour le prolongement et sans doute les tâtonnements des travaux :

« A Gilbert, de Sève, 133 550 livres pour ouvrages à la Chambre de la Reine, depuis 1671 jusques et compris 1680. » — «A Corneille, 10 680 livres pour ouvrages à l’antichambre de la Reine, depuis 1671 jusques et compris 1680. » — « A Audran, 9320 livres pour ouvrages à la Salle des gardes et Chambre de Diane, depuis 1671 jusques et compris 1680. » Etc. (Comptes, t. I, 1279, 1280.) Pour l’esthétique de ces œuvres, voir Lady Dillce, Art in the modem State, p. 125.

2. La désignation des pièces dans les premiers plans, où le Salon de Diane ne figure pas, est ainsi indiquée par le mémoire de Colbert que je date de 1669 : « Le cabinet sur la face a 5 toises 1 pied ; la grande chambre a 5 toises 2 p. ; l’antichambre a 8 toises 1 p. ; la salle des festins, 11 toises 4 p. » ( Lettres de Colbert, t. V, p. 284.) Ces quatre pièces sur la façade nord sont celles qui se retrouvent sur le « Plan de l’appartement du Roi au premier étage », des Archives du Musée de Versailles.

3. André Félibien décrit les marbres des trois pièces détruites par Mansart, notamment celui de la petite chambre à coucher, qui est « couleur de feu avec des veines blanches et se nomme marbre de Languedoc ». La septième pièce, dit-il, « est le petit cabinet qui a ses issues sur la grande terrasse pavée de marbre... Toutes ces pièces sont parquetées de menuiserie ».

Page 107. — 1. Comptes, t. I, 738.

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