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Nouvelles archives de V Art français, t. IX, p

Page 110. — 1. Luynes, Mémoires , t. X, p. 180, 188. La grande vasque de marbre de l’ancien Appartement des

Bains a été transportée, en 1900, par les soins du comte Robert de Montesquiou-Fezensac, au « Pavillon des Muses », à Neuilly.

2. Cf. Guiffrey, les Caffiéri, p. 19, 20. Toutes les indications des Comptes se rapportent à la a Chambre » et non au « Cabinet des Bains » ; mais Caffiéri a pu travailler aux deux, et il est plus que probable que les panneaux sculptés des fenêtres de la salle 53 ont subi quelque déplacement, cette pièce étant devenue successivement la chambre à coucher d« la comtesse de Toulouse, de Madame Adélaïde et enfin, en 1755, de Madame Victoire.

3. Ces détails sur la disposition du rez-de-chaussée, à ce moment de l’histoire du Château, sont tous empruntés au plan du temps de Le Vau, reproduit page 221 et connu déjà par un calque de Soulié. J’ai retrouvé parmi certains papiers provenant de l’atelier de Le Brun, au Louvre, l’original de ce précieux document et les plans de la chapelle de la même époque; le tout appartient aujourd’hui aux archives du Musée de Versailles.

4. Aux prévisions de 1672, figure une somme de 19000 livres, « pour achever la chapelle du Château ». Comptes, t. I, 587. La bénédiction est annoncée par la Gazette, de Versailles, le 4 novembre de la même année : « Le Roi, suivant les mouvements de sa piété, ayant témoigné à notre archevêque qu’il désirait que l’on fit la bénédiction de la chapelle de ce château, ce prélat, accompagné de l’évêque de Séez. ancien aumônier de Sa Majesté, et du P. Ferrier, jésuite, son confesseur, en fit la cérémonie le 30 du passé, assisté d’un grand nombre d’ecclésiastiques et d’un concours extraordinaire de peuple; puis il y célébra la première messe et accorda quarante jours d’indulgence à toute l’assemblée. » L’année suivante, le 4 octobre, l’archevêque de Paris confère la confirmation au Dauphin dans la même chapelle ( Gazette , 1672, p. 1110 ; 1673, p. 976). L’abbé Lebeuf lui-même n’est pas fort au courant de la succession des chapelles de Versailles. U cite aux archives de l’Archevêché de Paris une pièce du 30 août 1665, donnant permission de célébrer, même après midi, à la chapelle du château, comme aussi à la Ménagerie et à la Paroisse. « Il est prouvé par un autre

NOTES

acte semblable qu’on songea, en 1672, à abattre cette ancienne chapelle pour en bâtir une plus petite ; cela se tire de la permission accordée le 22 mai de célébrer ailleurs par intérim. » ( Histoire du diocèse de Paris, t. VII, p. 319.) II s’agit de la chapelle dont nous parlons ici et non point, comme l’a cru Lebeuf, de la chapelle bénite le 30 avril 1682 et confiée aux Prêtres de la Mission.

5. Comptes, t. I, 895-897, 935, 957, 958, 962. Le modèle de cette chapelle parait exécuté vers la fin de 1675 (t. I, 827, 829, 831). En février 1677, on prévoit 12 000 livres « pour achever la sculpture du fronton de la Chapelle, faire les trois bas-reliefs au-dessus et la grande corniche du dedans». Les dépenses ne nous renseignent pas avec précision sur la marche des travaux. Toutefois, l’extérieur étant achevé, on voit décidé en 1678 la décoration intérieure, puisque Colbert y destine, à la date du 1er février, l’emploi de sommes importantes : « Pour la peinture du plafond de la Chapelle, à-compte 10 000 livres. Pour la corniche et pour six figures d’anges qui doivent être sur ladite corniche, 8 000 livres. Pour huit colonnes de marbre rouge et blanc, 16 000 livres. Pour les bases de bronze et les chapiteaux de métal desdites huit colonnes et de seize pilastres, 12880 livres. » A la fin de l’année, le travail semble-t-il d’après les dépenses, est à peine commencé (Tubi travaille cependant aux bases de bronze); il reparaît donc, aux prévisions de 1679, une dépense de 35 000 livres pour les ouvrages de stuc et peinture de la Chapelle, anges et figures de bronze doré et autres ornements. » (T. I, 1014, 1049, 1050, 1114, 1148.) Tous les morceaux décoratifs furent transportés plus tard dans la nouvelle chapelle, la quatrième du Château suivant mes calculs, que Mansart construisit en 1681 sur l’emplacement où est aujourd’hui, au premier étage, le Salon d’Hercule. On y retrouve, en effet, les figures d’anges, les colonnes et les pilastres.

C’est à l’aide de ce dédoublement des renseignements sur les chapelles de Versailles qu’on peut s’expliquer ceux qui se réfèrent aux peintures de Le Brun. Les prévisions de 1678 se rapportent évidemment à la grande composition qu’il avait projetée pour le plafond de la chapelle faite alors et qui est celle de la Chute des anges rebelles, gravée par Nicolas Loir. Le déplacement de la chapelle, quand le plan définitif de Versailles fut arrêté, rendit son projet inutile. Ainsi s’expliquent les passages qui se lisent dans les Mémoires inédits sur les membres de l’Académie royale, t. I, p. 29 et 49. A propos de cette composition de Le Brun, on trouve des renseignements assez utiles pour notre sujet dans le manuscrit de Nivelon, Vie de Charles Le Brun et description détaillée de ses ouvrages. (Bibliothèque nationale, Fonds fr. 12 987, copie du texte ayant appartenu à Beaucousin. Cf. Henry Jouin, Charles Le Brun et les arts sous Louis XIV, Paris, 1889, p. 657-661.) Je prends quelques extraits aux pages 297-302 de ce manuscrit, qui suivent immédiatement la description du Grand Escalier de Versailles : « Cet ouvrage ne s’exécutait pas sans que M. Le Brun ne fût occupé à un autre projet, qui était celui de la Chapelle de ce lieu royal, que l’on construisait en même temps et qui mériterait seul un volume pour les circonstances qu’il renferme; car, ayant à représenter aux yeux d’un grand prince et d’une si considérable cour un sujet dans une voûte, il était à propos de faire un choix qui représentât avec majesté et grandeur la puissance de

Dieu, sa majesté, son amour et sa miséricorde dans la maison d’un Roi qui est son image en terre, et à la vue des hommes ce qui ne se pouvait mieux représenter que par celui du Trébuchement des Anges; et on peut dire qu’il a ramassé et recueilli tout ce que l’esprit chrétien peut produire et approfondir dans la religion. CeLte grande lumière de l’Église, saint Augustin, lui a servi de flambeau et de guide... [Suivent trois pages de description, à rapprocher de la composition exécutée sur une toile de proportions réduites, qui est au Musée du Louvre. Cf. Jouin, l. c., p. 327.] Tout ce lieu commis à sa conduite devait être décoré d’un ordre d’architecture corinthien qui a été commencé... Mais, comme les choses changèrent par la disposition et le changement des lieux où se devait exécuter ce grand sujet, il fut destiné pour celle que l’on devait construire de nouveau, de sorte que l’on n’en voit que les premiers dessins ensemble, peints en voûte de six pieds de long, et deux morceaux d’étude, savoir toute la Gloire qui n’est pas tout à fait achevée, n’ayant que la grande masse des anges trébuchant, où est le saint Michel de six pieds de haut et qui est gravé par le sieur Loir. — Le temps fournissant sans interruption de nouveaux sujets à M. Le Brun, pour la gloire du Prince, dans celui que l’on construisait une nouvelle Chapelle dans ce palais [1681-1682], il s’est passé ce chef-d’œuvre de la Grâce et si éclatant pour la grandeur de cette couronne et la prudence de Louis le Grand, par l’anéantissement de l’hérésie, qui obligea M. Le Brun de faire un nouveau projet, pour l’y représenter, afin d’en laisser la mémoire à la postérité et auquel sujet il a donné le titre du Triomphe de la Croix. « Nivelon décrit ce projet, dit-il, « sur le récit qui m’en a été fait assez confusément ». Il nous intéresse par la mention d’un nouveau projet, destiné à une chapelle élevée peu de temps avant la révocation de l’Édit de Nantes, que Nivelon désigne évidemment par les périphrases que l’on vient de lire. Ne semble-t-il pas que la question commence à s’éclaircir quelque peu à l’aide de ces témoignages ? Elle est tout à fait claire, si l’on remarque dans les additions de Félibien le fils, imprimées en 1703, p. 350, la note suivante : « J’ai oublié de faire remarquer que la place de la Chapelle dont il est parlé dans l’ancienne description [chapelle n° 3, mentionnée par Félibien le père], a servi à augmenter la grandeur du petit escalier de marbre, dans le temps que l’on fit la chapelle [n° 4] qui est proche la nouvelle [n° 5] qu’on bâtit à présent. »

Page 111. — 1. Comptes, l. I, p. 587, 609. Outre la prévision de 75 000 livres, il y a 19 000 livres « pour achever le Grand Escalier », qui doivent être réservés à la maçonnerie. Colbert écrit au Roi, le 17 juillet 1672 : « Le comble de l’escalier est aussi presque tout taillé et l’on commence à le poser. » Le 30 septembre, il mentionne l'architecte Dorbay dans un ordre d’ensemble au sieur Lefèvre : « Demander au sieur Dorbay les devis de tout ce qui est à faire pour le Grand Escalier du Roi... Faire commencer promptement... et y faire travailler sans discontinuation. » ( Lettres de Colbert , t. V, p. 329, 338.)

2. Description sommaire de Versailles ancienne et nouvelle, Paris, 1703, p. 90. Il y a, à la Bibliothèque nationale, Fonds fr. 11684, une description manuscrite du Grand Escalier, signée de J. -Fr. Félibien et comportant quinze

NOTES

feuillets in-4; on la retrouve presque intégralement dans sa publication de 1703. La description calligraphiée et gravée a paru à Paris, chez Surugue, en tête de la collection des gravures, et la première page porte un élégant frontispice représentant l’entrée d’un ambassadeur à Versailles et signé : Parosel inv. 1725.

3. Le modèle du Grand Escalier a coûté 300 livres de menuiserie, payées à Prou, et 500 livres de peinture, payées à Anguier. (Comptes, t. I, 757, 763.)

4. Comptes, t. I, 737. Dès 1671, on payait à Louis Boucher, carrier à Senlis, un acompte des marbres qu'il tirait pour le Grand Escalier de Versailles.

Page 112. — 1. Comptes, t. I, 759-763, 904. La fontaine n’est finie qu’en 1682, pour l’arrivée de la Cour. D’Ormoy écrit à Colbert, le 18 février: « J’allai hier au soir aux Gobelins. Je vis les ouvrages de la fontaine de l’escalier : le bassin est fondu, on commence à le réparer. Baptiste [Tubi] promet qu’elle sera faite et posée dans deux mois. » [Lettres de Colbert, t. VII, p. clvi.)

2. La même disposition se retrouve encore dans l’Escalier de la Reine, dont la décoration est presque contemporaine et nous permet assez bien d’évoquer l’œuvre détruite. Il en va de même dans la Grande Galerie.

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