Bibliothèque nationale, Fonds fr. 12 987, fol
Page 118. — 1. Bibliothèque nationale, Fonds fr. 11684, fol. 3. Description sommaire, p. 92-94.
2. Mercure galant , septembre 1680, p. 314-320. La description du Mercure est datée du 30 septembre. L’année suivante, il donnait encore une place au Grand Escalier dans le récit de la procession de la Fête-Dieu, vraiment intéressant pour l’histoire de Versailles (juin 1681), p. 6 : « Cette procession passa devant la Pompe et s’y arrêta. M. Denys, fontainier de Sa Majesté, avait pris le soin d’y fairedresserunreposoird’unefaçon extraordinaire. C’était une feuillée toute rempliede cascades d’eau et de rocailles. La procession passa de là dans l’avant-cour du Château et ensuite dans la cour, toutes deux tendues des plus belles tapisseries de la Couronne. Tous les balcons et toutes les fenêtres jusqu’au comble du Château étaient parés de tapis de Perse à fond d’or et d’argent. On avait placé le reposoir au bas du grand et magnifique Escalier dont je vous ai parlé plusieurs fois. Il est d’une forme qui fournit de quoi faire quelque chose de très somptueux dans les rencontres de celte nature, sans qu’il y faille ajouter beaucoup d’embellissements. Aussi n’y employa-t-on que ce que demandait l’ordre de cet escalier. De grands vases d’argent, remplis de plantes de fleurs, avaient été mis sur des piédestaux de marbre qui accompagnent les balustres de bronze doré ; on en avait posé de semblables sur les corniches et aux autres endroits où de pareils ornements pouvaient convenir. L’autel était sur la première hauteur du degré, vis-à-vis de la fontaine. Un parement de drap d’or, d’une beauté surprenante, faisait admirer le devant de cet autel, dont le tabernacle, qu’on avait percé à jour, était orné de rubis, d’émeraudes, et de diamants. Une couronne de trois pieds de diamètre en faisait le dôme. Elle était toute de pierreries, et jetait un feu si éblouissant qu’on avait peine à en soutenir l’éclat. Les cascades de la fontaine paraissaient au travers du tabernacle, et rien n’était plus agréable à la vue que cette eau et les pierreries que les lumières faisaient briller. Il y avait de grands guéridons, avec de grandes torchères aux deux côtés de l’autel, ainsi que sur les extrémités des marches de l’Escalier. La musique de la Chapelle du Roi était placée sur le haut. Il serait fort malaisé de trouver un lieu plus avantageux pour l’harmonie. Aussi les instruments et les voix y furent-ils entendus avec grand plaisir. Il n’y eut aucun désordre, et tout parut ce jour-là digne de la Cour d’un Roi Très-Chrétien. La procession étant sortie du Château passa devant les superbes écuries de Sa Majesté, qui étaient tendues, jusqu’à la Ville neuve, de riches tapis. Ce prince la ramena jusqu’à l’église, ayant eu la tête nue pendant trois heures, sans s’être même servi de parasol contre l’ardeur du soleil. H entendit la grand’messe à la Paroisse, où tous les soirs de l’octave il est venu au salut. »
3. L’arrangement définitif représenté dans l’estampe n’est pas antérieur à la fin du règne de Louis XIV, comme
NOTES
le prouve un paiement du 6 avril 1713 : « Aux sculpteurs, maçons et autres ouvriers, qui ont été employés à faire la niche et le modèle de la nouvelle fontaine du Grand Escalier de marbre du Château de Versailles, 644 livres, 17 sols, 8 deniers. » (Comptes, t. V, 678.) Le groupe de la fontaine du Grand Escalier, gravée à part par Surugue, a été longtemps placé dans les jardins du Grand Trianon. Il y était arrivé à un tel état de délabrement qu’il a dû en être retiré ; mais il n’en reste pas moins, au point de vue archéologique, un objet d’une rareté particulière et, à ce titre, il figure aujourd’hui très honorablement au Musée du Louvre, dans les salles des antiquités grecques et romaines.
Page 119. — 1. Les premiers paiements d’œuvres de Coyzevox apparaissent dans les Comptes à la date de 1678, et pour Versailles. 11 s’agit d’abord des trophées de métal et des ornements des niches, qu’il exécute avec Tubi pour le Grand Escalier, puis « des bustes qu’il fait représentant le Roi et Monseigneur le Dauphin ». (T. I, 1049, 1111, 1228. Cf. André Pératé, les Portraits de Louis XIV au Musée de Versailles , dans le Bulletin de la Société de4s Sciences morales de Seine-el-Oise, année 1896, p. 12.) Le premier buste du Roi par Coyzevox est le n° 789 du Musée posé en 1900 sur la cheminée de l’Œil-de-Bœuf : ce récent déplacement a permis de lire au dos l’inscription et la signature : Louis xiiii. 1681. A. Coyzevox.
2. Bibliothèque nationale, Fonds fr. 11684, fol. 2. L’indication n’est pas reproduite dans le texte imprimé. Elle a de l’importance pour l’histoire de l’Escalier des Ambassadeurs et du buste de Louis XIV par Jean Warin (n° 224 du Musée de Versailles), qui a été tout récemment transporté à l’entrée de l’Escalier de marbre, c’est-à-dire à l’emplacement pouvant rappeler le mieux aujourd’hui l’honneur qu’il avait reçu. Ce buste avait été présenté à Louis XIV, à Paris, le 2 septembre 1666 : « Le Roi, écrit la Gazette , vint ici voir ses bâtiments et un buste de marbre que le sieur Warin a fait de Sa Majesté, laquelle loua fort ce bel ouvrage, ainsi que tous les seigneurs qui l'accompagnaient, jugeant par là que la France possède, dans les beaux-arts, d’aussi grands hommes qu’il s’en puisse trouver ailleurs. » (Courajod, Jean Warin, ses œuvres de sculpture et le buste de Louis XIII au Musée du Louvre , Paris, 1881, p. 10; Pératé, l. c ., p. 11). Ces derniers mots font évidemment allusion à Bernin qui avait fait le buste royal l’année précédente. (Pératé, l. c., p. 7-8; Stanislao Fraschetli, Il Bernini, la sua vila, la sua opéra , il suo tempo. Milan, 1900, p. 345-349). Plus tard, comme l’indique la planche de Surugue, le Warin fut remplacé, sur le Grand Degré de Versailles, par un Coyzevox, qui n’est pas encore identifié. L’admirable morceau qui vient d’étre installé dans l’Œil-de-Bœufen a les proportions sans doute, mais non la disposition.
Page 121. — 1. Bibliothèque nationale, Fonds fr. 23991, fol. 59. Il serait intéressant de dater ce témoignage et de savoir s’il est antérieur ou postérieur aux travaux de Le Vau. Le contexte ne permet aucune certitude, bien qu’on puisse pencher pour la seconde époque. Le passage inédit de Perrault, qui sera imprimé ailleurs dans son entier, se trouve un peu avant un morceau publié et bien connu sur le projet, proposé par Riquet à Louis XIV,
« d’amener à Versailles une portion de la rivière de Loire ». ( Mémoires , éd. Paul L. Jacob, p. 75.) Le contrôle de l’idée chimérique de Riquet, dû aux nivellements de l’abbé Picard, est daté par les mentions du voyage de celui-ci « vers les sources des rivières d'Étampes », en 1678. (Comptes, 1. 1, 1111,1186.)
Page'122. — 1. Réponse de Louis. XIV, écrite de Nancy, le 18 août 1673, en marge d’un des mémoires de Colbert conservés aux archives du château de Dampierre. (Lettres de Colbert, t. Il, p. ccxxxvm.)
2. Voir particulièrement les lettres de Colbert, t. II, p.ccxL; t. V, p. 340, 354, 356. Colbert écrit de Sceaux, le 12 septembre 1673 : «Toutes les pompes vont bien. Le sieur Francine double le chapelet de la pompe qui reporte l’eau du parterre dans le réservoir haut, en sorte que j’espère qu’elle portera plus de 120 pouces d’eau. » C’est à ce passage que Louis XIV répond, le 16, de Nancy : « Cela sera admirable. »
3. Mercure galant , t. I, Paris, 1673, p. 122-124. Le tome Ier de ce précieux recueil, quoique daté de 1673 sur le litre, donne les nouvelles de 1672, par exemple pour la correspondance du 2 avril, résumant les grands travaux qui nous intéressent.
Page 123. — 1. Mél. Colbert , vol. 155, fol. 261. — Cf. Lettres de Colbert , t. V, p. 526.
2. Lettres de Madame de Sèvigné, éd. Mesnard, t. II, p. 174 (17 avril 1671). Tallemant des Réaux rapporte un mot de la spirituelle Madame Corniiel : « Elle alla visiter Versailles en l’absence du Roi : « N’est-ce pas là, lui « dit-on, un séjour enchanté? — Oui, mais il faut que « l’enchanteur y soit. »
3. L’original du rapport de Francesco Michieli, daté de Paris, le 13 novembre 1671, est aux Archives d’Etat de Venise. (Filza tk9. Francia da 1671 a 1672. Senato III. Sécréta). Je me suis servi de la collection en copie des dépêches des ambassadeurs vénitiens en France, faite pour la Bibliothèque nationale de Paris ( Fonds ital. 1872, fol. 88-91).
Page 124. — 1. « Mi condusse a osservare le fontane che son moltiplicate in gran numéro, tulte adorne di statue di métallo di naturalgrandezza, parte dorate e il rimanente del color di bronzo, con geroglifici aggiustati al luogo e aile funtioni a cui servono. »
2. « Sua Maestà voile honorarmi, per rendermi compita la gratia, ch’io vedessi nel disegno, con l’assistenza d’architeti, tutti i suoi pensieri e le di lui vaste opinioni per rendere perfetto un soggetto che supererà ogni gran magnificenza d’Italia o di quai si sia altra provincia, non meno per l’abbondanza delle statue 6 per la quantité delle fontane, che per il giro vario e delicioso de’ giardini. »
Page 125. — 1. « La fondation de l’aire du nouveau Bassin des cascades est faite. » (Rapport de Petit, du 8 juin 1669. Mél. Colbert, vol. 153, fol. 248.) Les fournitures de pierre de Meudon pour les bâtiments de l’Allée d’eau, les travaux de maçonnerie de Gabriel et la taille des quatorze bassins de pierre, sont mentionnés dans les Comptes, 1. 1, p. 251, 257, 330, 331, 339, 414.
2. Colbert écrit à Louis XIV, le 5 mai 1670 : « Nous avons trouvé que l’élévation de quatre pouces des bassins
NOTES
portés par des figures de l’Allée d’eau réussira fort bien, et môme l’éloignement de quatre pieds des figures du bassin du Dragon ; mais il était bien nécessaire de vider l’eau du rond, d’autant que toutes ces figures se sont trouvées crevées par la grande gelée qu’il a fait. Je les fais raccommoder, et je prendrai les précautions nécessaires à l’avenir pour empêcher que cela arrive davantage.» Le9mai 1670, Colbert annonce que «la moitié des bassins des Petits-Enfants sont posés, et le reste le sera dans cinq ou six jours » . On a lu, p. 94, la suite de son rapport sur la dorure des figures du Dragon et les inconvénients que parait devoir entraîner, pour la bonne exécution du travail, « la prodigieuse quantité d’ouvrages de sculpture» en ce moment en train à Versailles : « Le défaut de fondeur pourra même causer quelque peu de retardement à la Pyramide ; mais Votre Majesté peut être assurée que tout ce qui sera possible sera fait. » ( Lettres de Colbert , t. V, p. 297, 299.)
3. Comptes, t. I, 423, 425, 439, 521. On lit dans le mémoire de Colbert sur ce qui est à faire à Versailles en 1674 : « Oter cinq ou six des vases de l’Allée d’eau où il y a des ifs, pour les voir la première fois que j’irai.» Plusieurs estampes font voir la disposition de ces vases de cuivre, particulièrement une estampe inachevée, peut-être de Silvestre, reproduite p. 125, d’après l’unique exemplaire qui me soit connu. (Bibliothèque de l’École des Beaux- Arts. Coll. Lesoufaché, Versailles, vol. I.)
4. Les estampes de Thomassin présentent déjà la disposilion actuelle des deux bassins des Couronnes. La seule gravure que j’aie rencontrée des premiers groupes de plomb est dans un recueil hollandais fort rare, dont un exemplaire est chez M. H. Grosseuvre : Veues de Versailles gravées sur les desseins au naturel, par Guillaume Swidde. Chez Nicolas Visscher avec privilège.
Page 126. — 1. Comptes, t. I, p. 331, 332, 418. Mémoires inédits , t. I, p. 324. Archives nationales, O1 1794. Il y a donc à corriger la petite inexactitude de Soulié [Notice, t. III, p. 505) attribuant à Lerambert les groupes 5 et 6 de l’Allée d’eau, qui sont de Le Hongre.
2. J. -Fr. Félibien, Description sommaire de Versailles ancienne et nouvelle. Paris, 1703, p. 214-216. Le tèxte cité ici appartient à la description de 1674, par André Félibien.
3. Comptes, t. I, 1048, 1158, 1159, 1286. Il semble qu’il y ait à ce moment dix groupes nouveaux commandés pour la continuation de l’Allée d’eau, car dix bassins de pierre de Meudon y sont taillés au cours de 1678 (t. 1,1066, 1182).