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CHAPITRE IV

PREiaèRE IDÊB DE L'iMMORTALITÉ DANS l'HOMME FOSSILE. PREMIER GERME DES RELIOIOMS ET DES DIEUX (!)•

Approchons de cet homme que nous avons aperçu aux limites du monde glaciaire. Il a déjà vu passer devant lui deux époques, et, comme deux dynasties, qui se sont succédé Tune à l'autre, celle du grand ours et celle du mammouth. Toutes deux lui ont disputé Tempire.

Maintenant il règne sans rival sur le peuple désarmé des rennes dont il n'a rien à craindre, ^ et dont il tient presque tout ce qu il possède. Ces époques premières ne sont pas séparées par

(1) Voyez, dans mes œuvres complètes, le Génie des Religions, p. 26, 28.

24 LA CUËATION.

des révolutions subites ; elles se fondent Tune dans l'autre. Voyons quels traits communs leur appartiennent à toutes.

A Tépoque la plus lointaine , si je poursuis rhomme, de grotte en grotte, jusque dans celle des ours gigantesques, je m'attends à le surprendre dans la condition la plus inférieure, dans le dénûment le plus complet que je puisse imaginer. Au lieu de cela , quelle surprise ! A l'entrée de son antre , j'aperçois de loin, pardessus les forêts, une mince fumée qui s'échappe à travers les branches d'arbres. A ce signe, je reconnais, comme dans Homère, la demeure de rhomme.

Quoi donc ! à l'époque où Thomme coexistait avec les espèces éteintes, ours, éléphants, rhinocéros à toison, l'homme connaissait déjà l'usage du feu ! il avait déjà reçu au temps de rUrsus spelœus et de l'Elephas primigenius le feu de Prométhée ! Et comment avait-il reçu, pour la première fois, ce présent du Titan ? En quel lieu? depuis quand? A cette seule question, combien le paçsé recule encore !

Une chose est certaine. Je vois dans les grottes d' Aurignac, d'Engis, son foyer de larges dalles.

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