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LIVRE SEPTIÈME

Pourtant, il finit par apprendre que si les rennes n*étaient pas revenus jusqu'aux Pyrénées, ils avaient reparu dans le voisinage des Alpes. Il dut être facile de les suivre et de quitter avec eux la Dordogne et la Garonne pour le Rhin et la Meuse.

Mais par degrés, les rennes disparurent aussi de toute L'Europe centrale, pour se confiner dans Textrôme nord. A mesure que la température changeait, que la terre se réchaufiait, ces grands troupeaux, chassés par les mousquites, allaient chercher vers la mer glaciale le climat qu'ils ne trouvaient plus en France et en Allemagne.

Privé de sa ressource la plus sûre, l'homme se crut abandonné de la terre et du ciel. Si l'on pouvait retrouver un écho de ce lointain passé, je ne doute pas que ce ne fût une plainte et une lamentation, comme celles qui remplissent aujourd'hui les toungras de Sibérie, quand la chasse a manqué par la méchanceté des esprits infernauir. La plainte de l'ancienne Egypte, à la saison de la retraite du Nil, approche à peine de la désolation de l'homme glaciaire, séparé, pour la première fois, de son monde de rennes.

Cependant, ce qui parut d'abord à l'homme

un insupportable fléau était un vrai bienfait. Le moment où il se croyait abandonné, fut, au contraire, celui où il reçut les plus grands dons. Car que signifiait cette disparition dés rennes? Elle annonçait que les glaciers achevaient de se retirer ; que la terre sortait de son linceul» que la vie revenait de toutes parts, que le monde entrait dans une saison nouvelle, qui était à la précédente ce que le printemps est à Thiver.

Accoutumé à son désert de glaces, Thommo commença, sans doute, par maudire ce qu'il ne connaissait pas, la résurrection des choses, la végétation nouvelle qui est celle de nos jours- Il put regretter les plantes alpines, qui cessaient de s'étendre des Alpes au pôle. Tout lui parut désordre et mal dans la renaissance des êtres organisés. Il s'était fait à un monde mort, la vie le blessait, il s'en plaignit comme d'une injure.

Les mille dons de la nature nouvelle le laissaient insensible. Il croyait les avoir payés trop cher parce qu'il avait perdu celui auquel il était accoutumé.

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