COMPARAISON DES CASTORS CABANES ' ET DES LACUSTRES
En poursuivant le renne, en le cherchant, rhomme s'est approché de la source des glaciers des Alpes. Il est arrivé au pied du Salève (1), sur le lac de Genève, et par le glacier du Rhin, sur le lac de Constance.
Quel monde nouveau s'offrit alors à lui? Un monde dont il n'avait aucune idée, celui des lacs helvétiques. Ce n'étaient ni les mers, ni les fleuves au bord desquels il avait vécu, orageux, ca-
(i) F. Tiiioly. L^èpoque du renne au pied du mont Sdève. 1868, p. 11, i3*' . .
pricieux, toujours diiférents d'eux-mêmes, emportés, prêts à briser tout ce qu'il leur confiait.
Au lieu de cela, des nappes tranquilles, des eaux sereines, qui se ridaient, à peine, au souffle des vents ; point de courant, une surface toujours unie, rimage d'un port étemel où le naufrage est impossible. La nature lui offrait enfin la paix. Combien cette nouveauté dut frapper rhomme!
La terre, jusque-là, lui avait été si ennemie ! Partout un péril, un combat à livrer. Où s'abriter contre tant d'adversaires ?
Voici maintenant un lac immobile qui s'ouvre sous ses pas. S'il pouvait s'arracher à cette terre hostile, entrer dans ce lac^ s'envelopper de ses eaux, s'en faire une barrière contre les carnassiers, et, sans doute, aussi contre l'homme ! Pour la première fois, il pourrait mettre en sûreté ses richesses, je veux dire, sa hache de pierre, les restes de ses troupeaux, ses animaux domestiques et les fruits qu'il a commencé à cueillir. Enfin, il dormirait tranquille.
Tels furent les idées, les projets qui s'éveillèrent dans les premiers hommes en arrivant dans la région des grands lacs, au pied des Alpes, en