‹ La création et l'humanité; poème en trois parties avec citations, notes et éclaircissements divers. Par J. ArbelotChapitre 10 sur 88 · Voyez page 6, chap. 1, note · texte numérisé non relu

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3. « On désigne sous le nom collectif de ynicas des silicates alumineux suscep- « tibles de se diviser en feuillets minces ou en paillettes élastiques, flexibles et « brillantes... Les deux principales sortes de micas sont : 1° le mica foliacé, aux « grandes feuilles transparentes, qui ont parfois plus de 2 mètres de diamètre... « En Sibérie, on s'en sert pour garnir les fenêtres, les lanternes de voiture, etc. Dans « la marine russe, on l'emploie aussi pour le vitrage des vaisseaux... 2° Le mica laie melliforme ou pulvérulent, qui ne sert guère qu'à faire ces poudres brillantes dont « on se sert pour sécher l'écriture... » D. V.

4. « Le terrain du grès bigarré se compose de couches alternatives de grès pro- « prement dit (voir chap. I, note 23) et d'argile. C'est une agglomération de grains de « quartz amorphe, très petits, et réunis par un ciment argileux peu abondant. On y « observe un grand nombre de paillettes de mica blanc jaunâtre... On y voit souvent

24 LA cm': ATI ON ET L'iHU.MANITÉ

Prend corps ol, sur sa face, en maints endroits scintille.

Au-dessus apparaît l'âge de la coquille " Dans un calcaire épais, compacte, recouvert De marnes aux tons gris, bleuâtre, jaune, vert, Dont les couches partout sont si bien nuancées Que du doux nom d'Iris on les nomme irisées^; ]\larncs d'où l'on extrait le sel ^ qu'au mont Jura, A Bochnic, en Pologne, et près de Wieliska^, Un peuple d'ouvriers, habitants de la mine. Arrache aux gisements et par l'eau douce affine, Et qui, débarrassé d'un mélange grossier, Se transporte en cristaux dans l'univers entier : Principe bienfaisant, où tout, dans la nature. Ravive sa santé, se nourrit et s'épure.

Cependant le Trias, terrain Conchylien, Keuprique", Muschellialk '" et Saliférien ^',

« (io petits noyaux aplatis d'argile verdàtre ; ses couleurs passent du jaune au gris et i( au rouge, et sont distribuées par bandes parallèles et diversement colorées...

<i Le grès bigarré se montre sur presque tout le pourtour des Vosges, sur la pente .< des montagnes de l'Aveyron, des Cévennes et des Pyrénées, et dans diverses parties » de l'Allemagne, de l'Angleterre et des États-Unis d'Amérique... » D. V.

5. Cl Le terrain ou calcaire Conchylien doit son nom au grand nombre de coquilles qu'il contient. Parmi elles, on peut citer comme caractéristiques : VAmmonite à nœuds, VAvicule sociale, le Possidonia minuta. Il s'y trouvejaussi beaucoup à'Encrinites. C'est là, pour la première fois, qu'apparaissent les Trigonies. Mentionnons encore, parmi les fossiles de ce terrain, des Bélemnites, des Tihrbratules, des Crustacés, des Sauriens. (Voir les notes ci-dessous, particulières à ce chapitre, pour explications et détails.) » ■

6. i< Le terrain des marnes irisées doit son nom à la couleur rouge lie de vin, gris bleuâtre, gris jaunâtre, gris verdàtre, violet et brun, qui le caraetéri.se. »

« La marne est, en général, un mélange naturel, en des proportions variables, de calcaire et d'argile, auxquels se trouve associé un peu de sable, mélange très propre à amender et à engraisser certaines terres. » (Voir page 34, note 6.)

« La couleur de certaines marnes rappelant les couleurs de l'arc-en-ciel, on les a appelées irisées, du nom d'Iris, la déesse de la fable qui fut la messagère des dieux, en particulier de Junon. Quant à l'arc-cn-ciel lui-même, c'est un météore en forme d'arc offrant les couleurs du prisme et toujours placé à l'opposite du soleil. »

7. « On rencontre dans les terrains du Trias d'immenses dépôts de sel gemme. Ces flépôts sont particulièrement riches dans le Jura, en France, en Pologne et en Espagne. »

S. <i IJochnia et Wieliska, près de Cracovie, en Pologne, sont célèbres par leurs mines de sel gemme. Ces mines constituent de véritables villes souterraines, dont les habitants ne sortent presque jamais à l'air libre. »

« A Cardonna, en Espagne (Catalogne), on remarque une montagne do sel qui a plusieurs centaines de mèties de hauteur. ><

9. « On donne aussi le nom de Keuper ou de terrain Kniprique au terrain de-i marnes irisées. » (Voir plus haut la note 0 de ce chapitre.)

10. « Les Allemands appellent Muschelkalk le terrain Conchylien. » (Wnv plu< haut la note 3 de ce chapitre.)

11. H On donne le nom de terrain Saliférien aux couches qui, dans le Trias, présentent des dépots de sel gemme. » D. V,. pnssim.

GEOLOGIE ET PALEONTOLOGIE 25

Dans los êtres créés — ô nouvelle merveille ! — Découvre à nos regards la grâce qui s'éveille.

A l'âge Pénéen, les productus des eaux, Comme types saillants, nous otTrent les manteaux Du mollusque Horridus *-, dont la masse n'atteste D'un corps organisé qu'un informe squelette.

Mais des êtres ici la constitution Sera conforme aux lois de la proportion. Voici des Sauriens, d'énormes Crocodiles, Des Squales monstrueux, et mille autres fossiles Dont on trouve vivants les pareils aujourd'hui. Au tronc lourd et grossier le membre sert d'appui : La plante a le rameau, le poisson la nageoire; La coquille univalve a ses lèvres d'ivoire '3, Et le rose incarnat qui fleurit sur son sein Rappelle aux yeux ravis les lueurs du matin.

Oui, tout dans ces objets où mon âme s'inspire, Au dehors, au dedans, h nous plaire conspire. L'intérieur nacré du rugueux Teslacé '* >ious apparaît souvent de perles tapissé,

12. Le mollusque Horridus est caractéristique des terrains Pénéens. Il est remarquable surtout par les épines tubuleuses qui selèvent à la surface de son manteau.

13. <i La coquille wûvalue est ainsi appelée parce qu'elle ne se compose que d'une « pièce. On appelle lèvres de la coquille l'ouverture qui forme la base de la pièce « entière. »

La Conchyliologie (grec, xo/yo;, coquille: '/.oyc;, discours) est la science des coquilles.

<i Dans le langage ordinaire, on appelle coquille le test calcaire qui recouvre en totale lité ou en partie le corps de certains Mollusques, comme les limaçons, les huîtres, etc., i< ou de certains animaux inférieurs, tels que les oursins. Mais les zoologistes ne s'en « servent que pour parler des Mollusques, et, en outre, ils l'appliquent non seulement Cl au corps calcaire, mais encore au manteau, c'est-à-diie au corps calcaire aussi, « mais moins dur, qui se développe dans l'épaisseur de la peau ; car, dans ces deux « cas, la coquille remplit des fonctions analogues : elle protège ou soutient l'anima « entier ou certaines parties de son corps contre les chocs extérieurs... »

14. u Cuvier désigne sous le nom d'Acéphales testacés, ou simplement Testaccs, « le premier ordre de ses Mollusques acéphales (grec, a privatif; Yizalri, tète). Cet Il ordre comprend tous les genres à coquilles bivalves et quelques genres de multi- 11 valves.

u Les perles sont simplement des concrétions calcaires, dures, brillantes, à reflets « irisés et chatoyants et identiques avec la nacre par leur composition chimique. Mais « elles en diffèrent par leur forme, qui est, en général, globulaire, et par la disposition « des lames infiniment minces dont elles sont formées. Toutes les coquilles bivalves « qui produisent de la n.acre sont donc capables de produire des perles, et c'est ce Il qui a lieu, en effet... En réalité, les perles qui se trouvent dans le commerce pro- II viennent de la Pintadine perlière ou Avicule perliére, Huitre à perles et Mère aux Il perles, espèce de Mollusques qui abondent dans le golfe Persique et dans le détroit Il de .Mannaar, entre la presqu'île de l'Inde et l'île de Ceylan. >■ D, V.

Eh! qui peut, sans rêver, parmi les Ammonites'^, Toucher et contempler les noueux Cératites, Images de ces chars où les peintres païens Sur les tlols apaisés placent leurs dieux marins. C'est le char de Neptune et des Océanides ; Le berceau de V^énus, tel que les Méréides Des profondeurs des mers, radieuse clarté, Le virent s'élancer ruisselant de beauté ; La trompe d'où Triton, sur les pas d'Amphitrite*^, Tire les sons divins dont il charme sa suite ; C'est le puits chaste et pur où l'humble Vérité''' Aux yeux de l'impudeur cache sa nudité.

15. <i Les Aramonulées ou Ammonites constituent un genre de roquilles fossiles, « ordinairement enroulées en spirales et divisées intérieurement en un certain nombre « de cavités piu" des cloisons qui toutes sont percées de manière à faire communi- « quer les cliambres entre elles... Cette série d'ouvertures est ce qu'on appelle le « siphon...

« L'aspect de plusieurs de ces fossiles rappelant assez bien les volutes des cornes de « bélier, les anciens les avaient nommées Cornes d'Amman, et c'est de là que les « modernes leur ont donné le nom d'Ammonidées, Ammonites. .. De là aussi vient K le nom Cératites (grec, ■xUa.;, gén. xépaToç, corne). » (On sait que le Jupiter Amraon était représenté portant au front des cornes de bélier.)

« Les Ammonites varient singulièrement sous le rapport du volume. Tandis que les Il unes sont de la grosseur d'une lentille, on en a rencontré qui avaient deux mètres « de diamètre... " D. V., passim,

16. 11 semble inutile de rappeler ici que Neptune était le dieu des mers ; que les Océanides étaient des divinités marines, filles de l'Océan ; que les Néréides étaient aussi des déités de la mer, Qlles de Nérée, lequel était lui-même fils de l'Océan et de Télhys ; enfin que Vtf/iHS naquit, suivant les uns, de Jupiter et de Dioné, et, suivant d'autres, de l'é'^uiTie de la mer... Elle apparut à la surface des eaux, puis fut reçue aux cieux, où Jupiter lui donna pour époux Vulcain, le plus laid des dieux. On la représentait nue, belle, jeune, riante, tantôt le pied sur les flots, sur une tortue de mer ou sur une conque marine, tantôt traînée sur un char attelé de colombes.

Quant à Amphitrite, la déesse de la mer, fille de l'Océan ou de Nérée et de Doris et femme de Neptune, et aux Tritons, ces dieux marins fils de Neptune et d'Amphitrite, qui précédaient leur char armés d'une conque recourbée en guise de trompette, ils rappellent ce passage bien connu du Télémaque, où Fénelon décrit le triomphe de la déesse :

« Pendant qu'Hasaël et Mentor parlaient, nous aperçûmes des dauphins cou- K verts d'une écaille qui paraissait d'or et d'azur. En se jouant, ils soulevaient les « flots avec beaucoup d'écume. Après eux venaient des Tritons qui sonnaient de la M trompette avec leurs conques recourbées. Ils environnaient le char d' Amphitrite, Il trainé par des chevaux plus blancs que la neige, et qui, fendant l'eau salée, lais- M saient loin derrière eux un vaste sillon dans la mer. Leurs yeUx étaient enflammés Il et leurs bouches étaient fumantes. Le char de la déesse était une conque d'une mec Il Veilleuse figure : elle était d'une blancheur plus éclatante que l'ivoire, et les roUes « étaient d'or... » (Fénelon, Télémaque, liv. IV, ix.)

17. La Vérité, fille de Jupiter ou de Saturne, mère de la Justice et de la Vertu, était représentée nue, et habitait le fond d'un puits.

GÉOLOGIE ET PALEONTOLOGIE 27

L'Ammonite est vraiment la reine des coquilles ; Mais dans le genre il est bon nombre de familles, Que d'un indigne oubli nous avons pu tirer Et qu'il importerait ici d'énumérer :

Les Possidonias à valve minuscule, Le mollusque appelé Sociale Avicide^^, Dont les groupes serrés, qui grouillaient sous les flots, Ont laissé dans le sol de si vastes dépôts Qu'ils offrent du Trias les marques distinctives ; De plus, le croirait-on? leurs couches successives. Aux Vosges'^, en Alsace, où nous les signalons. Ont fini par gonfler les hauteurs en ballons.

Dans ces entassements aux ampleurs inouïes, D'êtres jadis vivants les races enfouies, Débris accumulés de cet âge inconnu, Qu'une science active enfin a mis à nu, Sont autant de trésors, de précieuses mines. Où, sous l'argile impure, on trouve : les Encrines^", Le poulpe Naulilus-'', l'Argonaute orgueiHeux, Que des poètes grecs les récits fabuleux

IS. « A coté des Ammonites et des Cératites à nœuds, on trouve, dans les mêmes u terrains, un coquillage de dimensions très petites, le J'ossidonia minuta, et un de (I dimensions encore moindres, V Avicula socialis, dont la forme est allongée. Ces (I coquillages sont souvent mêlés aux. Triçjonies. Celles-ci qui (comme leur nom l'in- " dique) ont des formes angulaires, abondent surtout dans les couches suivantes... >i

10. La chaîne des Vosges s'étend en Alsace : elle court parallèlement au Rhin du sud au nord, en séparant les eaux de ce fleuve de celles de la Moselle. La masse principale, celle qui se compose de hautes et épaisses montagnes, est entre \e Ballon d'Alsace et le Ballon Donon.Le point culminant est le Ballon de Guebwiller, qui a 1,4.31 mètres.

Ce mot Ballon appliqué aux montagnes les plus saillantes de la chaîne indique assez la forme arrondie des sommets.

Les coquillages ci-dessus désignés abondent extrêmement dans toute l'Alsace et partout dans les Vosges.

20. Les Encrines ou Crinoïdes constituent une famille des Stellérides, et les Stt'llérides sont eux-mêmes un des trois ordres de la classe des Echinodermes.

« Les Echinodermes (grec à/jvo^, épine ; Sto;xa, peau) sont, en génér.il, revêtus « extérieurement d'une multitude de pointes ou épines articulées et mobiles; d'où leur « nom. Les tentacules qui passent par les petits trous pratiqués à travers l'enveloppe M solide sont terminés par un petit disque qui sert de ventouse. La partie de ces ten- <i tacules qui reste à l'extérieur du corps est vésiculaire : une liqueur, une encre, d'où « le nom encrine, est épanchée dans toute sa cavité, et se porte, au gré do l'animal, « dans la partie extérieuru qu'elle étend. Quelques-uns de ces animaux, poursuivis et « se sentant en danger, rejettent cette liqueur au dehors, troublent ainsi l'eau am- I biante et parviennent à se soustraire à leurs ennemis. « D. V.

21. (I Le genre Poulpe (grec, 7:o"/,j^oj;, qui a plusieurs pieds) appartient à l'ordre des « Céphalopodes. »

<( Les Céphalopodes (grec, -/E^aV.ij, tête; zoJ;, pied), qui sont la première classe des

j LA CUÉATION ET L'HUMANITE

Proclament fils du Ciel, et qui, par sa';souplesse. Prétendait de la mer prévenir la vitesse Et se jouer des tlols sous sa légèreté. Tant d'audace déplut à Neptune .irrité... Sur lui soudain de lest s'étendit une couche : Plus de jambes, ni d'yeux, ni de bras, ni de bouche C'est un ensemble oblong, ramassé, rebondi. En forme de vaisseau paraissant arrondi. Au centre, on voit s'ouvrir deux larges opercules ; Et, de chaque côté, de minces tentacules S'allongent sur ses flancs, s'adaptent deux à deux, Et peuvent, par le bout, se rapprocher entre eux : C'est l'appareil moteur, la rame ou la nageoire ; Ce sont les mais aussi : car cette forme noire S'anime quelquefois sous l'œil des matelots, Et, livrant voile aux vents, se dresse sur les flots. Mais, si peu que la vague aux environs frémisse, Craignant que dans ses eaux l'ennemi ne se glisse, Tout s'émeut, et, sur soi vite se repliant, Au plus profond des mers le corps entier descend 22.

« Mollusques, sont caractérisés par un corps en forme de sac, dont l'ouverture, « placée en avant, laisse passer une tète distincte, laquelle est munie de tentacules. « Ces tentacules sont terminés par des ventouses, à l'aide desquelles ces Mollusques « se fixent avec force aux corps qu'ils embrassent... Les Céphalopodes nagent la tète « ca arrière; ils marchent dans toutes les directions en ayant la tète en bas et le corps « en haut. C'est de ces organes locomoteurs situés autour de la tète que leur vient leur Il nom... Parmi les Poulpes, il convient de distinguer le genre Nautile et les Argo- « naïUes.

u Les Argonautes, que les anciens désignaient sous les noms de Nantilus et de Pompilius, ont leur coquille en forme de bateau... >i

L'antiquité a laissé sur ces animaux une foule de fables poétiques. Ce mot Argonaute rappelle le navire Argo, sur lequel s'embarqua Jason avec ses compagnons, les Argonautes, pour aller à la conquête de la Toison d'or.

Nautilus, l'un des Argonautes, se disait fils du Ciel, et il eut la prétention d'enseigner aux humains l'art de courir sur les flots. Neptune, le dieu des mers, le punit de son orgueil, en le changeant en poulpe.

Enfin, le poulpe Pompilius rappelle ce Pompilius, pêcheur ionien, qui ramena de Milet à Samos Chésias, que poursuivait Apollon ; mais, en débarquant, le malheureux fut changé en poulpe ou en thon, et son navire en rocher, tandis que Chésias restait au pouvoir du dieu.

22. <i C'est un spectacle vraiment curieux de voir ces poulpes Nautilus et Pompilius, « ou les Argonautes, se promener, par un temps calme, à la surface de la nier, livrant « au vent, comme une voile, leurs deux pieds dilatés, et se servant des six autres « comme de six avirons. Si les vagues s'agitent, ou s'il survient un danger, l'Argo- » naute retire tous ses bras dans sa coquille, s'y concentre, et redescend au fond de « l'eau... » ' n. V.

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Mais voici le Calmar -', à la structure unique, Dont l'arête en biseau figure un glaive antique. Et dont les Grecs disaient (jue, « soldat sans valeur. S'il portait une épée, il n'avait pas de cœur ».

Eh! que ne cachent pas tous ces blocs de fossiles? Belléroplie^S Élédons^" aux tendons contractiles, Clypéastres^s, Oursins 2", Méduses, Lis.des mers -^, Astéride étoilée-', Échinides divers^", Les poulpes spongieux^', et les poissons apodes^-, La Seiche 33 ^u test si dur, tous les Céphalopodes

23. « Le Calmar est un Céphalopode. « Le sac de ce Mollusque est allongé et pourvu « de deux nageoires terminales. Les tentacules sont au nombre de dix, dont deux plus V longs que les autres, ne portent de ventouse qu'à leur extrémité. L'animal se sert de « ces deux longs tentacules comme pour se tenir à l'ancre. Les Calmars nagent à recu- « Ions avec une grande vitesse, à l'aide du refoulement de l'eau par le tube locomoteur. « C'est ainsi qu'ils s'élancent hors de l'onde comme un trait, et que souvent ils échouent « sur le rivage. . . Leur coquille est représentée par une lame intérieure et dorsale, qui « ressemble assez à un glaive antique: de là le pro\erbe grer, qui disait d'un mauvais « soldat: « Il est comme le calmar: il a une épée et pas de cœur. » D. V.

24. Le poulpe Bellérophe est rapproché par Cuvier de l'Argonaute Nautilus: il ne se trouve qu'à l'état fossile.

25. Les Elédons ont cela de particulier, parmi les poulpes, qu'ils ne présentent qu'une seule rangée de ventouses sur cha''un de leurs tentacules. Comme ils ont une •orte odeur de musc, les pêcheurs de la Méditerranée les appellent : poulpes musqués.

26. Les Ch-péastres sont des Échinodermes (voir plus haut note 20) : ils ont le corps déprimé, un peu convexe en dessus et un peu concave en dessous, en forme de bouclier (laf. clypeus, bouclier) ; d'où leur nom. Ils sont couverts d'épines très petites, égales et éparses.

27. Les Oursins sont aussi appelés Cidarites : ils ont une forme sphéroïdale. L'Ou sin commun {Eschinxis escidentus) a la forme d'une grosse pomme.

28. Parmi les nombreuses espèces fossiles que contiennent les formations secondaires et de transition, surtout en Europe, la plus remarquable est assurément le Lis de mer {Encrinus lAliformis)... Quant à YEncriiiP Tête-Méduse, appelée aussi Palmier marin, elle abonde de nos jours dans la mer des Antilles, où elle atteint une assez grande dimension.

20. Les Astérides, qui se rattachent à l'ordre des Stellérides, doivent leur dénomination à la forme de leui|corps. qui est divisé en rayons, généralement au nombre de cinq.

30. Toute la classe des Echinodermes (Cidarides, Crinoïdes, Stellérides, Echinides), abonde dans les terrains paléozoïques. On en rencontre dans le terrain Silurien, et successivement, avec une conformation de plus en plus régulière, dans le terrain Conchylien et tout le Trias.

31. On a rangé assez longtemps les Eponges parmi les végétaux". Cuvier en faisait la dernière classe des polypes. Aujourd'hui, les naturalistes sont d'accord pour les placer au dernier rang de l'embranchement des Zoophytes, sous le nom de Spongiaires.

32. Les poissons apodes, c'est-à-dire sans pieds, appartiennent à la famille des Anguiliformes. Ils ont le corps allongé, dépourvu de nageoires ventrales, et sont reictus d'une peau très épaisse, gluante, laissant à peine paraître les écailles très petites qui la garnissent,

33. La Seiche est un Céphalopode. Son sac est soutenu par une coquille nterne,

Qui conservent oncor dans leurs lobes visqueux L'encre de nos graveurs aux reflets vigoureux.

Que si nous explorons l'antique Germanie, Nous découvrons partout le genre Trigonie^'-, Dont les durs gisements qu'on suit avec stupeur Des mers qui ne sont plus démontrent la grandeur. A quel moment le flot rencontra-t-il la rive Où s'arrêta l'effort de sa fureur native? Nul ne sait... Mais il n'est ni bas-fonds, ni hauts-lieux, Ni marais, sol mouvant, ni terrains rocailleux. Où, pour peu que la main dégage la surface, De dépôts sous-marins on ne trouve la trace.

Cependant, hors des mers, le charme gracieux Des produits du Trias apparaît à nos yeux, La partie et le tout y sont en équilibre. Les rameaux du Voltzia^* qui, dans la forêt libre,

ovale, épaisse, bombée et composée d'une infinité de lames ralraires très minres. C'est cette coquille (os de seiche ou biscuit de mer) qu'on emploie pour polir divers objets, et qu'on suspend dans les volières pour que les oiseaux y aiguisent leur bec et y puisent la substance nécessaire à la nutrition des os.

La seiche et la plupart des Céphalopodes que l'on trouve dans les terrains paléozo'iques étaient doués, comme ceus d'aujourd'hui, d'une bourse à encre, et de cette bourse, qui s'est conservée intacte, on a pu tirer l'encre dite Sépia, que fournit encore de nos jours la seiche, et cette encre fossile a pu servir pour le lavis. (Voir pour cette note et celles qui précèdent, Dict. Encycl. D. V., passim.)

34. « Les Trigonies (grec, xpeY;, -cçia, trois ; ywvïk, angle, coté) sont un genre des « Oftraeées (grec, ottpeov, huître), et leur coquille est de forme triangulaire. Elles « prédominent parmi les fossiles du terrain Conehylien et du Trias en général, notara- « ment dans les Vosges et en Allemagne. » D. V.

35. Les Cycadées et les Conifères comptent dans l'étage du Trias de nombreux représentants .

On cite en particulier le Voltzia heterophylla, qui est un très beau conifère.

« Les Fougères y sont toujours fort multipliées, ainsi que les Equisétacées.

« Ce genre Equisetum (Equésita''ées) comprend les Prèles communes, qui habitent les « endroits humides et inondés. Ces plantes ont ceci de particulier qu'elles renferment « dans leur cuticule épidermique une certaine quantité de matière siliceuse; aussi « s'en sert-on dans l'économie domestique pour polir les meubles et les ustensiles de « ménage. . . »

(Voyez, pour les Conifères, la pnge 14, note 14.)

« Les Cyadées sont des végétaux gymnogenes (grec, vù'^'joç, nu; ■;fità, nais- « sance), à tige simple, dont le port offre quelque ressemblance avec les Palmiers. On « les trouve en grande qu intité dans les terrains Gonchyliens du Trias, à peu près partout « Aujourd'hui, ces arbustes ne poussent guère que dans les contrées tropicales et tempé- « rées de l'Asie et de l'Amérique... Cependant, les Za;nias, qui sont de cette famille, « donnent un caractère particulier à la végétation de la partie orientale du territoire « du Cap. En Australie, on trouve aussi des Zamias dont la hauteur s'élève à 9 et '< et même 10 mètres... »

D. V., passim.

GEOLOGIE ET PALEONTOLOGIE

Comme un roi, né gréant, au milieu de sa cour. Domine les sapins qui croissenl à Tentour, S'opposent tlej^<^ deux, et, du pied jusqu'au faite. Lui font un vêlement, d'où s'élance sa tête. L'ordre uait, et par lui s'affirme la beauté: Les nuits ont moins d'horreur, les jours plus de clarté, Un souflle chaud, fécond, passe sur la nature, Et dans l'air, au grand jour, et sous la roche obscure Gontle mille ferments de génération.

Mais le monde en travail, en cette éclosion, Procède avec lenteur et prudemment ménage Les forces, dont la loi, sous laquelle il s'engage, Est d'aller constamment de progrès en progrès.

Nous n'en sommes encor qu'à ses premiers degrés : Mais quel charme au début de la vie éveillée ! Un doux bruissement s'entend sous la feuillée. D'où vient-il?... Nulle part, sous l'action des venls, La forêt n'a frémi dans ses rameaux mouvants. De la vallée aux monts il n'est sapin ni plante, Qui ne reste en suspens, et comme dans l'attente D'un gi'and enfantement... Tout est silencieux, Dans un calme infini, profond, religieux. Le soleil, ruisselant en gerbes d'étincelles, Communique à la Heur des eftluves nouvelles. Et fait nailre en son sein embaumé, palpitant, Un être, Heur ailée, au corselet brillant : Cette Heur, dans la fleur, c'est le Coléoptère^*. Fleur, perle ou diamant, ce fils de la lumière. Voltigeant, bourdonnant, pour la première fois

36. « Les insectes coléoptères, névroptères, ortlioptères, se rencontrent déjà dans les terrains du Trias en assez grand nombre.

« Les Coléoptères (grec, xoXeo;, étui ; r.-iw/, aile) forment un des ordres prinripaux de la classe des insectes. Ils ont quatre ailes, dont les deux supérieures, plus solides et désignées sous le nom d'élytres (grec, r/.uTçov, étui), recouvrent comme des étuis les intérieures, qui sont membraneuses et le plus ordinairement pliées en travers. « Les Névroptères (grec, veOçov, nerf, fibre, tendon ; itTéjov, aile) ont quatre ailes membraneuses, transparentes, réticulées, et sn général de la même grandeur. Ces insef-tes ont une bouche offrant des mandibules, des mâchoires et deux lèvres propres à la mastication.

« Les Orthoptères (grec, ôç,5r,;, droit ; zripov, aile) comprennent tous les insectes I dont les ailes vraies ou postérieures sont plissees longitudinalement dans le repos I Leur corps est en général moins consistant que celui des Coléoptères... Il y aies 1 Coureurs ai les Sauteurs. Les Coureurs sont les For fie des ou Perce-oreilles, les t Mantiens et les Phasmiens. Parmi les Sauteurs, nous citerons les Sauterelles, les ■ <rrillons et les Criquets... »

Rompt ruiliformité du silence des bois.

Mais il n'était pas seul ; car, d'espace en espace, De ditFérents oiseaux ■" l'on retrouve la trace. Enfin, type saillant des temps Triasiens, Les Ciiirothériums, géants Chéloniens^», Sur ce sol plus compacte ont laissé leurs vestiges.

Un prodige nouveau succède à ces prodiges.

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