‹ La création et l'humanité; poème en trois parties avec citations, notes et éclaircissements divers. Par J. ArbelotChapitre 11 sur 88 · TERRAIN JURASSIQUE · texte numérisé non relu

TERRAIN JURASSIQUE

t Grès du Lias; Système du lias. . | Calcaire à gryphées arquées;

( Marnes ou calcaires à Bélemnites

!' Grande Oolithe ; Groupe Oxfordien Groupe Loraliien ; Groupe Portlandien;

Quand le Trias eut fait son évolution, Aussitôt commença cette formation

37. On a observé des empreintes de pieds d'oiseaux dans l'étage conchylien du Massarhussets aux Etats-Unis. Voiri ce que dit à cet égard Alcide d'Orbigny : « Ces em- « preintes sont généralement composées de trois doigts, le médian étant plus long que « les deux autres. Quelques-unes portent des ongles; quelques-unes offrent aussi un « pouce en arrière, et toutes retracent bien la trace d'un bipède : car on ne trouve « jamais plus de deux rangées parallèles, une de droite et une de gauche, pour chaque « série de pas. Les empreintes se succèdent régulièrement, le pied droit et le pied « gauche se montrent toujours à leur place respective. Quelques-unes d'entre elles me- « surent des dimensions énormes : une d'entre elles semble prouver que le pied qui l'a « produite n'avait pas moins de ii8 centimètres de long et 35.39 de large, sans compter « l'ongle de derrière qui avait à lui seul a centimètres. IjninicrvaWe de 120 à loO cen- « timètres sépare la trace de chaque pas, c'est-â-dire marque chaque enjambée de « l'animal... »

38. Les Chirothériums, Chéloniens fossiles, ont laissé des empreintes de leurs pas dans les couches triasiques... Les Chéloniens se sont continués dans tous les terrains jusqu'à l'époque actuelle où ils ont acquis leur plus grand développement.

« Les Chéloniens sont des animaux quadrupèdes qui appartiennent à la classe des

« reptiles... Ces animaux sont plus connus sous le nom vulgaire de Tortues... On les

« reconnaît au premier abord au bouclier qui protège leur corps. Ce bouclier se compose

« de deux pièces qui sont réunies par leurs bords, et qui présentent des ouvertures pour

« le passage de la tète, des quatre pattes et de la queue. La pièce supérieure ou

« carapace résulte de la réunion des côtes et des vertèbres dorsales; la pièce inférieure

« ou plastron représente le sternum... » D. V.

GÉOLOGIE ET l'A LÉOMOLOG 1 E Jî

Qui doit aux monts Jura" son nom géologique; Et nous tenons enfin l'époque Jurassique, Dont la longue durée à travers ces vieux temps S'affirme en des terrains compactes, concordants-, Bien proportionnés sur leurs fortes assises. C'est le Lias, encorde formes peu précises, Mais qu'on suit, d'une part, de la Rochelle au Rhin, Et, de l'autre, par Caen, jusq'ues au Cotentin^, Longeant et pénétrant les falaises normandes. De Langres, vers le sud, il s'avance en deux bandes : L'une, suivant un plan vers les Alpes tourné, Par Besançon et Bourg atteint le Dauphiné ; L'autre passe à Lyon, d'où, dédaignant les plaines, ■ Elle court vers l'ouest et franchit les Cévennes : Terrain vraiment français*, que l'on trouve en tous lieux. Des hauteurs du Larzac^ Jusques h. Périgueux, Et qui, rouge, vert, gris, de cassure esquilleuse, Recouvre le Trias d'une couche marneuse.

1. Le Jura (mons Jurassas}. rliaine de montagnes qui se détache des Alpes, s"étend snr la Suisse et la Franre, se dirige du nord-est au sud-ouest dans une longueur de ISO kilomètres, sur une largeur deiiO. Les points culminants sont : le mont Reculet, 1717 mètres; le mont Tendre, I'jOO mètres ; le mont Dô!e, 1681 mètres.

2. Rappelons, à propos de ce mot concordant, que. " parmi les dépots disposés à la 1. surface du globe, il y a deux sortes de stratiOcations : Tune est horizontale, c'est la <> stratification naturelle, celle qui résulte des matières dissoutes ou charriées par les M eaux; l'autre est plus ou moins inclinée et résulte des soulèvements et des affais a sements qui ont signalé les diîrérentes époques géologiques.... Les stratifications se Il distinguent encore en concordantes et en discrdanies. On dit qu'il y a concordance « entre deux dépôts différents, quand toutes leurs couches sont parallèles entre elles, « quel que soit d'ailleurs leur degré d'horizontalité ou d'inclinaison... La stratification « est discordante, quand les couches d'un dépôt sont inclinées dans un sens, taudis « que les couches de l'autre sont disposées dans un autre sens... » D. V.

3. Le Cotentin est cette presqu'île qui s'avance dans la mer de la Manche et qui se lermiiie au cip de la Hogue. Elle a une' longueur de 80 kilomètres. Elle faisait partie de la basse Normandie, et elle forme aujourd'hui la plus grande partie du département de la Manche.

4. c( Le terrain jurassique s'étend en général sur toutes les contrées du globe ; mais nulle part il ne se montre en masses aussi considérables qu'en France. Il repose en stratification discordante sur les dépôts qu'il recouvre, sur le Trias, sur le calcaire carbonifère, etc.. ; mais ses assises sont entre eiles partout concordantes, ce qui semble annoncer que la France et l'Europe en général ont joui d'une longue période de calme à l'époque de leur formation... » D. V.

3. Le Larzac est un plateau qui s'étend entre Lodève et Milhaii. u C'est une vraie Table de pierre, dit M. Elisée Reclus {Géographie nourelle, tome II, page 408), à la surface un peu bossuée et légèrement inclinée de l'est à l'ouest, dans le même sens que toute la région centrale de la France: sa hauteur moyenne est de 800 à 900 mètres.... Le Larzac commence, au sud du plateau central de la France, la région des Causses (du latin calx. chaux), région unique en France par sa non figuration, son aspect et son climat.. »

l LA CRÉATION iîT L'FIUMANITÉ

Mais la marne'' n'est pas le signe originel Qui soit propre au Lias''... Son fonds substantiel, Tel qu'en ses trois degrés le marque la science, A bien plus de tenue et plus de consistance.

C'est un grès composé de grains de quartz très fins, Où brillent en tous sens des micas cristallins. La masse, en s'élevant, s'agglutine d'argile Et d'un ciment^ vert bleu, dont l'essence subtile, Se dégageant à l'air de fdons siliceux, Aifecte l'olfactif 3 comme un gaz sulfureux.

Sur ce Grès apparaît le terrain à Gryphites'", Que recouvre à son tour l'étage à Bélemniles". Faut-il les distinguer? rechercher, mettre à nu Le Pecten de Lyon '2, du profane inconnu?

G. <i La marne est un mélange de ralc;iire et d'argile. Elle oiïie les couleurs les plus « variées. Elle est extrêmement commune dans la nature et se trouve à peu prés .( partout dans tous les étages des terrains secondaires... La marne verte sert à fajjri- <( quer les tuiles et les briques; la marne d'un gris marbré qu'on trouve ù Paris autour Il de Montmartre se vend comme pierre à détaclier; mais l'usage le plus important des Il marnes est celui qu'on en fait pour les amendements des terres... » (Voir page 24, .. note G.) D. V.

7. La courbe liasique se compose de trois étages : 1" Grès du Lias ; 2° Calcire à Grypbées arquées; 3» Calcaii-e à Bélemnites, lesquels seront étudiés successivement.

8. On distingue généralement sous le nom déciment tout mélange pâteux formé de. chaux et d'une substance solide quelconque propre à relier entre elles les assises d'une maçonnerie.

0. " Le nerf de Vodorat est le nerf olfactif (lat. olfacio, sentir, flairer). L'air étant (I le véhicule ordinaire des effluves odorantes, Vorgane olfactif est placé sur une des « voies que l'air traverse pour arriver aux poumons, c'est-à-dire dans les fosses nasales... »

10. Les Grypbées (grec, yfurd;, courbé, qui a le bec recourbé) sont des mollusques testacés qui abondent dans tout le Lias. Elles sont d'une forme oblongue, recourbée et arrondie de la façon la plus gracieuse.

11. Le mot Bélemnite vient du mot grec ^tKt^-/i-j, flèche... « Jadis les idées les « plus absurdes avaient cours sur l'origine des Bélemnites. On les regardait comme >< étant de l'urine de lynx pétrifiée, ou comme des produits de la foudre. Il faut « laisser de côté ces rêveries. Aujourd'hui on considère ces débris comme des extré- « mités d'o.sselets ayant appartenu à diverses espèces de mollusques qui n'existent plus, « mais qui devaient être analogues aux Céphalopodes vivants... » D. V.

12. (( Le genre Pecten ou des Pectinibranches est très abondant dans les divers « étages de l'écorce terrestre.... Le Pecten Luydunensis ou de Lyon est caractéristique " dans le Lias...

« Les Pectinibranches forment le cinquième ordre des Mollusques gastéropodes. Ils « se distinguent par leurs branchies peclinées, c'est-à-dire composées de nombreux « feuillets ou lanières rangées parallèlement comme les dents d'un peigne, d'où leur " nom htiii pecten, c'est-îi-dire peigne. » D. V.

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l/Amiuoiiitc lîiicUlaiid'^, el les longs Spirifères Oui, grAi'.es îi Valkol, ne sont plus des mystères''* ? El, la Gi-yphée ai-quée'", et ces Squales géants"^ Dont le crâne écailleux, où s'ouvrent deux évenis, Montre un gouffre béant dans l'ampleur de la tête ? C'est par le point saillant de leur immense arête Qu'on a formé leurs noms : type rare, incertain, Comparable pourtant au grand Sélacien''.

Leur bouche est-elle oblique : ils sont Plagiostonics'" ; Quand elle s'arrondit, on les dit Cyclostomes''-'.

Creusez, fouillez, sondez ces gisements terreux : Vous y découvrirez l'Echinide épineux Du genre Diadème, appelé Plicatule-".

On y rencontre encor une étrange Avicule-',

13. Buckland (William), illustre géologue anglais du commenrenient de ce siècle, trouva dans les dépôts fossiles du Lias l'Ammonite à laquelle on a donné son nom.

14. Les Spirifères n'existent plus de nos jours. Le géologue Valkot en a trouvé de remarquables par le grand développement de leurs bras en spirale dans les rouches liasiques. C'est pour faire honneur à celui qui les a découverts qu'on les appelle scientifiquement Spirifères Valkot.

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