‹ La création et l'humanité; poème en trois parties avec citations, notes et éclaircissements divers. Par J. ArbelotChapitre 20 sur 88 · I.A CHKATION KT I.'IIUMAMITK · texte numérisé non relu

I.A CHKATION KT I.'IIUMAMITK

En marais, où i?rouillaieiit \'espèce PaUidinc^-, Le Sabot Limnron, ù nacre Burgaudinc'-', Dont la couleur vorl bleu, qui paraît sous le blanc, Sur ce fond nuancé jette un retlet charmant.

Plus haut, c'est l'Kxogyre à la large coquille'', Qui dans ces gisements de toutes parts fourmille.

Au dessus du grès vert, dans le sable albien '^, Nous retrouvons encor le genre Saurien : Ici rilyla-osaure, et là le Suchosaure, Le long Iguanodon avec le Regnosaure'*^,

12. « Les Paludines {hyt. pains, gén. pahidia, murais) snnt de-; Trorlioïdes (grec, « Tfdy.oî, roue, eISo;, forme), et les Trorhoïdes sont des Gastéropodes (grec, vaa-v-f, « ventre; -oO;, r.a^iz, pied)... On désigne en général sous le nom de Gastéropodes « des Mollusques qui sont pourvus d'une tête et qui rampent ou nagent à l'aide d'un « pied charnu placé sous le ventre... Quant aux Trorhoïdes, ces animaux, qui consti- « tuent, dans la classification de Cuvicr, la première famille des Pectinibranches « sont caractérisés par leur coquille en spirale, dont l'ouverture est entière et garnie « d'une opercule ou de tout autre organe qui le remplace. . . Les Paludines abondent « encore dans nos eaux dormantes ; il en est une dont les petits naissent vivants : « on l'appelle, pour ce motif, la Yivipare. .. » D. V.

13. « Le Sabot-Limaçon estaussi un Trochoïdo. On l'appelle ainsi vulgairement: son « nom véritable et scientifique est Turbosmannoratuison Sabot]marbré. Sa coquille, 'qui « est grande, est marbrée et subfaciée de vert, de blanc et de brun en dehors, et très « nacrée en dedans. .. La nacre qu'elle fournit et que l'on désigne dans le commerce « sous le nom de Biirf/aïuUne est très recherchée... Est-il nécessaire de rappeler que « la nacre est cette substance calcaire, mêlée d'un peu de matière animale, dure, bril- « lante, à reflets irisés et chatoyants, qui fait partie du test d'un grand nombre de « mollusques ? ... » D. V .

14. u Les Exogyres sont des Ostrarés (voir page 38, note ol)... Les Exogyres i< virgules abondent, comme nous l'avons déjà fait remarquer, dans le Coral-rag ; les <i Exogyres sinueuses et à grande coquille sont caractéristiques des terrains crétacés...»

15. « Dans le terrain Crétacé .supérieur, dans la Craie proprement dite, la Craie (I blanche, il se trouve quelquefois beaucoup de sable. On désigne quelquefois, pour ce i< motif, ce terrain sous le nom de Crain sableuse ou de Sable albien... . »

16. o Tous les monstres qui sont désignés ici. se rattachent à la famille des Méga- <t losauriens (\uir page 36, note ±3 et page 0, note 41)... Ces énormes reptiles ne se 11 trouvent plus qu'à l'état fossile. . . La plupart devaient être carnivores, dit Cuvier, 11 et leur taille atteignait 18 mètres de long.

Il L'Hylœosaure (grec, 6"/.ï-,, foret, bois) et l'Iguanodon étaient probablcnent herbivores . . .

« Le Suchosaure était peut-être suceur...

« Ces animaux peuvent se rapprocher, d'une part, des Lacerticns (lacerta. lé/.ard). « (remarquons seulement que, tandis que ces derniers se composent d'animaux terres- « trcs de petite taille, les espèces rapportées aux genres perdus étaient des animaux « vraisombl.iblcment infirins. ol en général de dimensions colossales...) D'autre part, ils (1 se rattaclient au\ Irhl hi/nsdiirievs, tous animaux marins de très grande taille, qui.

ClOI.OdlK ET l'A LKO.XTOLOi; I i:

Les Spatangues pourprés''', l'[IillHimiii Cardium '",

Près du Plagiaulax'9 le Spalacolheriuin -" :

Ceux-ci marsupiaux, dont l'un, dans nos paragc'.,

Faisait son aliment d'herbes ou de feuillag-es ;

Tandis (jue le second, par la bouche et les dents,

I/appareil digestif et les muscles puissants

Qui soutiennent les os de sa large màchuii-e,

Par sa langue à trois dards, nous porte au moins à croire

Qu'il était l'ennemi des insectes des bois.

Mais voici que, terrible et fécond à la fois, Un mouvement soudain s'opère dans la masse Des terrains crétacés, dont il change la face. Tout est bouleversé : du fond des océans Le flot monte, et, couvrant îles et conlinents. Il méconnaît les lois, s'alFranchit d(^s limites Que la nature aux mers semblait avoir prescrites. Pour traduire l'ettet de l'inondation, Un seul mot a suffi : la Démidution-K

u forment Im transition entre les Reptiles et les Cétacés... L'irhthyosaurus avait l'aspect « général d'un Marsouin, la tête d'un Lézard, les dents d'un Crocodile, les nageoires « d'une baleine... » D. \ ., passim.

17. « Les Spatangues (Spatangoïdes) (grec, uràToç, cuir; àf/oî, vase) sont des Edii- « nodermes (voir page 27, note 20). Cette famille, dont le genre Micraster pra- « prement dit et le genre Micraster cor anquinum sont les types, n'ont paru qu'à la « fin de la période oolithique et ont atteint leur plus grand développement dans les « mers de la période crétacée...

« Parmi les Spatangoïdes vivants, nous citerons le Spatangue pourpré (Spatangus « purpurcus) appelé vulgairement Cœur de mer, à cause de sa forme presque arrondie .< dans la masse, allongée par un bout. Cette espèce se trouve sur nos côtes de l'Océan, « enfoncée dans le sable, où elle se nourrit des détritus organiques dont elle est « entourée... •. D. V.

18. « Le Cardium hillanum est une Cardiacée. Les Cardiacées renferment un nombre <i considérable de genres fossiles. Elles forment, dans la méthode Cuvier, la quatrième « famille des Acéphales testacés... Les Cardiums fossiles se rattachent aux Bucardes de i< nos jours ; les valves de la coquille sont égales, bombées, à sommets recourbés et <i à bords dentés. Réunies, elles offrent une certaine ressemblance avec la figure d'un •< cœur de carte à jouer, ce qui a valu à ce genre le nom sous lequel il est désigné « (Cardium, du mot grec zap'îia, cœur). » D. V.

10. Le Plagiaulax ( grec, ->.à-;io,-, oblique; aj/.al, sillon) était un marsupial lier bivore...

iiO. Le Spalacotherium (grec, aT.tt.'i.a.l, taupe; eriçlov, bête sauvage), devait être aussicomme le Plagiaulax, un didelphicn, mais peut-être insectivore. (Voyez page 30, notes 38 et 39.)

■2\. « .'Vprès le grès vert apparaît une végétation puissante d':nbres ilicotijlédoiws " vvoir page .'54, note 2) qui rappellent ceux qui iii'uplent notre Europe... Il y avait

i LA CRÉATION' IIT L'HUMANITE

On dirait que le globe eût perdu l'équilibre : La plaine est une mer, et, dans l'espace libre, Les vents impétueux de la masse de l'eau Sous leur souffle puissant élèvent le niveau. Les monts, les monts jadis respectés et sublimes, Qui jusqu'aux cieux portaient leurs plantureuses cimes, Dépouillés, défoncés, voient leurs arbres géants Pêle-mêle rouler dans des gouffres béants. La flore est engloutie, et la faune éperdue Sous ces entassements disparaît confondue. Plus de sol, ni de vie... il ne reste plus rien !...

Revient-on au chaos? — On le croirait... Eh bien! Ce bouleversement sur la terre et sur l'onde Qui d'une prompte fm menace tout un monde, Ce n'est point le chaos, mais l'effet véhément, Nécessaire, fatal, d'un heureux déblayement. La place est préparée à la couche nouvelle : Une flore naîtra qui, plus riche et plus belle. Ornera, couvrira le sol supérieur Et fera jusqu'à nous éclater sa vigueur.

Parmi ces végétaux que la Terre nous donne, C'est toi que je salue, ô Dicotylédone!-- Toi, dont l'essor puissant, sans tin continué, Rendra son vêtement au sol restitué.

« (lono alors de vnstes contiiient>; ou de larges îles. Mais d'autres fossiles indiquent « que cei'taines parties des continents avaient été submergées, ayant été longtemps « soumises à des inondations qui balayaient les matières minérales et produisaient le « phénomène que les géologues appellent Démulation. »

(Alfred Maubv. la Terre et l'Homme.)

22. u Ce nom Dicoti/lcdone est donné à tout végétal dont les semences ont deux « lobes ou cotylédons.

« Le cotylédon (grec, xotuV/j^mv, cavité; -/o-:ù),ïi, creux) est un corps charnu qui « constitue l'une des parties de l'embryon.

« L'embryon lui-même est une partie de la graine. Les cotylédons apparaissent « comme une sorte de feuilles que porte la partie de la graine appelée tigelle... Les « embryons n'ont-ils qu'un seul cotylédon : ils sont dits monocotylédones ou monocoty- « li'donés. En ont-ils deux : ils sont dits dicotylédones ou dicotylédones. S'ils n'en ont « pas, ils sont acotylédones, et, suivant la présence ou l'absence des cotylédons, sui- « vant l'unité ou la pluralité de ce corps dans les plantes, celles-ci sont appelées aco- « tylédones, ou monocotylédones, ou dicotylédones ; les plantes qui ont plus de deux « cotylédons sont rangées parmi les conifères, ou les dicotylédones, ou les gyrano- « spermes, en sorte qu'il n'y a pas de catégorie de végétaux polycotylédones. »

C'est Laurent de Ju^siiHi. célèbre botaniste français, né à Lyon en 174S, mort à Paris en l^.fO, qui étalilit !<• prcnnier cette division tles plantes d'après la présence, l'unité ou la iiluralito des nilvlédons...

GÉOLOGIE ET PALEONTOLOGIE 55

Je pourrais, je devrais, conséquent et logique, Suivre ici, pratiquer les lois de Botanique-^, Sous les cotylédons 24 surprendre, étudier L'embryon-'* d'où sortit le chêne -^ au tronc altier, Observer avec soin la fleur avec la feuille, L'ovaire-*^, et tout ce que l'analyse recueille Pour fixer, établir à quel genre appartient Le roi de nos forêts, et de quel germe il vient.

Le genre, on le connaît : c'est le Cupulifère ^''. Mais comment l'arbre un jour émergea du calcaire. Mais le germe, comment il s'est d'abord formé : Le plus savant ici s'arrête désarmé.

Il n'est pas opportun d'insister davantage : 11 suffit maintenant d'indiquer qu'à cet âge, Dans la flore naissante, — ô prodige nouveau! L'arbre le plus utile est aussi le plus beau.

Certes, sur les hauteurs, sapins et conifères-^; Dans les plaines, palmiers-'', bruyères^" et fougères^',

23. << La l)ot;inique est la science des vé.ffétaiix (grec, poTàvï], plante). Elle n'est « donc qu'une branche de l'histoire naturelle ; néanmoins son domaine est extrême- « ment étendu. En eifet, elle envisage les végétaux sous tous leurs aspects, soit en « eux-mêmes, soit dans leurs rapports avec la nature extérieure, soit dans leurs rap- « ports avec l'homme. De là plusieurs branches dans la Botanique, selon le point de « vue où l'on se place pour étudier les végétaux. On s'accorde généralement à partager « la Botanique en cinq divisions : l'organographie, la physiologie végétale, la philo- II Sophie botanique, la tasonoraie qui traite de la classification des végétaux, enfin « la géographie botanique qui s'occupe de la distribution des végétaux à la surface du « globe et des lois qui y président... » D. V.

24. Voir plus haut, note 22, pour le cotylédon et pour l'embryon.

25. Le chêne appartient^à la famille des Cupulifères ou Corylacées. Voir ci-dessous, note 27.

26. L'ovaire, avec le style et le stigmate, constitue le pistil. Le pistil appelé aussi gynécée est l'organe femelle des végétaux phanérogames ; il occupe toujours le centre de la fleur... La forme générale et habituelle de l'ovaire est celle d'un ovoïde ou d'un sphéroïde...) Voir pour plus de détails les traités spéciaux... (Observons toutefois que l'on appelle plantes phanérogames (grec, çavejd;, évident, apparent ; y^jj-'j;. mariage) les plantes dont les organes sexuels sont apparents...

27. Certains botanistes donnent le nom de Cupulifères a la famille des Corylacées, à cause de la Cupule ou involucre du fruit des végétaux de cette espèce. Jussieu les appelle Quercinées, du mot querc.us, chêne, qui est l'arbre le plus remarquable de cette famille ; et Adanson, considérant sans doute de préférence le châtaignier {castanea) leur donne le nom de Castanées. (Voyez, ci-dessous, la note 34 sur le mot Corylacées.)

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