‹ La création et l'humanité; poème en trois parties avec citations, notes et éclaircissements divers. Par J. ArbelotChapitre 45 sur 88 · Voir la note 8 de ce même chapitre · texte numérisé non relu

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17. Socrate, philosophe grec, naquit à Athènes en 470 avant Jésus-Christ. La philosophie de Socrate rejette les spéculations oiseuses ou trop élevées pour ne s'occuper que de l'homme et de la morale. « Connais-toi toi-même, » telle était la maxime de ce sage philosophe. 11 distingua les différentes sortes de vertus : la prudence, la tempérance, la force, la justice; il recommanda la pratique du bien comme le plus sur moyen d'arriver au bonheur, et démontra, par de nouveaux arguments, l'existence d'un Dieu, d'une Providence et Timmortalité de l'âme.

Malgré la pureté et la dignité de sa vie, Socrate fut condamné par les Athéniens à boire la ciguë, ce qu'il fit avec un courage et une résignation admirables.

18. Platon, disciple de Socrate, naquit à Egine ou à Athènes en 4:29 avant Jésus- Christ. 11 fut le fondateur de l'Académie. « Les dialogues nombreux où il nous a trans- « mis les doctrines de son maître et les siennes propres forment, par la profondeur « et le charme des pensées, par la grâce et la sublimité du style, l'un des monuments K qui honorent le plus l'histoire de la philosophie et des lettres. »

Jules Simon, Histoire de la philosophie. 10. Voyez es notes 6, 7, S du chapitre Vil de la .3» partie.

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N'i'st il'dii r,'i\t'aii li'oiildi' i|iriiin' v.iljiic liypollièse.

Une i'co\o ;i paru qui va nous mettre h l'aise. Moderne, elle a pourtant un air (ranli([uitt'. On y revoit du moins le rieur tant vanté, Démocrite d'Abdère, et son maître Leucippe-", Kt ridole^i mouvante, où pour eux est le type Du monde extérieur qui va, subtil tableau, Refléter son image au miroir du cerveau.

Je ne méconnais point que, dans les corps, en somme, l,"aftinité dépend du jeu de chaque atome, (Jue la cohésion au sein des éléments N"est que le résultat de ces rapprochements; Je ne méconnais pas les lois de la nature, Kt je te rends hommage, ô célèbre Epicure--! Nul plus que toi n"a droit à l'admiration : Tu vis l'un des côtés de la création ; Mais le ravissement où ton œuvre nous laisse Vient du charme puissant qu'y répandit Lucrèce-'.

2U. Leurippe de Milet flori<sait vers l'an oOO avant Jésus-Christ. Démocrite d'Abdère. ?yn disciple, était né vers 40(J avant Jésus-Christ.

Ces deux philosophes peuvent être regardés comme les fondateurs de l'école atomistique.

« Ici, ce sont les atomes qui produisent le monde; le mouvement est leur attribut Il essentiel : ils entrent en action par eux-mêmes et forment tous les corps en se com- <■ binant entre eux, suivant certaines lois qui leur s >nt inhérentes. Vous voyez que >' c'est un système tout fataliste... L'âme est une collection d'atomes ronds et ignés u d'tii ré.^ultent le mouvement et la pensée... »

CoLsiN, Histoire de la philosophie, .3° leçon.

21. Voici, d'après M. Cousin, même ouvrage, même leçon, la théorie de la connaissance humaine, suivant le système de l'école atomistique ; les corps composés d'atomes sont continuellement en mouvement et par conséquent en perpétuelle émission de quelques-uns de leurs atomes; ces émanations des corps extérieurs, ce sont des images (eTSw).», idoles, images)... Ces images en contact avec les organes produisent la sensation, et la sensation produit la pensée.

23. <c Epicure, célèbre philosophe grec, naquit à Gargettos, bourg près d'Athènes, en 341 avant Jésus-Christ. 11 se passionna de bonne heure pour la philosophie de Démocrite d'Abdère et propagea ses doctrines, dont il tira les conséquences les plus audacieuses. Pour lui, comme pour Démocrite, « ce sont les atomes, émanés des corps, qui, mis en « contact avec nos organes, produisent la sensation. La sensation est agréable ou <• désagréable; elle est suivie de la perception sensible, et de ces perceptions nous « tirons toutes nos idées générales. 11 n'y a pas d'idées nécessaires et absolues ; il n'y « a que des idées contingentes et relatives... Epicure n'admet ni Dieu ni Provii< dence... L'âme, à ses yeux, n'est qu'un corps composé des atomes les plus fins, les <• plus déliés, d'atomes ronds, de feu, d'air, de lumière... L'âme étant matérielle, I' elle est mortelle; la conséquence est forcée... La morale d'Epicure, avec de telles <■ prémisses, ne peut être fondée ni sur une règle absolue ni sur une espérance à <i venir. Repousser la peine, chercher le plaisir, voilà tout ce qui reste. »

Jules Simon, Histoire de la philosophie, manuel pour les lycées.

SS. Voyez le chapitre I de la première partie, p. 7, note i'.K

Parmi nous, Gassendi ^'^ devait reiuellre au jour Ce système où l'on voit se former tour à tour Des atomes ténus que le hasard entasse, Le feu, l'air et les eaux, la terre avec la masse De ce qu'elle contient, minéraux et métaux, Êtres organisés, végétaux, animaux.

Et, pour tout dire enfin, cette forme parfaite Où la création dans l'homme se complète. Mais le prudent abhé, dans un siècle de foi, Avait su ménager Dieu, l'École et son Roi.

La science ^^ aujourd'hui, libre de toutes craintes, N'a plus à s'imposer de pareilles contraintes. Elle peut, sans égard aux lois et aux décrets, Pénétrer la nature et livrer ses secrets. Elle n'y manque pas, et même l'orgueilleuse, Le microscope aidant sa marche audacieuse, Ne connaît plus d'obstacle à son activité. Il n'est, en dehors d'elle, aucune vérité. Ame, raison en soi, mots vides et chimères! On ne s'arrête plus à de telles misères.

24. Pierre Gassendi naquit en F'io\enre en loOJ et mourut à l'aris en Kioo. Il embrassa l'état ecclésiastique et, après avoir longtemps professe la philosophie et la théologie à Aix, fut pourvu d'un riche bénéfice qui lui permit de quitter l'enseignement pour ne s'occuper que de science. On disait de lui qu'il était le plus savant des philosophes et le plus philosophe des savants. Partisan de la doctrine d'Épicure, il publia dilférents ouvra'ges pour la réhabiliter. Ces ouvrages ne sont à vrai dire que lies rom[iil:i lions où l'auteur a rassemblé tous les passages des anciens où il est parlé d'Epicure. Tout en confirmant plusieurs des opinions de ce philosophe, le prudent abbé a soin de combattre ce qui, dans la doctrine épicurienne, est inconciliable avec le christianisme. D'après Douillet, Dict. historique.

25. Les lignes suivantes pourront donner une idée de la doctrine de l'école naturaliste moderne : <( La vie a été longtemps le mystère des mystères, et, dans les •< temps modernes, elle a été le dernier refuge, la citadelle du surnaturalisme. Aussi '■ longtçin[>s, en effet, que l'on fut dépourvu de notions précises sur la constitution .- des corps, sur la composition des agrégats chimiques, aussi longtemps que les " substances dites organiques parurent radicalement différentes des substances miné- « raies, il était impossible de débrouiller le mystère de la vie. Nous savons aujourn d'hui que les corps organisés ne contiennent pas un atome matériel qui ne suit «1 d'abord emprunté, puis rendu au monde extérieur. Nous avons fait le dénom- ■< brement des principes immédiats constituant les corps vivants ; nous en avons pu Il reproduire directement un certain nombre dans nos laboratoires de chimie. Nous K savons sous quel état physique, dans quelles conditions de mélange ils se trouvent Il au sein des corps organisés et vivants. Nous savons, d'autre part, que, dans « l'univers entier, il y a seulement et toujours de la matière active, que ce qu'on " appelle /'orcc ne saurait se scinder do ce qu'on appelle matière; que, par conséquent, '. il ne peut plus être question d'un principe vital, d'une arche, surajoutés aux êtres n vivants et en régentant les phénomènes. Ces seules données générales nous autn- " risent déjà à affirmer que les phénomènes vitaux sont simplement le résultat des •< propriétés de la matière virante. » Docteur Ch. LFTouRNEAf, Biologie, p. 28.

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Aussi que de mépris pour la tradition-'^! Il faut tout ramener ;i révolution, Aux chan^'ements divers subis par l'organisme, Accidents imprévus d'un fatal ti'ansformisme. Plus de Dieu! le hasard, la loi de pesanteur, Celle d'ultraclion, un principe moteur Qu'ont mis un jour en jeu des ressorts d'aventure; Des forces dont se sert une aveugle nature ; Des atomes enfin 2", plats, ronds ou recourbés, En groupements fortuits ramassés, englobés, Toujours actifs, vivants d'une vie éternelle, Chaque jour préparant une forme nouvelle, Que viendront animer des germes spontanés, « Géants, nous dit Tyndall, Inucstis, » destinés A fixer sous l'effort d'une étreinte puissante La matière subtile en masse résistante : Voilà de l'univers la substance et le fond. Sa raison d'être aussi, tels du moins que les font, Les chefs audacieux de l'école à la mode.

Suivons, pour les juger, leur règle et leur méthode.

i6. <i Des circonstances de toute nature ont ébranlé dans bien des âmes la vieille foi de nos ancêtres. Emportés par le courant général, bien des esprits en sont arrivés, en fait de croyances religieuses, à la négation absolue. Le besoin d'expliquer l'univers n'en existe pas moins dans ces intelligences tourmentées; et, ne croyant plus à la Bible, elles se sont adressées à la science.

« Celle-ci leur a fait de magnifiques réponses en astronomie, en géologie. Devant des faits irréfutables, les derniers soutiens des anciennes interprétations bibliques ont dû reculer et se taire. Personne ne croit plus à l'immobilité de la Terre, à la création en six jours de vingt-quatre heures, à l'apparition simultanée de tous les animaux et de toutes les plantes. L'astronomie nous a fait assister à la genèse des mondes ; la géologie nous a appris comment se sont formés les continents et les mers, les vallées et les montagnes, dévoilant ainsi quelques-uns des plus grands résultats dus à l'action des causes secondes dans l'empire inorganique.

« Reste l'empire organique, les plantes, les animaux et l'homme lui-même. Ici, la curiosité s'exalte, le besoin d'explication devient plus pressant; mais, malheureusement, l'observation, l'expérience font également défaut.

H Quelques hommes, éminents par la science et riches d'imagination, ont cru pouvoir s'en passer... ils ont poussé jusqu'au bout le développement plus ou moins logique de leurs à priori, et n'ont eu qu'ironie et dédain pour quiconque hésitait à les suivre. » De Quathefages, De l'espèce humaine, p. 92 et 93.

27. « En résumé, l'univers doit être envisagé comme un tout composé d'atomes dissemblables et diversement groupés suivant leurs affinités. Ces atomes actifs sont le fond, la substance, la raison d'être de toutes choses : ce sont des géants travestis, suivant l'expression de Tyndal.

« Les divers aspects des corps résultent des divers modes d'agrégation des atomes constituants... "Tous les changements qui s'opèrent à la surface du globe sont dus à des combinaisons qui se font, ou à des combinaisons qui se défont... Les atomes ont pour caractères communs d'être étendus, impénétrables, indestructibles et éternellement actifs. » Docteur Ch. Letouhneau, Biologie, passiin.

A CREATION ET I/IIUMANIT

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