Voyez la note 25 du chapitre l'"' de la première partie
2. Il Nous savons maintenant, d aprè< les belles généralisations de la chimie et do la physique modernes, qu'il n'y a dans le monde que des atomes en quelque sorte animés, que ces atomes se transmettent mutuellement le mouvement qui les entraîne et qu'ils arrangent, et que ce mouvement, sans jamais s'anéantir, se transforme de mille manières. Ces transmutations de mouvement s'opèrent naturellement aussi au sein des êtres vivants, et les impulsions si complexes et si variées des molécules se transmettent aux divers appareils organiques, produisant ici la génération d'éLments anatomiques nouveaux, là les mouvements de la totalité de la substance vivante, ailleurs les phénomènes nerveux de la conscience, partout une certaine élévation de température et sans doute des phénomènes électrique-. »
Docteur Ch. Letournf.au, Biologie, p. .'}:{.
3. Cl Aujoui-d iiiii. la (iliipart des savants et un certain nombre de penseurs ont définitivement rompu avec la vieille distinction métaphysique qui, d'un seul coup, tranchait l'univers en deux parties n'ayant entre elles que des relations de contingence. On a cessé d'abstraire les propriétés actives de la substance matérielle de cette substance elle-même : on ne se figure plus le monde comme constitué par une substance étendue, mais en soi parfaitement inerte, sans cesse incitée et mise en mouvement par un agent impalpable appelé force. Le vieux divorce n'existe plus. La force s'est mariée de nouveau à la matière, dont elle n'avait été jamais d'ailleurs séparée, si ce n'est dans le cerveau des métaphysiciens. 11 n'y a plus d'inertie dans l'univers. Derrière tous les phénomènes se cache une substance étendue, jamais immobile, et qui est à elle-même son propre moteur... En dernière analyse, la notion de force se peut partout ramener à des mouvements d'une substance matérielle active. »
Docteur Ch. Letourneau, Biolnyie, p. 357 et 3o8.
BIOLOGIE KT A N T H RO H 0 L 0 (i I K 159
Robert Brown^ détrôna celle reine hautaine, Il signale, il perçoit sous chaque phénomène La substance étendue, un corps que fait mouvoir Des lois d'attraction l'invincible pouvoir.
Prenez de vieux débris, matière minérale; Rompez, après la mort, l'écorce végétale; Analysez le sang, la chair des animaux : Tout y vil et s'y meut sous des aspects nouveaux^. L'atome s'atTranchit et, libre, dans l'espace. Attiré, repoussé, qu'il se montre ou s'etlace, Particule ou globule, ou grain plus ou moins fin. 11 suit le mouvement appelé brownien; Manifestation d'un premier mécanisme Qui marque le début du futur organisme.
Et, lorsque par ce jeu nécessaire, fatal. L'organisme est formé ; lorsque du végétal — Phénomène inouï, rencontre merveilleuse ! — Se constitue enfin l'enveloppe ligneuse; Ou quand, par un concours que l'on a pu noter, Et qu'il est loin de moi de vouloir contester. Dans le récipient d'une simple cellule^. Le voile transparent, protecteur de l'ovule",
4. Robert Brown, savant botaniste anglais, à la suite d'expériences nombreuses et très délicatement dirigées, constata le premier que les fines particules des poissières minérales bien broyées se meuvent, spontanément en apparence, quand elles sont tenues en suspension dans un milieu liquide. 11 ne s'agit pas là de mouvements dus à de simples courants liquides, mais plutôt de phénomènes d'attraction à courte distance, lesquels doivent rentrer dans le domaine de la capillarité. Des mouvements à peu près semblables s'observent aussi dans certaines substances organiques. Ce sont ces mouvements que l'on a appelés browniens, du nom de celui qui les constata le premier. (Voir le chapitre I^' du livre V de la Biologie de Ch. Letoubneau.)
o. « Sans parler même des mouvements planétaires, qui entraînent tout, nous Cl savons que les corps les plus solides et les plus immobiles en apparence se résolvent « en atomes et en molécules sans cesse animés de rapides mouvements. Naturelle- !• ment, ces mouvements moléculaires ont lieu tout aussi bien dans les corps orga- « nisés. Ils y sont même autrement variés, puisque ces corps se nourrissent, c'est- « à-dire sont le siège d'incessants échanges moléculaires, et se décomposent sans trêve « pour se recomposer. Docteur Ch. ].,etouhneau. Biologie, p. 358.
G. (1 II faut entendre par cellule un corpuscule microscopique ayant une sorte d'in- <i dépendance, une vie propre, assimilant et désassimilant pour son compte. La cellule Il a généralement une forme plus ou moins sphérique. Elle est constituée par une Il substance plus ou moins molle.
« Quand la cellule est complète, elle renferme un autre élément cellulaire plu <i petit, un noyau, où l'activité vivante de la cellule atteint ordinairement son maxi- < mum de puissance... » Docteur Ch. Letourneau, Biologie, p. 37.
7. Dans les végétaux, l'ovule est le corps destiné à devenir graine; en d'autres termes, c'est la graine avant et pendant la période de l'épanouissement de la tleui'.
KiO I.A CREATION ET L'HUMANITF:
l>aisse voir au milieu d'un liquide visqueux Le noyau 8 qui contient l'objet de tant de vœux, L'embryon' vertébré, l'infime animalcule Dont la vie est en germe en cette vésicule ; Eh bien! je suis ravi, j'accei)te avec transport Cette docte leçon, et j'admire l'effort Des novateurs hardis, pionniers de la science, Observateurs exacts des faits d'expérience, Dont les heureux travaux nous livrent les secrets Où la nature a mis ses soins les plus discrets.
Voilà l'être formé : tache germinative'", 11 prend de jour en jour une allure plus vive. Mais que deviendra-t-il? Voyez ses mouvements; Suivez dans ses progrès ses développements : Oh! l'aimable tableau, l'attachante analyse! Ici tout est charmant, et rien ne nous divise. Le futur animal, par l'amour enfanté, Nage au sein d'éléments, sources de volupté, Où se fait l'union indissoluble,' pleine. Des gaz f^énéraleurs, hydrogène, oxygène.
Chez les animaux, " tout ilaboid l'oviilo ne diffère en rien d'une relUiIe ordinaire... H L'ovule complet se compose en effet d'une membrane enveloppante. /(( menibraiie Il vitelline ou Z07ia pellucida, d'un contenu ou protoplasme, le vitellus, d'un noyau H OU vésicule germinative, d'un nucléole ou tnche germinative. »
Docteur Ch. Lktourneau, Bitiloijie, p. 341.