CHAPITRE III
Terrain Pénéeu ou Pcrmieu. — Nouveau Grès rouge. — Combinaisons diverses.
Le terrain Pénéen naît de la fusion De tous les éléments que l'inondation Pêle-mêle avait pris aux couches précédentes'.
Mais des feux souterrains les flammes dévorantes Changèrent de ces corps la forme et la couleur. Le grès en général offrit moins d'épaisseur, Et l'arkose imprima sur sa croûte verdâtre, Par l'action ignée, une teinte rougeâtre-.
1. Le terrain Pénéen ou Permien se compose de plusieurs dépôts qui, daas quelques loralités, sont avec le terrain Houiller en stratification discordante, ce qui revieat à dire que les couches du terrain Pénéen sont inclinées dans un sens autre que l'inclinaison présentée par les couches du terrain Houiller.
2. <( Les dépôts inférieurs du terrain Pénéen offrent des grès généralement de cou- « leur rouge, auxquels les géologues donnent le nom de conglomérat rouge, de nouveau « gras rouge, par opposition au vieux grès rouge des terrains devoniens. » (Voir chap. I, note i!3.)
« Le terrain appels grès rouge se compose de couches de grès proprement dit et « d'argile (|ui alternent entre elles. Ce grès est un composé de quartz hyalin blanc et <■ de feldspath cristallin en grande partie décomposés, lesquels sont réunis par un ciment « argilo-siliceux chargé d'oxyde de fer. Lorsque les grains de feldspath dominent, le « grès passe à Varkose et ressemble à un granit remanié. Lorsque, au contraire, les « grains de feldspath manquent ou sont peu abondants, et qu'en même temps les grains « de quartz sont très petits, le grès prend une texture schisteuse et passe à Vargilo- « lithr...
« Au-dessus du grès rouge se trouve en différents lieux, en Calvados, en Angleterre, « en Allemagne, un dépôt de calcaire pénéen que l'on nomme aussi calcaire magné- « sien, parce que la magnésie s'y rencontre en grande quantité...
« Enfin, le dépôt le plus élevé du terrain Pénéen est le grès vosgicn, ainsi nommé « paire qu'il abonde dans la chaîne des Vosges... »
GÉOLOGIE ET PALEONTOLOGIE 19
Dans ce creuset d'ardente et forte pression, Se prépare en secret une création, Dont les trésors cachés seront à la première Ce que l'or le plus pur est au simple calcaire. Énorme enfantement, travail myslérieux.
Dont nul n'a mesuré l'eilort prodigieux!
Tandis que lentement les siècles se succèdent, L'afilnilé'* des corps, d'où d'autres corps procèdent. S'exerce incessamment; et la cohésion'*, A l'atome^ assurant une position, Surprend, rapproche, unit, serre les molécules, Et constitue un tout d'agrégats minuscules!
Parmi ces corps divers, simples ou composés, Que la Terre en son sein semble avoir entassés Pour subvenir un jour — prévoyante largesse ! — Aux besoins si pressants de l'humaine faiblesse, Apparaissent le Fer, l'Argent, le Cuivre et l'Or, Le Platine et l'Étain ; et, s'il le faut encor, Nous citerons le Zinc, le Plo.iib et le Mercure, Le Soufre, l'Arsenic, 1 Azote et le Tellure"^...
3. t< Le mot affinité ne s'emploie que pour désigner la cause inconnue qui déter- « mine les combinaisons des divers éléments chimiques, en attendant que la science « puisse s'élever à la découverte d'une cause unique dont la généralité soit telle qu'elle « ne souffre aucune exception. .. On a reconnu que l'affinité est sinon causée, du moins « modifiée par une foule de circonstances, telles que la cohésion, la pesanteur spéci- « fique, la pression, l'électricité, le calorique, etc.. »
4. « La cohésion est la force en vertu de laquelle les particules des corps Iiomo- « gènes sont maintenues réunies, ou en vertu de laquelle elles résistent à l'effort fait « pour les séparer...
n La cohésion diffère de l'adhésion en ce que celle-ci est la force qui maintient « réunis deux corps hétérogènes mis en contact, comme une goutte d'eau sur une lame « de verre, ou deux corps de même matière, comme deux masses de plomb, lorsque « leurs surfaces lis.ses ont été pressées l'une contre l'autre... «
5. L'atome (à, privatif; TÉjt''u>, je divise) est une molécule regardée comme indivisible à cause de son extrême ténuité.
6. (( On appelle corp^ simples les corps dont on ne peut, à quelque opération « qu'on les soumette, tirer qu'une seule et même substance...
« Les corps simples se répartissent en deux grands groupes : 1» les Métaux, qui « tous, sauf le Mercure, sont solides à la température ordinaire, comme le Fer, l'Ar- « gent, le Cui\re, l'Or, le Platine, rÉtain, le Zinc, le Plomb, le Mercure, etc., en « tout 50 métaux; 2° les Métalloïdes, tels que le Soufre, l'Arsenic, l'Azote, le Tel'' .-c, « l'Oxygène, l'Hydrogène, etc., en tous 13 métalloïdes, qui, gazeux, liquides ou solides « à la température ordinaire, sont mauvais conducteurs de l'électricité et de la chaleur, « et ne forment point de composés basiques avec l'oxygène, qualités tovt à fait con- « traires à celles des métaux... »
P:i vous, que Cavendish ' et le grand Lavoisier» Ont dégagé de l'eau, peut-on vous oublier, 0 sources' de la vie, Oxygène, Hydrogène 9, Dont tout éprouve en soi la vertu souveraine, L'air, la terre et la mer, et tous les végétaux, Et qui, mis en contact avec les minéraux. Dans vos combinaisons'" formez, l'un les acides". Les oxydes'2,les sels'^ l'autre les bydracides''* ?
7. Cavendish (Henri), physicien et chimiste célèbre, naquit en 1731 à Nice ; il mourut en iSlO. On lui doit la découverte du gaz hydrogène (1766).
8. Lavoisier (Antoine-Laurent), né à Paris en )743, mourut sur l'échafaud le 8 mai 1704, condamné par le tribunal révolutionnaire. H dégagea l'oxygène de l'eau en 1774. C'est lui qui, de concert avec Guyton de Morveau, créa la nomenclature chimique. On peut dire que par là il changea la face de la science.
il. Il L'Oxygène (grec o-O;, aigu, acide; -/évoç, naissance) est un gaz incolore, sans Il saveur et sans odeur, qu'on n'est pas encore parvenu à liquéfier. . . 11 est essentielle- II ment propre à la combustion, et, à ce titre, il est l'agent indispensable de la respirai( lion, qui n'est elle-même, comme tout le monde sait, qu'une véritable combustion... Il Son rôle dans la nature est d'une importance extrême. A l'état de liberté, il se renc: contre dans l'air atmosphérique; à l'état de combinaison, il fait partie d'une multi- II tude de substances, comme l'eau, les oxydes, les sels et la plupart des matières Il végétales et minérales...
<i L'Hydrogène (gi'ec O'Jmj, eau; -'ivo;, naissance) est un corps simple, gazeux; il fut Il découvert par Cavendish en 1766. Il existe dans l'eau en combinaison avec l'oxygène, Il et dans presque toutes les substances organiques. Il est incolore, inodore et com- •' plètement dépourvu de saveur. C'est le plus léger de tous les gaz : il n'a pu encore <i être liquéfié. Il est éminemment combustible, d'où les noms de gaz et à'air inflnm- II ??ia6fe qu'on lui donna tout d'abord D. V.
10. On entend par combinaison, en chimie, l'union intime, homogène, persistaote, I' de substances de nature différente, en proportions définies, donnant naissance à un I. composé qui jouit de propriétés entièrement différentes de celles des corps compo II sants. La combinaison est toujours accompagnée d'un dégagement de chaleur et Il d'électricité, quelquefois de lumière. . . » D. V.
11. Il Les acides sont des corps composés, doués d'une saveur aigre, rougissan II la teinture de tournesol... On les a ainsi définis : des corps susceptibles de se com- II biner avec un autre corps jouant le rôle de base. . . Lavoisier avait posé en principe II que l'oxygène seul pouvait former des acides ; mais BerthoUet a depuis démontré que II d'autres corps donnaient lieu aussi à des acides, comme l'Hydrogène, le Chlore, le Il Brome, l'Iode, le Soufre, etc. » " D. V.
12. II On donne le nom d'oxyde à toute combinaison d'un corps simple avec l'oiy- II gène, quand le composé qui en résulte ne possède pas les caractères d'un acidet II c'est-à-dire lorsqu'il est neutre et qu'il n'a qu'une réaction alcaline. » D. V.
13. II Les sels sont des composés formés par l'union d'un acide et d'une base. « Par conséquent, le nom de base s'applique, en chimie, à tous les corps composés qui II peuvent se combiner avec des acides pour former des sels. " D. V.
14. II On appelle liydracides (grec. 6^,.,5, eau ; àxii, pointe et, au fig., acidité) les II acides où l'hydroircue joue le rôle acidifiant : acide sulfhydrique .. . »
GOLOGIE RT PA LEONTO LO f; I R
Oh! qiH^ ne puis-Je ici, d'un cpil Ir.uiqiiille et sûr, De la créaliuu percer le voile obscur, Au début retrouver les lois de la chimie'% Reconnaître un à un les agents de la vie, A l'heure où chacun d'eux, sortant de son repos, Prit son rôle et son rang au milieu du chaos, Et voir par quels effets, autour de notre sphère. L'air s'épurant enfin, se forma l'atmosphère"^!
L'atmosphère! elle est due au concours précieux Des gaz et des vapeurs s'équilibrant entre eux. Mais qu'il fallut de temps pour qu'en loi permanente Cet accord profitât à la terre naissante ! Aussi ne voyons-nous d'abord que végétaux Sur le sol émergeant de l'abime des eaux. L'air était saturé d'Azote '^ et de Carbone '« ;
\'6. Le mot cliimie (grec, yr,[it'.a. ou y;j;i£to, suivant ((u'on lo fait dériver de yurjio; sur, ou de yJo„ verser) signifie mélanyï:
» Un phénomène rhimique étant toujours un phénomène décomposition et de dérom- (( position entre deux ou plusieurs substances, on peut définir la chimie : la science « qui a pour objet V étude des lois gui président à la formation des corps et à leur « destruction... >>
(Voir, pour bien se rendre compte de ce qu'on entend par phénomène chimique, force chimique, tout l'article du Dictionnaire encijclopédique de Dupiney do Voropierreau mot Chimie. Consulter, au besoin, un traité spécial.)
IG. ce L'atmosphère (grec, «7:^0;, vapeur, exhalaison ; (r:7.Ti«, sphère) terrestre est i< cette immense couche fluide formée par un mélange de gaz et de vapeurs, qui « entoure notre globe de toutes parts, le suit dans toutes ses révolutions et se trouve « ainsi emporté avec lui dans l'espace... Quelques physiciens pensent que l'atmosphère « pourrait s'étendre jusqu'à 70.000 mètres d'élévation ; Biot croit qu'elle ne peut dé- « passer 47.000 mètres; Humboldt et Boussingault assignent 43.000 mètres seulement i( à sa limite supérieure...
« L'air est un fluide gazeux, compressible, élastique, permanent, c'est-à-dire qui ne « se laisse liquéfier ni solidifier. Il est sans saveur, sans odeur, et incolore quand il » est en petite quantité ; mais, lorsqu'il est en masse considérable, il présente un i< aspect bleuâtre du, selon de Saussure, aux vapeurs qui y sont mêlées, et qui réflé- « chissent particulièrement le rayon bleu... L'air est essentiellement formé d'azote, « d'oxygène, de gaz acide carbonique et de vapeur d'eau... >> D. V.
17. « L'Azote est un corps simple, gazeux, inodore, insipide : il n'est ni acide ni « alcalin. De même que le gaz hydrogène et le gaz acide carbonique, il éteint subi- « lement les corps en ignition ; mais il ne s'enflamme pas comme fait l'hydrogène, et, « agité avec de l'eau de chaux, il ne donne pas un précipité blanc comme l'acide caru bonique. Ainsi que ces deux gaz, il est absolument impropre à entretenir la respira- '> tion, et c'est de là que vient son nom (grec à, privatif; Çwii vie). D. V.
18. « Le Carbone est un corps simple, solide, non métallique, complètement inso « lubie dans tous les liquides connus, infusible et fixe aux plus hautes températures... « La seule propriété qui constitue le caractère spécifique de ce corps, c'est que, quand « on le soumet à une haute température dans un excès de gaz oxygène, il disparait K complètement en donnant naissance à un gaz qui éteint les corps en combustion
De marais empestés se dégageait l'Ozone i^ ;
L'Oxygène, par qui la respiration
S'avive et se nourrit, était sans action :
Aussi nul animal, dans la forêt immense,
Ne troublait par ses cris l'universel silence.
Des arbres, des rochers, l'Océan, dont les flots
Retentissent au loin comme autant de sanglots
Qu'exhale en sa douleur une nature vide :
Tel est l'aspect du globe, où l'élément liquide
Qui domine partout, dans son cercle mouvant,
Sur un espace étroit serre le continent.
Mais comme ces rameaux, ces immenses herbages.
Sur les plus hauts sommets et le long des rivages.
Reverdissent toujours, de la masse de l'eau
L'évaporation-" lait baisser le niveau.
rougit la teiuture de tournesol, et précipite en blane Veau de chaux : ce gaz est appelé gaz acide carbonique...
« L'acide carbonique a piissé longtemps pour un gaz vénéneux. On sait aujourd'hui qu'il n'asphyxie que parce qu'il est impropre à la respiration... 11 est très pesant... Ainsi, dans la Grotte du Chien, près de Naples, le chien tombeasphyxiédèsqu'il y est introduit, tandis que l'homme s'y fient debout sans danger... Toutefois, il est si peu toxique que ce chien, pourvu qu'on ait soin de le relever avant que l'asphyxie soit complète, peut ser\ir pendant plusieurs années à faire cette espérionce... »
19. Cl L'oxygène, sous certaines influences, peut éprouver une modification particulière dont la nature est encore inconnue, mais par laquelle il acquiert des qualités qu'il n'avait pas avant l'action de ces influences. Ainsi, il prend une odeur pénétrante, qui rappelle celle du phosphore ou celle qui s'é'-happe d'une ma''hine électrique en mouvement. C'est pour ce motif qu'on a donné à l'oxygène ainsi modifié le nom d'oxygène ozonisé ou simplement d'ozone (grec, ot^etv. a\oir de l'odeur)... Il Rappelons ici, à propos des marais, que leurs eaux, étant constamment mélangées i avec des substances organiques en décomposition, contractent une odeur et une saveur souvent fétides, et exhalent, pendant la saison chaude, des effluves qui causent des fièvres paludéennes. « ' D. V.
ïO. « L'eau est un corps composé de deux gaz: l'oxygène et l'hydrogène. Lavoisier, en 1785, montra, la balance en main, que ces deux gaz, pour former de l'eau, se combinent entre eux dans la proportion de deux volumes d'hydrof/ène et d'un volume
1 d'oxygène, et que la quantité d'eau produite est égale à la somme du poids des deux
< gaz.
« L'eau liquide est inodore, insipide, incolore sous de faibles épaisseurs; mais, en grandes masses, elle présente une teinte vcrdàtre très prononcée... 11 y aurait beau-
i coup à dire sur l'importance du rôle de l'eau dans la nature; nous ne nous étendrons
: pas davantage ici sur ce sujet : nous constaterons simplement, pour revenir à ce qui
: se rapporte à l'objet de notre note, que l'eau abandonne à l'air des vapeurs très sen-
I sibles... On dit alors que l'eau s'évapore... « L'évaporation, en général, est la production lente de vapeur à la surface libre, soit d'un liquide, soit d'un corps quelconque pénétré d'humidité. Ainsi un vase rempli d'eau se vide au bout d'un certain temps, une étoffe mouillée se sèche au Contact de
I l'air... etc. Ce phénomène joue un rôle capital dans la natur(5 : en effet, c'est à l'éva-