CHAPITRE X
Conclusion. — Triomphe de la science. — Grandeur de la destinée d(> l'Homme. — Espoir et repos en Dieu. — Invocation au Créateur de l'Univers.
Dans l'ombre de la nui!, avant de toucher terre, Sur le phare lointain dont la tlamme l'éclaire, Le joyeux matelot tient ses regards fixés : C'est le premier rayon de ses vœux exaucés. Aussi, le cœur ardent, l'esprit droit, l'âme forte. Au milieu des écueils au rivage il se porte, Et d'avance jouit du fruit de ses travaux.
Comme lui, nous voyons le terme de nos maux. Au livre du destin, à travers les vieux âges, L'homme, hélas! a rempli bien des lugubres pages! Il a lutté, soutfert, il a sous maints tyrans Contenu, réprimé ses généreux élans.
Que de fois, en dépit des plus cruels martyres. Son front s'illumina de sublimes sourires! Que de fois, pantelant sous la main du bourreau, G sainte vérité, de ton divin llambeau, En face de la mort, il maintint la lumière !
Grâce à ces dévoûments, il n'est plus de mystère : II n'est plus de voyants, d'élus, ni d'indiscrets ; La science offre à tous ses augustes secrets. C'est elle qu'il faut voir, c'est elle qu'il faut suivre. Sous son aimable joug, oh! qu'il est doux de vivre!
de nouveau, le 20 mars 1815, Louis XVIII rontra à Paris le 8 juillet de la même année Il mourut le 16 septembre 1824.
Son frère, le comte d'Artois, lui succéda sons le nom de Charles X. Il régna jusqu'en 1830.
A la suite des journées des 28, 20 et 30 juillet de celte année, Louis-Philippe, duc d'Orléans, fut proclamé roi des Français. Son règne dura jusqu'au 24 février 1848
Le 24 février, la République devint pour la seconde fois la forme du gouvernemen de la France, et une constitution républicaine fut promulguée le 4 novembre 1848.
Louis-Napoléon fut élu président de la République le 11) décembre 1848. Le 2 décembre 1851, il dispersa par la violence l'Assemblée nationale et usurpa le pouvoir. Cette usurpation obtint un semblant de consécration par le vote des 20 et 21 du même mois. Près de 7,500,000 sulfrages donnèrent à Louis-Napoléon, avec les pouvoirs
La libre expansion qu'elle assure aux esprits Donne la paix au monde et la vie aux écrits. On ne s'attache plus à la vague hypothèse: La vérité Jaillit du fond de la fournaise, Et la société, juge de son honneur, Au mérite, au génie, accorde sa faveur. Le privilégié, c'est celui qui travaille, Et s'il est un vainqueur sur ce champ de bataille. On ne proclamera que l'homme industrieux Qui, de l'humanité bienfaiteur glorieux, Ne s'intéresse aux biens qu'il reçut en partage Que pour de son semblable augmenter l'héi-itage.
Oui, le monde appartient au vaillant ouvrier. Dont l'esprit et la main, honneur de l'atelier, Sur l'enclume du temps font partir l'étincelle Qui sera la splendeur de la Terre nouvelle : Terre prédestinée, où, sous des cieux cléments, Des plus pures vertus se gonflent les ferments ; Où l'on voit, sans que rien l'altère ou la ternisse, Rayonner la beauté du soleil de justice ; Où les jours seront doux et fécondes les nuits ; Où de la liberté mûriront tous les fruits : La modération, le support de ses frères. L'égalité des droits, les unions sincères. Les dévoùments pieux dans la fraternité, En un mot tout ce qui grandit l'humanité.
Ces fertiles sillons que nos pères creusèrent, Que de leur sang, hélas! souvent ils arrosèrent, Ils se couvrent déjà de cette floraison Qui précède et promet une riche moisson. Nos flls en cueilleront les gerbes bienfaisantes. Et, pour les conserver, ils dresseront leui's tentes Sous des abris si sûrs, si fortement construits, Que rien n'en brisera les solides appuis. Les conspirations, les coups d'Etat nocturnes, Les serments violés, le double fond des urnes. Pourront favoriser les caprices d'un jour. Mais non pas supprimer la science et l'amour.
Sur le mur éclairé de lueurs fatidiques. Déjà voyez briller les trois mois prophétiques * :
constituiints qu'il demand.iit. la prc-sidciiro pour dix ans. I^e 2 décembre de l'année suivante (18o2) le second empire fut constitué. Il dura jusqu'au 4 septembre 1870. \. Les trois mots: Liberté, Egalité, Fraternité. (Voir chap. ix, p. 2'J8.)
Et ces mots, do la paix présage solennel, Nous feront tous asseoir au banquet fraternel. Là, plus d'exclusion, de la faveur complice : Tout s'y trouve apprêté pour que de la justice La faim soit apaisée, et que de main en main Passe, sans s'épuiser, la coupe du festin. Là, chacun a sa part : chacun sous l'influence D'une sérénité pleine, idéale, immense, Oubliant les douleurs, les luttes du passé. Exempt d'ambition, fier, désintéressé.
Elève vers le ciel ses yeux où la foi brille Et se repose en Dieu 2, qui bénit la famille. Père de l'univers, toi qui, du vrai progrès Suprême ordonnateur, t'approches de plus près De ceux qui, pénétrés de ta toute-puissance, Provoquent tes bienfaits par leur reconnaissance, Auteur de tous les biens, source de vérité, Â l'homme tu donnas, sublime faculté, La raison, dont la force en a fait le seul être Qui puisse t'invoquer, t'aimer et le connaître !
2. i< Dieu tient du plus haut des cieuK les rênes de tous les royaumes ; il a tous les cœurs en sa main ; tantôt il retient les passions, tantôt il leur lâche la bride, et par là il remue tout le genre humain. Veut-il faire des conquérants ? Il fait marcher l'épouvante devant eux, et il inspire à eux et à leurs soldats une hardiesse invincible. Veut-il faire des législateurs ? Il leur envoie son esprit de sagesse et de prévoyance ; il leur fait prévenir les maux qui menacent les Etats, et poser les fondements de la tranquillité publique. Il connaît la sagesse humaine, toujours courte par quelque endroit ; il l'éclairé, il étend ses vues, et puis il l'abandonne à ses ignorances ; il l'aveugle, il la précipite, il la confond par elle-même ; elle s'enveloppe, elle s'embarrasse dans ses propres subtilités, et ses précautions lui sont un piège. Dieu exerce par ce moyen ses redoutables jugements, selon les règles de sa justice toujours infaillible. C'est lui qui prépare les effets dans les causes les plus éloignées, et qui frappe ces grands coups dont le contre-coup porte si loin. Quand II veut lâcher le dernier et renverser les empires, tout est faible et irrégulier dans les conseils. L'Egypte, autrefois si sage, marche enivrée, étourdie et chancelante, parce que le Seigneur a répandu l'esprit de vertige dans ses conseils ; elle ne sait plus ce qu'elle fait, elle est perdue. Mais que les hommes ne s'y trompent pas : Dieu redresse, quand il lui plaît, le sens égaré ; et celui qui insultait à l'aveuglement des autres, tombe lui-même dans des ténèbres plus épaisses, sans qu'il faille souvent autre chose, pour lui renverser le sens, que ses longues prospérités. Il C'est ainsi que Dieu règne sur tous les peuples. Ne parlons plus de hasard ni de fortune, ou parlons-en seulement comme d'un nom dont nous couvrons notre ignorance. Ce qui est hasard à l'égard de nos conseils incertains, est un dessein concerté dans un conseil plus haut, c'est-à-dire dans ce conseil éternel qui renferme toutes les causes et tous les effets dans un même ordre. De cette sorte tout concourt à la même fin ; et c'est faute d'entendre le tout que nous trouvons du hasard ou de l'irrégularité dans les rencontres particulières [c'est-à-dire dans les incidents particuliers]. » (BossuET, Discours sur l'histoire unioerselle, 3° partie, Lesouipires, chap. vni. . 400 et ilO, édit. classique de Dezobry.)
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En lui lu déposas les sentitiienls d'iiounour, De devoir et d"ainour, (jui réchautlenl le cceur. Sur son front que l'esprit de lumière environne, Tu gravas de ta main le sceau de sa couronne : Tu le marquas ton fils de prédilection, Le favori, le roi de ta création.
Ah! que jamais du mal les atteintes cruelles Ne flétrissent l'éclat de ces fleurs immortelles, Où ton souffle fécond, plus pur que le matin. Mit toutes les senteurs qui parfument ton sein.
Qu'il soit bon, modéré, fidèle à la justice ; Que sa croyance en toi tous les jours s'affermisse. Et que, dans les liens de ta forte unité, Se, forme le faisceau qui, de l'humanité Rapprochant, confondant et le rang et la race. A nos divisions ne laisse plus de place.
Sois dans l'adversité notre unique recours; Réserve aux cœurs brisés tes consolants secours ; Fais rentrer dans l'oubli les haines personnelles ; Donne à tous la douceur des âmes fraternelles.
Ah ! sans doute ici-bas, débile voyageur. L'homme, hélas! est souvent soumis à la douleur! Souvent il voit tomber sous des courants contraires Les institutions, monuments de ses pères : Mais que sert de gémir?... Ces tristes accidents, Ce ne sont après tout que des enseignements.
Le monde où nous vivons, forme de la matière. Tôt ou tard, sous tes pieds redeviendra poussière. Mais l'âme, mais l'esprit, mais la haute raison Qui de l'homme avec toi marquent la liaison. Ta sainte vérité qu'en notre conscience Nous gardons comme un fruit de ta divine essence, Dons immatériels que tu nous destinais, 0 père, ces dons-là ne périront jamais !
Sois aimé! sois béni! que ta céleste image Du juste méconnu relève le courage!
Lorsque son corps fléchit sous le poids de ses maux. Que son âme par toi sente que ces travaux Dans le repos final auront leur récompense.
Aux esprits généreux inspire confiance : A leurs fermes regards que charme la beauté Fais entrevoir le jour où do la liberté, Qu'un respect mutuel fortifie et seconde, Les aimables bienfaits réjouiront le monde.
A (ravers les détours des pénibles sentiers Montre la bonne voie à ceux qui les premiers Sont partis pour surprendre et saluer l'aurore Des matins embaumés que tu promets encore.
Communique la joie à nos canirs attendris : Et, si les faux soupçons, les sombres partis pris De leurs doutes impurs obscurcissent les âmes. Des divines clartés allumes-y les flammes.
De riiomme impatient, à jouir trop bùlé, Dans un sourire ami calme l'anxiété.
Que tous, en toi du bien contemplant la victoire, Mettent à le servir leur bonbeur et leur gloire!
Pour moi qui, toui^menté du désir de savoir, A l'âge où de s'instruire on n'a plus le pouvoir, De ton œuvre infinie ai sondé le mystère, Je vois, je sens, je crois, j'adore fa lumière. Attiré par l'éclat de tes perfections, J'en ai saisi, noté les révélations ; Et toujours et partout les faits et la science A mes yeux, à mon cœur, prouvent ta providence. Heureux si mes accents, dignes d'un tel effort, N'étaient pas au-dessous du merveilleux accord Par qui tout se soutient, se transforme et progresse Suivant l'ordre et les lois que fixa ta sagesse! Si mon humble concours qu'encourageait ma foi Faisait aimer ton nom, ô mon Dieu, mon seul roi!
TABLE DES CIIAPITIIES