‹ La création et l'humanité; poème en trois parties avec citations, notes et éclaircissements divers. Par J. ArbelotChapitre 83 sur 88 · Voyez plus haut la note · texte numérisé non relu

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28. Les Girondins formaient à l'Assemblée législative le côté gauche ; à la Convention, ils formèrent le côté droit. Ils étaient ainsi nommés parce que l'on remarquait parmi eux des députés du département de la Gironde, Vergniaud, Guadet, Gensonné, Ducos, Foufrède, qui, par leur talent et leur éloquence, avaient mérité d'être placés à la tète du parti. Les girondins auraient voulu fonder une république modérée. C'est leur modéiation qui les perdit. Elle suscita contre eux la haine et les violences du parti de la Montagne ; et Robespierre et Danton les firent décréter d'accusation. On désigne souvent les Girondins sous le nom de Brissotins, du nom de Brissot, qui fut un de leurs chefs ; on les appelle aussi les Fédéralistes, parce qu'ils auraient eu

'intention, paraît-il, de faire de la France une sorte de république fédérative, comme

Hués à votre tour au dub des Jacobins ^9, Vous périrez, trahis, livrés par Robespierre ^°...

Mais, au neuf thermidor 3', juste dans sa coièi'e, Pris de honte et d'horreur pour tant de sang versé, Le peuple s'affranchit d'un régime insensé : Et celui dont hier il faisait son idole. Sanglant, à demi mort, est traîné dans la geôle ! Jour longtemps attendu, jour d'expiation, Où, du nord au midi, toute la nation, Sur l'échafaud vengeur — lugubre et sombre fête! — De ce tyran maudit put voir rouler la tête !...

Et puis, qu'arrive-t-il?.. De nos réactions Faut-il tracer ici les évolutions?

Dirons-nous les excès, les mœurs du Direcloire^-?

Ips Etats-Unis d'Amériquo. Los dopartemonts en nuraiont été les États particuliers et fédérés.

29. Le club des Jacobins porta d'abord le nom de club Breton ; il prit plus tard celui de club de la Constitution. On l'appela enûn club des Jacobins, parce que, lorsque la Constituante se fut transportée à Paris, il se réunit dans l'ancien couvent des jacobins (emplacement du marché Saint-Honoré actuel). Ce club avait à sa tête les députés de l'opinion la plus avancée. Robespierre en fut longtemps l'inspirateur et le chef. Son crédit fut perdu après la chute de ce dernier, et il fut définitivement fermé le i\ brumaire an III (M novembre 1704).

30. Robespierre (Maximilien) naquit en 1759 à Arras, et mourut sur l'échafaud le 10 thermidor an III (28 juillet 1794). Il fit partie de la Constituante où il siégeait à l'extrême gauche. Membre de la Convention, il paralysa, concurremment avec Danton et Marat, les efforts des Girondins qui auraient voulu sauver Louis XVI. Membre du Comité de salut public qu'il présidait, il établit le système de la Terreur dans toute la France. Il s'unit encore avec Danton pour faire périr les Girondins ; puis, il se débarrassa d'Hébert et des hébertistes, et enfin de Danton lui-même. Le 8 floréal (7 mai 1794), il fit proclamer par la Convention l'existence de l'Être suprême; mais bientôt ses ennemis, qui étaient nombreux au sein même de l'Assemblée, se liguèrent contre lui, et, sur la proposition de Tallien, il fut décrété d'accusation dans la mémorable journée du 9 thermidor. Le lendemain, il fut exécuté.

31. Robespierre, se voyant perdu, essaya d'échapper au supplice qui l'attendait en se tirant un coup de pistolet. Il ne fît que se fracasser la mâchoire. Il fut transporté sanglant à la prison, et le lendemain, conduit à l'échafaud avec vingt-deux de ses amis, parmi lesquels se trouvait son frère Robespierre le jeune. Lebas s'était brûlé la cervelle, ce Une foule immense encombrait les rues, dit Lavallée, poussant des cris de « joie et des imprécations contre les condamnés, Robespierre, Couthon et Saint-Just « étaient impassibles, et regardaient cette allégresse et cette fureur universelles sans « abattement et avec une sorte de pitié. Robespierre monta le dernier sur l'échafaud ; « le bourreau, en lui arrachant les linges qui bandaient sa plaie, livra pendant « quelques instants son visage livide et sanglant aux regards de la foule, et, lorsque « sa tête tomba, d'immenses applaudissements éclatèrent... »

32. Après le 9 thermidor, la Convention nationale modifia la constitution dite de 1793 ou de l'an II. La nouvelle coiistituiion, dite de l'an III, fut décrétée le 5 fructidor

SOCIOLfKilK 309

Du Corso coiii-onnn chanterons-nous la f;loirc "3?

Montrerons-nous comment, fils de la Liberté,

Il étrangla sa mère, et, de l'Humanité

Sous ses pieds orgueilleux foulant les droits sublimes,

11 entassa quinze ans victimes sur victimes?

A quoi bon?.. La terreur, la fange, le canon, Robespierre et Marat, Barras ^S Napoléon, La Restauration, la Charte monarchique. Pour la seconde fois ta chute, ô Républi(iue, Purent contrarier, mais n'arrêtèrent pas Le progrès qui soutient et dirige nos pas-''».

{-22 aniit 171)5), et arceptée par le peuple lo 23 septcmbro. D'après cctto constitution, le pouvoir législatif fut confié à deux conseils: le conseil des Anciens et le conseil des Cinq Cents. Le pouvoir exécutif fut délégué à un Directoire de cinq membres. Les directeurs furent Laréveillère-Lépeaux, Letourneur, Rewbcl, Barras et Carnot.

33. L'ile de Corse fut annexée à la France le 13 juin 1760, et Napoléon Bonaparte, deuxième fils de Charles Bonaparte et de Letizia Raraolino, naquit à Ajaccio le 15 août de la même année. Le jeune Bonaparte fît ses premières études à l'école de Brienno ; il passa ensuite à l'école militaire de Paris, d'où il sortit sous-lieutenant en 1785. Il était général de brigade à vingt-six ans. Placé sous les ordres de Barras parla Convention,il écrasa l'insurrection du 13 vendémiaire (5 octobre 17!15). En 1796, il reçut le commandement de l'armée d'Italie et, à la suite de cette mémorable campagne de 1790-1797 il imposa à l'Auti iche le traité de Campo-Formio. En 1708, il fut chargé de l'expédition d'Egypte. La bataille des Pyramides, qu'il gagna, lui ouvrit le Caire et lui permit de soumettre tout le pays ; mais la flotte française ayant été détruite par Nelson, à Aboukir, il craignit de ne plus recevoir de renforts et se décida à revenir à Paris. Son prestige rallia autour de lui tous les' ennemis du Directoire et de la République. Le 18 brumaire an VIII (10 novembre 1790), il se mit à la tête des troupes de Paris, dispersa les Conseils et renversa le Directoire exécutif.

Le Directoire fut remplacé par une commission consulaire composée de trois consuls : Bonaparte, Sieyès et Roger Ducos, et la constitution de l'an III par la constitution de l'an 'VIII (22 frimaire ou 13 décembre 1799).

Le Consulat dura jusqu'au 28 floréal an XIII (18 mai 1804). Ce jour-là un sénatusconsulte organique conféra à Bonaparte, premier consul, le titre d'empereur héréditaire sous le nom de ?fapoléon Z".

Le premier empire dura jusqu'au 3 avril 1814. Rétabli lo 20 mars 18lo. il succomba définitivement après les Cent jours, le 22 juin 1815 ; et Najioléon fut conduit à Sainte- Hélène, où il mourut le 3 mai 1821.

34. Barras (Paul-François-Nicolas, comte de) était d'une naissance aristocratique. Député à la Convention, il siégea parmi les Montagnards. On l'envoya comme général dans le Midi contre les royalistes et les fédéra'istes. Il reprit Toulon aux Anglais, et c'est au siège de cette ville qu'il distingua Bonaparte. Le 9 thermidor, choisi comme commandant de la force armée de Paris, il s'empara de la personne de Robespierre, et l'on peut dire que c'est par lui que la France fut délivrée de la Terreur. Il fut l'un des membres les plus influents du Directoire. Barras avait des mœurs très dissolues. Il négociait pour le rétablissement des Bourbons, lorsque Bonaparte fit la journée de brumaire. Il mourut dans l'obscurité en 1820.

34. Louis Wlll lil sa première cTitrée à Paris le 3 mai 1814. Il octroya la charte constitulionncllc. Ii- 4 juin, l'.c fut la [ircmièrc Restauration. Obligé de <|ui(ter la France

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