‹ La création et ses mystères dévoilésChapitre 107 sur 114 · LES PRÉADAMITES · texte numérisé non relu

LES PRÉADAMITES

Un théologien, qui ne s'est pas nommé, a publié en 4655 (1), en latin, un ouvrage qu'il a miiixûé Prasadamitaê (lesPréadamites) dans lequel il induit de certains versets tirés d'une épître de saint Paul : qu'il existait des hommes avant Adam; qu'Adam n'a donc pas été le premier homme créé. Il soutient que cette croyance n'est point contraire à la doctrine chrétienne ni au récit de la Genèse*, loin de là, elle éclaire l'une et Tautre et s'accorde avec les histoires et les monuments des nations (2).

Le même auteur soutient aussi que le déluge n'a été, universel que pour les contrées habitées par les descendants d'Adam, qui sont le peuple juif (3); qu'il y avait des historiens avant Moïse; que celui-ci n'a écrit que l'histoire, non des premiers hommes, mais des premiers Juifs; que l'arche de Noë ne fut pas le premier vaisseau qu'on eût construit, ni la vigne qu'il planta, la première qu'on eût plantée, etc.

Mote IS. — MO 499 , pag^e !»OS.

Le texte hébreu porte, suivant dom Calmet (Commentaire sur la Genèse, ch. VI, p. 152) : « Il y avait dès le commencement des géants sur la terre; et il y en eut aussi depuis que les enfants de Dieu s'allièrent avec les filles des hommes. »

(1) Son ouvrage existe i la bibliothèque impériale de PariB.

(S) Statuere primos homines creatos aate Adamnm ne<iue offlcere doctrinae cbristiAnn , neqae histori» Geueseos, imô ntramque illucidare, congruere omninô cum bi^toriis et monumentis gentium.

(3) DiluTiam noacicum non fuisse effnsum super universum (errarum, sed saper terram Judsorum, ul ludaeos perderet, non ut omnes homiaes obruerct.

« C'est dans ce sens que l'ont entendu les Septante et les autres interprètes anciens et nouveaux. Saint Augustin croit que Moïse veut marquer qu'avant ces mariages, il y avait déjà des géants ; mais qu'ils se multiplièrent beaucoup après, et qu'ils étaient bien plus fréquents avant le déluge qu'ils ne le furent depuis.

« Quelques auteurs, anciens et nouveaux, se sont figuré qu'il n'y avait jamais eu de géants d'une hauteur aussi extraordinaire qu'on se l'imagine *, que les géants étaient des hommes d'une stature et d'une taille avantageuse, mais non pas beaucoup au-dessus de la commune. C'étaient des hommes qui se rendirent célèbres parleur fierté et par leurs violences, comme autrefois un géatit fabuleux dont parlent les poètes. Ces auteurs rejettent les histoires où l'on parle <Jes os de géants trouvés sous la terre; ils soutiennent que ce sont des os ordinaires qui se sont pétrifiés et grossis dans les cavernes, ou des os de quelques autres animaux , ou enfin des os fossiles que la terre a formés par hasard dans son sein, comme elle y forme quelquefois des pierres d'une forme qui nous surprend. Ils avanceiit que la nature ne peut jamais faire de si grands efforts dans la production d'aucun homme, qu'elle lui donne (c'est-à-dire , que de lui donner) deux ou trois fois la hauteur d'un homme ordinaire. Ainsi^ quand on avouerait que les hommes d'avant le déluge auraient eu pour l'ordinaire «lO ou ^2, ou même 15 pieds de hauteur, on ne pourrait pas raisonnablement soutenir qu'extraordinairement ils aient pu aller jusqu'à 30 ou 40, ou même 60 pieds; ce qu'on est pourtant obligé de dire si l'on veut soutenir les histoires (voyez Pline, liv. vu, ch. '16) qu'on rapporte des géants trouvés sous terre. Par exemple, celui (celle) du géant Antée trouvé par Sertorius, de la hauteur de 60 coudées (30 mètres); ou celte tète trouvée sur le mont Ida, grosse trois fois comme les tètes ordinaires.

tt II est aisé, continue dom Calmet, de réfuter ce sentiment : !<> par l'Écriture, qui parle de géants comme des hommes d'une grandeur démesurée; qui décrit même jusqu'où allait la grandeur de leur taille, et cela dans un temps où les corps devaient être fort diminués aussi

bien que l'âge des hommes Quand on avancerait que les géants

d'avant le déluge étaient quatre ou cinq fois plus grands que nous le sommes, cela serait-il plus incrcTyable que ce que dit l'Écriture, qu'ils vivaient dix et douze fois plus que nous? S'il n'y avait jamais eu de géants, d'où serait venue cette opinion si. constante et si universellement répandue, que les premiers hommes étaient plus forts, plus grands et vivaient plus longtemps que nous? Ce ne sont pas seulementdes poètes ou des historiens trop crédules qui nous parlent des géants, les auteurs les plus judicieux et les plus exacts en parlent très-sérieusement. »

rVate T. — N*' 499 , pa^e 804«

Le eommodore Byron, dans le récit de $oa voyage à la Terre de Feu^ parle d'une race géante de Palagons qu'il renconlm dans les environs du port 6t-Julien :

(i r.e chef dé la troupe^ dit-il, d'une stature gigantesque ^.semblait réaliser les anciennes fables des Cyclopes. Une peau de béie jetée 9ur ses épaules, à la manière du plaid des montagnards écossais, laissait voir les hideuses peintures dont son corps était couvert. Un cercle blanc entourait un de ses ^eux, un cercle noir entourait l'autre^ et les bariolures les plus variées le couvraient des pieds à la téie. D'après le rapport de sa taille à la mienne, il devait avoir plus de sept pieds. Quand cet effroyable colosse s'avança vers moi, chacun de nous murmura quelque choso en guise de salutation. Les femmes étaient pro* portionnellement aussi grandes.

c La troupe desi géants ne tarda pas à rejoindre son capitaine, et Ton se mit à me chanter une chanson qui m'aba&oùFditt Mxm lieutenant, qui avait été chercher du tabac à bord , revint nons trouti^r pendant Texécution de cette musique. C'était un homme de six pieds deux pouces, accoutumé à dépasser de toute la tête les bdntmes ordinaires, et qui, se trouvant tout à coup pygméeau milieu des géants, fut frappé d'un étonnemexit qui me fit rire. En Europe, l'élévation de la taille est presque toujours ^helée .aux 4éliieQS de. la foioe musculaire. Ces géants, au contraire, parfaitement bien bâtis, les épaiilei^ larges, Ja poitrine développée, avaient presque tous quatre ou cinq pouces de plus que les plus robustes et les plus grands d'entre nous. ,0h peut imaginer quelles furent nos sensations quand nous nous Irouvàme/i au milieu de cinq cents personnages de cette espèce. » r

Mote IJ. — W 694', pa^e 8i»v

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