CHAPITRE V
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SoMiiAiRe. — Nécessité de Tintervalle d'une époque à Tautre , 67. — Signification de cet intervalle , 68. — Analogie avec le repos nécessaire à tous les êtres et notamment à l'homme, 69. — Différence entre le repos du globe et celui de l'homme, 70. — Repos des volcans causé par leur affaissement , 71. — Forces de la nature , leur énergie Croissante, 72. — Apparition des premiers êtres « les coquilles, 73. — Les premières plantes, 74.. — L'eau se sépare des autres matières, 75. — Formation des bassins et des montagnes ; durée de l'intervalle , 76.
67. — La Bible et tous les livres anciens sur lesquels nous nous appuyons, nous expliquent que Dieu a accompli la création en six jours (ou, bien entendu, en six époques); par conséquent, il y a un certain intervalle d'un jour à Tautre ; c'est incontestable. Mais quelle est la raison qui justifie cet intervalle ? car Hen n'était impossible à Dieu; il pouvait faire le tout en un seul jour, en une seule époque; sa volonté suprême, qui est-la cause de tout ce qui existe, n'a pas besoin de prendre du repos pour réfléchir à ce qu'elle devra faire le lendemain.
Il est donc évident, et les anciens l'ont reconnu comme
nous, que le Créateur a voulu marquer d'un intervalle le passage d'un jour à l'autre ou d'une époque à l'autre, et nous allons voir que cet intervalle était nécessaire.
68. — Que s'est-il fait dans cet intervalle ? Pourquoi était-il nécessaire ? Le globe n'a certes pas pu suspendre un instant son travail de rotation autour de son axe ; les éléments qui lui appartenaient et ceux de tout le firmament devaient continuer de fonctionner d'après les lois d'organisation de l'ensemble ; que signifie donc cet intervalle de repos ?
Il a une signification très-positive, et il se rapporte, proportion gardée de son importance, aux lois générales de la nature, qui sollicitent au repos, sorte d'intervalle après le travail , tous les êtres, en commençant par l'homme, qui est par sa nature en analogie parfaite avec tout ce qui fonctionne dans l'univers.
Nous avons déjà vu et nous aurons occasion de remarquer encore les rapports et les liaisons de l'homme avec tout ce qui existe en lui et autour de lui, depuis le haut du ciel jusqu'aux entrailles de la terre, et. c'est par cette étude que nous sommes arrivé à reconnaître ses relations avec les lois générales.
69- — Qu'il soit donc admis que l'intervalle ou le repos d'une époque à l'autre était nécessaire, comme il est nécessaire à l'homme de dormir après le travail du jour, afin d'acquérir par son repos de nouvelles forces pour le lendemain (1); comme il est nécessaire à la terre d'avoir le repos d'une année à l'autre lorsqu'elle a produit une récolte, car si Ton continuait toujours de semer du blé sur le même terrain, il serait bientôt épuisé et ne donnerait plus de moisson ; comme aussi les plantes de toute espèce éprouvent le repos de l'hiver pour reprendre, avec leur précédente énergie, le travail de
(4) Voir la note A, à la fin du volume.
leur fécondation et produire au printemps des feuilles fraîches et des rejetons plus vigoureux.
70. — Seulement Thomme» pour' qui la journée a été de vingt-quatre heures, n'a besoin que de six heures de repos ; de même, et relativement, le globe, pour qui les journées ont été de trois cents siècles, aura besoin pour le moins de soixante siècles de repos ; mais le repos ou sommeil du globe n'était pas de la même nature que celui de Thomme; le globe tournait toujours sur lui-même; ses fonctions continuèrent leurs rapports avec les autres astres ; son repos ou son inertie relative avait lieu dans son intérieur par un affaiblissement de travail après quelque grand cataclysme.
71. — Le premier jour de formation de notre globe a fini par un grand cataclysme qui a dégagé son cercle extérieur; ce cercle est devenu, comme nous Tavons vu, son satellite, la lune ; ce qui a réduit considérablement, en un instant, la matière constituant notre planète. Ce cataclysme dut momentanément épuiser les forces intérieures du globe; aussi, les milliers de volcans qui avaient causé la séparation des deux corps restèrent quelque temps en inaction et comme affaissés.
72. — Ainsi la nature n'est pas destinée à aller par sauts et par bonds; sa marche doit être régulière dans tous les temps; et lorsque la nécessité lui impose un effort extraordinaire, tel qu'un cataclysme, elle répare ensuite ses forces par un intervalle de repos, jusqu'à ce que les désordres de la révolution ayant disparu, elle puisse reprendre la suite de son travail précédent ; c'est dire qu'au second jour ou à la seconde époque, la pression qui produit le rétrécissement et le feu intérieur sera plus énergique qu'elle ne l'a été pendant cet intervalle de repos comparatif; et cette énergie, croissant de plus en plus, amènera un nouveau cataclysme.