Mais ce qu'il y a de plus remarquable dans cet in
lervalle de repos relatif, c'est qu'il est l'époque nécessaire et tranquille de la génération, vivifîcation et multiplication des êtres destinés à occuper le globe.
Le premier jour ou la première époque n'admettait aucune classe d'êtres capables d'exister dans le tourbillon de l'assemblage; mais, dans l'intervalle de ce jour au second, la croûte du globe se trouvant constituée, une classe d'êtres envahit cette écorce.
Quelle est Tespèce qui parait la première, qui pourra vivre sur un sol encore mou , fangeux, où la matière n'est qu'une pâle boueuse? Ce sont les coquilles, c'est précisément ce sol qui leur convient; leur multiplication sera énorme; l'espèce se divisera en une multitude de classes, chaque classe se reproduira par des croisements et formera des races de toutes formes et de toutes grandeurs; la terre sera pour longtemps le royaume des coquilles; leur carapace les protégera contre les secousses et les violences des courants qui les rouleront d'un côté à l'autre de la planète, et elles trouveront partout les mêmes éléments de substance.
Avec les coquilles paraissent contemporainemenl les polypes, ces êti*es moitié minéraux et moitié végétaux, qui se multiplient dans la vase et qui formeut par leurs corps des roches, des bancs, etc.
74 — La nature boueuse du sol admet aussi la production d'une sorte de plantes mollasses, telles que les cactus , les joncs, les fougères, etc. ; la grande chaleur du sol les fera pousser même à de très-grandes dimensions, et toute la circonférence de la planète en sera envahie.
75. — Pendant que cet intervalle ou, si l'on aime mieux, l'aurore du second jour favorisait la production de ces êtres sur la surface du globe, l'intérieur reprenait peu à peu son travail de décomposition ; le feu central réactivait son œuvre de séparation des matières ; la pierre et le règne minéral com-
mençaient à se former pour se subdiviser bientôt en mille espèces de propriétés différentes ; l'eau, qui était encore amalgamée à ces matières, allait être rejetée insensiblement à la surface , afin de former plus tard les mers , les lacs et fleuves.
La sortie de ces eaux de l'intérieur à la surface ne pouvait s'effectuer qu'au moyen de passages; ces passages étaient des crevasses causées par des bouleversements ou cataclysmes partiels sur l'un ou l'autre point de la circonférence; ces cataclysmes partiels étaient toujours assez importants pour contribuer à la réduction de la terre et à son rétrécissement.
76. -- A la première époque, il ne pouvait y avoir de montagnes notables autour du globe , la surface étant presque plane ; le cataclysme qui a séparé te satellite ayant mis à découvert une surface fangeuse et aqueuse^ cette surface se présenta à peu près nivelée et lisse; mais la partie qui est restée sèche offrait comme la forme d'un bloc avec quelques aspérités plus ou moins inégales , entre lesquelles les eaux devaient se sillonner provisoirement des passages , jusqu'à ce que la condensation et les éboulements eussent produit des profondeurs plus marquées , qui sont devenues le siège spécial des eaux , pendant que les soulèvements formaient des collines et des montagnes, effet naturel des cataclysmes partiels et des grands cataclysmes successifs.
Lintervalle, donc, aura duré depuis le grand cataclysme général du premier jour , jusqu'au premier cataclysme partiel qui annonçait Taube du second jour.