‹ La création et ses mystères dévoilésChapitre 32 sur 114 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

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«le la IVAtare

Sommaire. ~- Le pourquoi et le comment, 180. — Opinion des panthéistes, 190. — Rérutation , 191. -r L'existence de Dieu et Tintelligence de rhomme, 192. — Loi de la nature, 193. -- Le progrès, 194. — Exploration dans le sein de la terre, 195, 196, — Obstacles à des fouilles profondes, 197, 198. — Problème géologique à résoudre, 199. — L*infiniment petit base de toute création, 200, — Loi de formation du règne minéral, 201. — Pouvoir borné de la chimie , 202. — Mission de la sdenoe; disparition des mystères, 203.

Igg^ — Le Créateur de l'univers nous a bien donné l'intelligence pour étudier, découvrir , sL nous le pouvons, et expliquer tous les secrets de la nature et son grand œuvre ; aucune borne ne s'iaterpose pour nous empêcher de savoit le cmmmt..*; mais il ne nous est pas permis d'interroger le

pmrquùi...

Par conséquent , examinons comment se sont créés les mondes et la loi qui les wsoutient; mai& ne demandons pas pourquoi

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s'est formé l'univers, ou pourquoi existe le firmament... Ce . pourquoi , nous ne le saurons jamais.

190. — Il y a des philosophes d'un grand mérite qui n'admettent pas de création à côté de Tinfini; ils disent que ce qui * est infini remplit tout, comprend tout et ne peut pas avoir eu de commencement ; qu'un créateur fait supposer un être à part dont l'existence serait inçonipatible avec Tinfini ou se confondrait dans l'infini et ne s*en déduirait que par abstraction; que s'il y avait jeu création ou formation du monde de rien, c'est que le créateur aurait, au moins, tiré de lui-rmême les éléments de l'univers; que ces éléments n'auraient donc fait qu'un avec lui ou qu'il ne ferait qu'un avec eux; que, d'ailleurs, si la création s'était opérée dans l'espace, l'espace aurait devancé le créateur; ainsi l'espace comprenant la matière aurait existé lorsque le créateur a commencé son œuvre; donc il n'y aurait pas eu création; par conséquent, la matière et l'esprit ou l'intelligence ne font qu'un; ce sont deux principes, l'un passif, l'autre actif, combinés ensemble et agissant simultanément de toute éternité et dont l'existence est nécessairement antérieure à la formation générale; de l'action du principe esprit sur le principe matière résultent les productions que aous voyons et toutes celles que nous pouvons concevoir. De là vient la célèbre école du Panthéisme.

191 — Quelque logique que paraisse en théorie la déduction qui précède, nous ne pouvons pas, pour notre part, l'admettre; caria matière, quelque merveilleuse qu'elle soit, avec toutes les qualités de formation et d'esprit qu'elle possède, agit à 0os yeux sous l'impulsion d'une loi ; or cette loi ne peut pas être un effet matériel, mais bien le fruit d'une haute intelligence; à cette intelligence immense on a donné le nom de Dieu; donc il y a un Dieu créateur, et ce que nous pouvons concéder à l'école panthéiste, parce que cela est certainement dans les attributs de la possibilité', c'est que ce même Pieu,

infini et créateur, soit répandu par son esprit dans les atomes invisibles de T infini qui régissent l'univers, sans que cela empêche qu'il ait soïi siège plus particulier dans Tun ou Fautre point de sa création.

192. — On voit que notre ferme conviction est qu'il existe un Dieu, être intelligent et sublime, créateur de toutes choses. Maintenant, que son esprit soit constamment répandu partout, et que ses lois soient immuables et en permanence pour le travail de la nature, c'est incontestable; que la matière se décompose pour se renouveler immédiatement, c'est de toute évidence; enfin qu'une des lois de Télernité soit que la destruction s'effectue pouf la recomposition, cela est visible à nos yeux.

Les détails de ces grandes et petites compositions, destructions et reconstructions, sont perceptibles à l'homme; tout ce qui permet la question du comment cela s*€St fait, non seule* ment peut être résolu par son intelligence, mais il tomberait en contravention avec les lois du Créateur s'il n'en faisait pas l'objet de ses recherches; car si Dieu n'avait pas voulu que nous sachions, il ne nous aurait point donné l'intelligence et les moyens de faire des découvertes.

Mais en même temps nous devons reconnaître que Dieu a voulu conserver pour lui seul la queslioQ du pourquoi, c'està-dire du motif pour lequel il a fait cet univers; comme ce motif ne nous sera jamais connu, c'est dire que nous devons renoncer à le demander. .. . .

193. — Mais si toute hypothèse, même la plus vraisemblable, est impossible sur la question de savoir pourquoi existe l'univers, il nous est permis en revanche de savoir comment se forment les mondes et les êtres qui les habitent; de manière que l'origine de l'univers restera le secret de Dieu, mais la formation des mondes ne sera plus un secret pour l'homme.

La formation des astres, celle des comètes, des mondes.

106 TROISIÈMS ÉPOQUE.

ainsi que de tous les êtres qui les habiteat^ est une fatale nécessité qui doit se produire et se reprodaire sans cesse*

Cette nécessité s'appelle la loi de la natwe; elle est basée sur le mouvement perpétuel; le mouvement perpétuel fait produire obligatoirement des émanations ; ces émanations forment du superflu sollicité à se reconstituer; la reconstitution est la loi naturelle du progrès; le progrès est la multiplication forcée des mondes et des êtres (1).

194. — Le monde que nous habitons nous, offre h preuve de ce spectacle brillant des lois de la nature; son mouvement perpétuel autour de son axe et sur son ellipse, ses émanations qui passent continuellement dans Tatmo^ère, leur change* ment de forme, la transformation des vapeurs en pluie qni rafraîchit notre sol et entretient ou altère notre santé, voilà le progrès qui pousse à la multiplication des êtres habitant k terre.

195. — Notre monde, ou la terre que nous habitons, nous permet d'ouvrir son sein et de pénétrer dans ses entrailles pour étudier les lois qui les ont formées. Jusqu'à présent nous en avons peu profité, les excavations les plus avancées n'ayant pénétré qu'à la profondeur de 6 kilomètres au-dessous de la surface. Ces fouilles nous ont fourni un spectacle bien intéressant. En voyant tant de qualités différentes de pierres, de métaux, de houilles, de tourbes, ainsi qu'en remarquant l'ordre de leurs gisements , on peut admirer la régularité et le partage des couches, tantôt droites, eflet du travail des siècles sans altération; tantôt horizontales, ce qui indique le moment d'un changement survenu dans le gisement spbé-* riqœ du globe, et tantôt croisées ou verticales^ ce qui prouve que le globe, en quelque partie, s'est prêté au déplacement plus souvent d'un côté que de l'autre. Cela ressort du déraBr

(I) Voir c^lap. i", 4 à -16.

gemeni de Tordre habituel de la aature, ou, pour mieux dire en cette occasiou, eela ressort de l'ordre du désordre. Natorellemeiit les eaux y ont contribué partout en transportant et déposant des couches, ainsi que nous Tavons expliqué pkis haut, laissant au temps le soin de condenser régulièrement les sédiments ainsi déposés.

196. — Mais 6 kilomètres de profondeur ne sont que la 940^ partie de l'épaisseur de la terre, depuis sa surface jusqu'au caitre y et cela ne peut nous apprendre tout au plus que quelques vérités sur l'époque qui a précédé la nôtre, c'està-dire nous donner quelques informations sur la craquième journée de la Bible. l\ pourrait se trouver pourtant quelques parties du globe qui, ayant épuisé leur concentration aux premières époques, fussent restées fixes dans leur position refroidie et assez concentrées pour n'avoir pas eu besoin du travail de la cinquième époque, et qui , en même temps, n'eussent pas été déformées par les éboulements de la quatrième journée. Nous espérons donc rencontrer quelques points du globe dans ces conditions, où nous trouverons des faits du quatrième et peut-être du troisième jour, car au delà il faut renoncer à tout espoir de découverte.

197. — Si nous pouvions parvenir à creuser jusqu'au cinquième, ou seulement au dixième de l'épaisseur qui nous sépare du centre, c'est-à-dire jusqu'à 1,100 ou 550 kilomètres, nous verrions sans doute des merveilles souterraines qui nous sont inconnues. Mais un tel travail est au-dessus des forces humaines; car, outre la dépense énorme qu'il nécessiterait, on rencontrerait des obstacles, qui cependant ne seraient insui'montables que par suite des accidents dont nous allons parler, et qui forceraient à recommencer l'essai sqr une autre partie du globe.

198. — Dans l'intérieur de la terre, il y a incontestablement et toujours en activité une partie du feu primitif ; les

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volcans, qui sont ses cheminées^ en sont une preuve, et la chaleur, qui filtre partout au-dessous de la surface pour la vivification des plantes, en est une autre preuve. Mais ce feu n'est plu» pi aussi actif ni aussi répandu quil Ta été dans les époques précédentes; son action est lente et sa résidence n'est plus simplement centrale , mais aussi divisée. Si une fouille pénétrait sur un point où eiiste ce feu, il faudrait nécessairement renoncer à toute continuation; au surplus, l'instrument qui oserait pénétrer jusque-là serait à l'instant consumé.

En second lieu , il existe dans l'intérieur de la terre des cavernes assez considérables, produites ou creusées précisément par l'action du feu. Si on rencontrait une caverne sèche, la fouille serait heureuse et la continuation plus facile ; mais la plupart de ces cavernes sont remplies d'eau et forment de vastes lacs alimentés directement par les eaux venant des mers et des filtratious des couches supérieures. Si la fouille rencontrait un de ces lacs, il faudrait également renoncer à la découverte locale et se transporter à une grande distance pour recommencer l'essai sur un autre point.

199. — Si une fouille pouvait se faire sans rencontrer ni le feu, ni les lacs, il est très-probable qu'après une cinquantaine de kilomètres , l'instrument ne pourrait plus pénétrer en certains endroits, ceux, par exemple, où le feu a refoulé ses résidus les plus durs ; dans ces endroits, il ne doit exister que des roches en fer massif ou d'autres métaux qui nous sont inconnus, mais d'une extrême pesanteur et dureté, et contre lesquels tout instrument se briserait.

Il faudrait avoir la chance de trouver une ligne ou une voie qui, dans sa longueur, n'offrit d'autres difficultés à vaincre que les obstacles ordinaires; alors, sauf la rencontre inévitable de quelques filtrations des eaux, et de quelques roches plus ou moins dures, on parviendrait à des couches in-

térieures encore inconnues ; l'étude comparative des matières qui les composent permettrait à la science de reconnaître la date de formation, et par un calcul des distances, on pourrait arriver à la solution de ce problème, à savoir : le temps qui a été employé pour l'endurcissement de telle pierre ou de tel métal ; et surtout on trouverait les vestiges des animaux qui ont été les premiers habitants du globe, vestiges qu'on peut découvrir seulement à de grandes profondeurs, lorsque l'air n'aurait pu y pénétrer depuis les éboulements des cataclysmes primitifs.

200. — Toutes les matières, tous les corps ensevelis et formant partie intégrante de la terre, que nous regardons comme composant le règne minéral, présentent des caractères différents, depuis le sable isolé jusqu'au quartz ou au marbre compacte, depuis rélasticité du plomb jusqu'à la dureté de l'or ou du platine; mais tous ces produits, regardés au microscope , nous font voir qu'ils sont composés , chacun en particulier, de grains plus ou moins fins; ces grains sont eux-mêmes composés d'atomes; ils nous font donc remonter à leur origine et parlent à notre intelligence.

Ainsi , ces masses énormes de minéraux dei toutes espèces ne sont qu'un assemblage de petits grains; ces petits grains de chaque minerai sont composés d'atomes ; ces atomes s§ sont réunis, dans le, principe, par attraction mutuelle dans les molécules du grand assemblage indiqué auchap. ii, n*" 22 et suivants; puis ils se sont séparés de nouveau pour s'unir ensuite les uns avec les autres, suivant leur nature homogène et en raison de leurs qualités spéciales.

On ne peut pas nier l'évidence, et il faut reconnaître que

L INFINIMENT PETIT EST LA BASE DE LA MATIÈRE DONT SE COMPOSE U TERRE ET TOUT CE QUI EXISTE EN ELLE.

201. — La loi de formation du règne minéral est donc celle-ci : Les atomes de l'assemblage primitif du premier jour,

ItO TROISIÈME ÉPOQVE.

subdivisés et sépurës par le feu , se sont attirés les uns les autres dans les ^cialités de leur caractère homogène ; si ces aiômes offraient, par leur aature , supposons 40 espèces de minéraux primitifs , Tamalgame des corps d'animaux et des plantes , intervenus k l'époque de leur fusion , a dû produire cent autres cond^inaisons ; de ces combinaisoBS sont résultées mille variétés différentes ; ces variétés se sont encore multipliées et subdivisées selon le plus ou le moins d'alliage végétal et animal qui s'est introduit , en diverses proportions, aux époques de fusion

202. — La science de la chimie nousdoni^e la clef de cette vérité et nous permet , sinon de refaire la composition primitive, du moins de la comprendre, et plus encore d'en faire la décomposition et de voir les proportions de chacune des matières hétérogènes qui font partie d'un métal.

La chimie, en effet, peut bien imiter de grandes choses ; elle peut décomposer tout objet qui se trouve dans la terre ou à sa surface, mais elle ne pourrait jamais refaire ces mêmes d)jet$, car il lui manquerait les premiers éléments tels qu'ils étaient à l'époque de formation. L'homme ne peut posséder, pour les employer dans son travail, ni l'air, ni l'eau, ni le feu, tels qu'ils existaient aux temps primitifs; le feu que l'homme a maintenant à sa disposition est trop grossier en comparaison de celui que la nature a employé d'abord' dans son immense laboratoire.

Le Créateur permet donc à Thomme de le comprendre pour Tadmirer ; il lui permet de faire tous les essais pour approcher du grand œuvre de la création du monde, afin qu'arrivé au terme de ses efforts, il voie, par son insuccès, combien est grandiose l'œuvre de l'univers, combien est impénétrable la loi de la nature, quelle folie il y aurait à prétendre l'imiter, et combien, par c^séqueot, le Créateur mérite notre admiration et nos humbles adorations.

hk TERRE A SON ÉTAT DE FONCTION. 111

203. — Il est donc évident, et c'est un article des lois de la nature, que rhomme a reçu les facultés de rintelligence pour se convaincre de ces vérités. Par suite des mêmes lois naturelles, Thomme de science doit travailler à instruire ses semblables, également doués d'inteiligenee, mais distraits par des occupations secondaires Les hommes instruits sont donc obligés de leur transmettre, sans détour et sans mystères, toutes les découvertes; car rien n'est plus propre à conduire à 4a saine religion qœ l'étude des oeuvres de DLcm, rien n'indique mieux la soumission que nous lui devons, rien n'est plus propice pour le culte qu'il (attende Malheureusement les hommes instruits de l'antiquité, et Moïse lui-même, ont voulu faire mystère de leur science, et les connaissances sont restées circonscrites chez un petit nombre d'élus; à leur mort, la postérité a perdu avec eux le fruit de leurs études, et îl n'est resté que le merveilleux de leurs récits, qu'on a commentés de mille manières, suivant les capacités et surtout suivant les intérêts des hommes.

Ce mervalleux a engendré le fanatisme, qui a «u des conséquences très-graves pour l'humanité; de cruelles divisions, des religions toutes ^^ontraires les unes a»x autres, des sectes passionnées en ont été les résidtats, ainsi que d'horribles guerres qui ont etftralné la ruine des peuples.

Il était réservé à la science de grandir pour expliquer le merveilleux de la nature, et dévoiler tous les mystères, et la science, qui a commencé son eeuvre depuis un siècle à peine, ne manque pas à sa mission, car c^baque jour elle porte un nouveau tribut à l'autel de la vérité.

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