CHAPITRE xxyin
itaUte de Flnterralle du clnqulènie au sixlèine Jfoar.
SomiÂiRB. — Création de rhomme, selon la Bible, U13, — Repos du septième jour, &7Û. — Formation dJÈve, 475. — Chute d'Adam, 476. — Patriarches anté^luylens, 477, 478. — Postérité de Seth, 479. — Ages des premiers patriarches, 480. — Corruption des hommes, 481. — Noé et son arche, 482. — Observation sur le récit de Moïse, 485. — Conséquence de ce récit, 484. — ^ Omission de la Bible, 485. -^ Réflexion à Tendiroit de la chronologie , 486. — Les géants, 487. — Note de dom Calmet, t<f. —Récit de Bérose, 488. — Relations des Juifs avec la Chine, 1^89. — Antiquité des populations chinoises, 490. — Temple de Jagrenat, 491. — Pagode de Chalambrom, 492. — Induction tirée de l'existence de ces monuments, 493. — Monuments anciens en Amérique , 494. — Grotte de la Nouvelle-Grenade, 495. — Découvertes du général Lopez , 496. — Hommes géants en Amérique, 497. — Récit du Talmud concernant Adam, 498. — Explication de Tallégorie, 499. — Chronologies profanes, 500, 501. — Objets qui échappent aux cataclysmes, 502. — Nouveau rapetissement du globe, 503.
LA CRÉATION d'aDAM.
^73. — La Bible nous donne , comme la conclusion du grand œuvre de Dieu, le sixième jour de la création.
Ce jour a été celui de la création de Thomme, mâle et femelle, formé, selon l'Ecriture, à Timage de Dieu lui-même, qui Iili dit de croître et de multiplier et de dominer sur tous les autres animaux de la terre, de la mer, et sur les oiseaux du ciel, ainwsi que sur toutes les herbes et les plantes (Genèse, ch. I, V. 27 et suiv.).
i7i. — Le septième jour, Dieu se repose, c'est-à-dire cesse de créer. Il sanctifie le jour du sabbat ou du repos.
LA CRÉATION D'âDAM. 287
475. — Le premier homme a été appelé Adam (1); Dieu lui donna la supériorité sur tout ce qu'il avait créé ; puis il lui envoya un sommeil, et tira d'une de ses côtes Eve (2), qu'il lui donna pour épouse et pour compagne (Genèse, ch. II, V. 21 à 25).
476. — Quoique Dieu eût mis tout à la disposition de l'homme, cependant il lui avait défendu de toucher au fruit de l'arbre de la science du bien et du mal , sous peine de tomber en dîsgrâee.
Un serpent séduisit Eve, qui, à son tour, séduisit Adam, et Tun et l'autre furent punis de leur désobéissance et chassés du paradis terrestre pour être livrés aux peines du travail, châtiment mérité qnMls avaient encouru pour eux , leurs fils et leurs descendants.
477. — Comme Taurore du sixième jour est courte jusqu'au déluge universel , et que la Bible nous donne les noms de tous les patriarches de cette période mémorable, nous allons les lui emprunter d'après son ordre chronologique.
478. — Adam et Eve eurent deux enfants : Caïn et Abél. Caïn , jaloux deson frère Abel, le tua. Ce crime, reproché
par le Seigneur, força Gain à s'éloigner pour expier sa faute ; vagabond sur la terre, il se retira vers la région orientale de l'Eden (Genèse, ch. IV , v. 16).
Caïn ayant connu sa femme (3), elle conçut et enfanta Hé-
(1) j^dam^ dans ta langue hébraïque ancienne, veui dite homme ^ ou tes hommes.
, (2) £p€ a, dans Thébreu ancien, la signification d^étre vivant^ principe do vie, de régénération et de fécondité.
(S) La Bible ne dit pas où Caïn avait troavé cette femme; s'il Pavait prise pour compagne avant son départ, il existait donc des femmes à ia portée de cette famille primitive; ou bien,sMI est parti seul en quittant sa famille , il aurait donc rencontré à Textréme orient, où il s*est rendu^ une population établie là avant son arrivée.
288 SIlUllS SPOQDC.
NOCH. Il bâtit ensuUe une ville qu'il appela Henogblil^ du nom de son fils (id., v. 17). Hénogb engendi^a Ibad; Irai» engencha Maviael; Mavia^ engendra Matbusael , et Mathijsasl engendra Lamegh, qui eut deux femmes : âda, qui en£anta ^I| fils nommé Jabel, qui fut le père des pasteurs, et Sella, qui enfanta TuBALGAîN ; celui-ci perfectionna l'art de travailler les métaux et fut très*habile dans les ouvrages d* airain et de f$r (Genèse, ch. Vf, v. 17 à 22).
^79. — Adam et Eve, privés de leur fils Kbfi\ , reçurent du Seigneur la faveur de le remplacer par Sxth.
Comme la race de Setb a été une postérité cbérie de Dieu , récrivain sacré s'applique à la décrire plus particulièrement que celle de Caïn.
Voici Tordre cbronologiqtie de ces patriarcbes :
Adam, à rage cte 130 ané, engendra Seth , et vécut , après cette naissano», 800 aos; Adam mourat à Tâge de 930 lùis*
SsiH , à riige de 105 ans, engendra Enos el monnit figé de 912 ans.
Enos, à r&^ de 90 ans, engendra Galuftn et mourut âgé de 815 ans^ Enos ipeleva le culte religieux par des céréœcuiies extérieures (Gefl» V, v. 9).
CaînalN, à rage de 70 ans, engendra Malaléel et mourut à rège de 910 ans.
Malaléel, à l'âge de 65 ans, engendra J[ared et siourirt à l'âge de 895 ans.
Jaiwp, à l'âge de jl62, an?» engendra Bénoch et mourut à Vè^ de 962 ans.
HinocB , à l'âge de 65 ans , engendra Hathusdaet moimit âgé de 365 ans.
IfATHusALA OU Motkmoiemj à l'âge de 187 ans, engendra Lamecb et mourut âgé de 969 ans.
Lajkiech , à l'âge de 182 ans, engendra Noé et nM)urut âgé de 777 ans.
LA CRÉATION D'aDAM.
NoÉ, àTâgé deSOO ans, engendra Sem, Cham et Japhet (Génère, ch. V, v. 1 à 31.)
480. — Pour trouver exactement la durée de l'intervaHe, ou l'aurore de ce sixième jour , nous devons récapituler les âges d'après Thistoire de ces 10 patriarches.
V Adam. . .
. qiii
1 ; ' --'Il
vécut 930
ans
, ayant
engfeiHfré'Seto à^ 130 ans; *
2° Seth. . . .
ayant engendré. . . à 105 u |
$°;Én<» . . .
4° Caînan . .
a^" Malaléel. . .
6° Jared . . .
T» Enoch. . . .
S° Mathusalem
9° Lamech . . .
W Noé
lors du déluge était i Total. .
^é de 600 V
. . 1656 ans.
Ce nombre, indiqué parMoise, est aussi la règle de l'hislojriea Josèpbe (lib. I, Antiq.y cap. 3), pour fixer la durée de rinlervalle ou de la première période de Thistoire, si l'on ^uit te texte hébreu vulgaire, ancien , et laVulgate; cependant Je grec des Septante donne 606 ans de plus et porte Tintervalle k 2M1 ans; le texte samaritain , au contraire, a 349 an&de moins que Thébreu, ce qui réduit Tintervalle à 1307 ans (1),
(i) Le Pentateuque^ et par conséquent la Genèse, d'o$ ces çhiffref lOBt i^j^S)«^e^t;))ar|^DQr:j^.S4|u'à no.us par. trois sp.urçes différentes :
1° Les Hébreux; c'est d'eux que l'Église chrétienne a reçu le texte aujourd'hui partout en u^age;
^'» Les Samaritains*, ils descendent du mélange des dix tribus avec les colonies établies sur leur territoire par Ézar-Haddon, au retour de la captivité; leurs ancêtres., sous Néhémie , demandèrent en vain d'avoir part à la nationalité d'Israël;
3" Enfin, les Septante, ou 70 interprètes juifs d'Alexandrie, qui,
481. — Le chapitre YI de la Genèse nous signale la corruption des hommes, déjà bien multipliés sur la terre; et, par son verset 4, il nous explique que ces hommes étaient des géants, dont la race était tellement corrompue, que Dieu s'était repenti (v. 6) d'avoir fait naître Thomme, et qu'il avait résolu de l'exterminer (v. 7). Seulement, Noé ayant trouvé grâce auprès du Seigneur, parce que c'était un homme juste, Dieu lui permit de fabriquer une arche pour se sauver avec sa femme, ses trois enfants et leurs trois femmes (v. 14), et deux animaux de chaque espèce.
482. -^ L'arche de Noé était grande de 300 coudées de longueur, 50 coudées de largeur et 30 coudées de hauteur (ch. VI, V. 15 (1).
Noé, ayant l'âge de 600 ans, entra donc dans l'arche avec sa famille, composée de huit personnes (chap.VII, v.7), et, protégé par cet énorme vaisseau , il surnageait au-dessus des eaux, pendant que le cataclysme ou la catastrophe du déluge universel engloutissait tout dans la terre, en donnant la naort aux êtres vivants.
483. -— Voilà ce que Moïse nous a laissé de plus précis touchant cette mémorable période, depuis Adam jusqu'au déluge universel.
Moïse a été d'abord historien, puis capitaine, enfin législateur; il vivait 2513 ans après Adam (2). Nous ajouterons
environ 300 ans avant J.-C, traduisirenl Vancien Testament en grec pour les Ptolémées d'Egypte.
(1) En mesures d'aujourd'hui^ l'arche de Noé représente 150 mètres de long, 25 mètres de large et 15 mètres de haut.
Le navire Léviathan, construit eette année à Londres, mesure 200 mètres de long , 25 mètres de large et 18 mètres de profondeur, mais comme il a une double paroi, il ne porte en capacité que 1,000 tonneaux de plus que l'arche de Noé.
(2) Abrégé historique des 72 livres de la Bible, par B. de BoTtiÈRE. Paris, 1829.
que Moïse était l'homkne le plus savant de son temps, et qu'il a dû connaitre personnellement les tils ou au moins les petitsiils de Sem, Cbam et Japhet, fils eux-mêmes de Noé« et avoir reçu d'eux des renseignements bien plus détaillés que ceux qu'il nous atransmis par la Genèse.
M(Hse a écrit la Genèse (1) dans le style métaphorique de €on temps ; mais ses œuvres chronologiques et historiques devaient renfermer de plus amples informations; malheu^ reusement, ces précieux documents ne sont pas arrivés Jusqu'à nos jours.
Lliistorien Josèphe, déjà cité , a sanctionné les récits de Moise, sans ajouter de grandes explications.
Le père Calmet a donné des interprétations plus amples dans son histoire de TÂncien Testament, et surtout dans ses dissertations sur la Bible et son commentaire sur la Genèse.
484. — Ce que nous trouvons de positif dans ces six chapitres de la Genèse, c'est :
1 •^ Que les hommes étaient très-grands ; c'étaient des géants ; 2* Que la durée de leur vie était de six à neuf siècles; 3"* Que leur puberté se développait tard, puisqu'ils commen** çaient à engendrer après l'âge de 60 ans.
Ces circonstances coïncident parfaitement entre elles, l'âge génératif se trouvant en rapport avec la longueur de la vie, et celle-ci avec les dimensions de la taille, de même que Tâge génératif actuel est en rapport avec la longévité actuelle et avec la taille que rhomme a de nos jours. Cette loi s'observe, au surplus, dans tout le règne animal. Ainsi l'éléphant, qui est de nos jours l'être le plus grand et qui vit 1 50 à 200 ans, arrive à son âge génératif bien plus tard que le cheval , qui ne vit que 20 à 30 ans.
(4) Astruc et d*autres savants ont démontré que Moïse a composé la Genèse de fragments d'histoire épars en Orient.
^85. — La Genèse ne dit pas de quelle couleur était la face d'Adam et d'Eve; étaient-ils blancs, noirs ou rouges ? ni quelle langue ils parlaient, ni quelle était la femme que Caïn a épousée; elle ne nomme pas davantage celle de son frère Seth et ne donne pas le chiffre des populations de chaque tribu ; elle ne dit pas non plus quelles étaient les mœurs intimes, les occupations, ni quels furent les progrès en bien et en mal de ce peuple choisi des temps primitifs.
486. — En Tabsence de ces renseignements qu'on ne trouve pas dans la Bible, nous allons chercher des éclaircissements dans les historiens profanes; nous aurons ensuite des témoignages plus authentiques dans certaines découvertes récentes que nous signalerons a leur suite*
Nous n'en devons pas moins être reconnaissants envers la Bible pour nous avoir fourni une chaîne de succession dont les anneaux se tiennent sans interruption depuis Adam jusqu'à NoÉ. Peu importe que les historiens aient voulu admettre que la durée de cette période a été précisément des 1656 ans qui sont indiqués par le temps génératif de Tainé de chaque patriarche, au lieu de prendre les âges successifs de ces mêmes patriarches, dont l'addition monterait à 8575 ans. Certes, ce dernier chiffre serait plus en rapport avec la vérité, car en 85 siècles on pourrait concevoir Taccroissement d'une population aussi nombreuse qu'on veut nous le faire supposer.
Mais en 16 siècles, et avec des conditions génératives aussi retardées ou aussi lentes, le résultat de là population devrait être bien minime et nullement en rapport avec ces extravagances d'immoralité et de perfidie qui ne peuvent être attribuées qu'à des populations pressées, agglomérées, depuis longtemps corrompues, et dont les excès et les vices leur ont fait encourir le courroux du Seigneur.
En conséquence, nous respectons la Bible en ce qui concerne la partie historique et religieuse; mais quant à la chror
LÀ CRÉATION d'aDÀM. 293
noiogie et aux lacunes de la partie historique profane, nous ne pensons pas qu'elle ail jamais eu rintenlion d'interdire les recherches et les classements qui s y rapportent.
487. — I/Êcriture parle des géants qui vivaient très-nombreux avant le déluge : elle les nomme des hommes violents, cruelsy qui ne suivent pour règle que la violence et la force de leurs armes (1).
L^Écriture les nomme aussi quelquefois Raphaïms: Cbodorlahomor et ses alliés battirent les Raphaïms ou les géants, à Astaroth-Carnaïm.
Les Ënacims (2) étaient les plus fameux géants de la Palestine ; ils demeuraient à Hébron et aux environs. Leur taille était si fort au-dessus de l'ordinaire, que les Israélites n'étaient que comme des sauterelles auprès d'eux.
Moïse parle du lit d'Og, roi de Basan, qui avait 9 coudées de long, sur 4 de large, c'est-à-dire 5 mètres passés dé long (3),
Goliath avait 6 coudées et une palme de haut ; ce qui revient à 3 mètres et plus.
Toutes ces autorités ne nous permettent pas de douter qu'il n'y ait eu autrefois des hommes d'une nature fort au-dessus de la grandeur des hommes ordinaires, et aussi fameux par la hauteur de leur taille que par leurs crimes et leurs violences (Sag., 14, 16;Eccles., 16, 8).
Yoici maintenant ce que nous disent les historiens profanes.
US. — Bérose, le plus estimé des écrivains chaldéens, s'exprime ainsi : « Un grand nombre de siècles se sont écoulés « avant ce fameux ravage des eaux (le déluge univergel), par
(1) Voir la note S, à la fin du volume.
(2) Celaient donc les descendants d'Enoch.
(3) Dictionnaire historique^ théologique ^ géographique^ critique et moral de la Bible , pour servir d'instruction à la science de l'Écriture sainte. Paris* 4760.
294 SIXIÈME ÉPOQUfi.
« lequel toul Tunivers périt. Nos Chatdéens en ont eonseryé « rhistoire fidèle.
c< Ils écrivent qu'en ce temps-là, vers le mont Liban, » « existé £nos, la plus grande ville des géants» dont la domic< nation s'étendait sur le monde entier, depuis le lever jusqu'au c( coucher du soleil.
« S'appuyant sur la grandeur et la force de leur corps, ces (( géants se servirent des armes qu'ils avaient inventées, pour « opprimer tous les hommes; et, livrés à leurs passions, ils « inventèrent des tentes, les instruments de musique, et toute a espèce de jouissances de luxe, ils mangeaient des hommes, « faisaient avorter les femmes, et les préparaient pour les « manger ; ils s'unissaient à leurs mères, à leurs filles» à leurs <x sœursy à des garçons, et à des animaux : méprisant la rec< ligion et les dieux, ils c(Hnmettaient tous les crimes.
c( En ce temps-là beaucoup d'hommes prêchaient et pro-^ « phétisaient ; ils gravaient sur des pierres la future destrue-^ « tion de l'univers; mais les géants conservaient leurs habi- « tudes, se moquant de toutes ces prédictions. La colère et la « vengeance des dieux les y poussaient à cause de leur impiété « et de leur crime.
« Un seul di'entre les géants avait plus de respect pour les « dienx et de prudeaee que tous les autres, même les p]u& « honnêtes.'
i( Il habitait la Syrie, et son nom était Noa ; il avait trois « fils, Sam, Chem, Japet; et leurs quatre femmes étaient «< Titée la grande. Pandore, Noela et Noègla. Celui-ci, re- « doutant la ruine que les astres annonçaient^ commença, « dès l'an 78 avant l'inondation, à construire un navire « couvert comme un coffre. La 70' année, depuis que ce « navire avait été commencé, l'Océan franchit ses limites au i( moment où l'on s'y attendait le moins (1); les fleuves et les
(t) Nous prenons noie de celte dcclaration : rOcéd» franchit ses
LÀ CRÉATION DADAM. 295
« f(mtaiDes, bouillonnant jusqu'à leur plus grande profondeur, a eouvrirent de leurs eaux toutes les montagnes; et au même « in&tant tombèrent du cieU pendant nn grand nombre de a jours» avec une extrême impétuosité, qui était même suma- « turelle, des pluies très-abondantes.
(X Ce fut ainsi que le genre humain fut sufTocfué par les « eaux, excepté Noa et sa famille, que le navire en sauva.
«c Ce navire, élevé par les eaux, s'arrêta an sommet du « mont Gardiens; où Fon dil qu'il en reste encore quelque « partie, a laquelle les hommes vont prendre du bitume c< dont ils se servent principalement pour les expiations. »
489. — Les colonnes élevées par les astrologues descendants de Seth sont placées, par Flavius Josèphe, dans la terre Sériadique. Or, le nom de Sères était justement celui qu'on donnait aux Chinois du temps de Josèphe; donc Thistoire chinoise antédiluvienne avait été connue des Juifs, et leurs relations avec la Chine étaient extrêmement anciennes.
I/après ce fait , bien que la Chine fût très-éloignée de la Syrie, où habitaient nos patriarches, la route devait être assez facile, et cette longue distance était certainement parsemée de populations, autrement le commerce des Juifs ne se serait pas alimenté jusqu'à la Chine. Les Juifs ne se seraient pas engagés dans des voyages si prolongés sans y trouver de grands profits.
490. — L'an 2297 avant Tère chrétienne, la 61^^ du règne de Yao , il y eut une grande inondation en Chine, si grande et si générale dans tout l'empire, que les eaux du Hoang-Ho se mêlèrent avec celles du Ho-ai-Ilo et du Kiang.
Le roi Yao assembla tous les grands de sa cour et adressa
• limites au moment où i'on s'y attendait le moins. Cet auteur ancien ra{>portait bi«n exactement ce passage qui explique le commencement physique de l'inondation. Nous verrons plus taixl h. yérilé d'un tel fait.
la parole à Ssè-Yo, rofftcier supérieur qui avait Tinspection sur tous les gouvernements des provinces (1) ; d'après les ordres du roi, Ssé-Yo présenta à Sa Majesté le plus célèbre ingénieur de la Chine, Pé-Koen , lequel, par des travaux gigantesques et qui durèrent 9 ans, forma de grands et nouveaux lits aux principales rivières. Le peuple avait souffert naturellement des pertes considérables, mais, grâce aux soins de leur chef, ce malheur n*est plus arrivé; et même \ës provinces de San-Ouè et de San-Miao, lieux d'exil pour les criminels , au nord de la montagne Nan-Chou-Chan , où est la source de la rivière Ouei-Choui, furent l'objet de soins et de dépenses pour garantir à jamais contre le retour d'un pareil désastre. Ces dépenses furent en peu de temps payées par des tributs proportionnels, répartis en 9 classes, et dont rétablissement annonce une intelligence financière admirable (2).
Ce renseignement historique, obtenu en Chine même, dans les livres anciens du pays , nous prouve qu'à cette époque reculée, la Chine était très-peuplée et avait déjà un système de lois organisées et une instruction supérieure dans les arts et les sciences; quant à l'inondation susdite, quelques auteurs prétendent qu'elle est arrivée à la même époque que le déluge de Noé; par conséquent, c'est le même événement.
Voyons maintenant ce que disent les monuments, qui sont une preuve plus certaine encore.
491* — Le temple, ou la pagode de Jagrenat, dans l'Inde, est un édifice qui porte 360 cadjes ou toises indiennes de longueur, sur une largeur de 240 cadjes. Il est tracé dans un parallélogramme régulier que forme son enceinte extérieure. Cette enceinte est fondée sur un immense bloc de granit que
(1) Histoire générale de la Chine ^ traduite du Tong-Kien-Kang- Mou^ par le père de Mailla. Paris, 4777, t. I, p. 54.
(2) Oq peut lire la traduction dans VEssai des plus anciens monuments de géographie j de Fortia dTrban, no36i.
LA CRÉATlOîT d'aDAM. 297
Ton a nivelé et coupé en plaie-forme, dé manière que le vif du rocher sert de soubassement à tout le pourtour de cet énorme édifice (t). Celte immense enceinte est taillée dans le roc même, elle est abaissée maintenant à 9 pieds français; on a élevé le mur de clôture, qui a 15 pieds de haut, ce]qui donne un relief de 24 pieds à la galerie. La largeur totale est de 38 pieds; sur cette largeur est prise une double galerie de 14 pieds, régnant en péristyle sur le développement des quatre côtés du parallélograme , et qui est soutenue par un double rang de pilastres couronné par un entablement et son chapiteau, d'un style simple et élégant, mais d'un ordre qui n'appartient à aucun de ceux en usage.
Ce temple surprend l'imagination; on y remarque la prodigieuse élévation de la pyramide couronnant la principale entrée, la hauteur gigantesque du monument, de 304 pieds du rez-de-chaussée à sa cape, sur laquelle sont posés des ornements en cuivre doré, qui couronnent cette majestueuse pyramide; ses faces sont surchargées de sculptures à tel point qu'elles se confondent et troublent les yeux.
Ce monument antique , dont les inscriptions sont illisibles , ayant été effacées par les siècles, est plus étonnant que ceux de l'Egypte; il remonte à l'époque antédiluvienne, et commande l'admiration de l'homme pour la grandeur et la majesté de la Providence, au culte de laquelle il était destiné.
492. — La pagode ou le temple de Chalambrom est le second monument de Tlndoustan ; les Tamouls prononcent chédambaram. Celui-ci, quoique très-ancien, est postérieur de plusieurs siècles au temple de Jagrenat. La tradition ne lui donne qu'une antiquité de 5,000 années, tandis que l'histoire des Indous rapporte l'érection de la pagode de Ja-
(1) M. Legoux de Flaix, dans Tatlas joint à son ouvrage, donne le plan géomélral du temple de Jagrenat. {Essai »ur l^Indoustan, par Legoux de Flaix. Paris, 1807.
grenat à uae date de 1 1 ^600 ans ; oo voit eo eOet encore une inscription placée sur la principale porte, et qui relate le nom du monarque sous le règne duquel cet édifice séculaire a été acbevé. M. Legonx de Flaix, qui en a fait -le dessin sur les lieux, en atteste Tantiquité, de manière à convaincre même les plus incrédules.
Le temple de Jagrenat est consacré à Roudre, c'est-à-dire au suprême ordonnateur, qui signiQe , an figuré, tout ce qui est ; et celui de Chalambrom est dédié à Brouma, l'un de ses attributs,, la puissance exécutrice.
Ce temple est renfermé dans un carré long de 390 toises (780 mètres) de développement, dont le pourtour intérieur forme une vaste galerie divisée, dans tout son périmètre, en appartements occupés par autant de familles de brames, qui desservent ce temple, et qui font le service du culte.
493. — Nous pourrions citer des centaines de monuments, les uns plus anciejds que les autres, et prouver ainsi l'âge de ces deux premiers ; mais ces citations seraient superflues, car les réflexions du simple bon sens nous fournissent une preave plus forte que tous les autres monuments qui pourraieiii. toe mis sous nos yeux.
£n effet, ces magnifiques monuments^ de 5 ou 11 ,000 aiKs, qui se présentent k uous avec une richesse et une grandeur colossales, ne peuvent avoir été construits qu^après bien des siècles d'essais, d'études» et par gradation successive. La perfection des arts et des sciences ne s'improvise pas par enchantement ; elle ne vient pas comme une inspiration à des sauvages ou à des hommes qui n'^auraient pas vu et observé des constructions auparavant; donc avant ces monuments, il y eo avait eu d'autres bien inférieurs, et si, en suivant la chaîne qui conduit au perfectionnement, nous retournons sur nos pas, il est évident que nous trouvons qu'une longue suite de siècles se sont passés depuis la construction de la première
LA CRKlTlOIf DABAM. 299
botte de rhomme primitif, jusqu'à celle de Tëdifice somptueux du temple de Jagrenat, ou de tout autre, et nous devrons rétrograder si loin, que nous serons nécessairement ramenés à la cinquième journée de la création, comme nous Tavons indiqué.
i9L — Toutefois, nous avons des preuves plus matérielles encore pour confirmer Texistence des monuments de l'époque antédiluvienne; et ce qui surprendra le plus, c'est que nous avons découvert ces preuves eu Amérique, contrée que notre eiviKsation n'a connoe qu'au quinzième siècle de notre ère.
Oui, en plusieurs endroits de rAmérique, nous avons trouvé des vestiges de monuments fort anciens; c'est surtout au Mexique, au Pérou et dans les provinces de la Nouvelle-Grenade que ces découvertes ont été faites.
495. — Dans la Nouvelle-Grenade, qui est presque sous Téquateur, se trouve une grotte ou caverne dont l'entrée est au niveau du sol, et dont la voûte est en partie naturelle dans la montagne et en partie travaillée au ciseau par la main de rhomme. A l'entrée, et comme si c'était un gardien, il y a un tigre colossal en pierre très-bien conservé. La sculpture de ce monument est du même dessin que les monuments que nous voyons dans l'Indoustan.
L'entrée de la grotte avec le tigre se trouve en ce moment dans un passage assez étroit, entre deux montagnes. C'est en raison d'une pareille position que ce monument a été préservé de la destruction du temps. A son origine, il devait y avoir une plaine et même une ville devant la grotte, car il aurait été impossible de transporter un bloc de pierre aussi colossal à travers des montagnes ; et quand même cela eût été possible, à quoi bon le faire? pour orner un désert impraticable, tel quil est aujourd'hui ?
Nous verrons bientôt comment, dans des lieux où il y avait de vastes plaines et des villes bien peuplées, se trouvent au-
jourd'hui, en Amérique, des montagnes escarpées, rapprochées l'une de l'autre et hérissées de précipices*
496. — A peu de distance de cette grotte , dans la même province, dans le cercle de la ville de Neyva, Tex-présidenl de la Nouvelle-Grenade , M. le général José Hilario Lopez, a fait pratiquer des excavations dans ses vastes propriétés, et a tiré de la terre, d'une profondeur de 2 à 5 mètres, des statues colossales de la plus grande beauté (t), représentant des chevaux , des singes, des crapauds, des figures d'hommes et de femmes*; on remarque avec étonnement que toutes ont le regard tourné vers Torient.
A peu de distance des excavations ci-dessus, on a trouvé une table colossale, en pierre, que cinquante hommes pourraient à peine mouvoir; celte table, fort bien polie, est placée sur quatre pieds en pierre en forme de pattes , prenant leur souche dans un seul pilastre central , à peu près comme les tables modernes de nos plus habiles ébénistes.
Ces monuments, sur quelques-uns desquels il y a encore quelques vestiges d'inscriptions, sont absolument du même travail que ceux des Indous et des Égyptiens ; en outre, ils sont d'une seule pierre ; or, on sait que les Égyptiens ne faisaient aussi que d'un seul bloc leurs statues, colosses, tombeaux, obélisques.
497. — Mais ce qu'il y a de plus significatif encore, ce sont les restes des hommes de la classe des géants qui se sont conservés aussi en Amérique.
Nous avons vu nous-même, en Amérique, quelques grou-^
(1) M. le général José Hilario Lopez ^ avec un louable amour des découvertes pour la science, continue toujours ses excavations; il nous a promis de nous envoyer les dimensions et les dessins des monuments qu'il a découverts et qu'il découvrira, avec tous les détails; et aussitôt que nous les aurons reçus, nous nous empresserons de les soumettre à la curiosité du public.
LA CRÉATION d'aDAM. 301
pes de sauvages, les hommes ayant 7 pieds et les femmes 6 et € 1 12 ; mais nous n'aurions pas osé en parler dans cet ouvrage, de crainte que notre simple témoignage ne parût pas avoir assez d'autorité.
D'autres voyag^irs en ayant déjà parlé, et en particulier le Commodore Byron , dont le rapport a été inséré dans un journal de Paris (1), ce témoignage justifie notre attestation et nous permet d'ajouter qu à \û vue de ces débris incontestables d'un autre âge, nous avons été fondé à conclure que ces hommes, presque géants, sont encore de la race directe des hommes dont nous avons vu la souche à la cinquième journée.
498. — L'aurore de ce sixième jour est tellement resserrée et restreinte dans la Bible, qu'il nous semble convenable de borner aussi nos recherches ; nous les reprendrons dans la suite de la journée. En attendant, revenons à Adam, à qui cette aurore brillante est destinée, et voyons ce qu'ont dit de lui les histoires et les écritures des nations.
LeTalmud raconte qu'Adam fut créé si grand, que sa tète touchait au firmament. Les anges à sa vue en murmurèrent ; ils représentèrent à l'Éternel qu'il y aurait deux êtres suprê-. mes, un au ciel et un autre sur la terre. Dieu vit alors sa faute et la répara: il appuya sa main sur la tête d'Adam et réduisit lé colosse à une taille de 1500 pieds.
Le Talmud est une Apocalypse composée par les rabbins ; ils se sont servis, comme Moïse, de l'allégorie et de la métaphore, en se réservant l'explication, qui est leur secret.
Cependant nous pouvons aussi donner une explication du récit précédent.
D'abord le mot Adam signifie en hébreu le peuple, ou les hommes au pluriel ; et ce nouvel Adam , qui se présente au
(1) La Pairie du 7 mars 1858. Voir la note T, à la fin du volume.
mande plus beau de formes et de visage que tous les hommes qui l'ont précédé, est placé oaturellement au sommet de l'échelle du gei:ire humain .