CHAPITRE XXVII
Tnter^vall^ du elnquième an sixième Jour.
Sommaire. — Continuation de la condensation de la terre, 461. — État plus solide; orbite fixée, 662. — Chiffre des réductions, 463. — Éden , ou paradis terrestre , 464. — Pause rétrospective , A65. — Jour de Moïse, 466. — Division du jour d'après le soleil, 467. — Justification de nos supputations concernant les époques, 468. -^ Facilité d'étendre * leur durée, 469. — La Bible prise pour guide, 470. — Durée et opé-« ration de Tintervalle du cinquième au sixième jour , 471. — Ce que c'est qu'un jour, 472.
461. — A la doquième époque, comme nous rayons indiqué, la terre était beaucoup plus solide, beaucoup plus dense et dure qu'aux jours précédents ; aussi avait-elle, en mille points divers de son intérieur, des formations complètement cristallisées, qui éclatèrent successivement à différentes, pé-' riodes de cette époque; ces éboulements gigantesques et partiels, fournissant toujours des matières fraîches à son œuvré souterrain^, opérèrent la réduction et le rétrécissement du
globe par parties distinctes, de manière que dans le courant des 300 siècles, les uns portèrent profit à la mer, qui reçut un lit plus profond sur quelques points ; dans les autres siècles allernalivement, c'était la terre qui éprouvait des affaissements de quelques centaines ou de quelques milliers de lieues sur divers points de sa surface.
^62. — On voit par là que le cataclysme <j[ut finit la cinquième époque n'a pas été tout-à-fait de ta même nature que ceux qui ont terminé les autres époques, c'est-à-dire que la terre n'étant plus une pâte malléable dans aucun endroit, n'a pu être bouleversée sens dessus dessous ; sou état plus solide la maintenait dans sa fixité ; de plus, la sphère du globe avait parcouru nombre de fois son ellipse avec son aridedécouvert successivement, à Test, au sud, à l'ouest et à^ um^d^ cet aride, qui se trouvait en ce mottefll entre lé nord et Ingst, occupant à peu près le point presque central dé la sutSàce^ avait déerk tant de fois l'ortMle du globe àdào» i# eoovs des siècles, que sa route était définitivement tracée et fixée dans l'espace ; et elle le sera à tcmt jan^ais, ea marquant le lit sur lequel le globe oontiffuefat ses évolutions autour du Èôteit.
^S3. ^^ La ciiiquièiAe époque finit donc ^ laissant le globe dms une eîreonfére»ee réduite à douze mîUéH«ues, dont un quart présente l'arrde, ou !a terre (Mcoïrverte, situé dans le centre entre le nord et l'est, ou à peu près aux limites du point où Taride avait commencé à sur^r aux premiers moments de sa copdensatioq ; les trois quarts ou le reste de la surface du globe sont occupés par Teau qui entoure le découvert.
^6^. "— C'est au HÛlieu de ce- vsâle et magnifique plateau que nous devons contempler ce paradis terrestre^ cet Eden<, dans lequel la Bible nous enseigne que fui créé et placé te premiçi^ bouin^, Adam.
4SS. ^ Mais avant d'entrer dans les fait^ bi^toilqàés d^ ce
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grand jour qm dure encore, et dont nous n'avons pf obaUe- QK^nt pâR parcouru l^ première itnoilié ou i« matinée, nous devons faire une ocMitte patise, afin- &e reporter nos regàrcts sar ie passé, et voir si notts avons bien établi les phases de 1& foiTMition du globe par ses époque», et Aotâmment par les intervalles, qtti ne s6nt point indiqués dans la Bible ni dans les auteurs qui nous ont précédé.
^66* ^ Moïse, en écrivant (a Bible, a dû, comme nous l'avons déjà remarqué, et comme nous l'expliquerons tout à rbeure, se borner à raconter succinctement les principaux faits, laissant aux sages pour lesquels il avait écrit son PentOr teuqtie, le soin des interprétations et de leurs dévelopements.
Ainsi, le jour , composé du soir et du malin, signi6e et comj^rend le temps du passage du soleil.
En voici TexpUcation élémentaire :
Entre le soir et le matin, il y a la nuit, et entre le matin et te soir, il y a plusieurs divisions que les Égyptiens avaient adoptées et que nous signalerons. En n'indiquant que deux parties seulement, le soir et le matin. Moïse laissait sous-entendre toutes les autres divisions, qui étaient trop bien connues comme faisant partie tnatérielle du jour, et précisément ptfree qu'il passait sous silence les phases les pins nombreiKes d« jour, i\ entendait faire raliégorie d'une époque; car jour, ou épèqiM était pmtfr lui synonyme.
Linte¥valle qui sépara les jours est mesuré dans fe' Sfyh^ de Moïse par m mot qui exprime ane ttranifesfation phénoménale. -
L'astronomie lui était connue, et la période de la grande année solaire» ftp^peljée aujourd'hui ]^éee8sim des éqmnoœes, de 36,000 ans, était aussi pour lui synonyme d'une époque ou d'un jour.
^67. — Yoici d'autres preuves que nous tirons du récit d'anciens auteurs : à l'époque de Moïse, les besoins de la so-
ciëté exigeaient qu'on pût indiquer exactement les tostaots du jour destinés aux opérations communes. On se tourna yers le soleil; la marche de cet astre divisait naturellement le jour en plusieurs portions, qu'on a nommées : VAur^yrt ou le matin ^ le lever du soleil, V(want-midi, le midi, X après-midi, le comher du soleil, le crépuscule, le mir et la nuit.
Or, les sages de Tantiquité tenaient pour principe qu'avant le jour avait été la nuit; que la nuit avait été le temps des ténèbres, du chaos et du mystère, et ils appelaient la nuit mère du jour (1).
Ils ajoutaient que le jour, tils de la nuit, ne devait pas se permettre de demander Tâge de sa mère, et que celle-ci n'était pas obligée d'cQ rendre compte à son fils. Ces données suffisent pour justifier le sens d'époque d'une durée indéterminée attribuée au root jour.
Relativement au jour ordinaire ou à la journée commune^ les Égyptiens avaient adopté la division de douze heures pour le jour et douze heures pour la nuit ; et l'origine de cette importante classification vient encore d'un animal, comme ils nous Font laissé entendre dans leurs emblèmes (2).
^68. — Ces explications justifient les supputations que nous avons appliquées aux diverses époques, quelque hypothétiques que puissent paraître nos nombres de siècles, ils n'en sont pas moins très-probables; au surplus, que les époques aient été plus ou moins longues que nous ne l'avons marqué, la
(i) Du chaos sont nés rÉrèbê et la nuit*, de la nuit jointe à l'Érèbe sont sortis le jour et la lumière. (Théogonie de V abbé Beroibr, t. 1^% p. 320. )
(2) Dans leurs allégories, par remblème d^un cynocéphale (magot), c parce que, disaient-ils, cet animal fait de Teau 12 fois par jour , et dans des intervalles égaux. ^) {Histoire civile du Calendrier^ par Cocbt DE Gebeun, t. ïV, p. 7^.) ■
réalité ne produirait pas de différences notables et sérieuses dans le calcul des événements qui se sont succédé, et que la force desi choses devait faire naître pendant le travail des organisations et des compositions alternatives des matières, et des êtres qui ont dû coopérer à reformer ces matières d'où sont venus de nouveaux êtres, et ainsi de suite, jusqu'à Tépoque dans laquelle nous nous trouvons (1).
^69. — Il serait certes plus satifaisant de savoir au juste la durée d'une époque indiquée, désignée sous le nom de jour; elle peut avoir été de mille siècles, comme elle peut n'en avoir compris que trois cents ; nous avons adopté dans tous nos calculs un chiffre minimum, car l'exagération conduit à Terreur, tandis que nos déductions étant basées sur les chiffres les plus modestes dans l'ordre de la probabilité, les auteurs qui nous suivront sur le terrain des recherches cos* mogoniques pourront, s'il y a lieu , étendre le nombre des siècles, lorsqu'ils auront des preuves que le travail souterrain de formation exigeait un temps plus long que celui que nous avons énoncé (2).
(i) Les préires du dogme moderne de Zoroastre disent que les six temps de Moïse étaient composés d'un certain nombre de jours : le premier de 45 jours^ le second de 60, le troisième de 75, le quatrième de 100, le cinquième de 80, et le sixième de 75. Il est clair que par iourt ils entendaient des époques,
(2) M. Alfred Maury parle d*oiseaux qui ont laissé des parties de leurs squelettes comme témoignage de leur existence à un âge que PLUSIEURS MTBiADEs d'amnées Séparent de nous,
{La Terre et VHomme.)
« Le calcul établit qu^un boulet, de la même dimension que la terre, chauffé au rouge et abandonné ensuite au refroidissement dans des conditions du môme genre, emploierait plusieurs millions d'années pour descendre au degré de temp'érature qui règne actuellement sur noire planète. Que le globe ait été originairement en proie à une chaleur aussi élevée jusque dans ses régions centrales, ou que Tignition
Bu reste, la durée (fuite épo()ue ue peut rieti ôter ûi ajoa-, ter à notre adteiration pour le créateur de Tunivers, ce chefd'oétfvre qui se maintient a^ec une succession st mer'veilfeuâe d'ordiie et de perfection.
Nous avôtiè écarté lés chiffres des systèinès des phitosoptes anciens et modernes, par la raison qu'ils n'ataiént d'autre appui que la Fable ou Timaginsetion dès Auteurs. Ainsi, l'Egypte faisait régner ses dieux sur la terre, pendant 11, 000 ans*
Les mages de la Chaldée prëtendaieAt avoir une histoire du ciel qui remontait à 470 mille ans.
Des Indiens ont soutenu que la formation de notre planète avait eu lieu il y a plusieurs millions d'années.
470. — A la vue de ce chaos de conjeetures et d'hy pstlièM sans appui que nous avons dû repoosser, nous avens pm la BiUe pour giride, en plaçant à eôié d'elle les découvertes de la géologie. Si la Bible a été pour nous le phare qui écleiK Hovestigation historique, la seience est le creuaet qui mus ft feurBÎ les moyens de remplir les vides laissa paii la Bible.
Le jour de Moïse, ou son époque, qui en est l'équivalent, esidonc parfoitetnent justitié. Quant à rintérvalle^ que ndus atons employé comme faurore dé chaque jouf , il iïoiss e^t prouvé, par la Bible même, qu'il va s'étendre du jour de la création d'Adam au cataclysme, qu^^elle énonce sous la dénor; mination de Déluge universel.
47 L^ -r Par eet iotervallevoip par aelte aui^re d« aixitee'
ne s^y soit étendue que jusqu'à une certaine profondeur, on n^entre- Toit pas flttorns, âaHà rbisfeire de \é! MH^i^om la ed^ d'étf ti^ c«AeuI, dés èbafnes'de siècle^ véritàbliemenl déodesilfréM en is^mpaMiàdn des éinq ou six milt énairès que nous étilie coflâr^tti»atiittllânt Al fif^ëtendoe (i!](roiiologfé dé Tèi'e du mondef. n
{Terre et ctel^ pslr M. Jean RtiWAtJD, ^ges 124 et 42$.)
inteevàlle. J185
jour, nous avons la preuve du parfait repos qui était nécessaire à la terre entre une époque et la suivante, ou entre deux jours consécutifs de la création.
Cet intervalle a été, comme aux époques précédentes, la période la plus belle, car le repos permettait, ainsi que nous l'avons to^JAm^s m* 1^ irfiiomreÛf mmt «t la viviâottion des êtres dans un état plus pf^fajit q^ Çfi\^\ çù ils étaient le jour précédent, et tel qu'ils pussent paraître en rapport avec le nouveau climat et le& nouvelles productions que la ti^r^pUis consolidée et une atmosphère plus pure devaient leuF<<^rir. (Test donc Taurore qui annonçait le perfectionpement du nouveau jDur à chaque époque, et c'est avec raison que Moïse désigne «elle du sixième jour comme étant le paradis terrestre.
Ayant expliqué le jour comme Tentendiaeni lés ânéiens, Bou$ teimneroBS ee chapitre en considérant le jour tel que Boosi'avond souà nos yèûx.
4Î2. -^ En résumé, qu'est-ce qu'un jour ?
Un jour, c'est une épocjue entier^.
Le jour^ c'est un cadre dan^ Iiequel 1^ x^^m &it son travail.
Le jour est notre compagnon de voyage ; il nous fait assister à sa naissance le matin, à sa mort le soir, et à sa résurrciction au bout de vingt-quatre heures»
Si le jour était un être doué de la parole» U nous dirj^it yei:-^ balement tous les niiystères de la créc^tion» car ces np^ystères s'accomplissent da^s son sein»
Lj^ jour est uniE^ image de notre existçoçe, c'est une période complète dans laquelle la naturç se plaH ^ f^f^ toujlps ses évolutions, tous ses échanges et toutes sesi combinaisons.