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CHAPITRE III

IValt — AssemMa^e — Rotation da Cliaos

Sommaire. — Action des vents , 37. — Rencontre des molécules , 38. — ' Choc; l'assemblage se sotidifle, 39. — Formation du feu, ses effets, 40.

— Fluide magnétique, sa propriété, AL — Principe électrique, 42.

— Formation de notre globe, 43. — Expérience tirée de la neige, 44.

— Molécules aqueuses , molécules sèches , 45. — Calcul des molécules élémentaires de notre globe, 46. — Marche de la condensation du fluide élémentaire, quantité des molécules employées , 47, 48. — Bases de notre calcul , 49. — Addition successive des molécules , 50. — Procédé du travail de condensation, 51. — Détachement de la lune, ses causes, 52. — Conséquences pour la terre de Téruption des volcans, 53. — Quantité de matières qui ont composé notre satellite , 54. — Tableau du travail progressif de condensation , nombre de siècles employés, 55.

37. — A ce moment de la nuit éternelle, au milieu de ces ténèbres qui couvraient la face de Tabîme, suivant l'expression de la Bible, les soixante-quatre courants indiqués par la rose des vents chassaient devant eux les molécules ou fluides superflus des astres du firmament.

On sait que le vent ne doit sa force d'impulsion qu'à la pesanteur de Tair; or, les fluides en question étant par euxmêmes un air, mais un air cinq fois plus pesant que l'air ordinaire, leur énergie d'impulsion sera cinq fois plus considérable et plus violente,

38. — Les vents, de mille côtés diflérents, se dirigeant donc vers un seul point, poussaient sur un centre commun les énormes masses de ces matières. Elles se rencontrent, voilà le choc qui s'opère, la force du contact les unit, un immense assemblage se forme , et ses molécules ne peuvent plus se dégager ; désormais leur sort sera commun pour le reste de l'éternité ; de nouvelles masses portées dans la même di-

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reetion par les courants qui se succèdent viennent se précipiter sur les extrémités de cet assemblage; les derniers fluides qui arrivent ainsi à Textérieur cherchent à se faire jour pour continuer leur route avec toute la force d'impulsion qu ils ont reçue ; mais ces nouveaux fluides peuvent à peine pénétrer jusqu'au centre de la masse, et, s'ils y pénètrent, c'est pour s y arrêter et faire corps avec la matière déjà plus compacte qu'ils y rencontrent.

39. — C'est ainsi que se continuera pendant quelque temps Tunion des matières dans le grand assemblage; mais dorénavant ce ne sera plus les vents seuls qui y contribueront; les courants ne seront plus qu'un auxiliaire secondaire; l'assemblage, devenant corps solide, sera lui-même un instrument d'attraction; car, à l'instant du premier choc, le croisement des molécules a produit un centre commun, centre pressé, comprimé, bientôt endurci, aimanté (1), et destiné à servir de pivot à toute la masse.

40. — La pression de l'assemblage, s' augmentant vers le point central, engendre le feu (2).

Ce feu est l'âme (3), le régulateur du corps de la nouvelle planète; ce feu va dissoudre, analyser et réunir les diflérentes substances renfermées dans ses molécules, lesquelles contiennent, ainsi que nous l'avons déjà indiqué (m 19), les

{A) Prenez une petite barre de fernon rouillée, tenez-la d'aplomb , à 50 centimètres du sol , et laissez tomber d'aplomb cette barre sur une pierre. Cje choc, en ébranlant toutes les molécules du métal , lui fera acquérir des propriétés magnétiques; pour vous en convaincre, approchez le bout qui a frappé le sol, d^une aiguille; quand même elle serait sur Teau , elle sera attirée vers la barre de fer.

(2) Tous les mouvements violents suffisent pour produire du feu.

'Descartes, Princ.^ iv, art. Lxxxvn.

(3) Ainsi deux grands pouvoirs furent créés par Dieu : L'un, c'est Tattraction; et l'autre, c'est le feu.

Delille , Règnes , i.

propriétés intrinsèquea^ de la matière existant dans les autres astres du firmament.

41. — Le classement opéré par l'action du feu, en dégageant toutes les matières, réunit les atomes magnétiques, dont le fluide puissant tient la masse de l'assemblage assujettie aux divers corps déjà classés dans Tespace.

42. — Le point du ciel où s'est opérée la première rencontre des molécules était un vide ( 1) assez vaste pour former le lit de la nouvelle planète; les courants ont pu, pour quelques moments, agiter Tassemblage suivant certaines déviations ; mais déjà la masse est devenue un corps solide et assez pesant pour ne plus obéir aux caprices des vents. Le principe électrique inhérent aux molécules s'est développé dans le corps entier et va le guider régulièrement sur le chemin de Torbile que le Créateur de l'univers a fixée pour les évolutions de cette nouvelle planète.

43. — Dans les notions générales, nous avons expliqué le travail que fait une nouvelle planète dans le cours de sa formation (23 à 28); ce travail a été le même pour notre globe; seulement, il nous reste à savoir l'espace qu'il a occupé dans le vide, lors de sa plus large dilatation d'assemblage, la quantité de molécules qui ont été employées pour sa formation, le temps qu'il est resté dans l'état de chaos primitif, et ce qu'il a dû faire dans le cours du premier jour, c'est-à-dire durant la première époque de sa condensation.

Une double expérience nous a fourni les bases de nos recherches, ainsi que la démonstration et le calcul des propriétés que les molécules acquièrent par leur passage dans les espaces célestes.

{A) Le mol vide, généralement adopté, n'est pourtant pas le véritable mot, car l'espace contient dans toute son étendue un fluide ou éther très-subtil et éminemment élastique, lequel s'unit au corps nouveau qui prend sa place en s'y amalgamant lors d'une nouvelle formation.

H. — La neige étant la seule matière venant du ciel que nous ayons eue à notre disposition, afin de nous rendre compte des qualités qu'elle pouvait avoir acquises dans l'atmosphère, nous avons rempli déneige un verre, et, l'ayant placé dans une chambre à température modérée, nous avons remarqué que la neige contenue dans le verre s'est peu à peu rétrécie sur elle-même en formant une boule compacte; ses molécules se resserraient autant que possible vers le centre, et, lorsqu'elles ne purent plus se comprimer, quand tous les pores se trouvèrent fermés par leur propre contraction, alors seulement la boule a commencé à se fondre extérieurement et a continué de se liquéûer constamment par les couches extérieures,sauf la partie supérieure, qui résistait et qui s'est fondue la dernière.

45. — Nous avons donc la preuve que l'élaboration des matières dans l'espace est telle, que chaque molécule, même de la neige, reçoit sa part d'élasticité, d'électricité et de magnétisme; que partout où les molécules se rencontrent en masse» après s'être élaborées dans l'atmosphère, elles tendent à l'union et à la compression entre elles, et que, lorsque le durcissement est parvenu à son maximum, alors, si le corps est composé de molécules totalement aqueuses, la compression continuant en amène la dissolution ; dans le cas, au contraire, où les molécules seraient d'une nature sèche ou solide, la compression poussée à son maximum engendrerait le feu,

46. — L'opération suivante nous a servi de base pour le caleul.

Nous avons pris un litre de neige dans son état naturel, et nous l'avons laissée fondre; elle nous a donné le quart de la mesure en eau ; cette eau, bouillie quelques minutes, s'est réduite à la huitième partie; un huitième s'est donc perdu en évaporation. Nous disons s'est perdu, quoique une diminution de l'eau ne soit pas une véritable perte, attendu

que la partie transformée en état de vapeur est allée quelque part dans Tair.

Le flocon ou le grain de neige, quelque minime qu'il soit, est un géant en raison des molécules élémentaires, qui sont imperceptibles ; aussi cette comparaison ne doit-elle servir que pour démontrer le degré de réduction d'une matière provenant du ciel, et la seule qui puisse avoir de l'analogie avec les molécules élémentaires en question.

Nous avons considéré que la plus petite parcelle de neige est, relativement à une molécule, ce que le chitTre 600 est au chiffre 1 , et que la densité du corps de notre globe est quatre jois et demie celle de Teau. Nous avons tenu compte de la différence d'épaisseur et d'élasticité des molécules dans les abstractions de notre calcul, et nous avons obtenu pour résultat 800 y. 1 ; donc, huit cents lieues de molécules ou de fluide primitif équivalent à une lieue du corps de notre globe en son état actuel .

47. — L'espace que Tass^ïîblage de notre globe a occfupé dans le ciel , et la quantité de molécules employées pour arriver à sa formation, peuvent être appréciés d'après sa grosseur actuelle, qui est de 9,000 lieues de circonférence en outre <te son atmosphère. Pour le former, il a fallu, d'après oe qui précède, 7,200,000 lieues de circonférence de molécules ou fluide primitif» Toutefois, comme cette quantité de fluide n'a pas été réunie d'un seul coup, on conçoit qu'en réalité, il ne se soit pas produit une circonférence aussi vaste pour Tenfantement de notre globe.

(8. — Le maximum de molécules qui a servi au premier assemblage a été tout au phis de la moitié du nombre cidessus, c'est-à-dire de 3,600,000 lieues de circonférence, et encore le choc primitif a-t-il instantanément réduit cette masse de fluide à une condensation de moitié ; donc 1 ,800,000 lieua*i ont été la plus grande circonférence qui se soit mise en

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mouvement de rotation, lors de la formation du globe terrestre, et, dès ses premières évolutions , la pression de l'assemblage en a continué le rétrécissement.

49 — Pour connaître le progrès de la pression qui s'est opérée vers le centre, suivre à l'œil la diminution de la circonférence qui a été le travail des siècles, et voir en même temps Tadjonction progressive de la seconde moitié des molécules indiquées, il suffit de se reporter aux belles lois découvertes par Kepler, et de considérer les célèbres principes de Newton ; c'est là ce qui nous a mis sur la voie de notre calcul.

50. — Il serait long et fastidieux de suivre pied à pied la marche du rétrécissement des 1,800,000 lieues de fluide, et le remplacement successif des couches transmises à Tinlérieur, par de nouvelles couches déposées à l'extérieur pour entrer, à leur tour, dans Tinlérieur de la masse, et faire place à d'autres molécules qui seront attirées également jusqu'à la concurrence des 3,600,000 lieues qui doivent compléter la quantité voulue de 7,200^000, lesquelles gravite* ront encore sur elles-mêmes avec une autre addition de fluide qui devra appartenir au satellite. En vue d'abréger, nous partageons en cinq périodes le rétrécissement progressif effectué dans l'assemblage de notre globe à cette première époque*

51. — Dîins les prettliers temps, la matière étant légère, se resserrait plus facilement ; mais à mesure qu'avançait le travail de la compression, plus la matière se consolidait, plus il lui fallait de temps pour se rétrécir davantage. Dans cette première époque de formation, nous avons cependant la compensation des molécules fraîches qui viennent se joindre périodiquement à la massé , et nous devons à cette combinaison la facilité de calculer en périodes égales le temps du travail depuis le jour du premier assemblage jusqu'au moment où le

rétrécissement s'est trouvé assez réduit pour détacher le cercle satellite qui formera la lune,

52. — Ce satellite de notre globe s'est détaché de la masse, lorsque, par son propre poids, il pouvait se maintenir comme un corps isolé. Deux puissants auxiliaires ont contribué à cette séparation : l'un était le refroidissement de la couche pâteuse, presque liquide, du cercle intermédiaire; l'autre, l'explosion violente de millions de volcans, qui, éclatant au même instant, ont produit le cataclysme de la fin du premier jour ou de la première époque; cette explosion a séparé le satellite de la planète, en le laissant à la place qu'il occupait, pendant que le corps de cette planète se resserrait sur son centre.

53. — La première conséquence qui est dérivée de l'éruption des volcans tout autour du globe, c'est qu'ils ont porté sur toute la surface delà terre une couche d'acide provenant des exhalaisons souterraines échappées en fumée; cet acide, qui peut avoir été d'une nature plus ou moins carbonique , était certainement doué ^'une force extraordinaire et capable d'asphyxier tous les êtres vivants, si, à cette époque, il y eût eu des habitants ; cet acide a été, par sa présence et son amalmagation avec les matières de la surface, le principe de la formation des sels, dont le rôle primitif se manifesté dès le commencement, et se trouve dans l'ordre des nécessités de la terre; car c'est grâce à son influence, que la végétation des plantes va se développer prodigieusement dans les journée^ successives (1).

i^) Nos volcans, si rares et $i chétifs qu'ils soient maintenant, sont encore une des principales sources de l'acide carbonique. M. de Humboidt a le premier signalé Tabondance de pareilles émanations « qui apparaissent, disait-il^ comme un dernier effort de ractivité i^oLcanique. » M. Boussingault analysa en ^1827 les gaz qui se dégageaient des volcans de Téquateur, et il Irouva que ces gaz contenaient jusqu'à 95 pour cent d'acide carbonique.

M. Bunsen a trouvé des résultats analogues dans les volcans d'ïs-

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54. — Le moment est arrivé pourtant de remarquer que la lune ayant un diamètre de 782 lieues, selon Copernic , et 1,800 lieues de circonférence, suivant Topinion généralement adoptée , ce satellite aurait eu besoin , comparativement à la terre, d'une quantité de molécules d'un chiffre de 1,440,000 lieues de circonférence; mais comme son corps est plus léger dans la proportion de j^, elle n'a employé, par cette raison, que 1,068,480 lieues de molécules en circonférence primitive; ce qui, ajouté aux 7,200,000 de la terre, fait une totalité de molécules en circonférence, de 8,268,480 lieues pour la composition de notre globe et de son satellite la lune.

lande, el les eaux thermales d^Aix-la-Chapelle. Cet acide est en dissolution dans beaucoup d^eaux minérales acidulées, comme celles de Vichy, de Spa, de Seltz, etc.

M. Charles Deville analysant deux échantillons de gaz recueillis pendant la dernière éruption du Vésuve, a trouvé dans Tun 3 1/2 et dans Fautre 9 1/4 pour cent diacide carbonique.

L*analyse des gaz du lac de Naphte ou de Polici, en Sicile, a donné 5 pour cent d'acide carbonique.

Le lac d^Averne , célébré par Virgile , n'était qu^une sorte de puits profond d*où s^exhalaient en quantité considérable des émanations d'acide carbonique ; les oiseaux qui venaient chercher leur nourriture sur ses bords, y tombaient asphyxiés; d'où lui vient le nom primitif d^ji-ornis (contraire aux oiseaux) , dont on a fait Aveme. On le regardait autrefois comme une des bouches de l'enfer.

Dans la chaîne de TAltaï , en Asie , il existe des sources où le gaz carbonique se trouve mélangé avec des gaz inflammables dont les Chinois se servent peur différents usages.

Une de ces sources, encadrée dans la glace, est d*une force extraordinaire , et de son bouillonnement rayonnent des masses de globules, qui, malgré l'acide carbonique contenu dans cette eau, sont remplies de gaz hydrogène, en sorte qu'en approchant une allumette enflammée de la source, on voit celle-ci s'entourer d'une ceinture de flammes voltigeant sur l'eau.

Le feu sacré des Perses provenait de sources pareilles.

55. — Le tableau suivant représente à vue d'œil , mais bien entendu hypothétiquement, le progrès de raccumulation et de la réduction.

ASSEMBI^GB

primitif et périodes soccessifes

3,600,000 1** période.

2"« période.

3"* période.

4"* période.

5"* période.

AGCDlfULATION

des quantités

de

molécules

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