PREUVES PHYSIQUES
523. — La carte géographique sous les yeux , nous acquérons la preuve que rAmérique s'est détachée de l'ancien monde, et que toute sa longueur est correspond parfaitement à la partie ouest de notre continent, par les côtes qui se font fece sur toute la longueur de l'Europe et de TÀfrique.
Si la correspondance est plus visible à partir du 30™« degré dé latitude nord , jusqu'au cap Magellan , à l'extrême sud, c'est parce que Tespace, ou la mer, qui sépare les deux continents de l'ancien et du nouveau monde, est moins parsemé de ces fies laissées en route par Teflet du cataclysme.
Il suffit de remarquer le ventre ou renflement énorme de TAfrique, depuis le cap Vert (1) jusqu'au sud de Libéria; ce renflement s'embotterait fort bien dans la mer des Antilles et le golfe du Mexique, qui sont demeurés vis-à-vis en Amérique; seulement cette partie du continent américain a perdu des fragments qui sont les fies du cap Vert, les Açores, les Ântilles, qui ont été à plusieurs reprises soulevées et enfoncées (2), Haïti, Cuba, etc. , etc. Au contraire, le renflement du Brésil, en Amérique (3), correspond au golfe de Guinée, en Afrique (4) , avec lequel il s'embotterait également bien.
(1) Marqué n? 1 sur la gravure n"* 10.
(2) Bien des fois, même de dos jours, il se présente de ces phénomènes : les volcans souterrains soulèvent de nouvelles îles.
(3) Marqué n» 3 sur la gravure n** 10. '
(4) Marqué n» 2 siur la gravure n* 10.
FORMATION DE L'aMÉRIQUE. 317
La Patagonie est une partie qui s'est allongée dans le trajet, mais sa forme indique clairement qu'elle enveloppait la poîntesud de l'ancien continent, c'est-à-dire le cap de Bonne- Espérance et le sud-est de la Cafrerie.
Si Ton veut considérer de même les deux continents, ancien et nouveau, dans leurs parties au nord du '30°*** degré dé latitude septentrionale, on verra que la correspondance des caps d'un côté avec les golfes situés sur la côte opposée, sans être aussi .prononcée , est pourtant très- facile à reconnaître, en tenant compte des lies et des presqu'îles qui s'y sont for^ mées : ainsi l'Espagne et la France correspondent au bassin situé au sud des États-Unis, entre la Floride et la Nouvelle- Ecosse.
Qu'on imagine , en rétablissant les cboses telles qu'elles étaient, d'un côté, l'île de Terre-Neuve reportée dans le golfe de St-Laurent , le Labrador dans la baie d'Hudson ; de l'autre c6té, les îles Britanniques, comprenant l'Ecosse, replacées dans la mer du Nord, la presqu'île des Scandinaves (la Suèdi) et la Norwége) rapprocliée de la Russie, en remplissant la Baltique, aussitôt le Danemark s'emboîtera naturellement dans le Skager-Rack) et la côte orientale de l'Amérique présentera des correspondances parfaites avec la côte occidentale de l'Europe.
Nous n'insisterons pas sur les détails de cette correspondance; il nous suffit d'avoir mis sur la voie, car il nous semble impossible que tout observateur de bonne foi ne se convainque pas de sa réalité au premier coup-d'œil qu'il jettera sur le planisphère terrestre.
524. — Il est bien facile de reconnaître encore la solijdité de notre théorie* En examinant la carte dn Système osseux f aqueux et vokanique du globe. L'auteur de ce système, M. AragO) indique les contre-courants, les lignes volcaniques, et les montagnes terrestres et sous-marines. Après cet
examen, il faut conaidérer le nombre des voleans enflammés gui existent de nos jours (1) ; on verra que sur 74 volcans encore en pleine activité , et produisant des éruptions notables, il y en a dans la seule Àmértqoe 62. On peut se foire une idée de l^Amo» qif ik ont «w dans Técaiienient de la xaasm do oasÊkient araérietnn, qolls avaient la nàssàoR de transporter. Sans doute ils ont exercé çà et là de grands ravages, de grandes destructions; et, dans la même occasion, ils ont aussi rétréci des terrains, soulevé des montagnes, enseveli des villes et des populations entières; mais il en a sur* vécu assez, qui n'avaient rien souffert, et qui peut-être, en certains endroits, ne se sont pas même aperçues de la gravité de la catastrophe.
Et pour en donner. un exemple, sur une petite échelle : 525* — Le tremblement de terre de Lisbonne, qui a été, pour cette ville, un phénomène égal à un cataclysme du globe, ne fut pas du tout ressenti par les peuples vivant en France, ou dans la plus grande partie du monde. La belle oité que le phénomène a frappée n'était qu'un grain de sable en comparaison du globe. Voici toutefois des détails sur cet évéoemeot, à jamais mémorable pour le pays qu'il à ravagé. Nous les reproduisons seulement pour donner, par la compacaison de ce qu^a fait le mouvement d'un seul volcan, une idée de ce qu'ont pu faire 2^000 volcans à la fois, dont lés 74 ci-dessus cités existent encore en activité, quoique travaillant bîen fai-» blement, et seulement pour le besoin respiratoire pour ainsi dire du centret
Le 1""' novembre 1755, à Lisbonne, le tremblement com«mença par un bruit souterrain qui ressemblait au tonnerre ; puis une forte secousse renversa la plus grande partie de la vitie, et tua 6,000 personnes en 6 minutes. La mer, api*ès
|t) Vo.>ez tes noms de ces volcans et leur situation géographique, no4c 13 , à la fin de oe volume.
FORMATION DE l'AMÉRIQUE. 319
avoir laissé la barre à sec, revint avec fureur, élevant ses vagues à 50 pieds (17 mètres) au-dessus du niveau ordinaire. Quelle inondation !
Plusieurs des hautes montagnes de TEstramadure occidentale s'entrouvrirent, et formèrent des crevasses à leur sommet. Quantité de monde s'était réfugié sur un quai de marbre qu'on venait de construire è grands frais ; tout à coup le quai fut englouti avec tout ce qii'il portait, ainsi que beaucoup de petits bâtiments amarrés près de là ; et Ton ne vit, à la place, qu'un gouffre qui a aujourd'hui 168 mètres de profondeur. Plusieurs vaisseaux en mer, dont un à 40 lieues à Touest du cap Saint-Vincent, éprouvèrent aussi des secousses plus ou moins violentes. On s'aperçut encore de légèresoscillationsàAntigoa, auxBarbades, dans la Norvège, en Suède , en Allemagne, en Suisse, en Hollande, en Corse, en Italie, dans la Grande-Bretagne surtout, où l'agitation des lacs^ des rivières et des sources fut extraordinaire. Ces signes prouvent la communication directe qui existe dans les régions souterraines du globe.
528. — Au Pérou (2 octobre 1746), un tremblement de terre éclata, plus terrible qu'à Lisbonne : on ressentit 2,000 serousses dans les premières 24 heures. L'Océan se retira deux fois et deux fois revint avec furie. Une partie de la côte, près de Cailao, fut convertie en baie, ainsi que quatre autres havres : de 23 navires mouillés dans la première de ces villes, 19 sombrèrent; les autres furent portés à de fortes distances dans les terres. Des 4,000 habitants de Cailao, 200 seulement échappèrent. Lima fut entièrement détruite. Quatre volcans firent en même temps éruption dans d'autres districts, ceux de Lucanas et Conversiqnes de Caxamarquilla.
52L — Au Kamtchatka, le 6 octobre 17Î7, la nder sub* mergea le pays à une immen^ hauteur; puis, se retirant ayeo autant d'exagération qu'elle venait d'en mettre dans ses en-
320 SIXIÈME ÉPOQUK.
vahissements, elle laissa à sec l'espace entre la première et la deuxième des ifes Kouriles. Ces changements, il est vrai, ne furent que temporaires; mais il se fit aussi des changements permanents :.des plaines furent les unes affaissées, les autres exhaussées. Dans quelque»-unes des premières il se forma des lacs intérieurs. La configuration de la côte fut aussi changée, et de nouvelles baies furent signalées par les navigateurs sur le rivage.
528 — Ces petits cataclysmes partiels éclatent de temps à autre à des distances considérables; ils ont toujours tourmenté le globe, comme nous Tavons expliqué dans les journées précédentes; seulement à notre époque ils sont plus concentrés et leurs explosions sont plus rares. Il est indubitable qu'au premier changement d'époque, c'est-à-dire lorsqu'il arrivera dans l'avenir une nouvelle révolution géologique, soit sous le nom de cataclysme, soit sous celui de déluge universel, la conséquence inévitable, la plus douce qui puisse en résulter, sera une nouvelle séparation des continents; ainsi l'Amerique sera indubitablement séparée en deux continents pour le moins, et toutes les crevasses de l'ancien monde s'élargiront comme à l'époque précédente; de là un endurcissement plus fort du 'globe terrestre, qui sera alors aussi compact et aussi dense que l'est la planète Vénus, et conséquemment il se réduira à une circonférence d'un millier de lieues moindre que n'est sa circonférence actuelle.
529. — Les descendants de Noé ont raconté à leurs enfants qu'il existait avant le déluge une grande tie Atlantide, que Noé avait vue et fréquentée, puisqu'il avait vécu 600 ans avant cette catastrophe.
Cette tradition a passé de génération en génération jusqu'aux Grecs, qui ont fini par l'introduire dans leurs poésies mythologiques; mais, sur ce terrain, l'existence de Ttle en question devenait dès lors assez douteuse.
FORMATION DE l'aMÉRIQUE. 321
Cependant les Égyptiens ne raillaient pas à ce sujet; ils conservaient un respectueux souvenir de Texistence dé la grande Atlantide, qu'ils supposaient avoir été submergée, car Noé ne la voyant plus s'était imaginé tai-mênae que la catastrophe du déluge univei^l l'avait engloutie, comme aussi il croyait que la mer Méditerranée était un réceptacle des eaux du déluge, où elles continuaient de submerger les hommes qui habitaient auparavant cette contrée.
Les auteurs graves, comme Platon et Âristote, ont pris cette tradition au sérieux et se sont trouvés d'accord pour mentionner la disparition de l'île Atlantide par l'effet d'une submersion; ils reconnaissaient qu'à l'époque même de cette prétendue submersion s'était opérée l'ouverture du passage des colonnes d'Hercule (ou le détroit de Gibraltar), qui a fait remplir d'eau les bassins de la Méditerranée, de l'Adriatique, de la mer Noire, des lacs, etc.
Solon a raconté les merveilles de l'Ile Atlantide, dont il tenait le récit des prêtres égyptiens. Ce récit est tràs-curieux et assez impoitant; nous l'offrons à nos lecteurs.
530. — C'est Platon qui nous a transmis la substance de l'entretien de Solon avec les prêtres égyptiens.
a Un jour, dit-il, que ce grand homme (Solon) s'enlrete- (( nait avec les prêtres de Sais sur l'histoire des temps recu- « lés, l'un d'eux lui dit : — Solon, Solon ! vous autres Grecs, « vous êtes encore des enfants. Il n'en est pas un seul parmi « vous qui ne soit novice dans la science de l'antiquité; vous u ignorez ce que (it la génération des héros dont vous êtes « la faible postérité. Écoutez-moi, je veux vous instruire des « exploits de vos ancêtres, et je le fais en faveur de la déesse
« qui vom a formés, ainsi que nous, de terre et de feu
c( Tout ce qui s'est passé dans la monarchie égyptienne depuis
c( 8,000 ans est écrit dans nos livres sacrés Mais ce que
« je vais vous raconter de vos lois primitives, de vos rois, de
322 SIXIÈME ÉPOQtE.»
« VOS mœurs et des révolutions de votre pays, remonte à
« 9,000 ans.
« Nos fastes rapportent comment votre république a ré- « sisté aux efforts d'une grande puissance , sortie de la mer Cl Atlantique, qui avait envahi l'Europe et TAsie; car alors c< cette mer était guéable. Sur les bords était une grande île, « vis-à-vis de Tembouchure que vous nommez les colonnes « d'Hercule (1).
« Cette île était plus étendue que la Lybie (2) et TAsie en- « semble. De là, les voyageurs pouvaient passer à d'autres « îles, d'où il leur était aisé de se rendre dans le conti- « nent.
« Dans cette île (rAilantide) il y avait des rois dont la puis- « sance était formidable. Elle s'étendait sur cette île, ainsi « que sur les îles adjacentes et sur une partie du continent. « Ils régnaient , outre cela , d'un côté sur toutes les contrées « limitrophes de la Lybie (Afrique) jusqu'en Egypte, et, du « côté de l'Europe, jusqu'à Tyrrhénia (Italie). Les souverains « de l'Atlantide tentèrent de subjuguer votre pays et le nôtre, tt Alors, ô Solon 1 votre république se montra, par son cou- « rage et par sa vertu, supérieure au reste du monde. Elle « triompha des Atlantes... Mais, dans les derniers temps, il « survint des tremblements de terre et des inondations. Alors « tous vos guerriers furent engloutis dans la terre, en Tes- « pace de 24 heures, et l'Atlantide disparut. Depuis cette ca- « tastrophe, la mer qui se trouve dans ces parages n'est point « navigable, à cause du limon qui s'y est formé et qui pro- « vient de Tîle submergée. » (Platon, dans le Timée.)
Platon , dans d'autres dialogues et particulièrement dans celui du Règne, parle de l'affaissement de l'île Attantidet et
(1) Aujourd'hui le détroit de Gibraltar.
(2) Les anciens appelaient l'Afrique la Lybie,
FORMATION DE l'aMÉRIQUE. 323
examine ce qui a dû arriver au genre humain lovs de cette catastrophe (1).
531. — Strabon, Eudoxe, Diodore de Sicile, Âmmien Marcellin, et enfin Pline et Élien, confirment le fait de Texistence de Tîle Atlantide, Un écrivain plus moderne, Gënebrard, prétend même que l'on peut prouver la vérité de son existence par plusieurs circonstances tirées de la Genèse (2).
On comprend que cettq grande île de l'Atlantide, qui n'était séparée du continent que par la crevasse que nous avons indiquée et qu'on croyait submergée depuis le dernier (Cataclysme, est précisément le continent actuel de rAmérique,
532. — Fortia d'Urban, qui a fait des recherches considérables sur Texislence de l'Atlantide, dit que c'était un continent très-riche, produisant toutes choses ; ses habitants, profilant de feurs richesses, élevaient des temples, des palais, construisaient des forts, des ponts, des arsenaux, etc. « On « voyait les statues de toutes les reines et celles de tous les « hommes qui étaient de la race des dieux ; elles étaient « d'or !... II y avait les plus grands animaux, le mastodonte « surtout.... »
Or, à la découverte de TAmérique par Christophe Colomb en 1492 et dans ses quatre voyages successifs, les Espagnols remarquèrent des peuples innombrables, des nations policées, des empires, des républiques, et Fernand Cortez non-seulement trouva dans le Mexique, en 1519, des statues en or, mais aussi les pavés des appartements des palais du roi Montézuma, et même les tours des temples étaient doublés de ce précieux métal.
(\) D'autres auteurs de Tantiquité ont également parlé de la submersion de File Atlantide, en disant qu'elle existait en face et au dehors des colonnes d'Hercule, et qu'il était resté comme un échantillon de ce eontinent dans les îles Açores et les Canaries.
(2) Fortia d'Urban, art. 370, page 228.
324 , StXlÈME ÉPOQUE.
CoinmaiU a-l-il pu se rencontrer des peuples sur ce continent, et avec les habitudes de vie et de Imie analogues à ceux de la terre d'Afrique ?
Ce continent étant isolé de toutes parts, on crut pendant longtemps à un passage par le nord de TÂsie ; mais si ce passage eût existé> comment supposer que les peuples eussent fait une pareille émigration par le pôle arctique? Ils avaient assez de terrain et d'une qualité parfaite, plus à leur proximité pour rhabiter; et certes ils n'auraient pas porté avec eux ces idoles trop pesantes, quoique d'or, à une distance de plusieurs milliers de lieues. Au reste , celte supposition s'est évanouie depuis qu'on a reconnu que l'Amérique est complètement séparée de l'Asie.
PREUVES MONDMERTÀIËS.
533. — Dans Tannée 1641, le roi de Portugal Alphonse Y permit à don Henri de peupler les îles Açores. On trouva dans celle de Cuervo, la plus éloignée des côtes de l'occident , une statue représentant un cavalier qui« de la main gauche, tenait la bride de son cheval, et de la droite montrait l'occident.
Cette statue avait certainement élé sculptée à l'époque oii les îles Açores faisaient partie du continerft de l'Afrique, mais étaient toutefois séparées par la crevasse d'avec l'île Atlantide. Lors de Técartement nouveau des deux continents, les Açores forent elles-mêmes détachées de l' Afriqueet restèrenten route, comme les Canaries. Cette statue, qui montrait du doigt roecident, voulait donc indiquer que de ce côté, en face, au-delà de la crevasse ou du détroit , se trouvait une autre terre, c'est-à-dire l'Atlantide; ou bien, que là était la capitale ou le séjour des rois, puisque les prêtres de Sais dirent à Solon que les Atlantes régnaient aussi sur une partie de la Lybie, ou de l'Afrique.
FORMATION DE L AxMÉRIQUE. 325
534. — Remarquons que cette circonstance coïncide parfaitement avec l'attitude des statues que les fouilles du géfiéral Lopez ont mises au jour dans la Nouvelle-Grenade, et qui toutes regardent rorieiit(496). Ces statues, ayant été faites dans riie A.Uanttde, montraient ou regardaient rorie&t, pour indiquer aussi la terre dont cette île se trouvait séparée.
535. — On voyait dans la même fle de Cuervo, sur le roc où était la statue, une inscription en caractères inconnus. On a conjecturé que ce monument était phénicien ou carthaginois (1), et les raisons qu'on en donne seraient assez plausibles, si Talphabct punique n'était pas assez connu pour faire croire qu'on l'avait mal interprété. Ce monument est plus ancien que Tyrel Carlhage; il appartient peut-être aux Atlantes, dont la mce vivait des deux côtés du détroit, et a subsisté encore longtemps après le déluge sous le nom de Quanzes ou Gouanches, qu'on croit être un reste de ces anciens peuples (2)r
En 1803, le docteur Tilesiers éçrîva;ît le 25 octobre de Santa-Cruz-de-Ténériffe. Ce savant naturaliste avait examiné plusieurs des momies qu'on rencontre danç les grottes des îles Canaries. Il a trouvé aussi un monumçnt représentant deux figures de Gouanches sous leyr ancien costuma; ils tiennent dans la main un féiAUi;, sont courpnnés de fleurs et vêtus de peaux d'animaux. (Fortia d'Urban, art. 370, page 220^
536. — M. Alcide d-Orbigny ra,pporte qy-on a trouvé des tombeaux d'une forma gî^tesqi^^u^ bien dans le Péroju que dari& les forêts AeSmui-^i^m {États-tînis). Des^ restes de quelques (»^res de ces moniiimepts^ owt fait évaluer leuifs dimensions jusqu'à 100 piefis {33 wèlrea) de haut et 800 pieds (2ft6 mètres) de diamètre.; - ^ ,
(i) Histoire de France^ pac Villarel. ln-12, l. XVI, page 377. Paris, (2) Voir la noie V, à Igtûn du volume.
Des murailles en briques el en terre ^ dont F ouverture est à Test/ forment une ligne de défense de 50 milles de développement au sud du lac Êrié. Ces forts, d'api^ les calculs approximatifs de M. Culter, remonteraient à 12 siècles; ils consistent en bâtiments divisés en plusieurs salles, comme ceux qu'on a découverts dans la Louisiane : on y trouve des idoles el des inscriptions.
M. d'Orbigny fait observer que les plus grands tombeaux sont dans les parties méridionales; il suppose que, vu Tétat sauvage et inculte des habitants actuels^ ceux-ci seraient des émigrés venus du nord vers le sud.
Nous croyons qu'au lieu de 12 siècles supposés par M. Culter, ces vestiges datent d'une antiquité bien plus reculée, et que l'abrutissement des peuples a marché de parité avec le dépérissement des arts depuis la catastrophe du déluge; car, à cette époque terrible, quantité de nations onl dû périr, et celles qui sont restées doivent avoir voyagé du sud au noid et du nord au sud, dans Tespoir de trouver leurs parents ; elles ont tini par se fixer au terme de leurs voyages, se trouvant ainsi confondues, dispersées et souvent isolées en petit nombre dans des contrées éloignées, où elles sont tombées à Télat sauvage en perdant toute instruction et toute trace de civilisation.
537. — Les monuments qu'on rencontre au-dessus du sol parlent aussi clairement que les découvertes géologiques qui se font au-dessous de la terre.
Les excavations qui portent à notre connaissance les merveilles de Fanliquité s'exécutent aujourd'hui aussi bien en Asie qu'en Amérique. Le temps n'est pas éloigné peut-être où Ton pourra en opérer aussi dans l'intérieur de l'Afrique.
Pour l'Asie, depuis que l'Angleterre s'est emparée de Tlndoustan, du Mogol, e(c., et que ses savants voyageurs ont parcouru l'intérieur de l'Asie, ils ont fourni à la science de précieux restes, d'après lesquels on ne peut plus impuné-
ment nier l'antiquité très-reculée des nations existantes sur le globe.
Entre autres vestiges d'une date antérieure au déluge, sont ceux qui rappellent la ville ou la tour de Babel. La tradition de la Confusion des langues, qui se place immédiatement après le déluge, donne, à elle seule, la preuve de l'existence de nombreuses nations parlant différents idiomes et se trouvant réunies sur un même point de la terre au moment où Tinduslrie humaine songeait à rétablir les grands chefs-d'œuvre monumentaux que le déluge venait de détruire.
A Tappui de ce fait d'archéologie, le colonel Rawlinson a trouvé, dans les fondations de l'emplacement de Babel, dettx cylindres qui portent une inscription à peu près pareille à celle qui avait déjà été découverte et savamment traduite par M. Oppert, et insérée dans les Annales de philosophie du Musée britannique, à Londres. Le détail de cette intéressante découverte se trouvera eu note à la fin du volume (1).
Le puissant empire, dont ift monuments allaient être reconstruits par les Babyloniens, avait été certainement peuplé par dès hommes très-avancés dans les arts, de Tarchitecture, du dessin et de la sculpture, et leurs relations s'étendaient aux peuples voisins de l'Afrique et conséquemment aussi à ceux de l'Atlantide qui faisaient partie de l'Afrique.
Il est donc hors de doute que le même goût des arts, que le même système de monuments s'établirent jdans le centre de l'Asie comme en Afrique et comme dans l'Atlantide, car les honmies et les ouvriers passaient d'une contrée à l'autre pour s'y installer et coopérer aux mêmes œuvres réclamées par l'aisance et le luxe des peuples de ces anciennes villes.
Il est même prouvé, par les récits des prêtres égyptiens , que le peuple de l'Atlantide possédait plus de richesses, plus d'aisance, plus d'esprit guerrier, que le peuple d'Asie ; dans
(1) Voir la noie X.
de lelles coudilions, ce peuple de l'Âtlanlide émigrait, et portait ou la guerre ou Tinduslrie dans les autres pays.
538. — Maintenant, en outre des fouilles qui se pratiquent en Amérique; et que nous avons déjà notées, nous pouvons aussi jeter un coup d'oeil rétrospectif sur quelques monuments que les Espagnols ont trouvés à leur arrivée dans ce nouveau monde, au 15* siècle, et qu'on avait supposé être les œuvres des Incas.
Avec un peu de réflexion, les Espagnols auraient pu à Tinstant même s'apercevoir que les monuments gigantesques qui se présentaient à leurs yeux étaient incompatibles avec le caractère mou, inerte, et faible des hommes qu'ils assujettissaient comme des agneaux, et chez lesquels on ne trouvait
pas la moindre trace, même des outils indispensables pour travailler la pierre. Les Espagnols pouvaient aussi' cbnsmerer qu'un pSuple, qui avait des terrains immenses disponibles, s'il eût voulu faire des travaujL gigantesques, aurait choisi des emplacements spacieux et analogues aux exigences ordinaires de l'aisance et du luxe ; il n'aurait pas négligé les beaux sites de sa patrie, pour construire des chefs-d'œuvre d'une grandeur colossale dans les ravins, ou entre deux montagnes, ou sur les pentes et les cimes de monts escarpés et
inaccessibles.
539, T- Telle est la position des restes que nous vayons encore aujourd'hui; d'où nous pouvQUS conclure qu'ils se trouvent dans cette situation par TefTet de la presision qu'a dû produire le cataclysme daps la violence de son actiao, au moment qu'il Iranspojct^ijt \^x ,masse,:Siir. iin anti^ hémisr phère.
Mais les Espçi^ol^. cpoquérwts du 1,5^ siècle n'allaient pa^ scruter le^ découvertes .de la science; ce qu'ils eberçbaient, c'était l'or, les richesses, ^t la domination $ur le pays. Il est vrai qu'à leur époque pn était loin d'imaginer que ee nou-
veau monde pouvait avoir été une partie de l'ancien, car il s'esl passé depuis lors près de quatre siècles sans que les études aient fait éclore celte idée ou cette recherche. .
540- — Parmi les preuves monumentales que nous pourrions encore citer à l'appui de la vérité de notre système, nous ne mentionnerons pas les petits débris que nous avons reconnus nous-noême dans cent endroits différents, depuis le nord jusqu'au sud du continent; ils seraient insignifiants maintenant; nous nous bornerons à une dernière preuve qui a beaucoup d'importance; nous la tirons du remarquable ouvrage de M. Alcide d'Orbigny, Voyage en Amérique.
Ce savant voyageur s'exprime ainsi :
« A Alausi (en Colombie), bourg de 5,000 habitants, com- « mencent des forêtsépaissesquinevç^t.fiï^ir qu'à l'Océan» « PÎlus loin, à Puma-Chaca, après- ce : vaste jJateau qui se « prolonge sur les cordilières de 0*^ à 3® de lat. australe, patt raît une masse de montagnes qui, comme une diguç « énorme, réunit la crèle orientale des Andes de Quito. Ce « groupe, dont la base est de chiste micacé et le revêtement « de couches porphyriques, est connu sous le nom redoutable a de Paramo d'Assuay. Dans les mois de juin et de juillet, ce « passage est l'effroi des voyageurs. Surprises par la neige, « des caravanes entières d'hommes et de mulets sont plus « d'une fois restées englouties sur cette crête. Passant a une « hauteur égale à la cime du mont Blanc, celle route est ex- « posée à des tourmentes plus affreuses que celles qui régnent « sur nos Alpes et sur nos Pyrénées. Pour gravir* le Paramo « d'Assuay, on traverse Puma Llacta, village situé à peu près « à la^ même hauteur que Quitd ; j?uis on ne'cessèkïe motiter <x jusqu'à Salanag, petit plateau où l'on fait une halte. I^e là, «» *û^gagne ceWî de^Pieheâ; puis celttî duLîtaii,dh feôtoménce «le Paramo, point le plu^ haut, lé pltis terrible, le plus. « dahgefreux de ce chemin. SoUv'eîit le' froid seul y tue; il ((^'raidit lès inembrcé et ôte toulé'facùhé d'avancer. Échappe-
a^O SIXIÈHS ÉPOQUE.
« t-on à la mort, il est rare que, dans la mauvaise saison, « on ne quitte pas le Paramo avec un membre gelé. Au « point culminant du plateau, se trouvent deux étangs, Tun « de 180 pieds de long, dont Teau reste à 9° R. au-dessous « de zéro; l'autre a 1,000 pieds de long sur 800 delai^e. « Près de ces lacs, qui ne semblent nourrir aucun pœsson, <x croissent des pelouses assez touffues de graminées alpines. « Ces lacs «ervcnt de limites à la plaine de Puyal, stérile. « marécageuse, n'offrant au pied des mutes qu'un terrain « argileux et inconsistant. »
Sur un pareil point du globe, sous Tinâuence d^un tel climat, sur un sol aussi désolé^ quelle nation aurait jamais le courage ff aller bâtir des palais, des édifices et ^tfès monuments qui serA ent ordinairement pour le hne des rois et Fa-
grément des peuples? Cependant sulVôns te savant autèifif^iii va nous décrire ce qu'il a vu.
541. — « A cette hauteur, continue M. d'Orbigny, et au a milieu d'une telle nature, se voient pouftaat des restes ima posants de la magnificence des Incas. » (L' estimable j9uteur s'en rapporte à ropinion générée des Espagnols*} « Due « chaussée bordée de pierres de taille ,- véritable voie romaine « pour les proportions et la solidité, se prolonge sur le dos de « ces Cordilières- Dans un espace de 6 ou 8,000 soètres de a longueur, cette route conserve la même direction. Ob peut « même, au dire de quelques voyageurs, en observer la eona tinuation près de Caxamarca, à çmt vingt lieues ausud de a TÀssuay, et l'on a été porté à en conclure qu'elle établi^it <i un qhamin par les crêtes des Andes» entre Guzco et<2>iUo. « A quelque distance de ce chemin^ et à une hauteur de)i«O00 a mètres, gisent» au milieu des glaces et des neiges, le^ ruines « d'un palais qu'on croit avoir été celui de llncas Tapao- « Yupanqui, converti aujourd'hui en quelques masures noma noées los Paredones. » L'auteur ajoute : <x On s.'explique dif-
«c ficikment le choix de ce local pour une m^son de plai* « sauce, à moins que la Yne des glaces et de la neige, pendant « huit mois de Tannée, nefàt une jouis^anœ pour lesoaye- « rain qui Ta bâtie. »
Sefait-il possible qu'un souverain trouvât de la jouissance à bâtir dans une localité impraticable» pour demeurer les deux tiers de Tannée au milieu des souffrances, loin des cornmunications-et loin des populations qu'il serait appelé à gouverner? Mais ce n'est pas tout; voyons encore la suite de ces restes magnifiques que Tauteur décrit :
512. *— « En descendant le Paramo d'Assuay vers le sud, « on découvre un monument pâ^umen plus important encore» « Vlnffapika ou forteresse de Canar, C'est une coUijDte termi* €( née par une plate-forme. Là s'élève, à la hauteur de 5.à 6 c< mètres, un mur construit en grosses pierres de taille, for* « mant un ovale régulier dont le grand axe a 3S mètres de a longueur; l'intérieur de cet ovale est un terre-plain d'une « végétation charmante. Au centre de Tenceinte se trouve « une maison haute de 7 mètres et ne renfermant que deux «( appartements. Ces deux pièces, comme les édifices d'Her- « culanuro et comme tous les monumentsdu Pérou, n'avaient « point de fenêtres dans l'origine...»
c( Les pierres du monument du Canar sont d'un porphyre « trapéen d'une grande diwreté, enchâfssant du felèspath vicr treux et de Tamphibolé.... »
L'auteur ajoute encore : « Bouguer et La Condamine ont « vu, dans des temples d'Incas, des mufles d'animaux en por-c< phyre, avec des anneaux mobiles de la même pierre qui c( leur traversaient les narines.. *.
c< Au pied de ta colline, dans an lieu retiré et i^ous un ber^ « ceau d'arbres touffus, sur Tune des faces du rocher, est a tracée une suite de cercles concentriques représentant « Timage du soleil, avec des traits effacés qui semblent in-
« diquer des yeux et une bouche. D*après les indigènes, ce « serait là un monument de création divine, auquel la main « de l'homme n'aurait rien ajouté, »
543. — Remarquons la profusion du porphyre dans ces monuments de rAmèrique; l'Asie et TÉgypie nous présentent également en porphyre la plupart de leurs anciens monuments.
544. — Une déduction fort simple prouvera aussi que ces restes ne sont pas l'œuvre des Incas , mais qu'ils sont d'une origine bien antérieure. D'abord tous ces vestiges se présentaient au moment de Tin vasion espagnole dans le même état où on les voit aujourd'hui (sauf quelques-uns des monuments qui ont été altérés depuis par les bâtisses des Européens). Ensuite, tous ces restes se trouvaient. et se trouvent toujours au-dessous du sol; il n'y a que de rares exceptions, comme le palais du Canar, cité ci-dessus, qui même ne sort que de quelques mètres à la surface. Si l'on fait la comparaison des ruines de Thèbes, qui pourtant datent de plusde 4600 ans, où l'on voit encore sur pied des milliers de colonnes, d'ares, de sta^tues, d'obélisques, etc., etc., malgré la dévastation de^ Turcs, on se demandera s'il est possible de supposeif que les ruines de l'Amérique , qu'on rencontre dans un état mille fois plus désolant, puissent avoir été des coustruclions récentes, habitées par les Incas, qui étaient en grande prospérité au nioment même de la conquête. Non, certes;. les iRicas au^raienl p^résenté ces i9oaument&> s'ils avaieat été construits p^r^K , daj^^ un parfait é^,. et quand :môme> <je nm nfi)f^mlif^ ^uppq^JWe, les, EwQp^ei)s Jie^ aurRiwt négligés f t ^aijf}Qnûé.s , ite n'au-^ ^ raient ^u> entroîS; sièclciSj ^ulemjpati to^i^r d^njSf, jiiuqé^^ de* dégradation?!, beaii/çouppiiiSi^^ ;^>Tbèl»ft< t
545. ^^ On demàndeira pôi^^quoi lea^fiies^, qili pdssèHiiienl tant de richesses^ n'ont pas rétabli des' anerëns mbnumenis. Il Cî^t feidle de comprendre que les peuples ayant été disiper-
FORMATION DE L'aMÉRIQUE. 333
ses par le cataclysme du déluge , ceux qui se sont trouvés dans le nouveau continent Tout parcouru de droite et de gauche, au nord et au sud, pour se . reconnaître ; il aura fallu plusieurs générations avant d'arriver à pouvoir former de nouvelles nations; en attendant, les arts négligés furent perdus; les usages furent complètement changés. De nouveaux hommes inventent de nouvelles choses sans s'inquiéter des anciennes; qui sait combien de fois ces peuples ont passé de l'état social à l'état isolé , pour revenir à des réunions complètement différentes? Sans doute, les Incas avaient beaucoup d'or , puisqu'ils possédaient des mines abondantes de ce métal, mais sans lui donner la valeur que nous y attachons ; pour eux, ce n'était pas une monnaie, mais un simple métal bon pour les décorations de luxe.
• Les teiïiplès et lès habitations âé» chefs étaient Jeurs seuls édifices; la plupart des maisons n'étaient construites que d'arbres et couvertes de branchés.
548.-^ Nous pourrions encore indiquer les immenses ruines découvertes flans le Mexique , au milieu de ses vastes forêts , et ignorées pendant trois siècles ; car c'est seulement en 1787 que le capitaine Del-Rio et \lonzo dé Calderon, pour la première fois, rencontrèrent sur leur passage les grands décombres de l'ancienne ville de Colhuacan, depuis lors nommés les ruines de Palenque, dessinés sur les lieux par le capitaïneDupaix. La ville de Colhtiacan , située non loin du Mlcol, affluent du TirHja, parait, autant qu'on peut l'établir à l'aépéet de ses ruines, avoir eu de«ept à* huit lieues de -tour. Dàn& cette étendue désolée , «on distingue des vestiges de* temples, diès' têtes, des sculptures mutilées, des fortifications , tles tombeaux , des pyramides, des aquedûCs, ete^; tous ces débris sôïift dans un état plu§ dévasté et avec une apparence plus ancîenne^uetes ruines de Tbèbes ^ encore ex;istant6s sur pied. Les morceaux les mieux conservés, en fait de pyramides, seirouvenià Te-
huantepec, avec des hiéroglyphes à peu près pareils à ceux^ d'Egypte.
Si nous avons fixé nos observations de préférence sur les mines monumentales de la Colombie , c'est à cause de la position géograpbiquement coûcastrée, ou pour mieux dire resserrée, de ces ruines; car à Taspect de leur emplacement actuel, toute idée de leur construction récente doit disparaître*