CHAPITRE XXIX
Formation de l’Amérique.
Sommaire. — Noé dans son arche, 50/i. — Sortie de l’arche, 505. — Réduction de la circonférence de la terre, 506. — Cristallisation, crevasses, effets des explosions volcaniques, 507. — Action de l’équilibre, 508. — Séparation des masses, 509. — La grande crevasse, 510. — Formation définitive de l'Amérique , 511. — Formation des iles, 512.
— Explication des effets produits, 513. — Combinaisons physiques du déplacement des continents, 51é. — Double objection, 515. — Action delà pluie; ses conséquences, 516. — Preuve que l’Amérique n’a point subi d’inondation universelle, 517. — Avantage du cataclysme pour l’ancien monde; formation de la Méditerranée, 518. — Les iles de l'Asie et l’Océan pacifique, 519. — Séparation des Iles Britanniques et de l’Islande, 520. — Représentation du globe avant et après la séparation,
504. — Noé, entré dans l’arche, selon les Écritures, le 25 novembre de l’an 1656 de la création du monde ou d’Adam, voit son arche s’arrêter sur le mont Ararat, en Arménie, le dix-septième jour du septième mois après son entrée.
Le premier jour du dixième mois, les montagnes commencent à présenter leurs sommets; cent dix jours après, Noé lit sortir un corbeau qui ne revint pas (Gen. VIII, v. 6, 7); sept
FORMATION DE ^AMÉRIQUE
jours après, il fait sortir une colombe, qui revient. Au bout de sept autres jours, il la fait encore sortir; elle rentre sur le soir portant un rameau d'olivier dont les feuilles étaient toutes t’erfes(Gen.VM, v. 1 1); il attendit néanmoins encore sept jours, et il envoya une troisième fois la colombe, qui ne revint plus.
Le rameau de feuilles vertes prouve évidemment que toutes les plantes n’étaient pas détruites et qu’il y en avait même en pleine vigueur. La colombe qui n’est plus revenue nous indique également qu’elle a trouvé des êtres de son espèce, auxquels elle s’est réunie.
505. — Noé sortit de l’arche l’an 601 de son âge, le 27* jour du second mois, qui répond à décembre. Ainsi il y est demeuré, d’après Moïse, un an et dix jours, savoir :
jours. mois.
17“' jour du premier mois , entrée dans l’arche. ... » »
17"' jour du 7”' mois, les eaux commencent à baisser. 180 = 6
1" jour du 11"' mois, les montagnes se découvrent. 104 = 3.14
1" jour du 1" mois, Noé lève la couverture de l’arche. 30 = 1
27"' jour du second mois 56 = 1.26
jours. mois.
Total (1) 370 = 12.10
Son premier soin fut naturellement de dresser un autel au Seigneur, qui l’avait conservé avec sa famille pendant une année dans l’arche; et, après l’holocauste des animaux les plus précieux, il lit sortir tous les autres animaux, auxquels il donna la liberté des champs. Il considéra ensuite le beau pays
(1) L’année de 360 jours, qui était conforme au mouvement du soleil en rapport avec la terre avant le déluge , cessa de l’élre après ce cataclysme.
Les Chinois , dès le temps d'Yao, contemporain de Noé , complaient l’année astronomique ou solaire, de 365 jours et 6 heures ; telle est notre année julienne.
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qui l’enlourait, et se disposa à l’habiter et à en jouir avec les sept autres membres de sa famille.
Mais avant d’entrer dans les détails relatifs à l’homme et à ses œuvres, il est nécessaire de porter nos regards sur la physionomie que présente notre globe après le cataclysme qui a changé les formes de la terre.
506. — Nous avons laissé notre planète, à la fin du cinquième jour, avec une circonférence de 12,000 lieues, et nous la trouvons, après le cataclysme du déluge universel, réduite à 9,000 lieues, telle qu’elle est à peu près aujourd’hui.
507. — Si le grand cataclysme du cinquième jour a été différent des cataclysmes antérieurs, c’était, ainsi que nous l’avons expliqué, parce que la matière terrestre se trouvait alors plus dure et plus dense qu’ auparavant. En effet, dans le cours de la cinquième journée, la terre s’était endurcie de plus en plus, au point de se cristalliser en beaucoup d’endroits. Par suite de cette cristallisation, au moment du cataclysme qui a marqué la fin du cinquième jour, elle s’est brisée en ouvrant des crevasses et en détachant de sa masse, soit en long, soit en large, certaines parties de l’aride.
Ce dernier résultat s’est manifesté, au cataclysme du déluge universel, partout où les explosions et les vapeurs partant de l’intérieur rencontraient les crevasses précédentes, propres à leur donner les passages qui leur étaient nécessaires. Les masses qui se détachèrent alors, et qui sont restées séparées depuis, devaient s’éloigner encore davantage lors du dernier cataclysme, celui du déluge universel, en raison de la nouvelle impulsion et de la force énergique imprimée par les nombreux volcans qui repoussaient les fragments superficiels du globe. L’éloignement de ces masses devait aussi être subordonné à la puissance expansive de ces volcans, qui, en les repoussant, les accompagnaient à leur nouvelle destination.
FORMATION DE L’AMÉRIQUE
508. — Nous le répétons, tant que le globe était resté d’une nature moins molle et pâteuse, la masse avait pu demeurer unie, sa malléabilité lui permettant de se prêter sans effort aux exigences d’un juste équilibre ; mais lorsque cette masse s’est endurcie, et en partie cristallisée, il ne lui fut plus possible de céder ni de se déformer, à moins de se briser, comme le verre, qui se brise mais ne plie pas.
Lorsque le durcissement qui s’opérait dans l’intérieur par l’action du feu eut entassé les minéraux d’un côté, et produit ainsi sur ce point un poids excessif, il fallut, pour conserver l’équilibre, donner un contrepoids à la partie affaiblie. Nous avons vu comment cela s’était opéré aux jours précédents ; mais le moment était venu où cet équilibre ne pouvant plus s’obtenir par un mouvement à l’intérieur, dut nécessairement s’effectuer par une séparation de la terre à l’extérieur.