CHAPITRE XXXIV
Compte courant de l'Homme avec la Terre.
Sommaire. — Impossibilité de calculer le nombre d’hommes antérieurs à Adam, et même antérieurs au déluge, 608. — Premiers descendants de Noé, 609. — Population du monde dès le premier siècle après le déluge, 610. — Réduction concédée pour le calçul, 611. — Statistiques reconnues comme exactes, 612. — Total des hommes Commis jusqu’en 1858 par les générations successives , 613. — Première conséquence de ce résultat, 614- — Deuxième conséquence, 615. — Couche de matières fournies par les corps , 616. — Consommation faite par l’espèce humaine ,617. — Restitution et tribut de l’homme en faveur de la terre , 618. — Matières fournies par l’homme durant sa vie, 619. — Idée de la somme de matières fournies par tous les êtres , 620. — Loi de la création, 621, 622.
608. — Pour savoir la quantité d’émanations sorties du règne animal et la quantité d’air qu’il a reçue en échange, il n’y a que l’homme encore qui puisse nous le dire. Cependant, demander le nombre d’hommes qui ont paru sur la terre à la cinquième époque, ou avant Adam, ce serait nous forcer à faire en réponse une hypothèse trop vague; nous ne l’entreprendrions pas, faute d’éléments pour un calcul de chiffres.
Il serait également impossible de dresser une statistique du nombre d’hommes qui ont existé depuis Adam jusqu’au cataclysme du déluge universel.
A l’égard de ces temps éloignés, nous devons nous contenter d’apprendre, par l’histoire et par la composition géologique de la terre, que notre globe a été, dès la plus haute antiquité, peuplé par la race humaine, qui était déjà très-avancée dans les sciences et les arts; il nous en reste pour preuve des monuments qui attestent un grand savoir et un goût artistique déjà développé.
Pour ce qui est moderne, comme la sixième époque, qui s’étend depuis Noé jusqu’à nos jours, nous pouvons, avec une exactitude approximative, en faire l’objet d’un compte qui aura une base assez solide.
609. — Noé sortit de l'arche le vingt-septième jour du second mois, qui correspond, selon l’Écriture sainte, à l’année 3,043 avant J.-C.
Sem, son (ils, premier patriarche après le déluge, était alors âgé de 100 ans; il engendra, deux ans après, Arphaxad, deuxième patriarche, 3,041 ans avant l’ère chrétienne, selon le texte hébreu samaritain, et 2,346 ans seulement, suivant le texte hébreu ordinaire et la version latine nommée la Vulgate.
Par les documents historiques de l’Égypte, on découvre que Mesraïmou Menés, fils de Chain, a établi la royauté en Égypte l’an 2,965 avant J.-C.; que l’an 2,903 Menés est mort en laissant l’Égypte partagée en quatre États, savoir : celui de Thèbesou de la Haute-Égypte, celui de la Basse-Égypte, celui de This et celui de Memphis (1).
Ces dates correspondent, en effet, avec la suite des événements historiques, puisque l’an 2,776 se trouve Héber, quatrième patriarche, et déjà s’élevait la ville ou la tour de Babel, qui a marqué l’époque de la Confusion des langues. (Genèse, XI, v. 9.)
Les Écritures disent aussi que l’an 2,715 avant J.-C., les antiquités de Tyr ou de Phénicie commencèrent, selon le rapport de ses prêtres à Hérodote. ( Hist ., lib. I.)
Noé meurt âgé de 950 ans, donc 350 après sa sortie de l’arche, l’an 2,693 avant J.-C., et le texte hébreu vulgaire affirme que Noé avant sa mort avait vu la confusion des langues et la dispersion des peuples, ou le partage que ses fils
(I) Abrégé chronologique de l’Histoire universelle , ancienne et moderne , par Lenglel Dufresnoy . Paris, 1823, t. t, page 64.