‹ La création et ses mystères dévoilés ouvrage où l'on expose clairement la nature de tous les etres, les éléments dont ils sont composés et leurs rapports avec le globe et les astres, la nature et la situation du feu du soleil, l'origine de l'Amérique, et de ses habitants primitifs, la formation forcée de nouvelles planChapitre 130 sur 168 · CT · texte numérisé non relu

CT

(1) C’est la chronologie d’Ussérius ; mais d'après l’3r< de vérifier les dates, on compte 4963 ans, autant dire 5000 ans ou 50 siècles, nombre généralement admis aujourd’hui en France , dans les écoles de l’Université, ce qui porterait le nombre total à 6821 ans.

SIXIÈME ÉPOyUE.

Les 214 milliards d’hommes calculés plus haul, et trépassés depuis le déluge jusqu’à nos jours, si on pouvaitles placer l’un à côté de l'autre, couvriraient de leurs cadavres toute la surface de la terre habitée.

615. — Si ces 214 milliards d’hommes étaient placés debout, l’un sur la tête de l’autre, chacun ayant en moyenne 5 pieds et demi de taille, ils formeraient une colonne de 1,177,000,000,000 de pieds, soit 392,000,000,000 de mètres, ou 98 millions de lieues en hauteur.

Or, comme la terre n’est qu’à 34 millions de lieues du soleil, il s’ensuit que le tiers environ des hommes morts suffirait pour former une échelle et aller se promener dans le soleil, et que la totalité de la colonne nous porterait peutêtre dans quelque planète d’une autre constellation.

616. — Ces214 milliards de cadavres ont été bien incontestablement enterrés, et quoique répartis dans les différentes contrées du globe, ils ont fourni, en moyenne, la valeur d’un mètre d’épaisseur en substance humaine sur toute l’étendue de la terre; ce qui équivaut à une couche de cette épaisseur (1 mètre, ou 3 pieds) qui aurait couvert la terre ou y aurait pénétré.

Et encore c’est le moins que l’homme ait donné; c’est seulement là son dernier legs, son testament, car c’est à sa mort qu’il a légué son cadavre à la terre; mais il lui a donné bien plus de son vivant, ainsi que nous allons le voir, par l'entrée et la sortie des matières qui ont parcouru ses viscères.

617. — Un homme ou une femme, en état de santé, en pleine vigueur, mange chaque jour au moins un kilogramme et demi de nourriture solide, et boit un et demi à deux litres de liquide.

En étal de maladie, il y a naturellement une diminution proportionnelle jusqu’au quart de cette quantité.

COMPTE COURANT DE l’ HO MME. 377

Nous aurions droit de calculer sur l’état le plus robuste, puisque nous ne prenons que 25 ans, qui sont l’âge le plus solide dans le compte des générations; mais pour faire toute concession possible, nous resterons dans le terme moyen de un kilogramme de solide et un litre de liquide par tête, et nous trouverons que le genre humain consomme un milliard de kilogrammes de solide et un milliard de litres de liquide au minimum par jour, matières qu’il reçoit de la terre, c'est-àdire du règne animal et du règne végétal.

618. — Mais cette quantité de matières dont l’homme devient débiteur envers la terre, il ne l'a pas prise exclusivement à la terre, si ce n’est en faible partie; car les plantes et les animaux qu’il a mangés s’étaient formés par eux-mêmes, avec l’aide de la terre, il est vrai, mais sans diminution proportionnelle de celle-ci, puisque l’accroissement, en chair et en os des uns, en feuilles et en fruits des autres, a été l’effet extérieur du concours de l’air, entièrement étranger à la terre, et de la chaleur externe, dont le sol ne fournit qu’une faible portion.

Par conséquent, ce que l’homme va rendre à la terre, ainsi que nous allons l’expliquer dans l’article suivant, est un tribut et non pas une restitution. Ce tribut apporte positivement à la terre une augmentation de matières qu’elle ne possédait pas auparavant.

Et ici observons encore que la terre, tout en recevant la prodigieuse quantité de nouvelles matières que nous allons reconnaître, n’augmente pas son volume ; elle ne garde que le plus solide, le plus nécessaire; toute la partie modiliée retourne en vapeurs à l’atmosphère, qui, de son côté, le transmet à l’espace. Yoilà comment se forment les masses de molécules superflues et vagabondes dont nous avons rendu compte au début de cet ouvrage.

Observons aussi, en passant, une analogie de correspon-

Page 1