CHAPITRE XXXV
Origine du langage. — Clauses de la diversité des Langues , desjldlômes et des Physionomies.
Sommaire. — Premiers besoins de l’enfant, 623. — Opinion des savants sur l’origine des langues; Court de Gebelin, 624. — Notre opinion sur ce sujet , 625. — Premier cri universel de l’enfant , 626. — Langage do signes; création des premiers mots, 627. — Langue do famille, 628. — Multiplicité de ces langues , 629. — Relations des familles entre elles, 630. — Formation de la langue d'une nation, 631. — Diversité de la prononciation des mots , 632. — Diversité des organes vocaux et des physionomies , 6S3. — Causes de cette diversité , 034 ,
623. — Après que le germe infiniment petit de l’être humain a été déposé dans le sein de la femme, et s’est développé pendant neuf mois, l’embryon, ou plutôt le fœtus, se présente au monde sous la forme d’un enfant parfaitement conformé.
Cet enfant, à ce moment, ne possède encore d’autres facultés que l’instinct de manger, et cet instinct lui fait chercher aussitôt la mamelle de sa mère, comme si depuis longtemps il l’eût connue; mais, quoique cet être, nouveau venu, ne possède ni la pensée, ni l’intelligence, ni la parole, il a en lui toutes ces qualités, car elles étaient renfermées dans le germe infiniment petit qui l’a créé ; elles existent et vont se développer peu à peu dans son cerveau, comme son corps s’est développé peu à peu dans le sein de sa mère.
C’est ainsi qu’un rosier, dont la semence a produit le rameau sur lequel va s’épanouir la rose, avait dans le germe de cette semence le principe des couleurs, du parfum, en un mot, de la formation complète de la rose.