CAUSES DE LA VARIÉTÉ DES PHYSIONOMIES
633. — A quoi doit-on attribuer la différence infinie des accents dans la prononciation naturelle d’un même mot , sortant du gosier d’un homme ?
On doit l’attribuer à cette grande loi générale de la nature qui varie tout ce qu'elle produit.
Comme il y a une différence dans les physionomies, dans les visages de tous les individus de l’espèce humaine, c’est-àdire dans tout-le milliard des êtres composant la population du globe, puisqu’il n’y a pas deux ligures, deux physionomies, deux tempéraments identiquement pareils, il est bien naturel que les organes de la voix, et par suite l’accent , présentent également de la différence.
Cette loi géuérale ne s’applique pas seulement à l’homme et à la femme, elle s’observe dans tout le règne animal et même végétal : on ne trouvera jamais, nulle part, deux êtres identiquement semblables ; les arbres sont couverts de milliers de feuilles, toutes nées des branches d’un tronc unique, eh bien! on ne trouvera pas sur un même arbre, ni sur une même branche, deux feuilles exactement pareilles ; il y aura toujours quelque différence entre elles.
Il était donc impossible que la parole et l’accent fussent uniformes chez les hommes.