‹ La création et ses mystères dévoilés ouvrage où l'on expose clairement la nature de tous les etres, les éléments dont ils sont composés et leurs rapports avec le globe et les astres, la nature et la situation du feu du soleil, l'origine de l'Amérique, et de ses habitants primitifs, la formation forcée de nouvelles planChapitre 150 sur 168 · CAUSES · texte numérisé non relu

CAUSES

698. — Maintenant, voyons les causes qui attirent sur l’homme le fluide pernicieux, origine de ses malheurs.

L’homme ne s’est pas encore aperçu qu’il y a, dans l’ordre moral, une sorte d’affinité intime qui fait commuuiquer le mal ou le bien général de l’individu à l’espèce entière, et réciproquement.

Cette observation a échappé jusqu’à présent à la pénétration des moralistes, et cependant rien n’est plus réel.

L’homme riche se persuade qu’attendu qu’il possède une grande fortune, il est à l’abri du malheur; il voit les pauvres, il les plaint, il leur donne aussi peut-être quelques secours, et voilà tout; croyant avoir accompli sa tâche, il dit: «J’ai fait ce que j’ai pu, » et il se pose en philanthrope.

Mais la elasse nombreuse des pauvres et des êtres souffrants a les mêmes besoins (sauf le luxe) qu’a la classe plus restreinte des hommes riches; si la classe nombreuse ne peut pas satisfaire ces besoins impérieux, qui sont ceux de son existence, elle doit souffrir ; cette souffrance aiguë s’étend sur une multitude d’êtres qui forment la grande majorité de la population vivante; cette sou ffrance intime du cœur de l’homme est magnétique et électrique ; elle se communique, et, comme une contagion, elle passe dans l’àme de l’homme riche, qui, par contre-coup, souffre à sou tour.

Lasouffrance du riche, sans doute, n’est pas de la même nature que la souffrance du pauvre; le riche peut obtenir ce qu’il veut avec son argent ; la souffrance qui s’est glissée pur eontagiou dans son âme sera d’une nature toute différeute, mais la misère intime sera la même.

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699. — On connaît la contagion du corps : on sait que la peste, le eholéra-morbus, et toute autre épidémie, se communiquent même sans l’attouchement ; il suffit de respirer quelques atomes de cet air corrompu ; l’effet de cette sorte de contagion grossière et violente est le rapide développement de la* maladie, et généralement la mort en est la conséquence.

L’haleine est également contagieuse ; mais, plus subtile, elle transmet ses atômes bons ou mauvais à la personne qui l’a respirée; c’est ce qui arrive très-souvent et même journellement ; bien plus, cela se passe forcément. Partout où il y a agglomération de peuple, l’air local est insuffisant pour la respiration; or, comme les poumons doivent constamment fonctionner, ils reçoivent forcément Pair ambiant de quelque nature qu’il soit ; par conséquent, les hommes, quand ils sont réunis, aspirent l'haleine les uns des autres.

700 Les malheureux entassés dans leurs petites maisons, où le père, la mère et les enfants n’ont tous ensemble bien souvent qu’une seule chambre qui sert à tous les services, avalent jour et nuit une haleine empoisonnée par la respiration commune; de là la tristesse, les chagrins, les soucis et la misère matérielle se transmettent du père aux enfants, en s’incorporant dans les viscères, dans le sang, dans l’esprit même, et ces misères, dont la racine s’est ainsi inoculée et se développe avec l’accroissement de l’individu, feront ressentir leur effet matériel et moral pendant toute la durée de la vie.

Dans le courant de la vie, cette génération, ces enfants devenus hommes, habitués aux privations, aux chagrins, à l’air corrompu, n’y sont pas trop sensibles; mais il n’est pas moins vrai que leur sang est vicié, que leurs exhalaisons seront corrompues, et que la corruption ira croissant chaque fois qu’une nouvelle privation et de nouveaux

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chagrins attristeront les instants de leur pénible existence (1).

L’haleine et les exhalaisons de ces êtres entraîneront nécessairement ces propriétés; puis celte haleine, ces exhalaisons, (tasseront dans le sang et influeront sur l’âme de tout autre individu qui, par une cause ou l’autre, se trouvera de près ou de loin contraint de les avaler, et l'air ne manque pas de les transmettre à tout le monde.

701. — Or, la classe riche fréquente les assemblées, les concerts, les théâtres, les églises, etc. Les réunions y sont habituellement assez nombreuses, et par conséquent hors de proportion avec l’air existant dans l’atmosphère de la salle, dans le théâtre ou dans l’église, etc. Donc l'halcine sortie de leur bouche remplace l’air pur. Au bout de peu d'instants, cet air n’est plus le même; on avale alors les évaporations et les haleines des antres. Comme, chez tous, le sang est déjà plus ou moins imprégné de l’air vicié dont nous signalons l’origine à l’article précédent, et comme toujours et partout des hommes de la classe indiquée sont nécessaires aux services du local, il s’ensuit qu’il est impossible d’échapper entièrement à la contagion de la misère et des sentiments dégradés des êtres souffrants, comme il serait impossible d’éviter la contagion d'une peste si on respirait l’haleine des pestiférés dans leur appartement.

Ainsi la tristesse et les peines que souffre la grande classe de la population viennent forcément corrompre le sang, le cœur et les sentiments des hommes qui croient s’en tenir à distance ou être à l’abri du contact de la misère humaine

(1) Dans ce tableau figuré nous représentons la situation la plus ordinaire; nous passons, sans rien dire, sur les effets primitifs, inévitables, dérivés d’un sang Acre, vicié, et d’une position malheureuse qui , en outre du besoin, fait pencher les garçons vers les désordres de l’immoralité, les pousse au vol, et les filles à la prostitution.

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par l'effet de leur position plus indépendante et plus élevée.

702. — Mais il y a plus encore : la contagion est positive, même en dehors des causes indiquées aux articles qui précèdent.

La contagion de la corruption du sang et de l’esprit se communique, en outre, par ce que nous appellerons le poids des fluides. Il y a le fluide matériel et le fluide moral : le malé-riel est celui que nous venons de spécifier, qui s’infiltre par l'haleine; le fluide moral est celui qui se transmet par la pensée, et sur ce terrain, l’homme riche fait une ample récolte et absorbe énormément plus qu’il ne le suppose de la misère de l’homme malheureux.

En effet, le pauvre, qui n’a d’autre ressource que de gagner son pain parle travail que le riche lui procure, l’homme d’affaires qui attend ses profits spéculatifs de l’homme riche, ont sans cesse leurs pensées et leurs vœux tournés vers lui. Le fluide moral, qui est comme l’e»serice de la pensée, suit la même direction, et par conséquent aussi l’essence du malheur et de la misère se réfléchit sur le riche, comme se réfléchit la chaleur qui frappe une muraille et qui transmet son effet sur le visage quand on regarde en face cette muraille, ou, si l’on veut, comme le soleil qui frappe la terre et fait rejaillir sa lumière sur la lune.

703. — Bien que le fluide soit ainsi directement adressé par la pensée du pauvre ou de l’être souffrant au riche, celui-ci sollicite lui-même ce fluide par une sorte d’attraction provenant de ses propres désirs ; car, vaniteux comme il l’esl de sa position, son amour-propre s’en trouve surexcité. Cet amour-propre n'est autre chose que le désir de faire parler de lui, d’acquérir de la gloire, d’avoir de la réputation, d’entendre prononcer son nom et faire son portrait par le plus grand nombre de bouches possible. Donc, son désir, son fluide

l’homme moral.

expectant, recherche et attire celui que le malheureux lui avait déjà adressé. Ces deux fluides s’affinent , pour ainsi dire, et s’amalgament.

On nous dira qu’on ne voit pas ces fluides; nous répondrons qu’on ne voit pas non plus dans un œuf de poule, composé d’un jaune et d’un blanc, la moindre trace ni de sang, ni de plumes, ni de libres musculaires, et cependant tout cela existe et paraît à nos yeux dès que l’œuf a été échauffé par la poule ou même par une chaleur artificielle.

La nature, dans sa sagesse, cache à notre vue trop grossière les objets infiniment petits ; mais elle ne refuse pas les preuves de ce qu’elle produit, et le magnétisme animal, qui est reconnu par la science, nous fournit la preuve irréfragable de la correspondance des fluides de l’homme à l'homme.

704. — La nature n’a donné à l’homme que cinq sens : la vue, l’odorat, le tact, l'ouïe et le goût; les femmes en admettent up sixième, c’est celui qui est relatif au sentiment de l’amour; dans ce cas, les six sens seraient en rapport avec le nombre des jours de la création.

Il est réservé probablement aux hommes de la septième journée d’avoir un septième sens, dont nous ne saurions anticiper le nom, mais qui aurait la propriété de faire percevoir les fluides moral et matériel qui existent immanquablement et qui fonctionnent, comme fonctionne l’odeur, dont nous ne voyons aucunes molécules, mais qui frappe immédiatement notre odorat, dès que nous entrons dans sa sphère d’émanations.

705. — He l’aspiration des fluides provenant des classes malheureuses, il s’établit uu germe dans les viscères de l’homme riche; le premier effet de ce germe est un malaise dont il ne se rend pas compte, une espèce de mécontentement moral, ou un désir qui le |iousse insensiblement à une passion; alors

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ce sera sur cette passion que se développera toute la force du fluide pernicieux.

Il y a mille sortes dépassions ; nous ne parlons pas des plus ignobles, qui sont les plus communes; seulement, pour satisfaire sa passion morale ou physique, l’homme fera tout; il oubliera même qu’il est homme!

706. — Dans le cadre ordinaire de la vie humaine, ce qui domine le plus, c’est la vanité, l’orgueil, le désir effréné de surpasser ceux qui nous entourent, de paraître plus riches, plus considérés, plus vaillants ; c’est l’indice instinctif que chaque homme sent qu’il est encore sur une échelle inférieure. Il cherche à monter, et quand même il a réussi à obtenir l’accomplissement de ses vœux, il n’est pas satisfait ; son cœur désire encore; il est peut-être plus malheureux qu’auparavant; il a surtout des reproches à se faire, des remords à expier, et il marche vers la tombe convaincu qu’avec toute sa gloire et ses richesses acquises aux dépens des autres, il n’obtiendra de la terre que le mélange de ses cendres avec les cendres des hommes qu’il aura le plus cruellement offensés durant sa mortelle carrière. El en partant il laisse deux testaments: l’un, à sa connaissance, affecte ses biens à ses héritiers; l’autre, auquel sans doute il n’a jamais songé, et qu’il leur laisse également, c’est son fluide moral pernicieux, qui, s’inoculant dans ses héritiers, va combattre et probablement détruire le bienêtre que pourrait leur procurer l’héritage de ses richesses matérielles.

707. — II est donc clair comme le jour que les passions des hommes, les vices des tempéraments, les maux qui en sont la conséquence ont leur origine dans l’espèce elle-même : le point de départ, la première source vient de la misère de la majorité des pauvres et des êtres souffrants, dont les fluides sont forcément attirés, absorbés par la minorité, c’est-à-dire par la classe aisée, sans que celle-ci s’en aperçoive.

l’homme moral.

Cette vérité est effrayante si on la considère attentivement; et, après mûre réflexion, est-ce que l’homme riche n’aimerait pas mieux être un peu moins riche et sortir de cet esclavage du fluide qui le tient enveloppé, comprimé, qui assujettit son existence et même celle de ses enfants?

Nous allons encore lui donner quelques preuves de cette terrible vérité.

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