‹ La création et ses mystères dévoilés ouvrage où l'on expose clairement la nature de tous les etres, les éléments dont ils sont composés et leurs rapports avec le globe et les astres, la nature et la situation du feu du soleil, l'origine de l'Amérique, et de ses habitants primitifs, la formation forcée de nouvelles planChapitre 163 sur 168 · LES PREA DA MITES · texte numérisé non relu

LES PREA DA MITES

Un théologien, qui ne s’est pas nommé, a publié en 1655 (1), en latin, un ouvrage qu’il a intitulé Præadamitæ (les Préadamiles) dans lequel il induit de certains versets tirés d’une épitre de saint Paul : qu’il existait des hommes avant Adam; qu’Adam n’a dônc pas été le premier homme créé. Il soutient que celte croyance n’est point contraire à la doctrine chrétienne ni au récit de la Genèse; loin de là, elle éclaire l’une et l’autre et s’accorde avec les histoires et les monuments des nations (2).

Le même auteur soutient aussi que le déluge n’a été universel que pour les contrées habitées par les descendants d’Adam, qui sont le peuple juif (3); qu’il y avait des historiens avant Moïse; que celui-ci n’a écrit que l’histoire, non des premiers hommes, mais des premiers v Juifs; que l’arche de Noë ne fut pas le premier vaisseau qu’on eût construit, ni la vigne qu’il planta, la première qu’on eût plantée, etc.

Note S. — N° 487 , page *®3.

Le texte hébreu porte, suivant dom Calmet (Commentaire sur la Genèse, ch. VI, p. 152) : « 11 y avait dès le commencement des géants sur la terre; et il y en eut aussi depuis que les enfants de Dieu s’allièrent avec les filles des hommes. »

(1) Son ouvrage existe à la bibliothèque impériale de Paris.

(1) Statuera primos homiocs creatos sale Adamum neque officere doctrinœ Christian» , neque hi&to* riæ Genescos, imô utraroque illucidare, congruere omniuô cum historhs et monumenlis gentium.

(3) Diluvium noacicum non fulase effusum super universum terrarum» sed super terram Judæorutn, ut Judieo* perderct, non ut omnes homine* obruerct.

NOTES

« C’esi dans ce sens que l’ont entendu les Septante et les autres interprètes anciens et nouveaux. Saint Augustin croit que Moïse veut marquer qu’avantees mariages, il y avait déjà des géants; mais qu'ils se multiplièrent beaucoup après, et qu’ils étaient bien plus fréquents avant le déluge qu’ils ne le furent depuis.

« Quelques auteurs, anciens et nouveaux, se sont figuré qu’il n’y avait jamais eu de géants d’une hauteur aussi extraordinaire qu’on se l'imagine ; que les géants étaient des hommes d’une stature et d’une taille avantageuse, mais non pas beaucoup au-dessus de la commune. C’étaient des hommes qui se rendirent célèbres parleur (ierté et par leurs violences, comme autrefois un géant fabuleux dont parlent les poètes. Ces auteurs rejettent les histoires où l’on parle des os de géants trouvés sous la terre; ils soutiennent que ce sont des os ordinaires qui se sont pétrifiés et grossis dans les cavernes, ou des os de quelques autres animaux , ou enfin des os fossiles que la terre a formés par hasard dans son sein, comme elle y forme quelquefois des pierres d’une forme qui nous surprend. Us avancent que la nature ne peut jamais faire de si grands efforts dans la production d’aucun homme, qu'elle lui donne (c’est-à-dire, que de lui donner) deux ou trois fois la hauteur d’un homme ordinaire. Ainsi, quand on avouerait que les hommes d’avant le déluge auraient eu pour l’ordinaire 40 ou 42, ou même 15 pieds de hauteur, on ne pourrait pas raisonnablement soutenir qu’extraordinairement ils aient pu aller jusqu’à 30 ou 40, ou môme 60 pieds; ee qu’on est pourtant obligé de dire si l’on veut soutenir les histoires (voyez Pline, liv. vu, ch. 46) qu’on rapporte des géants trouvés sous terre. Par exemple, celui (celle) du géant Alitée trouvé par Sertorius, de la hauteur de 60 coudées (30 mètres); ou cette tête trouvée sur le mont Ida, grosse trois fois comme les têtes ordinaires.

« Il est aisé, continue dom Calmet, de réfuter ce sentiment : t» par l’Écriture, qui parle de géants comme des hommes d’une grandeur démesurée; qui décrit même jusqu’où allait 1a grandeur de leur taille, et cela dans un temps où les corps devaient être fort diminués aussi

bien que l’âge des hommes Quand on avancerait que les géants

d’avant le déluge étaient quatre ou cinq fois plus grands que nous le sommes, cela serait-il plus incroyable que ce que dit l’Écriture, qu’ils vivaient dix et douze fois plus que nous? S’il n’y avait jamais eu de géants, d’où serait venue cette opinion si constante et si universellement répandue, que les premiers hommes élaienl plus forts, plus grands et vivaient plus longtemps que nous? Ce ne sont pas seulement des poètes ou des historiens trop crédules qui nous parlent des géants, les auteurs les plus judicieux et les plus exacts en parlent très-sérieusement. »

NOTES

Note T. — IN" 4»? , page 301.

Le commodore Byron, dans le récit de son voyage à la Terre de Feu, parle d’une race géante de Patagons qu’il rencontra dans les environs du port St-Julien :

« Le chef de la troupe, dit-il, d'une stature gigantesque, semblait réaliser les anciennes fables des Cyclopes. Une peau de bête jetée sur ses épaules, à la manière du plaid des montagnards écossais, laissait voir les hideuses peintures dont son corps était couvert. Un cercle blanc entourait un de ses yeux, un cercle noir entourait l’autre, et les bariolures les plus variées le couvraient des pieds à la tête. D’après le rapport de sa taille à la mienne, il devait avoir plus de sept pieds. Quand cet effroyable colosse s’avança vers moi, chacun de nous murmura quelque chose en guise de salutation. Les femmes étaient proportionnellement aussi grandes.

< La troupe des géants ne tarda pas à rejoindre son capitaine, et l’on se mit à me chanter une chanson qui m’abasourdit. Mon lieutenant, qui avait été chercher du tabac à bord , revint nous trouver pendant l’exécution de cette musique. C’était un homme de six pieds deux pouces, accoutumé à dépasser de toute la tête les hommes ordinaires, et qui, se trouvant tout à coup pygmée au milieu des géants, fut frappé d’un étonnement qui me fit rire, lin Europe, l’élévation de la taille est presque toujours achetée aux dépens de la force musculaire. Ces géants, au contraire, parfaitement bien bâtis, les épaules larges, la poitrine développée, avaient presque tous quatre ou cinq pouces de plus que les plus robustes et les plus grands d’entre nous. On peut imaginer quelles furent nos sensations quand nous nous trouvâmes au milieu de cinq cents personnages de cette espèce. »

Note II. — M° 534 , page 318.

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