LE CULTE DES EXCRÉMENTS
Ce culte paraîtra fort naturel chez des êtres dont l’intelligence n’était pas encore éveillée, quand on sait que, beaucoup plus tard, chez des nations très-civilisées, on adorait le dieu Crépitas (pet), le dieu S ter eus ou Stereulium, nom qui est exactement en latin celui de l’objet que nous avons désigné par le mot excrément.
Encore aujourd’hui, les voyageurs ont trouvé des peuples chez lesquels ce culte est en honneur. Nous avons parlé du produit de la chaise percée du Grand-Lama, au Thibet. Voici textuellement ce qu’on raconte à ce sujet : « Le Grand-Lama se lient toujours enfermé au fond « de son palais... On ne peut dire jusqu'à quel point est porté l’aveu- « glemeut de ses adorateurs; ils regardent comme une relique sacrée » et qui guérit de toutes sortes de maladies, les excréments du Dalaï « Lama. Son urine, distribuée à ces idolâtres, est un des plus consi- « dérables revenus des lamas, et le peuple en mêle quelques gouttes « avec sa nourriture. » (Contant Dorvili.b, Histoire des différents peuples du monde, tome H, page 452, édition de 1770.)
Non loin du Thibet, dans la presqu’île de l’Indo-Chine, la nation des Arrakanais rend hommage au même objet, parce qu’ils croient que
NOTES
chaque chose, quelque vile qu'elle soit, a son génie parliculier, qui, ayant une puissance quelconque, mérite, par cette raison, une sorte de culte.
On voit que c’est bien sérieusement que nous avons signalé le culte singulier qui a donné lieu à cette note.
Note U — M» 400 , page *90.