SUITE 1)U UKUSE DE L’EAU. W
jourd’hui, comprenait un espace tellement vaste, qu’il s’v produisit des myriades d’êtres dont le calcul surpasse toute imagination. Far les cataclysmes successifs, le globe s’est constamment réduit; sa circonférence a diminué et, au moment où nous écrivons, l’eau ne domine plus que sur à peu près les quatre cinquièmes de la surface. Mais la multitude des êtres ainsi que leur classement est restée, proportionnellement à son étendue, la même qu’au commencement. Nous présentons dans le tableau ci-contre la succession des diverses espèces, dans l’ordre de leur apparition , et l'espace qu’elles ont occupé et qu’elles occupent encore proportionnellement , afin qu’on puisse avoir une idée de leur importance relative.
98. — Ce tableau, qui aurait pu ne venir qu’ultérieuremeut dans un chapitre du règne animal, trouve sa place ici à cause de l’espace que l’eau a concédé à chaque race de ce règne dans son domaine; ce tableau, dressé suivant la forme circulaire du globe, représente au centre les deux cercles de capacité pro|>ortionnelle occupés aujourd’hui par l’homme et tout le règne animal; le cercle suivant est celui des oiseaux; les autres indiquent l’étendue relative de l’espace occupé par les diverses espèces d’animaux aquatiques, en s’élargissant suivant l’importance des races jusqu’à celle des polypes, qui est la plus nombreuse et la première venue.
On remarquera que le dehors du grand cercle, au-dessus des polypes, qui représente l’extérieur de toute la circonférence du globe terrestre et marin , est envahi par le règne végétal, dont les plantes sont aussi bien sous les eaux que sur la terre.
Ce tableau peut aussi donner une idée de l’étendue relative de notre planète, en considérant le grand cercle extérieur marqué n° 1 comme représentant la grandeur du globe au moment de l’apparition des premiers végétaux et animaux, et le plus petit cercle marqué n° 8 comme représentant la grandeur du globe à la 6me journée ou à notre époque actuelle.
Ce tableau représente donc les circonférences extrêmes de proportion et de réduction qu’a subies la terre.
99. — L’eau a donc un empire immense en étendue, en domination et en population; ses produits sont incalculables ; les effets de ses actions sont prodigieux; son domaine est à la fois bienfaisant et redoutable; il est de son essence d’être tranquille et calme, mais l’impulsion des courants et des vents, les actions souterraines du feu et de l’air, l’accroissement et l’agitation des animaux qu’elle contient, lui fout changer de caractère et même dénaturent sa qualité et sa couleur (1).
100. — A cette époque primordiale l’eau ne pouvait pas jouer le grand rôle qui devait lui être assigné plus tard dans les phénomènes de l’atmosphère; celle-ci étant également à son étal de formation n’avait pas encore besoin d’agir pur absorption pour reverser sur la terre et restituer à la mer la pluie et la rosée au service des règnes végétal et animal, qui jusque-là n’avaient pas paru.
La nature, dans son admirable travail, fournit en temps opportuns aux besoins de chaque être qu’elle produit, et l’enchaînement des nécessités réciproques marche selon l’agrandissement des espèces.
101. — Lorsque les végétaux et les animaux envahirent la terre, l’eau qui filtrait dans les souterrains, qui traversait les parties sèches par les ruisseaux, les rivières ou les fleuves, n’était pas suffisamment étendue pour l’entretien périodique de la vie des plantes et des animaux ; il fallait que la nature vînt au secours de ces nouveaux comparants dans toutes les localités de la terre, et elle ne manqua pas de pourvoit à l’importante fonction de l’arrosage des terres, et à la formation de certains dépôts sur les points du globe où le grand réservoir de l’Océan ne pouvait pas arriver. De là vint la création de la pluie.
(I) Voir la noie P, a la lin du volume
SUITE 1)11 RÈGNE DE J.’eAU. 1)1
102. — Dons les temps primitifs il n’y avait pas de pluie; elle aurait été inutile, et les causes de sa formation n’existaient pas encore; la terre n’émettait pas alors ces vapeurs et ces exhalaisons qui ont été depuis nécessaires aux échanges qui s’opèrent dans l’atmosphère; d’ailleurs, l’atmosphère n’était pas complètement formée; c’est plus tard, par suite de l’altération des eaux primitives et du besoin de leur purification, que s’opéra le merveilleux ouvrage de l’absorption des vapeurs et leur transformation en pluie, qui n’a commencé à tomber sur la terre qu’à la 4mc époque, lorsque le ciel, selon la Genèse , a été distingué , découvert à la terre.
103. — La pluie devait naître de la force des choses. Nous savons aujourd'hui qu’elle se forme des vapeurs qui s’exhalent du globe en s’élevant dans l’atmosphère, où elles subissent, au contact de l’air, cette admirable distillation qui sépare l’eau pure et la laisse retomber sur le globe comme si elle passait par un tamis, pour se répandre doucement et en parties égales sur la terre.
Il semble que l'empire de l’eau , dont nous nous occupons , devrait s’enrichir des quantités de pluie qui lui viennent de cette source; mais loin de là, la pluie n’ajoute rien à la masse liquide, et souvent, dans son passage d’un instant, elle occasionne des accidents plus ou moins graves , sans augmenter d’une seule goutte l’ensemble des eaux autour du globe.
104. — L’accroissement des plantes et des animaux sur la terre, ayant produit une augmentation de vapeurs, il s’en est suivi un accroissement progressif et relatif de pluies et de rosées, et il en sera réclamé encore davantage par suite de ('appauvrissement des terres et de la nécessité de réparer l’épuisement de leurs propriétés fécondantes.
On compte, de nos jours, que de la quantité de pluie qui tombe sur la terre, un sixième est absorbé par le sol; une pareille quantité est transportée par les cours d’eau , les
(i‘2 DEUXIÈME EPOQUE.
fleuves, les rivières, etc., et que le restant retourne en vapeurs.
105. — Si I ’eau, à certains moments, se montre, dans l’Océan, le plus orageux et le plus terrible ennemi du genre humain, d’un autre côté, elle prête du secours à l’humanité pour la préserver de la destruction du feu en éteignant les incendies.
Rien n’est plus obéissant à la .volonté de l’homme que cet élément lorsqu’il n’est pas influencé et maîtrisé par les caprices de l’air; il se soumet aux besoins industriels jusqu’à épuisement, se transformant en vapeurs pour donner sa force aux machines et aux bateaux, comme s’il voulait, sous la direction de l’homme, faire concurrence à la vélocité des vents.
106. — Comme le feu sépare les choses qui sont jointes, l’eau rejoint celles qui sont séparées. L’essence du feu s’évapore dans l’air, l’air se jette dans l’eau, et l’eau pénètre dans la terre, qui est le réceptacle de toutes les semences. Si l’eau ne passait et ne repassait incessamment par les conduits de la terre, le feu la consommerait. L’eau, en passant par la terre, aide à la putréfication, qui est la mère de la génération. L’eau passe à travers le feu et, en retournant sur son passage, elle attire les bitumes, les soufres et les autres propriétés minérales qu’elle reporte à la surface et qu’on emploie pour l’usage des bains ou des eaux médicinales.
107. — D’après les expériences de Cavendish, en 1784, répétées ensuite par Lavoisier, Laplace, Monge et Meunier, l’eau est formée de 85 parties (en poids) d’oxygène et de 1 5 d’hydrogène (en poids).
En faisant brûler ensemble, dans des vaisseaux clos, les deux gaz hydrogène et oxygène, dans les proportions ci-dessns, on forme une quantité d’eau égale au poids des deux gaz.
Mais ces gaz occupent un espace très considérable avant leur combustion ; car pour former un décimètre cube d’eau, il faut