SUITE 1)U RÈGNE DE L’EAU
1134 décimètres cubes de gaz oxygène et 1513 décimètres cubes de gaz hydrogène.
Le gaz hydrogène est le fluide le plus léger que l’on connaisse; il l’est de 13 à 14 fois plus que l’air que nous respirons. Le rapport du poids de l’eau à celui de l’air est ainsi établi dans Y Annuaire du Bureau des longitudes : un décimètre cube d’eau pesant 1 kilogramme, le décimètre cube d’air pèse 1 gramme 298187 à la température de zéro et sous la pression atmosphérique de 76 centimètres.
L’eau, à raison de l’extrême petitesse de ses molécules, de leur indépendance réciproque, de leur mobilité, se soumet avec la plus grande docilité et la plus grande exactitude aux lois de l’hydrostatique, c’est-à-dire à celte partie de la physique qui a ppur objet la pesanteur et l’équilibre des fluides.
l’eau comme aliment.
108. — Hans le règne de l’homme, à la sixième journée, nous signalerons les fonctions de l’air comme aliment; il est donc à propos, pendant que nous sommes dans le règne de l'eau, d'observer aussi quel est son rôle dans les mêmes fonctions.
L’eau est non-seulement la boisson la plus commune de l'homme, et la seule qui serve à tous les animaux, mais elle est le meilleur dissolvant de la matière nutritive. L’eau s’associe, se combine avec toutes les matières solides que nous employons pour notre nourriture, et devient elle-même alimentaire; ainsi , dans le pain, elle prend de la solidité ; elle forme une des parties constituantes des aliments principaux dont se nourrissent tous les peuples de la terre , et joue, par conséquent, le premier rôle dans l’économie animale.
Il y a plus : l’eau est la médecine la plus salutaire pour le règne animal.
L'eau froide flatte le palais, apaise la soif, aide à la digestion en remontant les forces de l'estomac.
L'eau refroidie à la glace est un tonique encore plus actif.
L’eau tiède relâche les viscères.
L’eau chaude excite les nausées , et peut, dans beaucoup de cas , remplacer les émétiques.
l’eau primordiale.
109. — L’eau primitive, quoiqu’elle n’ait pas été remplacée, n’était cependant pas la même que celle dont nous avons l’usage de nos jours.
Au sortir de sa source sublimée, pour ainsi dire, et concentrée dans la molécule, l’eau primitive était vierge; l'atome liquide que la pression avait extrait de l’atôme solide était pur, et ces atomes liquides accumulés formaient une eau la plus délicieuse que l’imagination puisse concevoir.
Mais à mesure que les siècles s’avancèrent, les plantes et les animaux s’introduisirent dans l’eau en s’y dissolvant ; leur présence et leurs décompositions altérèrent et corrompirent la qualité de l’eau.
Quelle différence, en effet, dans les propriétés de l’eau au commencement d’une journée ou d’une époque , comparativement à celle qu’on dut lui trouver à la fin de la même époque , lorsque des myriades d’animaux , dans l’espace de 300 siècles , s’y étant décomposés , l’eurent corrompue en allèrent totalement sa nature!
L’eau alors , après cette longue période de temps , devait être nécessairement méconnaissable et presque entièrement changée quant à ses qualités.
C’est pourquoi aussi la Providence, ayant en vue la purification générale de la matière, a renouvelé, à diverses grandes époques, le bouleversement tolal du globe.
SUITE DU llKtiXE DE LEAU. fiS
110. — A chaque bouleversement produit par les grands cataclysmes qui renouvelaient la face de la terre, il y a donc eu une purification generale de l’eau , qui reparaissait pure pour la nouvelle journée qui commençait. N’aurions- nous pas de nos jours, dans notre sixième époque, quelques échantillons de cette eau pure? Oui, certes, nous en avons; il doit en exister dans les rochers où elle reste enfermée, attendu qu’il entre dans la mission d’un cataclysme de comprimer violemment tout ce qui se trouve à ce moment sous l’action foudroyante de sa pression. Or, entre les pierres et les métaux, il y a toujours eu de petites ou de grandes cavités; l’eau qui s’y trouve au moment du cataclysme est emprisonnée par un autre minéral qui presse les parois, et toutes les fois que les deux minéraux, qu’ils soient pierre, cristal ou roche, possèdent une cavité centrale, cette cavité conservera son vide, tandis que le contour sera pressé pour ne former plus qu’un hloc; si, dans cette cavité, il se trouvait de l’eau, elle y restera donc prisonnière pour toujours, car il n’y a plus moyen qu’elle en sorte, ni qu’elle s’en évapore.
111. — On rencontre de temps en temps, particulièrement en Amérique, des morceaux de cristal de roche où l’on voit, par la transparence, la goutte d'eau, très-belle, grande et limpide.
On a reconnu aussi des gouttes d’eau dans des morceaux de quartz; mais, comme on ne pouvait pas le prévoir, en cassant la pierre on a perdu l’eau. Le cristal de roche ne trompe pas, il ne cache rien, car il est transparent; nous savons que sa formation est certainement antérieure au déluge; donc la goutte d’eau qu’il contient est au moins de la cinquième journée, si ce n’est de la quatrième on de la troisième époque de formation de notre globe.
Mais cette eau primordiale, quand même elle serait de la quatrième ou de la cinquième époque de formation, ne sau-
rait plus convenir à notre constitution; notre physique étant habitué à une eau corrompue ne pourrait pas supporter la boisson d’un liquide dont la pureté remonte à trois cents, à cinq cents ou à mille siècles; la différence de climat de ces temps reculés , en comparaison du climat et des autres conditions physiques de notre temps , est immense , et si l’on buvait aujourd’hui cette eau primordiale , le moindre effet qu’elle pourrait avoir sur nos intestins, ce serait de les pétrifier, et par là elle nous causerait la mort.
l’eau comme baromètre.
112. — Si, d’après la Bible, nous nous trouvons aujourd'hui à la sixième journée, c’est-à-dire à la sixième époque de formation , nous pouvons hardiment consulter comme un baromètre infaillible la qualité générale de l’eau , et au moment donné où sa nature sera profondément altérée , notre postérité pourra calculer sur ce baromètre la durée probable, ou la fin de celte journée ou de cette sixième époque.
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