CHAPITRE VIII
Fin du Régne de l'Eau
Sommaire. — Altération de l’ean des mers, 113. — Altération de l'eau terrestre , 114. — Examen d'une goutte d’eau douce au microscope , 115. — Décroissance périodique de la qualité de l'eau ,116. — Loi de disparition des êtres; restitution des éléments; différence relative à l’eau , 117. — Variété des races provenant de l’absorption des sucs spéciaux, 118. — Méduses, sèches; influence de leurs liqueurs pour l’eau, 119. — Absorption d'électricité et de magnétisme, mer lumineuse, 120.
— Genre torpille, etc., 121. — Coquilles électriques, 122. — Mer lumineuse , 123. — Abondance des fluides électriques, 124. — Vues de la Providence dans la formation des races nouvelles, 125. — Réflexions sur les services rendus par l’eau, son analogie avec l'éther, 126. — Développement des rapports de l’eau avec l’éther, 127. — I/éther estil le séjour d’êtres animés? 128. — Effets de l'eau combinée avec l’air et le feu ,'129, 130. — Fin de la seconde époque, 131.
113. — L’ eau de la mer , aujourd’hui , est déjà très altérée, et il n’en peut être autrement en raison des millions de myriades d’animaux qui , depuis tant de siècles, séjournent, vivent et se décomposent dans son sein; cette eau n’est plus potable, et continuera de plus en plus à s’altérer jusqu'à devenir totalement corrompue ; elle le serait déjà sans les aspirations et les expirations successives de l’atmosphère, qui en rafraîchissent journellement la surface, par la purification des vapeurs et leur restitution en forme de rosées , pluies, etc., etc.
114. — I.’eau terrestre, que nous appelons douce, cette eau que la nature a pris soin de nous distiller à travers les couches de la terre, celte eau que nous croyons limpide, est loin de valoir l’eau pure et primitive des premières époques de formation; il suffit de l’analyser et on y trouvera un mé-
f>8 DEUXIÈME ÉPOQUE.
lange de sels, de nitrates, de phosphates, de chlorures, d'acides, avec des résidus de toutes sortes de matières corrompues sur lesquelles et contre lesquelles l'eau a dû passer dans ses parcours souterrains (1).
115. — La corruption de l’eau douce a été, à toutes les époques, causée de même par les détritus des animaux et des plantes; le moindre atome de ces détritus suffit pour engendrer dans son sein des insectes qui, à leur tour, se multiplient à l’infini et forment une population presque invisible, mais immense, destinée à accélérer la corruption et la putréfaction, comme le prouve l’examen, au microscope, d’une goutte d’eau douce. (Voir la gravure.)
116. — Ainsi, peu à peu, l’eau la meilleure est arrivée à son état d’infection extrême à la fin des diverses périodes de formation et a recommencé à paraître dans un état sain et limpide après la purification générale du globe, au renouvellement de chaque époque. Cependant, quelle que soit la bonification que l’eau reçoive, par l’effet du grand cataclysme d’une époque, il est positif que sa réapparition à l’état de pureté n’est jamais aussi parfaite qu’elle l’était au commencement du jour précédent, et surtout elle n’a plus les qualités délicieuses quelle avait au premier jour de formation. C’est le cas de dire que dans la nature, le règne de l’eau est sujet à s’altérer comme le règne végétal et animal et même comme l’espèce humaine ; tout est en analogie et subordonné à la loi définitive et universelle du changement, de la décroissance, et de la disparition (2).
(1) Voir la noie F..
(2) l.e changement et la décroissance sont visibles dans les races animales, qui, de nos jours, ne sont pas aussi grandes qu’elles l'étaient aux époques primitives; il en est de même des plantes et des arbres; tout est réduit après chaque renouvellement de la face du globe. La
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117. — Toutefois, quoique le changement, la décroissance et la disparition des êtres soient le résultat général prévu dans les grandes lois de l’univers, le résultat partiel , relatif à notre planète pendant le cours de ses fonctions , est, en un sens, bien différent.
Pour mieux expliquer ce fait, anticipons un peu sur les époques suivantes.
L'homme , comme on le sait , rend à la terre les éléments qu’il a reçus de la terre ; le poisson, ou tout animal aquatique, rend à l’eau les éléments d’existence qu’il a puisés dans le sein de l’eau; la terre et l’eau doivent rendre à leur tour un tribut au firmament. Cette rotation d’échanges, cette restitution d’éléments d’existence par suite de la disparition des corps, est inévitable; mais les effets momentanés présentent des différences essentielles.
Voici les différences:
Le firmament s’enrichit de la surabondance des vapeurs émises par les êtres qui se développent sur notre planète; la terre s’engraisse des cadavres des hommes et des autres animaux; mais l’eau se corrompt, ses qualités s’altèrent par les détritus des corps qui s’y déposent.
118. — Non seulement l’eau s’altère en qualité, change de nature et de couleur, comme nous l’avons vu, mais les
disparition de races entières est également prouvée dans le règne animal et végétal.
La disparition des astres est aussi un fait reconnu. Ainsi la constellation des pléîades était composée de sept étoiles; on n’en compte plus que six.
On en a perdu une dans la petite ourse; une dans Andromède, etc. « Désastre vraiment effroyable, dit M. Moreau de Jonnès, dans son « ouvrage la France avant ses premiers habitants , puisque l’extinc- « tion d’un soleil suppose l’anéantissement de plusieurs mondes comme « le nètre, et la destruction de tous les êtres quelconques oui les ha- « bitaient ! »
races anéanties et perdues dans son sein y ont laissé, par la décomposition de leurs cadavres, mille substances diverses qui s’y sont séparées, et l’eau ne pouvant pas les consumer comme le ferait le feu, il s’ensuit que ces substances putréliées donnent la vie à de nouveaux êtres; ces êtres amènent de nouvelles races; ces races nouvelles s'imprègnent d’un attribut distinctif, par exemple, d’un suc provenant de la décomposition d'un être précédent; ce suc, qui était, par hypothèse, un caustique faible , devient un caustique renforcé dans les individus de la race nouvelle.
Ainsi, un acide, un phosphore, un venin, c’est-à-dire une propriété ou une arme de défense quelconque, qui étaient moins indiqués, moins puissants dans une race éteinte, deviendront plus marqués, plus abondants, plus communs dans une race nouvelle qui continuera de s’alimenter de tel ou tel suc particulier dans les détritus de certains cadavres spéciaux.
119. — Rien n’est plus propre à prouver la vérité de cette opération que les méduses; ces animaux secrétent et excrètent, en la lançant à volonté, une liqueur âcre et brûlante, qui est l’effet et le produit des sucs que celle race pompe dgns les détritus spéciaux des cadavres décomposés dans l’eau.
De même, les sèches et les poulpes répandent une humeur noirâtre qui trouble l’eau immédiatement , et leur permet d’échapper en se dérobant à la vue des ennemis qui les poursuivent. Si ces animaux se défendent et se sauvent par cet ingénieux expédient, ils n’en causent pas moinsun dommage à l’eau qu’ils salissent et altèrent par ces excréments brûlants et noirâtres.
Ainsi , les individus des deux races que nous venons de citer, ont la propriété de choisir les sucs qui sont les plus aptes à composer dans leur corps de ces liqueurs spéciales qu’ils peuvent lancer pour leur défense, et ils abandonnent les sucs d’une nature différente.