Humbert, Geferoy, Heoiier et Scajal sont d’accord
pour convenir que le feu, l’eau et la terre ont été les premiers principes de la formation du globe; Scha! ajoute pour quatrième principe l’air.
Ainsi il y aurait eu quatre éléments d’après ces penseurs. Mais si la terre en faisait partie , elle serait donc elle-même un de ses principes, et puisqu'elle existerait matériellement, de quoi serait-elle formée? Il est évident que le principe doit exister avant la formation ; or, la terre étant la conséquence du principe, ne peut venir qu’à la suite de l’œuvre du principe, qui est l’air, l’eau et le feu.
185. — Les opinions des grands hommes qui ont sacrifié leur vie à l’étude de la science, méritent notre reconnaissance; rien aussi n’est plus instructif et amusant que la comparaison de leurs opinions souvent tout à fait opposées, mais toujours utiles. C’est par cette raison que nous venons de les rapprocher, bien que nous n’admettions nullement leurs principes, à l’exception de certains cas particuliers.
Quelque curieuse que soit la grande différence des opinions des savants modernes d’avec celles dos anciens Indous , il est cependant positif que ces derniers, avec leur mont Mérou, approchaient le plus de la vérité sur la ligure de la terre , abstractivement parlant; car la terre, [tendant les quatre premières époques, n’était qu’un bloc entouré d’eau et ayant, d’un côté seulement , une proéminence; cette proéminence s’est peu à peu découverte en forme de grand plateau qui S’élevait et dont le centre le plus haut représentait un mont.
Linné est le seul, parmi les modernes, qui ait approché des idées des Indous.
186. — Tant que la terre n’avait pas acquis, par l’action du feu intérieur, un rétrécissement suffisant pour former une cristallisation dont les conséquences devaient être la séparation de certaines parties, elle restait compacte , comparativement molle, et conséquemment toujours unie en un seul bloc, ce
bloc subissait, sans se désunir, tous les changements de forme et même de déplacements de l’est au sud , du sud à l’ouest , de l’ouest au nord, comme un bloc de pâte qui obéit entre les mains d’un boulanger; mais après que le boulanger a mis ce bloc dans le four et que le feu a consolidé le pain, il n’y a plus moyen de dominer la pâte; il faut un couteau pour la diviser. 11 en a été de même de la terre: lorsqu’elle a été assez endurcie, elle s’est cristallisée, et lorsqu’elle s’est trouvée en cet étal de cristallisation, elle n’a plus bougé de la place où elle s’est trouvée; les efforts du grand cataclysme du cinquième jour, comme nous leverrons, n’ont eu le pouvoir que de ballotter la masse terrestre; elle n’a plus changé de situation, mais elle s’est brisée,
187. — Pour nous, il reste prouvé que la terreesl formée, comme nous l’avons expliqué, par un assemblage de molécules provenant du superflu d’autres astres; la nécessité les a réunies, puis copiprimées; la compression a produit uue séparation, dont le résultat est la terre et l’eau,
La terre est donc un composé de l’air, du feu et de l'eau, principes contenus dans les alômes des molécules indiquées ; ces trois éléments ont engendré forcément et constamment des êtres, qui sont venus activer et faciliter la foi nation de la terre dans toutes ses subdivisions d’ordre, d’espèces, dénaturé et de qualités.
Du moment que la terre a été formée, elle devient, à sou tour, la mère des minéraux, des végétaux et des animaux ; mais lequel de ces trois enfants a dû êtrel ainé, si les deux derniers ont été nécessaires pour faire le ciment ou former l’alliage du premier dans le sein incandescent de la mère?
188, — Primitivement , dans l’ordre matériel et grossier, pour ainsi dire , la pression seule a pu suffire pour séparer les atônes pierreux , éléments compactes de la matière; mais en ce qui concerne la nature , les espèces et la qualité des choses.
LA TKRRE A SON ÉTAT UK FONCTION. 103
et même des pierres, l’embrasement de l’intérieur du globe n’a pu sublimer les substances métalliques qu’à l’aide du carbone des plantes, et les plantes n’ont pu se former que par l’engrais animal; il s’ensuit que, dans l’espèce, les végétaux et les minéraux d’une certaine qualité se sont présentés presque simultanément; par conséquent, les trois règnes de la uuture, le minéral , le végétal èt l’animal sont, à l’endroit de la terre, ce que la trinilé de l’air, du feu cl de l’eau est visà-vis du ciel.