LA TERRE ET TOUT CE QUI EXISTE EN ELLE
201. — La loi de formation du règne minéral est donc celle-ci : Les atomes de l’assemblage primitif du premier jour.
subdivisés et séparés par le feu , se sont attirés les uns les autres dans les spécialités de leur caractère homogène ; si ces atomes offraient, par leur nature, supposons 40 espèces de minéraux primitifs, l’amalgame des corps d'animaux et des plantes, intervenus à l'époque de leur fusion , a dû produire cent autres combinaisons ; de ces combinaisons sont résultées mille variétés différentes; ces variétés se sont encore multipliées et subdivisées selon le plus ou le moins d’alliage végétal et animal qui s’est introduit , en diverses proportions, aux époques de fusion
202. — La science de la chimie nous donne la clef de cette vérité et nous permet, sinon de refaire la composition primitive, du moins de la comprendre, et plus encore d'en faire la décomposition et de voir les proportions de chacune des matières hétérogènes qui font partie d’un métal.
La chimie, en effet, peut bien imiter de grandes choses ; elle peut décomposer tout objet qui se trouve dans la terre ou à sa surface, mais elle ne pourrait jamais refaire ces mêmes objets, car il lui manquerait les premiers éléments tels qu’ils étaient à l’époque de formation. L’homme ne peut posséder, pour les employer dans son travail, ni l’air, ni l’eau, ni le feu, tels qu’ils existaient aux temps primitifs; le feu que l'homme a maintenant à sa disposition est trop grossier en comparaison de celui que la nature a employé d’abord dans son immense laboratoire.
Le Créateur permet donc à l’homme de le comprendre pour l’admirer ; il lui permet de faire tous les essais pour approcher du grand œuvre de la création du monde, afin qu’arrivé au terme de ses efforts, il voie,, par son insuccès, combien est grandiose l’œuvre de l’univers, combien est impénétrable la loi de la nature, quelle folie il y aurait à prétendre l’imiter, et combien, par conséquent, le Créateur mérite notre admiration et nos humbles adorations.
LA T b. H U K A son ÉTAT DE FONCTION. Ht
203. — U est donc évident, et c'est un article des lois de la nature, que l’homme a reçu les facultés de l’intelligence pour se convaincre de ces vérités. Par suite des mêmes lois naturelles, l’homme de science doit travailler à instruire ses semblables, également doués d’intelligence, mais distraits par des occupations secondaires Les hommes instruits sont donc obligés de leur transmettre, sans détour et sans mystères, toutes les découvertes ; car rien n’est plus propre à conduire à la saine religion que l’étude des œuvres de Dieu, rien n’indique mieux la soumission que nous lui devons, rien n’est plus propice pour le culte qu'il attend. Malheureusement les hommes instruits de l’antiquité, et Moïse lui-même, ont voulu faire mystère de leur science, et les connaissances sont restées circonscrites chez un petit nombre d'élus; à leur mort, la postérité a perdu avec eux le fruit de leurs études, et il n’est resté que le merveilleux de leurs récits, qu’on a commentés de mille manières , suivant les capacités et surtout suivant les intérêts des hommes.
Ce merveilleux a engendré le fanatisme, qui a eu des conséquences très-graves pour l’humanité; de cruelles divisions, des religions toutes contraires les unes aux autres, des sectes passionnées en ont été les résultats, ainsi que d’horribles guerres qui ont entraîné la ruine des peuples.
11 était réservé à la science de grandir pour expliquer le merveilleux de la nature, et dévoiler tous les mystères, et la science, qui a commencé son œuvre depuis un siècle à peine, ne manque pas à sa mission, car chaque jour elle porte un nouveau tribut à l’autel de la vérité.