‹ La création et ses mystères dévoilés ouvrage où l'on expose clairement la nature de tous les etres, les éléments dont ils sont composés et leurs rapports avec le globe et les astres, la nature et la situation du feu du soleil, l'origine de l'Amérique, et de ses habitants primitifs, la formation forcée de nouvelles planChapitre 50 sur 168 · I.’aTMoSI'II ÈROLUG1E · texte numérisé non relu

I.’aTMoSI'II ÈROLUG1E

admettant 43 ou 75 kilomètres pour l'élévation de l’atmosphère, il est présumable qu’à chaque kilomètre de graduation, il y a une différence dans la qualité et rareté des molécules. Il y aura donc 43, ou 75 degrés différents de criblage et de mélanges dans cette circulation des matières au sein de l'atmosphère.

236- — Ainsi les émanations des êtres vivants sont différentes de celles des morts; également il doit y avoir une différence dans les évaporations des divers liquides d’une nature tout opposée : on ne peut pas admettre que la vapeur de l’alcool soit la même que celle de l’eau corrompue ou du vinaigre, de l’urine ou du lait, des miasmes fétides ou des parfums, et ainsi de suite; donc le premier problème à résoudre ce serait de savoir quelles matières sont les plus nombreuses dans les quantités relatives d’évaporations qui se pnv duisent sur le globe, et après cette statistique viendrait la question desavoir quel degré d’influence chacune de ces matières peut exercer par ses résultats physiques.

237. — Il est naturel de penser, comme nous l’avons dit, que ces évaporations, rapidement enlevées et plongées dans l'atmosphère au-delà de la portée de nos yeux, rencontrent bientôt des atomes d’une nature toute différente qui sont descendus des régions supérieures, et que leur rencontre, déjà prévue par les lois de l’univers, opère un merveilleux travail dont nous ne connaissons pas le secret ; mais ce travail s’effectue, nous en voyons les résultats, c’est-à-dire que nous voyons retourner sur la terre, l’air, le vent, la pluie, la rosée, la neige, le tonnerre, les éclairs, etc. Nous apercevons des nuages, comme s’ils étaient là pour tenir le dépôt de ces matières fluides, qui nous sont destinées eu échange de nos évaporations ; nous voyons plus encore, nous voyons une partie de ces nuages voyager quelquefois avec une grande célérité comme s’ils allaient rions enlever,

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à nous leur réservoir pour le porter sur une autre contrée, ej souvent encore nous les voyons aller et venir, puis s’en retourner, comme s’ils étaient imlécis sur le point où ils auraient à s’arrêter pour se décharger ; dans leurs indécisions apparentes, ils se choquent souvent ; en se heurtant, ils produisent des phénomènes que nous ne connaissons encore qu’imparfaitement; nous voyons tomber la foudre qui s’est formée dans leur sein par le croisement de l’électricité qu’ils font dégager de leur corps.

238. — L’astronomie a bien calculé que la terre tourne sur son axe à raison de un dixième de lieue par seconde, et qu’elle est emportée dans l’espace, par son mouvement de translation., à raison de sept lieues par seconde (Lalande) (1).

Mais l’astronomie n’a pas encore dit si la couche terrestre atmosphérique tourne identiquement avec le corps de la planète. Il faut bien remarquer que si la vélocité de l’atmosphère est identique dans toute sa hauteur, le cercle extérieur ayant un rayon de 43 ou 75 kilomètres de plus que le rayon terrestre (224), doit avoir un peu plus de rapidité que la surface du globe, et que la vélocité de chaque point atmosphérique est graduelle, et en raison de son éloignement de la terre.

Toutefois la rapidité des molécules de la couche supérieure doit être considérablement ralentie par l’effet de leur légèreté comparativement aux molécules des couches inférieures, qui sont plus denses et plus lourdes, étant pressées par les couches supérieures, surtout comparativement aux molécules de la terre. C’est ainsi qu’une plume tombe moins vite dans l’air qu’une balle de plomb.

Donc l’atmosphère a une limite d’élévation ; cette limite est une conséquence de la rotation ; elle est établie, fixée, là •où la force de rotation a cessé.

fl) Voir noie K.

l’.atmosphérologie.

239. — L’atmosphère, partie intégrante de la terre, doit nécessairement suivre la marche de rotation que celle-ci exécute sur son axe; mais est-ce la totalité de l’atmosphère dans toute son élévation qui suit le mouvement de la planète ou seulement une partie?

Les avis jusqu’à présent ont été partagés; il y a eu des philosophes qui ont dit que la terre tournait toute seule, ce qui est inadmissible, attendu qu’en ce cas l’atmosphère serait un corps détaché, et s’il était détaché, il ne serait plus 1 atmosphère terrestre.

D’autres auteurs ont dit que toute la masse de l’atmosphère suivait le mouvement de rotation de la terre; cette hypothèse est encore invraisemblable, parce que les couches les plus éloignées de l’atmosphère étant beaucoup trop légères et rares seraient abandonnées sur la route, ne pouvant suivre la rapidité de la masse solide du globe.

240. — L’atmosphère est bien forcée de tourner intégralement avec. la terre, mais elle le fait avec une gradation proportionnelle qui s'affaiblit insensiblement à mesure q\ie ses molécules et ses atômes se raréfient, de manière que jusqu’à la moitié de la hauteur de l’atmosphère les couches les plus pesantes, touchant ou avoisinant la terre, roulent à peu près avec la même rapidité; mais l’autre moitié, comprenant les couches supérieures plus légères, ralentit son cours progressivement, en proportion de la rareté de ses atômes; en d’autres termes, des 800 millions de lieues cubiques d'atmosphère indiquées au n° 226, un tiers environ ou la moitié marche avec la même rapidité que la terre; les deux autres tiers ou l’autre moitié, tout en restant attachés aux premières couches, ralentissent leur mouvement, par gradation proportionnelle, jusqu'à ce que la dernière couche, qui est, si l’on veut, l’épiderme de la masse, se confonde avec l’éther supérieur qu elle louche.

Cela nous* semble démontré par la direction des vents alizés

qui soufflent entre les tropiques, en sens inverse du mouvement de rotation de la terre. Or ces vents sont précisément engendrés par l'opposition du courant des couches mobiles de l’atmosphère avec le mouvement du corps solide de la terre, et ce qui contribue puissamment à la formation et à l’accroissement de ces phénomènes, ce sont les atomes provenant de l’éther extérieur, qui filtrent à travers las couches supérieures de l’atmosphère pour contribuer aux opérations indiquées.

Il est évident qu’à mesure qu’on s’élève, le poids de l’atmosphère va en décroissant.

241. — -Nous avons indiqué (233, note) que tout ce qui se passe dans l'homme est en analogie parfaite avec ce qui se fait dans le corps de la terre ou dans les autres corps de l’univers par l’application d’une même loi.

Pour mieux comprendre l’action de l’atmosphère énoncée dans l’article qui précède, examinons-nous nous-mêmes, relativement à la terre.

La peau qui enveloppe l’homme, et qui n’est pas même de l'épaisseur d’un millimètre, est cependant formée de plusieurs couches, dont la dernière à l'extérieur s’appelle l’épiderme et nous sépare de l’air.

Cette épiderme a une infinité de pores par lesquels sort notre transpiration, quelquefois si abondante que notre corps est littéralement inondé de sueur; c’est, aussi par les pores de l’épiderme que l’homme reçoit l’air, le froid et l’humide qui s’introduisent dans son corps.

La terre est également enveloppée par l’atmosphère, dont l’épaisseur peut se diviser en couches proportionnelles jusqu’à la dernière couche extérieure, que nous avons appelée figurativement son épiderme.

Cette épiderme de l’atmosphère, qui la sépare de l’éther du ciel, ayant des pores comme l’épiderme de l’homme, on

l’atmüsphékologik.

peut se figurer l'énorme quantité de sueur ou de fluide qui doit constamment la traverser soit en montant, soit en descendant.

L’épiderme de l’atmosphère est la dernière limite des couches assez denses pour réfléchir et contenir la lumière solaire et produire le crépuscule.

242. — Il serait impossible de calculer la gradation des couches de l’atmosphère jusqu’à son épiderme; nous devons nous contenter de savoir l’étendue et l’espace de cet immense laboratoire atmosphérique. Cet espace, déjà calculé au n° 226, nous présente 800,000,000 de lieues cubiques. Il est évident, en supposant exacte la hauteur de 43 kilomètres el en fixant a chaque kilomètre une couche différente, qu'il y a, comme nous l’avons établi, 43 couches diverses dans la rareté des atômes composant la masse atmosphérique.

Il est également naturel d’admettre que si les 20 premières couches ou les 20 premiers kilomètres ont leur rotation égale à celle de la terre, les autres 23 kilomètres en ont une graduellement affaiblie, et la différence étant sensible à chaque couche, il y aura 24 couches différentes; donc 24 criblages différents l’un de l’autre et chacun approprié au perfectionnement des divers produits.

A côté de celte observation , qui est le premier pas pour résoudre notre problème, on doit ajouter l’influence des courants, des vents, qui sont engendrés, comme on l’a vu, par l’effet même de ces différences el destinée à accélérer la formation des objets, à les purifier et à les disperser; cespbjels sont l’électricité, le sec, l’humide, dans leurs mille divisions, aptes à absorber ou rejeter la chaleur du soleil, pour passer de nouveau sur la terre ou pour sortir par le côté supérieur en faisant place à d’autres atômes destinés à renouveler le travail perpétuel.

Le calorique et l’électricité modifient sans cesse l’atmosphère.

Dans le milieu s’exerceut les phénomènes les plus remarquables ; la partie inférieure est appelée région des météores.

243. — Un des principes qui se manifestent avec le plus d’importance dans l’atmosphère, c’est l’électricité, dont nous avons déjà parlé (212 et suiv.);.elle est le lien qui met la terre en communication avec tous les astres.

C’est le feu vital de tous les corps grands et petits; tous en possèdent une dose proportionnelle et suffisante pour maintenir entre les êtres un rapport d’affinité perpétuelle.

On a trouvé que toutes les molécules, lorsqu’elles sont mises en mouvement, donnent de l’électricité et qu’elle est transmise à l’air par l’intermédiaire des vapeurs; ainsi la terre, les plantes, comme les eaux, comme les animaux, possèdent et émanent leur proportion d’électricité.

244. — La masse des matières entrées dans l’atmosphère et provenant soit de la terre, soit de l’éther supérieur, ne pourrait pas exister ni s'élaborer si l’atmosphère était immobile; c’est la violence de sa marche, entraînée qu’elle est par le mouvement de la terre, d’une part, ce sont les vents alizés, d’une autre part, qui contribuent à la purification des atômes, comme ils lui facilitent l’absorption des éléments qui sont nécessaires à son travail. La fusion des atômes, leur classement, leur dispersion, s'opèrent avec une rapidité que l’imagination seule peut concevoir.

Ceux des atômes qui sont destinés à revenir sur la terre s’agglomèrent et forment ordinairement des nuages qui, en grande partie , sont visibles à nos yeux , sous diverses couleurs, blancs, noirs , bleus , jaunes , rouges, etc. , etc., selon le reflet de la lumière qui les frappe, le jour ou la nuit, par le soleil, la lune, ou les étoiles.

245. — Ces nuages que nous voyons sont-ils les dépositaires des fluides que nous avons fournis à l’atmosphère par suite

l’atmosphérologie.

de l’émanation opérée dans notre pays? ou contiennent-ils les produits des émanations fournies par une contrée qui serait, par exemple, notre antipode?

Les vapeurs absorbées par l’atmosphère, à Paris, .retombent-elles sous leur nouvelle combinaison à Paris? ou bien seront-elles versées sur Londres, ou sur l'Amérique, ou dans les Indes? Et les vapeurs des Chinois et des Japonais sont-elles revenues chez eux ou en sommes-nous les héritiers?

246. — Il est positif que les vapeurs qui sont émanées d'un endroit ne reviennent pas à la même place, ni même à sa proximité.

Le mouvement perpétuel de l’air nous en donne le motif ; cependant, quel que soit le point de départ d’où émanent les évaporations , leur produit se manifeste rigoureusement à la latitude du climat propre à le recevoir; aussi ces fluides reçoivent-ils, dans la région de l’atmosphère d’où ils doivent retomber sur la terre, l’impression du climat homogène à la température du môme point de la terre.

* Ici se présente l’occasion d’un examen fort important pour la science; car si , par une cause accidentelle, la dissolution des matières dans l’atmosphère n’avait pas subi une transmutation en vue d'une perfection relative, il se pourrait qu’une contagion, comme le choléra-morbus, ou d’autres épidémies fussent transportées instantanément d’une partie du monde à l’autre.

247. — En outre du travail atmosphérique qui s’effectue pour l’absorption, les combinaisons et la restitution des molécules de la terre , et à cause même de ce travail , il y a encore à remarquer la formation de certainsagenls, curieux ou terribles, phénomènes prodigieux que nous appelons météores.

Ces météores semblent se charger de tout ce qu’il y a d’hétérogène et de vicié dans les atomes arrivés de la terre dans

l’atmosphère; ils épuisent pour ainsi dire le tond du creuset, ou la lave, le rebut des matières, afin de contribuer à la reproduction des atomes purifiés.

Ces météores ou l’élaboration de ces météores forment aussi un objet d’étude particulier; ils offrent différentes classes, comme si chaque classe devait absorber une por tion spéciale du rebut, ou des principes hétérogènes et nuisibles des atomes à restituer à la terre ou à l’éther , et former par euxmêmes un produit à part, ou un effet à part.

248. — Ainsi, les météores, en se produisant, nous apportent les tempêtes, les ouragans, les trombes, tous phénomènes calamiteux et terribles; d’un autre côté, il s’en produit qui ne sont pas nuisibles, mais très-curieux, comme l’arc-en-ciel, les halos (qui sont des cercles colorés qu'on voit souvent autour du soleil ou de la lune), le mirage (1), les parbélies, ou faux soleils, la lumière zodiacale (2).

11 se forme encore assez souvent, et sans que ce soit à une grande élévation dans l’atmosphère, des météores engendrés -directement par les objets putrides de la terre, comme les * feux follets, qui ne sont que du gaz hydrogène qui se dégage par la décomposion de matières putréfiées, et s’enflamme, soit par l’étincelle électrique, soit par d’autres causes.

Les feux Saint-Elme sont de petites flammes qui se montrent à l’extrémité des corps métalliques, pointus et élevés, tels que les mâts des navires, les cordages, etc.

Les étoiles filantes ou bolides, ainsi que les aérolithes ou pierres météoriques, doivent tomber de quelques astres en dehors de notre globe, et s’enflamment en traversant notre atmosphère.

(t) Tableau formé dans l'atmosphère par ta réflexion d’objets souvent Irôs-èloignés.

(2) Lumière blanche qui paraît dans le ciel en forme de globe, du côté du couchant, principalement entre les tropiques.

L A TMOSPIIÊROLOblE. 139

249. — Mais ces phénomènes ne sont pas tous le produit général de la grande atmosphère dont nous parlons.

11 s'en forme accidentellement dans les régions inférieures, par l’effet de l’excédant de vapeurs produites par une surabondance d’émanations dans les localités où les populations sont très-agglomérées, ou encore dans le voisinage des forêts. Ces vapeurs, qui arrivent jusqu’à la hauteur des montagnes, sont forcées par leur pesanteur d’achever leur transformation sans dépasser la cime de ces montagnes, et là elles se condensent en brouillards ou en nuages, qui souvent sont forcés de retomber en forme de neige, de grêle ou d’autres phénomènes, sans avoir pu s’élever jusqu’aux masses régulières de l’atmosphère supérieure.

Mais notre notre but n’est point de sortir des limites de la formation de l’atmosphère ; ces phénomènes font l’objet de la météorologie, branche des sciences naturelles, à laquelle nous renvoyons le lecteur.

250. — En terminant l’époque relative au règne de la terre, nous devons dire que nous avons entendu indiquer seulement, sous ce titre, l’action qui élabore et organise les matières dans le sein et à la surface de la terre.

Notre but était de diviser, par ordre, autant que possible, le travail de la création de la nature suivant les époques ; mais il doit être compris que nous ne sommes pas arrivés ici à la conclusion définitive du règne de la terre, car elle n’est encore, à la fin de cette troisième époque, qu’à la moitié de sq formation.

En effet, elle n’avait, à ce moment, ni la solidité, ni la forme, ni la matière qui devait caractériser sa nature dans l’ordre de densité qui lui était destiné ; il lui fallait encore traverser deux époques très-longues pour obtenir ce qui lui manquait, et se fortifier en poids et en qualité par l’adjonction de matières qui ne pouvaient lui venir que des règnes

végétal et animal. Nous pourrons apprécier, seulement à la (in de la cinquième journée, la quantité de substance que ces deux règnes auront fournie à la terre, pour contribuer à sa complète formation, dans l’état où elle se trouve aujourd’hui.

QUATRIÈME JOUR

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