‹ La création et ses mystères dévoilés ouvrage où l'on expose clairement la nature de tous les etres, les éléments dont ils sont composés et leurs rapports avec le globe et les astres, la nature et la situation du feu du soleil, l'origine de l'Amérique, et de ses habitants primitifs, la formation forcée de nouvelles planChapitre 54 sur 168 · CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI

Du Règne végétal.

Sommaire. — Quatrième jour de la Bible, 262. — Le règne végétal dane toutes les planètes , 263. — Le règne animal dans les mêmes planètes, 264. — Qualités et dimensions des plantes au troisième jour; si elles ont gagné ou perdu par la présence du soleil, 265. — Décroissance du règne animal, 266. — Le progrès dans les altérations du règne végétal , 267. — Disparition simultanée des plantes gigantesques et des animaux géants, 268. — Causes de la décroissance du règne végétal , 269. — La nature ne fait pas de mystères dans ses œuvres ; émanations pernicieuses des plantes, 270. — Effets de l’électricité sur les plantes, 271. — Identification du règne végétal dans la masse du globe, 272. — Affinité de ce règne avec l’atmosphère, 273. — Caractères principaux des plantes actuelles, 274. — Considération au sujet de* dépôts houillers, 275.

262. — Voici le jour que la Bible reconnaît pour celui où la lumière a été créée sans limites en faveur de la terre. Notre globe, sous ce rapport, a été un des mondes privilégiés par le créateur; car nous voyons que Saturne et beaucoup d’autres mondes, qui nagent dans le firmament, sont restés soumis à la servitude de leurs satellites, et ils demeureront peut-être pour l’éternité ainsi enveloppés par un cercle qui ne peut plus se séparer de la planète.

263. — Le règne végétal existait sur notre globe dès le troisième jour, d’après le témoignage de la Bible, et comme nous l’avons vu, du reste, quoique la terre ne jouît pas encore de la vue du soleil, attendu le développement considérable du cercle de la lune, qui arrêtait les rayons de cet astre ; or, si ce règne existait pour nous en pleine vigueur, bien que le soleil ne nous fit pas sentir les bienfaits de sa présence, ce même règne végétal peut donc exister également dans

DU HÈG.NK VÉGÉTAI..

Saturne et dans les autres planètes, quoiqu’elles se trouvent sous l’enveloppe d'un cercle de satellites, dans les mêmes conditions où se trouvait la terre à son troisième jour.

264. — Le règne végétal, l’herbe avant tout-, est la cause naturelle de la présence de l’animal qui s’en nourrit; donc, en supposant les conditions de nourrilure qu’avait l’animal au moyen de l’herbe que pouvait offrir le globe au troisième jour, il peut exister aussi des animaux dans Saturne et les autres planètes non encore dotées de la lumière brillante du soleil. Il y a plus : l’ herbe et l’animal existent immanquablement aussi dans le soleil, puisque le soleil renferme en luimême un corps opaque, isolé de l’enveloppe qui brille à sa surface.

265. — L’herbe et les plantes, en général, qui existaient au troisième jour, avaient naturellement une différence quelconque de forme, d’épaisseur et de couleur, comparativement à ce qu’elles ont été à partir du quatrième jour; elles ne pouvaient prospérer qu’à l’aide des sucs qui leur étaient fournis par leurs racines et par la chaleur de la terre; il leur manquait le bienfait de la lumière du soleil, ainsi que la rosée que ses rayons échauffent sur les feuilles et sur les branches, et qui, de nos jours, fournit une seconde nourriture aux plantes.

Celle privation du soleil a-t-elle été un bien ou un mal pour le règne végétal?

Comme le soleil est utile aux plantes lorsqu’il agit concurremment avec l’humidité, mais qu’il dessèche les feuilles jusqu’à extinction quand il les frappe de sa chaleur isolée, il semblerait que le règne végétal n’a rien gagné, pour lui-même, à la présence du soleil, puisque les arbres, les plantes et l’herbe étaient, pendant toute la durée de la troisième journée, comme nous l’avons déjà reconnu, énormément plus grands et gros qu’ils ne l'ont été par la suite, et qu’enfin tous les vé-.

ISO yUATHIÈMK ÉPOQUE.

gétaux ont éprouvé une décroissance sensible à chaque renouvellement d’époque.

266. — Tout étant relatif, les animaux qui se nourissaient de ces végétaux ne trouvèrent plus un aliment convenable à leur constitution dans les hérités nouvelles, dont la substance et le goût étaient altérés pour eux : la différence de cette nourriture causa nécessairement une différence dans la qualité des animaux et dans leur taille ; ainsi les êtres durent décroître à chaque époque, et la décroissance dans la taille des individus du règne animal fut en proportion de la taille des arbres et des herbes, c'est-à-dire en raison de la décroissance du règne végétal.

267- — On doit donc remarquer, dans le règne végétal primitif, cette particularité extraordinaire, qu'il a commencé par être gigantesque, colossal, à son enfance, et qu’en avançant en âge avec les époques, il a été en se rapetissant pour devenir nain à son âge robuste.

Les phases de ces altérations et leurs causes nous dévoilent un secret de la nature, secret important qui nous montre combien la Providence a soin d’imprimer lu loi du progrès dans toutes les élaborations de la matière.

La transformation des végétaux, dans leur déclinaison progressive, était un bienfait que la nature préparait en faveur des êtres plus nobles du règne animai qui devaient venir sur la terre aux époques suivantes.

Les végétaux, à l'ombre ou dans les ténèbres de la nuit, émettent des miasmes mortels, tandis qu'au contact du soleil ils exhalent le parfum et la fraîcheur. Par conséquent, lorsque l'astre du soleil n’était pas encore apparent sur la terre, l'émanation des plantes était pernicieuse, leurs miasmes tombaient épaissis sur le sol, formant un engrais abondant pour faire pousser les troncs et les tiges d’une végétation colossale, mais à la condition d'empoisonner l’air ; rel air n’était alors

DU UK0NK VKÜKT.W,.

respirable que pour les monstres géants, qui seuls pouvaient vivre dans un pareil élément et se nourrir de celle qualité d’herbe.

263. — En effet, avec la disparition des végétaux gigau- ' tesques, ont dû disparaître les animaux géants, ces grands sauriens, ces immenses amphibies, ces monstrueux crapauds dont les formes hideuses ne pouvaient provenir que d'un climat pestilentiel, et qui ont soulagé la terre de leur horrible présence, pour faire place à d’autres êtres de physionomie plus agréable, et en rapport avec la nouvelle face que présentait le sol à la quatrième époque.

269. — Le règne végétal, au deuxième et au troisième jour, avait donc empoisonné l’air, qui restait dans une atmosphère comprimée; cet air alors ne pouvait être composé que d’azote et de carbone; l’oxygène s’est développé après que le ciel a été entièrement découvert, et que la lumière du soleil a contribué au changement bienfaisant de la surface de la terre, ainsi que la Bible nous l’enseigne.

C'est donc au contact de l’air par le soleil, et à celui des plantes par sa lumière, que le règne végétal doit la diminution de la taille de ses êtres, en même temps que le perfectionnement de leurs qualités.

Les végétaux primitifs de taille colossale ne pouvaient être que mous et peu consistants; le soleil vint fortifier les racines, resserrer les libres des arbres et les consolider; c’était le progrès, et l’élaboration (Tune nourriture plus puissante pour des animaux moins gigantesques, il est vrai, mais destinés à être plus forts, et d’une forme plus perfectionnée.

270. — La nature est si loin de faire mystère de ses œuvres, qu’elle en écrit les détails partout ; il suffit de suivre les anneaux de la grande chaîne, pour se rendre compte de chaque événement qui s’est opéré depuis le premier jour de la formation jusqu’à nos jours.

Pour preuve de ce que nous venons de dire, s’il ne suffisait pas de la disparition des êtres géants, dont les formes hideuses nous ont été transmises par les poètes de l’antiquité, par les idoles des païens, et que nous retrouvons en partie dans les espèces infiniment petites des crapauds ou des lé- * zards de nos marais actuels, le règne végétal lui- même nous l’attesterait; car si la lumière du soleil a modifié ses qualités, elle ne lui a pas enlevé le principe de sa constitution primitive; les plantes nous l'indiquent, puisque pendant la nuit ou dans l’obscurité, elles donnent des exhalaisons méphitiques, tandis qu’au jour et en pleine lumière du soleil, les mêmes plantes exhalent un agréable parfum.

Pour s’en convaincre, on peut faire l’expérience suivante : qu’on tienne dans une chambre fermée et obscure des plantes ou des végétaux de quelque espèce que ce soit, au bout de trois à quatre heures, on y reconnaîtra des émanations pernicieuses.

Si un homme veut dormir dans une chambre remplie de végétaux, ou même des fleurs les plus brillantes, en peu de temps sa santé s’altérera, ses poumons se vicieront, et il succombera à une mort prématurée.

271. — Cependant, le règne végétal n’est pas seulement approprié à la nourriture du règne animal; fils de la terre, il est aussi chargé d’entretenir la correspondance entre l’extérieur et l’intérieur de sa mère; C’est pour l’herhe et les plantes que l’humus vient se filtrer et imbibe d’une fraîcheur humide et fécondante la première couche du sol terrestre ; c’est par les arbres que s’établissent les relations électriques entre les régions atmosphériques et la surface du globe de nos jours.

Il v a dans les végétaux, comme dans les minéraux et dans les animaux, une chaîne d'affinité dont les anneaux conduisent insensiblement à la liaison de tous les êtres; l’électricité qui existe dans tous ces anneaux produit des phénomènes

1)U HÉG.NE VÉGÉTAL.

particuliers qui commandent notre admiration Uue dire, en effet, de ces plantes sensitives qui semblent annoncer qu’elles aussi ont des sensations, et qui, faute de pouvoir se transporter, nous indiquent cependant par des signes visibles leur caractère sensible, preuve que leurs fibres plus délicates obéissent ostensiblement à l’impulsion de l’électricité? Parmi ces plantes, il y a le tournesol, qui incline toujours sa corolle vers la face du soleil; il y en a d’autres, dans la classe des héliotropes, qui suivent tellement l’astre du jour, que le matin elles se tournent vers l’orient, à midi vers le sud et le soir vers l’occident ; d’autres se ferment à des heures déterminées du jour et de la nuit; d’autres plantes s’ouvrent pendant le jour tandis que la nuit elles se plient et se ferment ; et cette plante apportée du Coromandel par Forster, compagnon de voyage de Cook, dont les feuilles et les rameaux même, par l’effet d’une force interne, s’abaissent, s’élèvent, se retournent de tous côtés pendant le jour et dorment pendant la nuit! C’est le fluide électrique qui agit, et la nature sensible de ces êtres nous le manifeste.

272. — Le règne végétal ayant eu part directement à la consolidation de la terre et à la formation des métaux par l’immense quantité de matières qu’il y a fournies, se trouve identifié au corps général du globe et jusqu’à son centre par les effets de son intervention; c’est-à-dire, qu’indépeudammenl de sa masse solide et de son carbone de plantes primitives, il y a l’essence de son suc gazeux qui restera perpétuellement mélangé aux atômes des métaux solides, comme aux atômes élastiques de l’atmosphère qui font partie intégrante du glohe tout autour de la surface de la terre.

273. — Cet amalgame permanent d’atômes tient la correspondance intime entre le centre du globe et les régions de l’atmosphère; c’est cette liaison, cette affinité invariable qui,

, 1“>4 QUATRIÈME époque.

à son point- culminant extérieur, lixe les bornes de l’atmosphère jusqu’à son épiderme (n° 240).

C’est encore cette liaison directe qui transmet les fluides électr iques qui partent du sol et s’élèvent dans les hautes régions de l’air en présentant les mêmes signes caractéristiques que ceux qui partent de l’atmosphère dans la direction de la terre.

Le règne végétai , toujours actif, engendre constamment de nouveaux fluides qui coopèrent aux phénomènes toutes les fois qu’ils se rencontrent avec ceux qui sortent de la terre, ou ceux qui sont destinés à y entrer.

Le règne végétal , comme le règne animal , fournissant sans cesse des matières à l’intérieur de la terre, alimente perpétuellement l’action des fluides électriques; et la cime des arbres, ou les pointes des branches ou même des herhesen sont généralement les conducteurs.

274. — Nous ne parlerons pas du règne végétal de notre sixième journée , c’est-à-dire de celui de nos jours, ni de la qualité des plantes actuelles ; nous renvoyons aux ouvrages de botanique, nous bornant à dire ici que le principe de leur existence a toujours été le même -, que si elles ont changé de taille et même de qualité, elles ont pourtant toujours conservé leur forme et leur propriété essentielle; que leur apparente destination actuelle est de produire des fruits pour la nourriture du règne animal , et des fluides pour les travaux de l’air ; que toutes les plantes, lorsqu’elles sont sèches, perdent l’aptitude à la commotion électrique , mais que si on leur rend de l’humidité en les plongeant pendant quelque temps dans une eau stagnante ou en les exposant à la vapeur aqueuse, alors elles reprendront leur faculté primitive.

Aussi, toutes les plantes, à leur état naturel, sont d’excellents conducteurs d’électricité. On peut de là inférer la prodigieuse influence que le règne végétal a eue sur la terre à la

DU KÈC.N K VÉGÉTAL.

troisième journée, où le glol>e était d'une étendue dix fois plus grande qu’il ne l’est aujourd’hui.

275. — Avant de quitter le règne végétal pour examiner • les astres, qui sont venus à cette quatrième journée améliorer sa nature, jetons uu regard rétrospectif sur ce grand règne de la troisième journée. En considérant l’imposante quantité de forêts colossales qui, à un moment donné, ont été englouties dans les entrailles de la terre, et en voyant de nos jours ces immenses dépôts de charbon , de roches , de lignites et de tourbes qui abondent presque sous toute la croûte de la terre, à tel point que les seules mines de Newcastle, en Angleterre, qui en fournissent chaque année des chargements par millions de tonnes, pourront en fournir ainsi pendant deux mille ans encore avant de s’épuiser, ne serait-on pas tenté de croire que la nature a voulu préparer d’avance le combustible que la race humaine serait appelée à consommer?

Ne pourrait-on même pas supposer que la nature prévoyait qu’au bout d’un millier de siècles l’homme inventerait des machines à vapeur qui utiliseraient ces houilles qu’elle allait lui préparer, et sans lesquelles il eût été bien embarrassé pour activer la marche de ses bateaux à vapeur et des locomotives de ses chemins de fer?

Mais qui sait combien d’autres matériaux la terre conserve encore à la disposition de l’homme? Et indépendamment de la terre, n’avons-nous pas l’air et l’eau, qui offrent à notre industrie des champs encore inexploités? La nature a tant fait, tant préparé pour les siècles à venir ! Le génie de l’homme ne manquera pas, sans doute, de pénétrer tous les secrets qu’elle offre généreusement à ses recherches et à ses exploitations.

lût;

Page 1