‹ La création et ses mystères dévoilés ouvrage où l'on expose clairement la nature de tous les etres, les éléments dont ils sont composés et leurs rapports avec le globe et les astres, la nature et la situation du feu du soleil, l'origine de l'Amérique, et de ses habitants primitifs, la formation forcée de nouvelles planChapitre 56 sur 168 · LES PROBLÈMES · texte numérisé non relu

LES PROBLÈMES

283. — Ne trouvant ni dans les auteurs anciens, ni dans les modernes, la solution de ces questions, à savoir : de quoi se compose le corps du soleil et quelle est la source de son alimentation, nous allons essayer d’y répondre nous-même.

D’abord le soleil est incontestablement un si grand corps, qu’il pourrait engloutir un million et demi de planètes grandes comme le globe que nous habitons.

Il devient nécessaire pour nous de savoir, avant tout, de quoi est composé ce corps immense; nous verrons ensuite quel est l’aliment qui lui est nécessaire pour transmettre perpétuellement sa chaleur et sa lumière, et enfin qui lui fournit cet aliment et en quelle proportion il lui arrive.

284- — Le premier problème concernant la nature et la composition du soleil est déjà résolu par notre système universel: le corps du soleil ne peut pas avoir une origine différente des autres corps célestes. Il a donc été formé des éma-r nations superfiues provenant des astres qui existaient avant lui, c’est-à-dire qu’il s’est formé précisément comme s'est formée notre planète; seulement, les molécules qui ont servi à composer le soleil ont été d’une nature un peu différente, et

surtout possédant beaucoup plus d'atômes phosphoriques, magnétiques et électriques que n’en ont possédé les molécules servant pour la formation de notre globe.

Cette différence dans la nature des molécules primitives du soleil venait de la différence des astres antérieurs qui les ont émanées; ces molécules ayant leur principe spécial avaient en outre plus de légèreté, puisque le corps du soleil s’est arrêté dans sa formation à une époque où il n’avait encore atteint que le quart de la densité ou de l’opacité que présente aujourd’hui notre terre (1).

Ensuite le corps du soleil a dû être dans sa constellation le premier qui s’est formé sous la loi d’un astre antérieur qui protégea sa gravitation dans un espace vide de 66 milliards de lieues, espace où il domina après sa formation, et d’où surgirent d’autres corps de planètes sur lesquels il devait répandre la lumière et la chaleur. Étant le premier qui se formait dans cet immense tourbillon, il a absorbé tous les atômes homogènes à sa nature lumineuse qui se trouvaient errants dans l’ immense cercle de ce vide que nous appelons son système solaire ou sa constellation. Placé au centre, il en est le roi, et tous les autres globes présents et futurs lui sont subordonnés.

285. — Le second problème est relatif à l'alimentation du soleil. Nous disons qu’il doit recevoir nécessairement et constamment les substances qui l’alimentent; mais il est impossible d’admettre que pour se procurer cet aliment il absorbe ni des mondes, ni des corps solides d'aucune espèce. D’abord la seule connaissance de son immense circonférence en exclut la possibilité, car un globe de la grandeur du nôtre ne serait qu’un petit point qui couvrirait un coin imperceptible du soleil et produirait juste l’effet d’un petit caillou sur la façade d'un palais. Dans de telles dimensions proportionnelles, l’aliment ne serait pas général, et si l’aliment n’était pas général,

(t) Voir notre tableau n° 36.

la chaleur ue pourrait pas être émise de tous les points de la circonférence; ensuite un corps solide, comme le serait notre globe, ne pourrait pas être instantanément converti en étincelles, quelles que soient la violence et la force du feu solaire.

Les comètes étant composées d'un fluide gazeux pourraient, avec plus de vraisemblance, devenir un aliment pour le soleil, attendu que leurs queues pourraient, à la rigueur, s'appliquer tout autour du soleil à. l’instant de l’attraction. Nous serions donc de l’avis de Newton en ce qui regarde les comètes, s’il n’y avait pas un moyen beaucoup plus simple et beaucoup plus rationnel d’alimenter le soleil suivant notre système d’échange des molécules.

Oui, la substance qui alimente le soleil n’est pas autre chose que les molécules qui lui sont fournies régulièrement, comme un tribut, par les émanations des planètes et de tous les corps de sa constellation; il les attire et les reçoit en échange de ses propres émissions.

286. — Le troisième problème à résoudre, après avoir découvert l’aliment du soleil, c’est de trouver dans quelle proportion cet aliment lui est fourni, et qui lui en fournit le plus.

Nous avons déjà dit que tous les corps, et surtout les planètes faisant cortège au soleil , fournissent par leurs émanations les atomes qui vont alimenter le feu solaire; la proportion est relative à la masse (1), mais la quantité est grande, énorme, et elle augmente toujours à mesure que se forme un nouveau corps.

La part d’aliment que donne notre globe en son particulier

(1) Notre globe est un grain de sable en comparaison de l’univers, et fort peu de chose aussi en face du soleil. M. Francœur, dans son Uranographie , dit que notre terre, placée au milieu du soleil, ne figurerait que comme un petit noyau au milieu d’un fruit : l’orbite entière de la lune, éloignée de 96,000 lieues de la terre, se trouverait enfermée dans l’intérieur même du corps solaire , à moitié chemin, à peu près, du centre à la surface.

est aussi très-considérable ; les émanations de la terre que nous avons vues se purifier dans son atmosphère, et dont la quantité nous sera démontrée dans le règne suivant, peuvent nous en donner une idée; car de l’atmosphère nous ne voyons retomber sur la terre que les parties aqueuses composées d’une substance unique, tandis que les émanations comprenaient des millions de substances différentes; donc, la séparation qui s’est opérée dans l’air, après un travail de division à nous inconnu, a fait passer la plupart de ces substances dans une région supérieure, notre atmosphère n’ayant servi véritablement que d’instrument de criblage et de route de transit.

287. — Rien de plus juste et de plus ratiounel que cette alimentation du soleil par les planètes, et en général par les corps de sa constellation, auxquels il donne la chaleur, la lumière et la vie.

La nature a montré, avec une clarté trop évidente, ces lois de réciprocité, d’échange, de production et reproduction, de création, destruction et renouvellement, pour qu’il nous soit permis de douter que les émanations de notre globe aient une autre destination que celle qu’indiquent l’ordre et les besoins de l’astre dominateur.

Il réclame donc pour lui, directement, les émanations des planètes, après quelles ont passé au criblage de leurs atmosphères, où elles laissent celles des parties grossières qui doivent retomber sur chaque globe respectif.

288. — Le soleil reçoit donc abondamment de ces émanations, et il lui en arrive de tous les côtés, car il est au centre de sa constellation. Il ne consomme rien pourtant, il rend tout ce qu'il reçoit, mais il le rend purifié, apte aux usages nouveaux; l’échange qui s’opère est un profit pour tous.

Dans l’atmosphère du soleil, qui est immense, il y a un la. boratoire que nous pouvons apprécier seulement par notre

imagination. Nous en profitons, et voilà notre investigation terminée; nous jouissons des bienfaits de ses rayons, de sa chaleur et de sa lumière, et nous devons nous borner à admirer et reconnaître qu’il n’y a qu’un Dieu qui puisse faire un travail si magnifique.

289. — Nous pouvons cependant apercevoir, par les phénomènes qui se passent autour de nous, que le soleil ne suffit pas pour purifier dans son atmosphère la totalité des molécules errantes dans l’espace; car, indépendamment de son action , nous devons faire compte des comètes qui voltigent autour de lui.

Qu’est-ce donc que ces comètes? Elles sont, comme on le verra, le résultat de l’assemblage des vapeurs surabondantes qui, s’unissant en masses, font corps et marchent indépendantes en franchissant même toutes les constellations (1).

Page 1